Guillaume Apollinaire – Alcools – Calligrammes – Le Guetteur mélancolique – Le Poète assassiné – L’Enchanteur pourrissant – Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire Gallimard Poésie/Gallimard

220px-Guillaume_Apollinaire_fotoEt si on faisait un peu de poésie, en ce matin d’automne et de brouillard ! 
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En hommage à Guillaume Apollinaire mort le 9 Novembre 1918 de la grippe espagnole, deux jours avant l’Armistice du 11 novembre 1918, alors que dans les rues à Paris, les habitants célèbrent la fin de la guerre. Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la première guerre mondiale.

alcools2 Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky,  écrivain français (né polonais, sujet de l’Empire russe), né le 26 août 1880 à Rome et mort le 9 novembre 1918 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise (division 86). Sa tombe, un monument-menhir conçu par Picasso et financé par la vente aux enchères de deux oeuvres de Matisse et Picasso (le 21 juin 1924)alcools4

La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil « Calligrammes », trois strophes discontinues de « Colline », qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit « mon cœur pareil à une flamme renversée ».

    AUTOMNE MALADE   (Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913)

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraiesmon cher petit lou
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeursalcools3
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

SOUVENIRS SUR APOLLINAIRELouise FAURE-FAVIER – Les cahiers rouges – Grasset – (réédité en octobre 2018- prix : 9.50€)

souvenirs appolinairePrésentation : « La trépidante Louise Faure-Favier, une des premières femmes à avoir piloté un avion en France et tenu une rubrique féminine dans la presse, revient sur ces années d’amitié enchantée avec l’auteur d’Alcools. Leur rencontre, en 1912, les dîners dans son appartement de l’île Saint-Louis, où Apollinaire charmait les convives par son intelligence et son brio, des vacances avec Marie Laurencin. Et puis le désormais mythique retour du poète du champ de bataille, blessé, jovial, rassurant ses amis, et mourant quelques semaines plus tard. Un témoignage tendre et affectueux, qui ravive le souvenir d’un des plus grands écrivains français et de ses amis, tous ces artistes qui ont marqué le XXè siècle. « Où sont-ils Braque et Max Jacob/ Derain aux yegris comme l’aube/Où sont Raynal, Billy, /Dont les noms de mélancolisent » ?

calligraphie apollinaire

1) Le coffret Gallimard – six volumesAlcools, Calligrammes, Le guetteur mélancolique, Le poète assassiné, L’enchanteur pourrissant, Poèmes à Lou -Prix : 54.90 € – (paru le 25/10/18) –  2) Calligrammes (GF -Flammarion prix : 6.90€ – Présentation Gérald Purnelle – 3) Tout terriblement – Anthologie illustrée de poèmes -Poésies Gallimard (prix : 7.30 € – 152 pages).

4) « Mon Cher petit Lou » Lettres à Lou » – Folio – prix 2 € – 108 pages –mon cher petit lou » Hymne à l’amour vibrant et sensuel en temps de guerre, ces lettres d’Apollinaire sont aussi un précieux témoignage sur la vie quotidienne des poilus« 

A lire au coin du feu et une bonne tasse de thé… Bonne lecture ! 

Librairie Doucet/M. Christine

 

 

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L’ère des suspects – Gilles-Martin Chauffier – Editions Grasset

l'ère des suspects

L’ère des suspects et une énorme entourloupe !….

Gilles-Martin Chauffier est journaliste à Paris Match et il est essentiel de le souligner, à propos de ce livre. Il a déjà écrit une dizaine de romans. Ce livre, il va nous le servir comme un thriller politique qui est en même temps  un roman choral, c’est-à-dire que plusieurs protagonistes vont nous raconter la même histoire. Nous sommes en banlieue parisienne, une banlieue défavorisée. Au petit matin, Driss, un jeune maghrébin de cette banlieue est retrouvé mort, auprès d’une décharge. Or, il se trouve qu’un gardien de la paix a été aperçu  la veille, à sa poursuite et qu’une photo de celui-ci (-en position un peu délicate, dirons-nous !) est insérée dans le portable de Driss, la victime.  Donc, à partir de ce moment-là, tout le monde va se mêler de cette histoire dont le but est surtout de ne pas enflammer les banlieues ! Il faudra tout faire pour calmer les choses… Le policier qui ne semble quand même pas vraiment suspect, malgré les apparences, va servir de bouc-émissaire ! Et c’est à ce moment-là que le roman choral intervient car chacun va donner sa version de l’histoire. Ainsi, du jeune policier, on passe à la mère de ce jeune Driss, et à l’avocat de celle-ci, puis à un journaliste d’un journal à scandales qui interview, rapportant les faits au Ministère de l’Intérieur, jusqu’au Directeur de cabinet de la place Beauvau….. Le but étant bien sûr, d’étouffer l’affaire et, surtout de trouver un bouc émissaire, pour que les banlieues ne s’enflamment pas. Sauf que, chaque protagoniste va « un peu » s’ arranger « sa » vérité ! Ils vont tous défendre leur pré carré et leur petit pouvoir…

Rappelons que Gilles-Martin Chauffier est journaliste à Paris-Match. Je suppose qu’il sait de quoi il parle car il balance Je puis vous dire qu’il balance pas mal dans ce livre !..

C’est aussi la confrontation entre le pouvoir et  la France d’en bas, dirons-nous ! mais aussi des banlieues. C’est entre un  thriller politique et une comédie du pouvoir.  C’est rythmé, la plume est aiguisée, affûtée. Et puis à la fin, il vous cueille complètement. On ne s’y attend pas du tout. Il nous berce avec ce changement de personnage à chaque fois, puis on arrive à la fin et il nous balance « un truc » et vous vous dites :  « ça, je ne l’ai pas vu venir ». On ne s’y attend absolument pas ! 

C’est un roman qui figurait parmi les prix d’automne, mais il a malheureusement été éliminé mais ça reste un très bon roman…

Ecoutez Nathalie de la librairie Doucet  en compagnie de Maxime sur France Bleu Maine  en cliquant ici

Nathalie/Librairie Doucet/MC

« L’ère des suspects » – 288 pages – prix : 14.50€ (paru le 16/10/18)

Gilles Martin-Chauffier né Gilles Martin est connu sous le pseudonyme de Gilles Hemsay.  Journaliste et écrivain, a publié son premier livre en 1980 « Pourpre » (Mercure de France). Il a été primé à plusieurs reprises et notamment pour : « Une affaire embarrassante » publié en 1995 (Grasset & Fasquelle) – prix Jean Freustié – en 1980 pour « Les corrompus » (Grasset & Fasquelle) Prix interallié – en 2003 pour « Silence, on ment » (Grasset & Fasquelle) prix Renaudot des lycéens – en 2004 « Le roman de Constantinople » (éditions du Rocher) – prix Renaudot de l’essai en 2005

 

Frère d’âme – David DIOP – Editions Le Seuil -collection cadre rouge – PRIX GONCOURT des lycéens 2018

coup-de-coeurPRIX GONCOURT DES LYCÉENS !coup-de-coeur

Elle en avait pris le pari sur l’antenne de France Bleu Maine !

Elle avait vu juste et elle avait raison Nathalie de la Librairie Doucet quand elle était venue sur France Bleu Maine présenter, avec beaucoup d’émotion, « Frère d’âme » de David DIOP le 13 septembre dernier, car il vient d’obtenir le prix GONCOURT DES LYCÉENS 2018  !

Voici ce que disait Nathalie : Lisez ci-dessous ou  réécoutez-là, en cliquant ici ! 

LE SOLDAT SORCIER

Frère d'âme« Tant que l’homme n’est pas mort, il n’a pas fini d’être créé.» 

Un véritable coup de cœur que Nathalie de la librairie Doucet est venue nous présenter– Énorme coup de cœur qui a des chances d’obtenir un prix en fin d’année ! Et Nathalie en prend le pari, car c’est un livre fort, poignant et très touchant. Un livre coup de poing, un livre pas si facile car : 

«Nous avions seize années de vie et nous voulions rire ».

C’est l’histoire de deux tireurs sénégalais qui vont venir en métropole pendant la Grande Guerre. L’un s’appelle Alfa Ndiaye et l’autre Mademba Diop. Élevés dans le même village en Afrique, ils se connaissent très bien. Ensemble, ils arrivent en métropole et se retrouvent sur les champs de bataille. Mademba Diop sera blessé, complètement éviscéré. (Rien ne nous est épargné ! Par moment, il faut avoir le cœur bien accroché, face aux détails de cette boucherie….) et il va supplier son frère d’arme de l’achever pour abréger ses souffrances, sauf que Alfa NDiaye a été élevé par des sorciers et des marabouts. Par croyance et par superstition, il ne veut pas ôter la vie de son ami. Il va le laisser agoniser pendant trois jours avant que celui-ci ne décède et sa mort va le faire basculer dans une sorte de folie. En fait, c’est comme un déclic, quand son ami décède, il prend conscience de l’horreur de la guerre. Il prend conscience qu’il aurait dû l’achever pour abréger ses souffrances.
« Par la vérité de Dieu, j’ai été inhumain. » – Il culpabilise et de ce fait, il va rentrer dans une espèce de fureur. Donc, il sera toujours en première ligne à fondre sur l’ennemi. Il tue à tour de bras, et pour accentuer sa vengeance, chaque fois qu’il tue un homme il leur coupe la main qu’il ramène dans le camp français. Donc, au départ, on le considère comme un héros, un homme surpuissant, protégé par toutes ses croyances et puis finalement devant tant de folie meurtrière on commence à sa méfier de lui, à le prendre un peu pour un sorcier. On va alors l’envoyer à l’arrière où  là, il va nous raconter leur enfance au village, élevés par des marabouts, des sorciers et toutes les traditions ancestrales africaines qui ont nourri leur enfance.

Et, c’est JUSTE MAGNIFIQUE !  C’est BEAU !

C’est une écriture superbe –et cette lecture nous envahit d’émotion– C’est un livre qui vous prend aux tripes parce que les horreurs de la guerre, le sujet on connaît…. rien ne nous est épargné, et en même temps, ce livre est un long chant d’amour à son frère. 

C’est SU-PER-BE !

 Nathalie/M.Christine – Librairie Doucet

« Frère d’âme »  176 pages – Prix : 17 €

Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal.

 Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau. 

 

Concours pour le paradis – Clélia Renucci – Editions Albin Michel – Prix du premier roman 2018 -Prix grands destins du parisien week-end.

Clélial renucci 3 » Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. » 

EN PLEINE RENAISSANCE ITALIENNE.

L’auteure professeure, vit à New York, après un essai elle  publie ce roman pour lequel elle vient d’obtenir le Prix du premier Roman 2018-Prix Grands destins du Parisien Week-end.
Nous sommes en 1577 dans la resplendissante VENISE de la Renaissance. Le palais des Doges brûle et rien ne reste ou presque de la Salle du Grand Conseil ni de l’immense fresque représentant le PARADIS.
Dès 1578 le Doge décide d’organiser un concours pour peindre une nouvelle fresque.
Cinq concurrents sont choisis. Les conseillers du Doge dont les portraits enchantent le lecteur visitent les ateliers. Il faut dire qu’à cette époque chaque peintre important avait son atelier où travaillaient ses élèves et ses enfants.
Deux peintres resteront finalement en lice, et non des moindres : VERONÈSE et LE TINTORET.
Ce sera donc « LE COURONNEMENT DE LA VIERGE AU PARADIS » dont on voit un détail sur la jaquette du roman et l’on va suivre les « aventures » de cette fresque jusqu’à son installation définitive le 7 Mai 1592.
1577-1592. C’est long mais ce sont des aventures, c’est-à-dire de rivalités nombreuses :
–  entre les patriciens qui ont chacun leur poulain à défendre.
entre Rome et Venise. C’est à la fois politique et religieux. Venise s’est souvent comportée avec une certaine indépendance et dans les arts aussi. Rome va donc envoyer des « contrôleurs » pour voir si toutes les règles imposées par l’Église sont respectées dans la peinture.
au sein des familles, chaque peintre pouvant être un patriarche écrasant ou bien un fils étouffant sous la coupe de son père.
entre les peintres eux-mêmes et les anecdotes -sur ce qu’ils sont capables de faire pour obtenir une commande- sont nombreuses et les traîtrises aussi donc.
VERONÈSE est un homme flamboyant qui croque la vie à pleines dents (dont la courtisane Tullia) mais il n’est pas de Venise. Il est de Vérone, toute proche, d’où son nom de peintre. Le « bougon » et sévère  TINTORET, lui est Vénitien et c’est important.
Tout cela est historique, tout comme c’est le fils du Tintoret qui a véritablement peint la fresque sous le nom de son père qui, lui, a recueilli tous les éloges.
Ce qui est passionnant aussi, ce sont les descriptions de la Venise de l’époque, même du carnaval.
CLÉLIA RENUCCI s’attarde aussi sur les techniques picturales de ce temps et des difficultés à réaliser cette fresque longue de vingt-deux mètres sur sept, de haut. 
« Qu’il est long le chemin… » comme l’indique le titre d’un chapitre mais l’auteure qui s’est beaucoup documentée nous emporte aussi dans un véritable roman bouillonnant et plein de vie. Elle a ajouté des personnages, des amours… et tout ceci dans un style très fluide.
Ce tableau-fresque que le visiteur voit à peine quand il passe dans la Salle du Grand Conseil donne envie de retourner à Venise pour le revoir le livre à la main !…
Une lecture-plaisir très enrichissante d’un roman très réussi.
Marie-José
MC/Librairie Doucet

« Concours pour le paradis » – 272 pages – prix : 19 € – (parution le 22/8/18) – prix du premier roman 2018 – Prix grands destins du Parisien week-end.

 

Le cercle des impunis – Paul Merault – Editions Fayard – Prix du quai des orfèvres 2019

le cercle des impunisLe cercle des impunis Paul Merault

PRIX DU QUAI DES ORFÈVRES – 2019

Présentation : « Des brumes de Londres au soleil éclatant de Marseille, des policiers sont assassinés dans la plus sordide des mises en scène, avec un même symbole tatoué sur la langue. Scotland Yard et la police française s’allient pour remonter la piste de ces vengeances diaboliques. Des deux côtés de la Manche, les meilleurs enquêteurs associent leurs méthodes pour traquer celui qui les humilie en s’attaquant aux plus grands flics. Quelle folie humaine peut réussir à «opérer» avec une telle expertise chirurgicale ?
Spécialiste des quartiers sensibles et des situations extrêmes, Paul Merault sait d’expérience que le crime n’a pas de patrie et n’épargne aucun milieu. Ses fictions dépassent la raison, mais reflètent les sombres réalités des prédateurs d’aujourd’hui. »

« Le prix du Quai des Orfèvres a été décerné sur manuscrit anonyme par un jury présidé par Monsieur Christian SAINTE, Directeur de la Police judiciaire, au 36, rue du Bastion. Il est proclamé par le M. le Préfet de PoliceNovembre 2018. »

Un jury de professionnels de la police. Créé en 1946, le prix du Quai des Orfèvres, récompense chaque année un roman policier, décerné par un jury composé de 22 policiers, magistrats et journalistes. Il se prononce sur une sélection de manuscrits anonymes en ne considérant que l’intérêt du texte soumis à leur appréciation, dans le respect des procédures et des vraisemblances policières, scientifiques ou judiciaires.« 

« Le cercle des  impunis »  Paul Merault – Editions Fayard – prix : 8.90 € – Prix du quai des orfèvres 2019

Félicitations au lauréat !

MC/Librairie Doucet

1) Idiotie – Pierre Guyotat (Editions Grasset) Prix Médicis – 2) Le Mars club Rachel Kuschner -Editions Stock-la cosmopolite – Prix Médicis étranger – 3) Les frères Lehman – Stéfano Massini – Editions Globe- Prix Médicis essai

LES PRIX  MÉDICIS de la semaine !

idiotie pierre guyotatIdiotie Pierre GuyotatPRIX MÉDICIS

«  Cet « Idiotie » traite de mon entrée, jadis, dans l’âge adulte, entre ma dix-neuvième et ma vingt-deuxième année, de 1959 à 1962. Ma recherche du corps féminin, mon rapport conflictuel à ce qu’on nomme le “réel”, ma tension de tous les instants vers l’Art et vers plus grand que l’humain, ma pulsion de rébellion permanente  : contre le père pourtant tellement aimé, contre l’autorité militaire, en tant que conscrit puis soldat dans la guerre d’Algérie, arrêté, inculpé, interrogé, incarcéré puis muté en section disciplinaire.
Mes rébellions d’alors et leurs conséquences  : fugue, faim, vol, remords, errances, coups et prisons militaires, manifestations corporelles de cette sorte de refus du réel imposé  : on en trouvera ici des scènes marquantes.
Drames intimes, politiques, amitiés, camaraderies, cocasseries, tout y est vécu dans l’élan physique de la jeunesse. Dans le collectif.   Pierre Guyotat

Idiotie – 256 pages – prix : 19 € – Editions Grasset – Prix Médicis

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mars clubLe Mars club Rachel Kushner  PRIX MÉDICIS ÉTRANGER

La romancière américaine brosse le portrait d’une criminelle condamnée à perpétuité dans une prison pour femmes, en Californie.

Une lecture choc, inoubliable, entre récit et roman sur le milieu carcéral et les mauvais choix de vie. Mais c’est également un texte vibrant sur l’amour maternel, le dépassement de soi, et les femmes en marge de la société américaine. Jusqu’où peut aller une mère en colère ? Bouleversant.

(Lire article sur ce blog, en date du 1er septembre 2018, présenté sur France Bleu Maine par Marie-Adélaïde Dumont).

« Le Mars Club » – 480 pages – 23 € (paru le 22/08/18) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter (Editions la cosmopolite-Stock) Prix Médicis Etranger

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les frères lehmannLES FRÈRES LEHMAN – Stefano Massini PRIX MÉDICIS ESSAI

Présentation : 11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehman arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui.
15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans.
Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ?
Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ? Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ?
Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours.
Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.
Comment prendre la suite de Yehouda Ben Tema qui écrivit dans les Maximes des Pères :
« Tu auras cinquante années pour devenir sage.
Tu en auras soixante pour devenir savant » ?
Nous avons 864 pages et environ 30 000 vers pour devenir instruits, circonspects, édifiés. Groggy.

« Stefano Massini invente une forme littéraire hybride, (…) il manipule différents tons, joue avec la chanson, l’inventaire, la transcription de vraies voix, pour rendre à nouveau sensible l’épopée dans le présent. » — (La Stampa)

« Leur histoire est racontée à la manière de celle des Karamazov par Dostoïevski dans la seconde moitié du  XIX siècle, ou des Buddenbrook par Thomas Mann au début du XXe siècle. » — (La Repubblica)

« Les frères Lehman » – 928 pages – prix : 24 € – (Editions Globe) – Traduit de l’italien par Nathalie Bauer – Prix Médicis essai.

 

FÉLICITATIONS AUX LAURÉATS !

Librairie Doucet/MC

PRIX FEMINA 2018 – 1) Le Lambeau – Philippe Lançon (Gallimard) Prix Femina et prix spécial du Jury Renaudot – 2) La neuvième heure – Alice McDermott (Ed. Quai Voltaire)-Prix Femina Etranger -3) Gaspard de la nuit-Elisabeth de Fontenay (Stock) -Prix Femina essai

LES PRIX FEMINA DE LA SEMAINE !

LE LAMBEAU – Philippe Lançon 

PRIX FEMINAle lambeau philippe lançon 2018 – Prix spécial du Jury RENAUDOT 

Le 6 janvier 2015, Philippe Lançon assiste à la représentation de La Nuit des Rois de Shakespeare dans un petit théâtre d’Ivry. Il a pris ses billets pour les Etats-Unis où il donnera des cours de littérature à Princeton et rejoindra sa nouvelle compagne. Le lendemain matin, Houellebecq est interviewé sur France Inter pour la parution de Soumission ; Lançon, qui a écrit un papier élogieux dans Libé, écoute en faisant sa gymnastique sur un tapis qu’il a rapporté d’Irak en 1991, deux jours avant les bombardements américains. S’il n’était pas rentré, il serait devenu reporter de guerre et non journaliste littéraire. A la conférence de Charlie Hebdo, tout le monde parle de Houellebecq, puis des banlieues. Tignous dit que l’Etat les a abandonnées et a fabriqué des islamistes et des délinquants. Bernard Maris s’insurge. Lançon montre un livre de jazz à Cabu, quand les tueurs arrivent. Philippe Lançon ne cherche pas à expliquer l’attentat. Il écrit sans pathos, sans complaisance pour lui-même, ce qui n’empêche pas l’émotion et la profondeur (sur la mémoire, la perception d’une vie). L’avant et le pendant sont d’une très grande intensité, la scène de l’attaque est extrêmement saisissante. Dans ce livre de survie, Philippe Lançon s’attache à décrire sa vie qui bascule, lui qui, défiguré, reçoit « une blessure de guerre » dans un pays « en paix ». (Le mot de l’éditeur).

Philippe Lançon est journaliste à Libération et Charlie Hebdo, et écrivain.

Un récit lent, fort, poétique et poignant. Linda/Librairie Doucet.

« Le Lambeau » Editions Gallimard – 512 pages – Prix : 21 € – Prix Femina – Prix spécial du Jury Renaudot 2018

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LA NEUVIÈME HEURE – Alice McDermott – PRIX FEMINA ÉTRANGER 2018la neuvième heure

Derrière la porte d’un couvent new-yorkais 

Après le décès de son mari, Annie, jeune femme enceinte se retrouve seule et complètement démunie. Dans ce petit quartier de Brooklyn, la solidarité va se mettre en marche. Les religieuses du couvent dévouées et bienveillantes vont lui changer le destin et c’est avec ces personnalités bienveillantes et attentives que grandira l’enfant qu’elle porte et qui deviendra la petite Sally.

« La neuvième heure »  Editions Quai Voltaire- Traduit de l’anglais par Cécile ARNAUD – 288 pages – prix : 22.50€ – Prix Femina étranger 2018

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GASPARD DE LA NUIT – Elisabeth de FontenayPRIX FEMINA ESSAI 2018

Gaspard de la nuitLa philosophe Elisabeth de Fontenay évoque son frère cadet de 80 ans, atteint de handicap mental. 

« Il ne se regarde pas dans la glace. Il sourit rarement, ne rit pas, ne pleure pas. Il n’affirme jamais : ceci est à moi, mais seulement parfois demande : est-ce que c’est pour moi ? Il dit rarement « je » et ignore le « tu ». Il ne prononce pas mon prénom. Pourtant, la surprise, lorsque je me vois par hasard dans un miroir, de découvrir ses yeux dans mes yeux m’oblige à présumer une parenté de nos vies secrètes, à conjecturer chez lui une histoire qui aura continué ailleurs et dont je cherche à déchiffrer les trop rares messages, en enquêteuse incompétente, impatiente et inconsolée. »

« Gaspard de la nuit » – 15O pages – Editions Stock – prix : 16.50 € – Prix Femina Essai 2018

FELICITATIONS AUX LAUREATS !

Librairie Doucet/M-Ch

1) Le sillon – Valérie Manteau -Editions Le Tripode – PRIX RENAUDOT 2018 – 2) Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie – Editions Stock – RENAUDOT ESSAI 2018

le sillon valérie manteau 2PRIX RENAUDOT 2018

Istanbul en plein cœur

Le sillon raconte le parcours et les errances d’une jeune femme partie retrouver son amant turc à Istanbul. Alors que son amour s’étiole la narratrice tisse des liens et noue des amitiés avec de jeunes stambouliotes opposants au Régime. Valérie Manteau se met en scène et nous parle de la Turquie d’aujourd’hui, à travers le portrait d’un journaliste turco-arménien Hrant Dink, assassiné en pleine rue en  janvier 2007 par un jeune « nationaliste » de dix-sept ans. Elle évoque les contradictions et la violence d’État que connaît ce pays, en plein chaos politique.

« Le sillon » – Valérie ManteauPRIX RENAUDOT  280 pages – prix : 17 € – (paru le 30/08/18)

 

avec toutes mes sympathies renaudot essai

PRIX RENAUDOT ESSAI 2018

Avec toutes mes sympathies –

« Une manière joyeuse d’être triste »

Olivia de Lamberterie qui se lance pour la première fois dans l’écriture a choisi d’écrire ce magnifique livre, et d’offrir un magnifique chant d’amour à son frère disparu. Olivia nous raconte cet être solaire mais prisonnier de sa mélancolie, capable des solitudes les plus obscures comme des fantaisies les plus enjouées. Pour ne pas oublier, et apprivoiser la tristesse.

(voir article sur ce blog en date du 19 septembre 2018 que Marie-Adélaïde Dumont a reçu à la librairie en septembre)

« Avec toutes mes sympathies »– Olivia de Lamberterie PRIX RENAUDOT ESSAI 2018 – 256 pages – prix : 18,50 € – (paru le 22/08/18)

 

FÉLICITATIONS AUX LAURÉATES  !

Librairie Doucet/M-C

Leurs enfants après eux – Nicolas MATHIEU- Actes Sud – PRIX GONCOURT 2018

les enfants après eux

PRIX GONCOURT 2018

Un grand BRAVO à  Nicolas MATHIEU  qui a été récompensé par le PRIX GONCOURT mercredi 7 novembre, pour son roman « Leurs enfants après eux » publié en août dernier chez Actes Sud.

Il  succède à Eric Vuillard, lauréat du Goncourt l’an passé avec « L’ordre du jour » également publié chez Actes Sud.

Les derniers étés du XXème siècle

Il s’agit d’une fresque sociale dans une Lorraine désindustrialisée des années 1980. Le roman suit pendant quatre étés, trois adolescents de 14 à 16 ans qui rêvent de s’échapper, en cherchant leur voie dans un monde qui meurt. Il y a Anthony, le fils de prolo, Hacine, le fils d’immigré et Stephanie, la bien-née – et leur bande de copains. Pour Anthony, ce sera l’été de ses premières amours avec Stéphanie, une jeune fille des beaux quartiers. Ce roman évoque la France des villes moyennes et des zones pavillonnaires, des milieux  de province les plus reculés, des ZAC bétonnées…., dans les années 1990. La confrontation entre ces trois destins, ces trois milieux sociaux, marquera la vie de ces jeunes gens et leurs entourages que nous suivrons pendant quatre étés.

Bernard Pivot, président de l’académie Goncourt a salué ce livre sur BFMTV : « un livre social, un livre français, un livre lorrain, un livre sur la jeunesse. » 

« Nicolas MATHIEU est né en 1978 à Epinal. Il a été élu au quatrième tour par six voix contre quatre pour Paul Greveillac et préféré à « Frère d’âme » de David Diop (Seuil), à « Maîtres et esclaves » de Paul Greveillac (Gallimard) et à « L’hiver du mécontentement » de Thomas B. Reverdy (Flammarion) qui étaient également en lice pour ce prix. Le jeune auteur avait déjà gagné la « Feuille d’or de la ville de Nancy », le prix du deuxième roman Alain Spiesse-Le Central et le prix Blù Jean-Marc Roberts. » 

« Nicolas MATHIEU grandit dans une famille modeste à Golbey (dans les Vosges, en Lorraine) une petite commune du Grand Est. Après des études en arts du spectacle et une expérience de journalisme, il écrit un premier livre à l’âge de 22 ans qu’il ne publie pas. Son premier roman publié, « Aux animaux la guerre » (Actes Sud) en 2014, lui vaut d’être récompensé du prix Erckmann-Chatrian. Preuve de son succès, le livre est ensuite adapté en série pour France 3. La diffusion devrait débuter le 15 novembre 2018. » (livres hebdo)

« Leurs enfants après eux » – Nicolas MATHIEU – 432 pages – paru le 22/08/2018

Librairie Doucet/M. Christine

 

 

 

Le discours – Fabrice CARO – Sygne – Editions Gallimard

fabrice caro 1

UN ROMAN DRÔLE !

Nathalie de la librairie Doucet est venue présenter sur France Bleu Maine : « Le Discours » de Fabrice Caro.

Non seulement, elle veut nous faire LIRE mais aussi nous faire RIRE !

  • Nathalie : Exactement ! Parce que c’est le livre le plus drôle de la rentrée !.. »Il y a bien longtemps que je n’ai pas ri à ce point et je me suis même surprise à éclater de rire toute seule… Dans ce livre, il y a des passages vraiment très drôles ! »

Fabrice Caro est connu des bédéistes sous le nom de Fabcaro, notamment pour la BD « Zaï Zaï Zaï Zaï »,  une BD tout aussi drôle que « Le Discours »son deuxième roman.

Nous suivons Adrien, un quadragénaire menant une vie un peu morne, sans beaucoup de chance, ou en tout cas ne sachant pas la saisir… Il ne va  pas très bien, est en plein chagrin d’amour. Il a un vrai problème notre Adrien, car cela fait exactement trente-huit  jours que Sonia, sa petite amie a souhaité  faire une pause, à propos de leur relation. Et avant que ne commence le dîner familial habituel auquel il se rend, il lui adresse un texto !…Sa sœur et son futur beau-frère sont présents ; celui-ci lui glisse à l’oreille : « Tiens, ça serait sympa, que tu écrives un discours pour le mariage de ta sœur » !. – « Ça  lui ferait très plaisir ! » Sauf qu’avec sa sœur, il n’y a pas de lien particulier, aucun atomes crochus. Il y a notamment une histoire d’encyclopédie que sa sœur offre à chaque Noël depuis ses huit ans.  Et, comme tout le monde pense qu’il les apprécie, les amis lui en offre d’autres ; il les empile, se retrouvant avec plus d’une trentaine d’encyclopédies sur toutes sortes sujets…

C’est le début du dîner, Adrien n’est pas spécialement inspiré par le discours !. Plutôt déprimé, il attend désespérément une réponse au texto qu’il a adressé à son ex. Son esprit est ailleurs… Il y a bien quelques tentatives de discours plus ou moins réussis,  mais sa préoccupation est de savoir ce que Sonia va lui répondre et il échafaude toutes sortes de situations, toutes plus absurdes les unes que les autres… Tout au long du livre, on est dans la tête d’Adrien ! 

 C’est  hilarant ! C’est comique ! Beaucoup d’humour et de tendresse. Sincèrement c’est drôle, c’est absurde, grotesque mais qu’est-ce qu’on rit ! Ça fait du bien et c’est tout ce qu’on aime….

« Le discours » – 208 pages – Prix : 16€ (paru le 4/1018)

Ecoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Sophie Thomas sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Né en 1973 , Fabrice Caro a écrit et dessiné une trentaine de bandes dessinées dont le fameux Zaï, Zaï, Zaï, Zaï paru chez Gallimard. – « Figurec » est son premier roman paru en 2006.