Eugenia – Lionel Duroy – Editions Julliard –

eugéniaEugenia, juste de Jassy

Lionel Duroy sort de son champ de prédilection pour nous faire découvrir une femme des années 30 qui se bat pour comprendre l’origine de la haine émergente envers les Juifs.

Eugenia du prénom de son héroïne c’est non seulement un roman d’amour improbable, mais aussi une plongée dans l’atmosphère tragique d’un pays proche et que cependant nous méconnaissons : la Roumanie de Mihai Antonescu. Celui-ci fit de ce pays allié de la France lors de la Grande Guerre, un vassal d’Hitler, lequel s’en servit de base de départ lors de l’invasion de l’URSS lors de la rupture du pacte germano-soviétique, entraînant avec lui et dans sa chute l’armée roumaine. Ce qui lui valut, outre son antisémitisme ardent, d’être traduit devant le «Tribunal du Peuple» et condamné à mort pour «crimes contre la paix, contre le peuple roumain, les peuples de la Russie soviétique, les juifs, le gitans et autres crimes de guerre» en 1946 .

Une histoire d’amour improbable, contrariée et risquée, imaginée entre une jeune et brillante étudiante puis journaliste Eugénia, et l’écrivain, dramaturge juif, alors en vogue Mihail Sebastian (de son vrai nom Iosif Hechter), dont le journal est paru en France en 1999. Aujourd’hui oublié sans doute d’une part à raison de sa disparition accidentelle quelques jours après la fin de guerre en mai 1945, d’autre part éclipsé par la gloire d’Eugène Ionesco, voire celle de Cioran qui commit pourtant des écrits ouvertement antisémites, cités dans ce roman. L’admiration pour l’écrivain, qui n’est pas encore une relation amoureuse, précipite une rupture définitive avec son frère Stefan, acquis aux idées fascistes et antisémites violentes, mais aussi avec ses parents imprégnés de l’antisémitisme ambiant sans pour autant souhaiter la mort d’autrui et qui ne la comprennent pas.

Ce roman est aussi une enquête journalistique d’Eugenia, sur le tragique et bien réel pogrom de Jassy, le 21 juin 1941, où plus de 13 000 juifs perdent la vie, soit massacrés par leurs voisins ou par «d’honnêtes» passants, soit enfermés dans des trains dans la chaleur, sans eau ni nourriture. Enquête difficile, dangereuse au cours de laquelle elle croise le chemin de Malaparte, mais aussi d’autorités qui s’abstiennent de l’arrêter car c’est la sœur de Stéfan, qui entre temps est devenu un dignitaire du régime proche des allemands. Le tout avec en fond, la résistance dans laquelle elle finit par s’engager, la vie de tous les jours tant à Jassy qu’à Bucarest où elle soutient, ravitaille et cache Mihail Sebastian, qui en aime une autre…

Ce roman de Lionel Duroy, qui en a déjà écrit une quinzaine, est un roman humaniste et émouvant, tout en demeurant palpitant. Il incite à découvrir ou redécouvrir les années sombres de la Roumanie qui ont duré bien au-delà de 1945, puis à s’interroger sur la nature humaine…

«Comme c’était étrange que notre famille se soit ainsi scindée en deux, d’un côté Stefan et nos parents, favorables à l’édification d’un mur à nos frontières afin qu’aucun étranger, qu’aucun Juif ne vienne plus souiller le pur sang roumain ; de l’autre Andrei et moi, convaincus de la primauté de l’humanité sur les nations, rêvant d’un souffle de fraternité entre les peuples qui balaierait les patriotismes et les égoïsmes, à l’image de la littérature qui se joue des frontières. Moi, j’avais eu Irina pour m’indiquer le chemin, mais Andrei était né comme ça, sans rien de mauvais en lui, je l’aurais juré, survolant le monde de sa belle âme, ne voyant pas ce qui le différenciait d’un Juif, d’un Bulgare, d’un Turc ou d’un Allemand. » (p.101-102)

Hubert/MC-Librairie Doucet.

Eugénia – 487 pages – Prix : 21 € – (mars 2018)

Quelques titres de Lionel Duroy  : « Le Chagrin »  2010 – « L’hiver des hommes » 2012 (prix Renaudot des lycéens et prix Joseph Kessel) – « Echapper »  2015 et « L’Absente » 2016, tous parus chez Juilliard.

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Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie -Editions Stock

avec toutes mes sympathiesOlivia de Lamberterie est  invitée à la librairie Doucet lors de la présentation littéraire le  :  

Vendredi 28 septembre à 17 h 30

Mon frère, ce héros. Un récit fort, beau et émouvant !

Olivia de Lamberterie, vous la connaissez tous, –vous aussi sur vos ondes de France Bleu Maine-, vous connaissez sa plume. Elle est journaliste au magazine « Elle ». Chroniqueuse littéraire à « Télématin » sur France 2, puis sur France Inter dans l’émission le « Masque et la plume » puis en tant que correspondante pour Radio Canada….. Elle donne son avis sur les mots des autres depuis un certain temps. Elle a des facilités pour cela. Et, il a fallu un choc, elle a perdu son frère, pour qu’elle se décide à écrire ce premier livre, ce premier récit.  Elle avait un frère Alex, plus jeune qu’elle, elle l’adorait, c’était un être solaire, drôle, sympathique. Dans ce récit – ce n’est pas du tout un récit triste et misérable, au contraire- elle met en avant ce frère extraordinaire qu’elle a eu la chance de connaître et ce frère s’est malheureusement donné la mort, après plusieurs essais,  en 2015 à Montréal. C’est ce drame qui l’a poussée à écrire cet objet littéraire joyeux, gai, pour dire finalement : « quand on est très triste, quand on est très malheureux, c’est qu’on a été très heureux !. « Donc, elle revient sur leurs années d’enfance, leur enfance un peu particulière dans une école Montessori, tous les deux, main dans la main, lâchés dans le grand monde. Cette famille où on peut, peut-être retrouver cette pointe de tristesse et cette nostalgie, parce que ce n’était pas le premier suicide et puis cette solidarité entre frère et sœurs. Le fait qu’elle aurait parcouru le monde à cloche pied, pour aller le retrouver là, où il était, c’est ce qu’elle a fait encore une fois, mais un peu tard. 

C’est surtout un texte vibrant d’amour. C’est un hommage magnifique et quand je vous dis que ce n’est pas un livre triste, regardez ce titre : « Avec toutes mes sympathies », c’est curieux. C’est la formule qu’utilisent les québécois (puisque ce frère vivait au Québec), au lieu d’écrire « avec toutes mes condoléances » qui plombent un peu l’histoire. « Avec toutes mes sympathies », on a déjà plus le sourire aux lèvres !

Nous avons beaucoup de chance puisque, Olivia de Lamberterie, sera à la Librairie Doucet, lors de la présentation littéraire Vendredi 28 septembre à 17 h 30

Ecoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Sophie Thomas, en cliquant ici.

Marie-Adélaïde/librairie Doucet/MC

« Avec toutes mes sympathies » – 256 pages- Prix : 18,50 €

 

 

 

Les détectives du Yorkshire -Tome 1 – Rendez-vous avec le crime – Julia Chapman – Editions Robert Laffont

BETE NOIRE DES LIBRAIRES
 Rendez-vous avec le crime  !
Il s’agit du premier volume d’une série intitulée « Les détectives du Yorkshire. » Il est signé Julia CHAPMAN, auteure anglaise, déjà connue sous un autre nom (Julia Stagg pour la série Fogas Chronicles qui se déroule dans les Pyrénées françaises ).
Elle vit dorénavant dans les Vallons du Yorkshire, au nord de l’Angleterre, et les paysages si typiques l’ont sans doute beaucoup inspirée.
Ce premier volume a pour titre « Rendez-vous avec le crime. » sélectionné d’ailleurs pour le prix de la Bête noire  2018. (La bête noire. Vous connaissez certainement cette série dirigée par Glenn Tavennec – éditions Robert Laffont).
Nous sommes à Bruncliffe, petite ville du Yorkshire. Tous les habitants se connaissent dans ce monde plutôt rude et se réunissent au pub pour apprendre ou répandre les ragots.
Or, on parle beaucoup de Samson O’BRIEN. Il est parti brusquement il y a longtemps et l’on saura petit à petit pourquoi, mais il vient de revenir soudainement avec l’intention d’ouvrir une agence de détective privé. Il est le malvenu, on lui fait de si gros reproches et on  ne lui pardonne rien.
De son côté, Delilah METCALFE, au caractère bien trempé et génie en informatique voudrait implanter un site et un lieu de rencontres amoureuses, pour pouvoir vivre, bien sûr mais surtout pour créer l’événement et faire sortir les gens de chez eux. Tout est sous contrôle, elle veut du sérieux et des rencontres sympathiques. Pour gagner un peu plus d’argent elle est obligée de louer son rez-de-chaussée en bureau. Il se trouve que, contre son gré, le locataire est Samson. Il va falloir faire avec !!
Tout se complique lorsque des morts suspectes se succèdent et que l’on s’aperçoit que ces hommes étaient inscrits à l’agence de Delilah.
Samson et Delilha (appréciez le jeu de mots !! ) vont devoir confronter leurs indices.
C’est bien construit, drôle souvent, les personnages sont bien campés, le suspens est maintenu jusqu’au bout et l’on passe un bon moment de lecture.
Si vous avez aimé ce premier tome, vous pouvez lire le second qui est paru en Juin et s’intitule « Rendez-vous avec le mal » toujours signé Julia CHAPMANC’est toujours aussi british, avec nos deux comparses Samson et Delilah, dans de nouvelles aventures.
Ces romans se placent en tête de liste des COSY MYSTERIES…romans à suspens à l’ambiance plutôt chaleureuse, avec de l’humour et souvent un ou des détectives amateurs. (Tout ce qu’il faut pour se distraire les jours de repos ou de longues vacances…..)

M.José/Librairie Doucet/MC

Les détectives du Yorskhire -384 Pages – Prix : 14.90 €

Les fureurs invisibles du cœur – John Boyne – Editions JCLattès

 

les fureurs invisibles du coeur

LES FUREURS INVISIBLES DU CŒUR

Itinéraire d’un garçon secret.

 « Cyril Avery n’est pas un vrai Avery – et il ne sera jamais un vrai Avery- c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il exactement. ? »

Cyril Avery, le héros du livre, grandit dans l’Irlande des années 1950. Né d’une fille-mère de la campagne irlandaise, rejetée  par l’Église et la communauté, il est adopté par un couple fantasque de bourgeois dublinois, qui lui fait comprendre qu’il ne fera jamais vraiment partie de leur famille. Sa rencontre avec son fascinant ami, Julian Woodbead, sera décisive… Cyril réalise qu’il aime les hommes. Dans une société qui condamne et criminalise l’homosexualité, il décide de garder son secret. De son enfance jusqu’à l’âge adulte, une véritable quête commence : celle de son identité au plus fort des cahots d’une société irlandaise d’après-guerre en plein bouleversement.

Raconté avec une incroyable fantaisie, ce roman entremêle avec lyrisme une formidable créativité narrative, une émotion certaine et un humour qui tombe juste à chaque fois. C’est une histoire d’amitié, d’amour, de bravoure, mais aussi de violence de religion et de préjugés. 

Suivez Cyril qui passera toute sa vie à chercher qui il est, d’où il vient. Lisez ce récit de la quête d’identité, se déroulant en Irlande, depuis les années 1940 de Cyril Avery. 

« Les Fureurs invisibles du cœur » est un roman qui fait rire et pleurer et qui nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme. Marquant !

MAD – (Les librairies ensembles)- /MC

Les fureurs invisibles du cœur – 580 pages – Prix : 23.90 € – Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides

Frère d’âme – David DIOP – Editions du Seuil – Collection cadre rouge –

Frère d'âmeLE SOLDAT SORCIER

« Tant que l’homme n’est pas mort, il n’a pas fini d’être créé. »

Un véritable coup de cœur que Nathalie de la librairie Doucet est venue nous présenter. Énorme coup de cœur qui a des chances d’obtenir un prix en fin d’année ! Et Nathalie en prend le pari, car c’est un livre fort, poignant et très touchant. Un livre coup de poing, un livre pas si facile car :

« Nous avions seize années de vie et nous voulions rire ».

  • C’est l’histoire de deux tireurs sénégalais qui vont venir en métropole pendant la Grande Guerre. L’un s’appelle Alfa Ndiaye et l’autre Madempa Diop. Élevés dans le même village en Afrique, ils se connaissent très bien. Ensemble, ils arrivent en métropole et se retrouvent sur les champs de bataille. Mademba Diop sera blessé, complètement éviscéré. (Rien ne nous est épargné ! Par moment, il faut avoir le cœur bien accroché, face aux détails de cette boucherie….) et il va supplier son frère d’arme de l’achever pour abréger ses souffrances, sauf que Alfa NDiaye a été élevé par des sorciers et des marabouts. Par croyance et par superstition, il ne veut pas ôter la vie de son ami. Il va le laisser agoniser pendant trois jours avant que celui-ci ne décède et sa mort va le faire basculer dans une sorte de folie. En fait, c’est comme un déclic, quand son ami décède, il prend conscience de l’horreur de la guerre. Il prend conscience qu’il aurait dû l’achever pour abréger ses souffrances.
  • « Par la vérité de Dieu, j’ai été inhumain. » –  Il culpabilise et de ce fait, il va rentrer dans une espèce de fureur. Donc, il sera toujours en première ligne à fondre sur l’ennemi. Il tue à tour de bras, et pour accentuer sa vengeance, chaque fois qu’il tue un homme il leur coupe la main qu’il ramène dans le camp français. Donc, au départ, on le considère comme un héros, un homme surpuissant, protégé par toutes ses croyances et puis finalement devant tant de folie meurtrière on commence à sa méfier de lui, à le prendre un peu pour un sorcier. On va alors l’envoyer à l’arrière où  là, il va nous raconter leur enfance au village, élevés par des marabouts, des sorciers et toutes les traditions ancestrales africaines qui ont nourri leur enfance. 
  • Et, c’est JUSTE, MAGNIFIQUE, c’est BEAU !
    C’est une écriture superbe –et cette lecture nous envahit d’émotion– C’est un livre qui vous prend aux tripes parce que les horreurs de la guerre, le sujet on connaît…. rien ne nous est épargné, et en même temps, ce livre est un long chant d’amour à son frère.                                                                                                                              C’est SU-PER-BE ! 

   Nathalie/M.Christine Librairie Doucet     

  Écoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Sophie Thomas sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

 Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.

« Frère d’âme »- 176 pages – Prix : 17 €

 

 

 

                                                                                                                                               

 

Dans les eaux profondes – le bain japonais – Akira Mizubayashi – Editions arléa

le bain japonaisAkira MIZUBAYASHI  sera présent

à la librairie Doucet pour une rencontre-dédicace 

Vendredi 14/09/18 à 18 heures à propos de son livre :

« DANS LES EAUX PROFONDES ». « Le bain japonais »

« Pour moi, c’est le moment du plus grand délassement et de la plus profonde jouissance : propreté, chaleur pénétrante de l’eau, odeur du bois humecté, parfum des peaux d’orange qu’on met parfois dans la baignoire ; c’est là que l’humeur me prend de chanter, et de réciter quelques poèmes ».

« Dans l’intimité familiale à la sociabilité. Lettre à un ami français. »

Nous sommes à la fin des années cinquante.  Dans la première partie de son livre, Akira Mizubayashi écrit une lettre de recommandations à un ami français –sans le nommer– en vue d’un prochain voyage au Japon. Il explique par écrit et dans les moindres détails à ce voyageur étranger, le rituel et les us et coutumes qui s’ensuivront. Ainsi, le prévient-il, en entrant dans la maison de ma mère, après l’accueil dans le vestibule et le cérémonial d’arrivée, l’hôte est invité à la montée progressive, dans l’espace domestique… la pièce à tatamis, jusqu’à l’arrivée au bain (pièce dont le dénivelé n’est que d’une dizaine de centimètres..) : « Sitôt tu t’assiéras sur un des coussins carrés (zabuton) disposés autour d’une table basse placée au milieu de la pièce d’invités, peut-être entendras-tu parler du bain »….

Car si nous, Français et occidentaux, prenons avec nos proches l’apéritif ou débouchons une bonne bouteille de vin (ou allons à la rencontre des autres dans les pubs ou les bars), les Japonais invitent à prendre des bains dans leur demeure ou au sentô (bain public). C’est un « don »un rituel particulier dont il ne faut pas s’offusquer, ce n’est pas une question d’hygiène !.. « Il est au Japon un savoir-vivre raffiné, poétique qui rend possible la rencontre de l’autre dans un cadre intime et bienveillant ».

Vous aurez donc, à la lecture de ce texte une impression de raffinement, une sensation de bien-être que l’auteur décrit avec grâce mais avec beaucoup de nostalgie et si cela relève du passé, il avoue : « Je suis devenu un usager ordinaire de la douche rapide à l’européenne (…..), comme beaucoup de Japonais de ma génération ». Ce rituel du bain, il en parle en évoquant des souvenirs personnels attendrissants (premier bain avec sa fille tout juste née ou l’ultime bain pris avec son père une semaine avant sa disparition) mais aussi en citant de nombreuses références cinématographiques, de séquences et scènes dans le cinéma japonais (Nasure à  Yasujiro Ozu à Clint Eastwood) ou dans l’art de la conversation (de Rousseau ou de Sôseki….).

Puis dans la deuxième partie intitulée : « Soixante-dix ans après »,  il sera question de démocratie. L’auteur donne un aspect comparatif, sur la manière d’être en politique, en France ou au Japon. Sa critique est plutôt acerbe, voire décevante à l’égard de la société japonaise actuelle puisqu’il rejette même le terme de « société », s’interrogeant sur l’absence de culture démocratique du Japon. C’est avec une certaine inquiétude qu’il aborde ce chapitre.

Akira Mizubayashi nous livre dans cette évocation des eaux profondes, le secret d’un cœur japonais mais aussi la vigilance critique d’un homme de son temps dans un pays en crise.

« Il dévoile ce que cachent les eaux profondes de la culture politique du Japon, qui pourrait menacer la démocratie. »

Un moment pour se familiariser avec le japonais et sa culture, voici quelques mots de vocabulaire : chôme, chanoma, ku, tokonoma, onsen, que vous retrouverez en cours de lecture. Peut-être, serez-vous amenés à  goûter au Matcha ou pratiquerez-vous le katatataki avant d’aller au sentô et revêtir le yukata !….

MC/Librairie Doucet.

Akira Mizubayashi est né en 1951. Il est écrivain et traducteur japonais. Il enseigne le français à l’université Sophia de Tokyo. Il est l’auteur de plusieurs livres écrits en français aux Éditions Gallimard, dont «Une langue venue d’ailleurs» (L’Un et l’autre, 2011) qui a reçu le prix littéraire Richelieu de la francophonie 2013, le prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises 2011 et le prix littéraire de l’Asie 2011.

 Dans les eaux profondes. Le bain japonais – 222 pages- Prix : 19 €

 

 

 

L’abécédaire des sentiments – Anita Nair -Editions Albin Michel

Les sentiments sont-ils compatibles avec la cuisine ?

l'abécédaire des sentiments
C’est ce que semble penser Anita NAIR, écrivaine indienne, très célèbre, entre autres, pour « Compartiment pour dames« , traduit en 29 langues. »
Elle est considérée comme un des auteurs phares de la littérature indienne.
Sur la couverture, trois cuillères en bois ! Curieux penserez-vous pour des sentiments ! Vous allez vite comprendre en lisant ci-dessous, un extrait de la quatrième de couverture  :
« A » comme Arisi – « B » comme Badam – « C » comme Cheppaankizhangu... La cuisine a son abécédaire et, comme les sentiments, son alchimie.
Ne croyant pas à l’amour, LEEMA est heureuse en mariage, même si, comme dit KOMATHI, sa cuisinière depuis plus de trente ans, son mari et elles sont comme des arisi appalam, des galettes de riz parfaites en apparence mais totalement insipides !
Aussi, quand SHOOLA PANI, superstar du cinéma indien, fait irruption dans le décor idyllique des collines Anamalai, où Leema se partage entre sa plantation de thé et ses chambres d’hôtes, c’est comme si un grain de sel lui révélait le goût et les multiples états de la passion… »
Donc, dans ce petit livre bien sympathique, vous trouvez de tout petits chapitres, souvent très courts, avec une écriture particulièrement minimaliste, nous présentent par lettre alphabétique des aliments ou des recettes indiennes, tamouls très exactement.
Aliments et recettes nous sont donnés par la cuisinière et sont intercalés dans les autres chapitres qui, eux, racontent l’histoire en lien avec la cuisine.
Amour et cuisine font bon ménage, c’est une question de dosage, de proportions et il faut bien faire le mélange avec doigté.
Nous suivons le roman… et ses ingrédients… avec un véritable plaisir de lecture.
C’est très original, dépaysant à souhait puisque nous sommes partis en voyage pour l’Inde, mais on se rend compte aussi que nous rencontrons des temps et des moments universels. – A lire.
M-José/MC – Librairie Doucet
« L’abécédaire des sentiments » – 256 pages – Prix : 16 € – Traduit par Dominique Vitalios.

Goncourt 2018 et première sélection !

En-route-pour-le-GoncourtEN ROUTE POUR LE GONCOURT 

Ce vendredi 7 septembre, depuis l’hôtel de ville de Nancy, en ouverture de la manifestation littéraire : « Le Livre sur la place »le secrétaire général de l’Académie Goncourt Didier Decoin a dévoilé la liste des heureux « pré-lauréats », en présence du président Bernard Pivot, entouré d’académiciens. C’est donc le début de la course à ce prix le plus convoité qui connaîtra son dénouement Mercredi 7 novembre !

Qui succédera à Eric VUILLARD, élu de 2017 pour « L’Ordre du jour » (Actes Sud) ?   Le ou La lauréate se trouve dans cette liste de 15 auteurs, cités par ordre alphabétique :

  • Meryem ALAOUI…………« La Vérité sort de la Bouche du cheval » (Gallimard)
  • Inès BAYARD ………………………………« Les malheurs du bas » (Albin Michel)
  • Guy BOLEY………………………………….« Quand Dieu boxait en amateur » (Grasset)
  • Pauline DELABROY-ALLARD …… »Ça raconte Sarah » (Minuit)
  • Adeline DIEUDONNÉ …………………« La Vraie Vie » (L’Iconoclaste)
  • David DIOP…………………………….. ….« Frère d’âme » (Seuil)
  • Clara DUPONT-MONOD…………….« La Révolte » (Stock) –
  • Eric FOTTORINO ………………………..« Dix-Sept ans » (Gallimard) —
  • Paul GREVEILLAC ………………………« Maîtres et Esclaves » (Gallimard) –
  • Gilles MARTIN-CHAUFFIER ………« L’Ère des Suspects » (Grasset) —
  • Nicolas MATHIEU ……………………… « Leurs enfants après eux » (Actes Sud) —
  • Tobie NATHAN ………………………….. « L’Évangile selon Youri » (Stock) –
  • Daniel PICOULY ………………………….« Quatre-vingt dix secondes » (Albin Michel) —
  • Thomas B. REVERDY…………………. « L’hiver du mécontentement » (Flammarion) —
  • François VALLEJO ……………………… »Hôtel Waldheim » (Viviane Hamy)

Une sélection qui fait la part belle aux premiers, voire aux deuxièmes romans : Meryem ALAOUI, Inès BAYARD, Pauline DELABROY-ALLARD, Adeline DIEUDONNÉ qui entrent en littérature. Guy BOLEY et David DIOP signent leur deuxième titre. 

La deuxième sélection sera annoncée mardi 2 octobre. La troisième sélection, mardi 30 octobre. Il  n’y aura plus que quatre écrivains en lice et le mercredi 7 novembre le nom du lauréat ou de la lauréate sera proclamé par Didier Decoin, secrétaire de l’académie Goncourt, en direct du restaurant Drouant, dès 13 heures. Le jury, présidé  par Bernard Pivot est composé de Pierre Assouline, Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel, Paule Constant, Didier Decoin, Virginie Despentes, Patrick Rambaud, et Eric-Emmanuel Schmitt, académiciens.

Faites votre choix ! Bonne lecture et rendez-vous le 2 Octobre pour la prochaine liste !

Librairie DOUCET 

 

Séquoias – Michel Moutot – Editions du Seuil –

SequoiasL’aventure, c’est l’aventure !!

C’est ce que nous promet Michel MOUTOT dans son nouveau roman  après l’excellent « Ciel d’acier. »
On ne peut pas raconter grand chose quand il s’agit d’un roman d’aventure. Il faut lire et tout simplement se laisser happer par l’histoire. Une petite présentation est cependant un avant-goût qui peut donner l’envie de suivre le romancier. 
Même si les personnages apparaissent un peu plus tôt dans le livre, pour planter le décor initial et surtout définir l’esprit de l’époque, tout commence en réalité en 1847 avec le départ des trois frères FLEMING :  –Mercator, l’aîné, le fort  -Michael, le juste  – Nicholas, le plus jeune, donc peut-être le plus faible.
Ils quittent l’île de Nantucket, dans le Massachussets, des Etats Unis d’Amérique.
Ils sont baleiniers de père en fils, mais ils doivent payer leurs dettes et même s’ils partent sur leur bateau, le Freedom, avec Mercator à la barre, ce n’est pas pour chasser la baleine (ce sera pour plus tard, pensent-ils) mais pour transporter des barriques et ainsi gagner plus d’argent.
Or, le 5 Décembre 1848, à Washington, James Polok, 11ème Président de Etats Unis annonce que des mines d’or importantes existent en Californie et que les terrains appartiendront à ceux qui s’y installeront en premier. C’est la fièvre de l’or.
Mercator est séduit et le bateau repart pour le Grand Sud. Ce sera naviguer au large de Cuba, du Brésil, de l’Argentine, des Fawklands, jusqu’à franchir le Cap Horn. Puis ce sera le Chili, le Mexique, pour atteindre enfin la Californie. Imaginez la navigation, les tempêtes, les incidents et accidents. C’est extraordinaire et cela ne fait que commencer !
27 Juin 1849, c’est Yerba Buena, maintenant appelée San Francisco. On franchit la Porte d’Or (the Golden Gate) pour trouver 780 habitants et un immense chantier où déboulent de partout les chercheurs d’or. Mickaël va partir et se lancer dans cette recherche.
Mercator, lui, reste à San Francisco parce qu’il a compris qu’il pouvait s’enrichir en participant à la construction de la ville. Sur les collines se dressent des forêts de Séquoias géants. Pourquoi ne pas se lancer dans la coupe et le commerce du bois ?
Vous pensez sans doute que j’en ai dit beaucoup. Pas du tout ! Ce n’est qu’une petite trame qui est loin de raconter ni même d’aller jusqu’au bout.
Nous sommes dans un Nouveau Monde en construction. Nous suivons ces pionniers, nous rencontrons des travailleurs acharnés, des femmes légères, des idéalistes et tous les dangers.
Les faits historiques sont avérés et les personnages parfaitement plausibles s’y incorporent très bien.
L’écriture en est facile et riche de documentation à la fois. Vous passerez d’excellents moments dans le bruit de la ville naissante mais aussi avec le chant des baleines et le murmure des séquoias géants. Lisez ce roman d’aventure. Les vacances lui conviennent très bien. 
Un grand bravo à Michel MOUTOT !
M-José/MC – Librairie Doucet
« Séquoias » – 496 pages – Prix : 21.50€
Michel Moutot est reporter à l’Agence France-Presse. Lauréat du prix Albert-Londres en 1999, correspondant à New-York en 2001, il a reçu le prix Louis-Hachette pour sa couverture des attentats du 11 Septembre.
Son premier roman, « Ciel d’acier » (2016) a reçu le prix du meilleur roman des lecteurs de Points.

Le Mars Club – Rachel Kashner – Editions Stock

le mars clubBAD GIRL, GOOD MOTHER

C’est dans un roman noir vraiment très très noir dans lequel nous pénétrons, un roman atypique, très intéressant dont on va beaucoup parler cette année. C’est écrit par une jeune femme, Rachel Kushner et il s’agit du Mars Club. Un club de stripteaseuse où certaines filles un peu paumées, ayant besoin d’argent vont danser et éventuellement plus si affinités. En tout cas pour y gagner de l’argent facile….

Le roman débute avec Romy Hall, 27 ans, elle a eu une enfance compliquée, jamais les bons choix, jamais les bons copains, jamais la vie sur une voie toute tracée… Elle a un peu dévié. Elle est assez attendrissante. L’auteur va, tout au long de son texte, faire des allers et venues entre le présent et le passé, dans le San Francisco  des années 80 où on pouvait faire beaucoup de bêtises. 

Elle va se retrouver à Stanville, une prison pour femmes en Californie qui est absolument dramatique, c’est féroce. Elle va arriver avec soixante codétenues et tout ce livre, c’est l’histoire de l’humanité en marge de la société, l’histoire de ces femmes avec leurs querelles,  leurs colères et leurs défauts. C’est un monde dur, un monde pénible. Ce qui fait tenir Romy c’est son petit garçon âgé de sept ans. Elle est en prison parce qu’elle a tué un homme qui l’agressait tous les soirs, à la sortie du club de strip-tease. Deux fois, elle sera condamnée à perpétuité. Elle n’en sortira jamais. Son petit garçon est gardé par sa maman. Ce petit garçon c’est toute sa vie, son espoir. Tout va bien. Sauf, qu’un beau jour, au bout de deux ans de prison, elle apprend que sa maman est décédée et elle ne sait plus où se trouve son petit garçon…

Un livre EXCEPTIONNEL ! – Un livre BOULEVERSANT !

M.A Dumont/MC- Librairie Doucet

Écoutez Marie-Adélaïde Dumont en compagnie de Sophie Thomas sur France Bleu Maine, en cliquant ici.

« Le Mars Club » – 480 pages – 23 € (paru le 22/08/18) Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter.