Le Noël de Pinpin – He Zhihong – Éditions Seuil Jeunesse-

Plus que quelques jours avant le 24 décembre ! Pinpin est très excité mais il est aussi un peu inquiet : son papa n’est toujours pas rentré de la chasse. C’est le moment d’écrire sa lettre au Père Noël, il a envie de tellement de choses !

Le Noël de Pinpin

Sur les conseils de sa maman, Pinpin va demander ce qui est le plus important pour lui : que son Papa soit de retour pour la fête. Et aussi un joli sapin qu’il puisse décorer avec ses parents et ses amis.

Ce joli conte de randonnée, aux illustrations tendres et délicates, va être un délicieux moment de lecture pour faire patienter les enfants jusqu’à Noël
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Le Noël de Pinpin – 32 pages – prix : 13.90 € – Pour les 3/6 ans.

LIBRAIRIE DOUCET/MC

L’ ANOMALIE – Hervé LE TELLIER – Éditions Gallimard – Prix Goncourt 2020

Le prix GONCOURT  a été attribué le 1er décembre, lors d’une visioconférence à:

Hervé LE TELLIER** pour « L ANOMALIE » (Gallimard).

Nous allons parlé de prix aujourd’hui !

MAD : Vous savez c’est toujours dans la tradition. La rentrée littéraire démarre fin août début septembre et la période des prix arrive assez tôt, même toujours un peu plus tôt, sauf que cette année, toutes les Académies, le Goncourt, le Renaudot ont décidé de soutenir les librairies qui étaient fermées et de décaler la remise des prix pour que ces ventes ne soient pas exclusivement sur des plateformes numériques ! C’est pour cela que le grand prix du roman de l’Académie française vient d’être attribué (26 novembre). Le prix Goncourt, seulement hier (30 novembre) avec le prix Renaudot dans la foulée et nous attendons demain (le 2 décembre) le prix Goncourt des lycéens. Donc, nous arrivons demain à la conclusion de cette période des prix et puis de ces récompenses importantes parce que, pour les auteurs ça change beaucoup en terme de tirages, de nombres de livres vendus.

MB : Cette cuvée 2020 est-elle intéressante et accessible ?

MAD : Cette cuvée 2020 est très intéressante pour les différents grands prix qui ont été attribués. Oui, c’est une très bonne cuvée pour le moment je n’ai rien à dire, j’adhère ! – la quantité des livres, les choix.. Nous avons eu une très bonne rentrée littéraire. On a savouré et je reconnais que tous ces prix ont été donnés à des livres qui sont intéressants, grand public dans des genres très différents : – Marie-Hélène LAFON qui a eu le prix Renaudot et Serge JONCOUR le prix Femina, vont nous parler de nature, nous parler de racines. On va avoir, avec Chloé DELAUME qui a obtenu le prix Médicis, quelque chose qui tourne autour de l’intimité de la femme de 45 ans, sa place sur le marché de la séduction. On est vraiment dans quelque chose de concret, avec Hervé LE TELLIER pour « L’Anomalie » qui vient d’obtenir le prix Goncourt, on est sur un roman grand public, populaire qui peut séduire tout le monde, parce que tous les genres sont représentés dans un seul roman. Avec le prix de l’Académie française« La grande épreuve » d’Étienne de Montety, il s’agit d’un texte malheureusement d’actualité brûlante, sur l’engagement, pour le Bien et pour le Mal. On va voir avec les problèmes de radicalisation et d’excès. Je pense que nos livres, nos prix de cette année collent à l’actualité, collent à nos problèmes, collent à nos questions. On verra l’année prochaine, si l’on n’a que des titres sur la COVID et la pandémie !

MB : Alors, Marie-Adélaïde, la question difficile, s’il ne fallait en choisir qu’un seul parmi les prix, lequel devrait-on choisir ?

MAD : Oh là là, horrible question, que la question est dure ! Bon, j’avais un chouchou depuis le début. Je suis très heureuse qu’il ait gagné ! C’est « L’ Anomalie » de Hervé LE TELLIER, qui est publié chez Gallimard et qui a eu le prix Goncourt. Ce livre m’a transporté de joie. Et quand on parle d’un livre jubilatoire, c’est ça ! Vous le lisez le sourire aux lèvres parce que, ce que j’apprécie dans un texte comme celui-ci, c’est qu’il me fait rire, il me fait réfléchir ! On se pose des questions philosophiques, religieuses et puis il aborde un sujet qui est incroyable que j’ai peu lu ! Que se passe-t-il Maxime, qu’est-ce qui vous arriverez Maxime, si un beau jour, en rentrant chez vous, vous tombez sur un autre Maxime ? Il vous ressemble comme deux gouttes d’eau, il a les mêmes souvenirs, il a fait les mêmes choses, il connaît tout de vous, et vous, tout de lui… La seule différence c’est que vous avez trois mois d’écart. Il y en a un qui est en avance de trois mois et l’autre est en retard de trois mois. Ça vous permet peut-être de réparer des erreurs, ça vous permet peut-être de défaire les choses, ça vous permet peut-être de profiter d’une célébrité ! C’est absolument génialissime.

Et ce roman conjugue tous les genres littéraires : le roman d’amour, le témoignage, le roman de société, le polar, l’anticipation, c’est incroyable. Vraiment un grand grand coup de chapeau à Hervé LE TELLIER. BRAVO à Hervé LE TELLIER !

**Hervé LE TELLIER, 63 ans, mathématicien de formation et ancien journaliste, et président de l’association de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle), a obtenu huit voix contre deux pour « L’Historiographe du royaume » de Maël Renouard.

« L’ANOMALIE » 336 pages – prix : 20 € – parution 20/08/20

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Maxime Bonhomet, sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M.Christine

Histoire du fils – Marie-Hélène Lafon – Éditions Buchet-Chastel – Prix RENAUDOT 2020

Palmarès du Prix Renaudot - La lettre du Libraire

Le prix Renaudot a été décerné lundi 1er décembre, quelques minutes après le Goncourt, à Marie-Hélène Lafon, pour son roman « Histoire du fils » (Buchet-Chastel), une saga qui court sur un siècle, de 1908 à 2008. Le personnage principal, André, élevé par sa tante, y perce un secret de famille en explorant sa généalogie.

BRAVO à Marie-Hélène LAFON pour ce prix RENAUDOT 2020 « Histoire du fils » livre déjà présenté sur ce blog lors de sa parution en août 2020 !

téléchargement

INTRIGUE FAMILIALE SUR FOND DE RURALITÉ

Nous retrouvons Marie-Hélène Lafon avec grand plaisir pour « Histoire du fils », un court roman, de 170 pages. Une histoire familiale étalée sur plusieurs générations, se déroulant sur un siècle,  et qui débute en 1908. André, c’est le fils, il est né en 1924, sa mère c’est Gabrielle, indépendante et très secrète, qui préfère vivre sa vie à Paris. André ne connaît pas son père, un inconnu dont seule Gabrielle détient le secret. Il sera élevé à la campagne, à Figeac dans le foyer de sa tante Hélène mariée à Léon et au milieu de ses cousines-sœurs. Durant toute son enfance, André doit faire face aux silences, aux secrets, aux absences car sa mère, il ne la côtoiera que quelques semaines par an, à Pâques et aux vacances d’été. Difficile de vivre avec le manque de racine, du côté paternel et cela André devra aussi l’assumer jusqu’à la fin de sa vie…

A la lecture de ce texte, Marie-Hélène Lafon dépeint une situation sociale particulièrement difficile pour cette époque ; elle le fait avec sa plume très épurée,  sans trop entrer dans les détails mais avec beaucoup de finesse, de justesse, une écriture précise et très travaillée, un style superbe.  Et puis, c’est sur fond de ruralité qu’elle ancre cette intrigue entre Figeac, Chanterelle, Aurillac, entre le Lot et le Cantal dont elle est originaire, ses terres de prédilection, son pays et c’est très agréable. Ses personnages sont absolument bien décrits, notamment Gabrielle, cette mère qui se décharge de son rôle de mère…

« Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage littéraire français. »

Histoire du fils – 170 pages – prix : 15 € (parution 20 août 2020)

Intervalles de Loire- Michel Jullien – Editions Verdier

Aventure ligérienne à bord d’une barque !

Le héros de cette aventure, c’est la Loire. L’auteur et deux de ses amis décident de descendre le fleuve à la rame d’Andrézieux-Bouthéon à Saint-Nazaire, sur 850 kilomètres à bord de « Nénette », un esquif de quatre mètres carrés. Tour à tour, ils sont au bastingage, à la vigie, ils nous font partager les rôles de rameur, de barreur. Le jour, ils souquent chacun leur tour. La nuit, ils campent sur de petits îlots, dérangés par le coassement des grenouilles… et vous aurez un petit aperçu en lisant ce court extrait :

« L’esquif est à l’appontement, couché dans l’herbe, gris sur vert. L’un de nous part à la recherche du premier repas. Il s’en revient les bras chargés, de quoi boire au départ, de quoi dîner, du pain, du fromage, des fruits et une grande boîte de cassoulet des Landes étiquetée « Reflets de France ». En ville, il a croisé des devantures de restaurants avec la même spécialité au menu : la grenouille. A bien regarder, elles ne sont pas de Loire mais importées de Pologne, plus charnues, cuissées, plus grosses à l’assiette -peut-être moins bavardes que celles d’ici. Nous ne savions pas, les grenouilles allaient miner notre sommeil, vingt-six nuits de suite ou presque, plus que les moustiques, satanés batraciens, sacré pharynx, nous allions le découvrir au premier soir. La bestiole s’y prend comme ça, elle vous laisse dormir d’abord, ce n’est qu’ensuite. Elle s’y met doucement, timorée d’œsophage, comme si elle ne voulait surtout pas déranger. Il suffit d’une, toute seule, dix autres lui répondent, vingt, un chorus de jabots jusqu’au crescendo de la berge opposée, du coït en écho. A plein régime, il faut se représenter une bande nourrie de bikers, tous en Harley-Davidson, à un feu rouge toute la nuit, attendant qu’il passe au vert, lequel reste rouge toute la nuit. Après quelques journées nous prîmes soin d’aller nous coucher avec des réserves de galets à portée d’oreiller, c’est l’unique moyen, faire taire. L’animal accroupi commence son bonheur d’amygdales. Sans ouvrir les yeux, sans sortir du sac, nous lançons une poignée de cailloux vers l’épicentre des coassements. Tout se tait, nous nous rendormons comme les surveillants d’un internat de tétrapodes puis, quelque part, timide retour de gorge, un œdème de gosier, début d’orgasme phonatoire, nouvelle volée de cailloux, un jet de pierres suffit à dormir dix minutes, le sommeil paradoxal. Ronfler sur des œufs, dans une promiscuité de l’ouïe.« (p.24)

Laissez-vous emporter au fil de l’eau. Goûtez chaque phrase, chaque mot et savourez cette langue superbe et très poétique. C’est un vrai bonheur que de lire cet auteur, surtout de voguer à ses côtés, tout au long de cette magnifique aventure. Non seulement, il nous fait ressentir, nous sensibiliser à tous les bruits, y compris ceux des humains, mais aussi les odeurs, la faune la flore, les insectes, les oiseaux. Puis, il n’oublie pas la littérature, car au fil de l’eau, il convoque et embarque avec lui de nombreux passagers très prestigieux, tels que : Julien Gracq, Gaston Bachelard, André Dhôtel, Pierre Bergougnioux, Curzio Malaparte, Henry David Thoreau, Henri Bosco, Charles Ferdinand Ramuz, Henri Michaux et tant d’autres… sans oublier le cher Jules Renard de Chitry-les Mines où il fut maire.

Une lecture agréable au style raffiné.

Intervalles de Loire – 124 pages – prix : 14 € – (parution février 2020)

Librairie Doucet/M.Christine

Michel Jullien est né en 1962. Après une formation de tourneur-fraiseur, il entreprend des études littéraires qui le conduiront à enseigner au Brésil (Belem). De retour en France, il fait ses premières armes dans l’édition, chez Hazan, puis chez Larousse avant d’animer une maison d’édition spécialisée dans les arts décoratifs. En marge des livres, en marge de l’édition, il s’adonne à sa plus grande passion : la montagne. Après avoir gravi une centaine de sommets dans le massif du Mont-Blanc, des Écrins et des Pyrénées, il cesse l’escalade à quarante-cinq ans et se consacre à l’écriture. Il vit aujourd’hui à Paimbœuf, au bout de la Loire. Sa biographie aux éditions Verdier : « Compagnies tactiles » (2009) – « Au bout des comédies«  (2011)« Esquisse d’un pendu » (2013). – « Yparkho«  (2014). Prix Tortoni 2015 – « Denise au Ventoux«  (2017) (Prix Frans Hessel – Prix 30 millions d’amis) – « L’Île aux troncs«  2018. (Prix de l’ENS)


Suzuran – Aki Shimazaki – Éditions Actes Sud –

Vous avez envie d’un peu de douceur, eh bien lisez

SUZURAN, すずらん qui signifie muguet !

Vous nous promettez-là, Nathalie, un véritable moment de douceur dont nous avons bien besoin ! Exactement ! Je me suis dis qu’en ce moment c’était une petite bulle de tendresse et de douceur.

Suzuran

Alors, Aki Shimazaki n’en est pas à son coup d’essai. C’est une japonaise qui vit au Canada et qui écrit en français mais qui est très imprégnée de sa culture d’origine. Et à chaque fois, c’est un bonheur de lire un de ses livres. Là, elle nous raconte l’histoire de Anzu qui est une jeune femme trentenaire qui vit seule avec son fils et qui a fait de sa passion, son métier, puisqu’elle est céramiste. Elle modèle des vases pour accueillir les fleurs. Elle est passionnée de poterie, elle a une vie plutôt sage et un peu rangée, auprès de ses parents vieillissants, en bord de mer. Elle a une grande sœur qui s’appelle Kyoko qui vit à Tokyo qui elle, est l’extrême inverse, une jeune femme bouillonnante, un peu croqueuse d’hommes et qui débarque un jour dans sa vie pour annoncer à toute la famille qu’elle va se remarier et en fait, l’évènement, et le retour de cette sœur, va profondément et durablement modifier la vie de Anzu. C’est raffiné, c’est plein de délicatesse, c’est un voyage hors du temps. On y parle beaucoup de nature, de mer, du travail des mains. C’est une petite bulle dans laquelle on peut s’extraire de cette période un peu compliquée et comme on a besoin de lectures en ce moment, cela fait beaucoup de bien !. C’est une jolie douceur. On déconnecte de tout et on s’imprègne de cette culture assez philosophique, assez sage, où il n’y a pas d’éclats de voix ni de geste plus haut, voire déplacé. Tout est dans le respect et la tradition et ça fait vraiment du bien de temps en temps. (Et pour l’anecdote, SUZURAN en japonais, signifie MUGUET)

Écoutez Nathalie en compagnie de Fabien Obric sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Nathalie de la Librairie Doucet/MC

Suzuran, 168 pages – 15 € – paru en avril 2020

Aki Shimazaki est née au Japon. Elle vit à Montréal depuis 1991.Ses trois pentalogies, « Le Poids des secrets », « Au coeur du Yamato » et « L’Ombre du chardon » ont été publiés par Leméac/Actes Sud. Suzuran est le premier titre d’une nouvelle série.

QUE SUR TOI SE LAMENTE LE TIGRE – Emilienne Malfatto – Editions elyzad –

Quatrième de couverture : Dans l’Irak rural d’aujourd’hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l’interdit absolu : hors mariage, une relation amoureuse, comme un élan de vie. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte : son destin est scellé. Alors que la mécanique implacable s’ébranle, les membres de la famille se déploient en une ronde d’ombres muettes sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien, porteur de la mémoire du pays et des hommes.

Inspirée par les réalités complexes de l’Irak qu’elle connaît bien, Emilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l’autorité masculine et le code de l’honneur. Un premier roman fulgurant, à l’intensité d’une tragédie antique.

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Un premier roman dont l’écriture est aussi belle que le sujet est violent. Avec en couverture cette photo d’Emilienne Malfatto, reporter, qui nous offre un texte court, percutant, poétique, sans pathos, pour raconter l’insoutenable, avec pudeur !

Librairie Doucet/MChristine

Emilienne Malfatto est née en 1989. Elle a étudié en France et en Colombie et est diplômée de l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Elle a ensuite intégré l’AFP, en France puis à Chypre. Depuis 2015, elle travaille comme journaliste et photographe indépendante, principalement en Irak. Le Prix France Info-Revue XXI lui a été décerné en 2015 pour son reportage « Dernière escale avant la mer ». En 2019, son projet Al-Banaat, dans le sud de l’Irak, a été distingué par le Grand Prix de la photographie documentaire de l’IAFOR.

« QUE SUR TOI SE LAMENTE LE TIGRE » est son premier roman – 80 pages – prix : 13.50 € (parution 3ème trimestre 2020)

Mon merveilleux sapin de l’Avent – Camille Garoche – Éditions Casterman-

Mon merveilleux sapin de l’AventA Commencer dès le 29 Novembre !

Ce très beau livre illustré est aussi un calendrier de l’Avent pas comme les autres. Le livre idéal pour patienter jusqu’à Noël avec le plus merveilleux des sapins !

1 SAPIN, 24 DÉCORATIONS, 24 HISTOIRES POUR ATTENDRE NOËL

Chaque jour de décembre : découvre un conte, un poème ou un chant de Noël cherche la jolie décoration du jour cachée dans l’illustration de la page… Détache-la et accroche-la sur ton sapin.

À l’intérieur : un grand sapin facile à monter et 24 décorations à détacher !

Prix : 24.95 € – Rayon jeunesse – à partir de 3 ans.

Librairie Doucet/MC

Le Champ – Robert Seethaler – Éditions Sabine Wespieser –

CHRONIQUE SOUTERRAINE !

Nous avons tous peur de mourir et c’est normal, nous sommes des humains ! Les premières pages de ce roman extraordinaire posent la question : « Si les morts pouvaient parler, que diraient-ils ? » « LE CHAMP » est un drôle d’endroit dans le village, car il s’agit du cimetière ! Mais, CE CHAMP, C’EST LE MONDE. CES VOIX, NOS VIES.

Ainsi, Robert Seethaler, romancier autrichien, redonne vie à vingt-neuf disparus, tous originaires de la même bourgade. Il fait parler les morts de Paulstadt, une ville autrichienne imaginaire, dans la Markstrasse qu’ils ont habitée ou fréquentée. Chaque mort prend donc la parole à tour de rôle et devient narrateur. Chaque chapitre est une voix, chaque voix qu’on entend, ce sont les voix des gens qui dorment dans « le champ« , la terre qu’ils partagent tous désormais. Ainsi, en quelques pages ou quelques mots, ils reprennent vie et certains d’entre eux nous fascinent et nous marquent. Il y a une sorte d’intimité dans leur manière de se livrer ou de résumer leur passé (leurs amours, leurs bonheurs, leurs réussites ou échecs, leurs rancœurs, amitiés, jalousie etc... Leurs vies tout simplement ! ) Ils étaient fleuriste, primeur, facteur, professeur, sans véritables liens, mais pouvaient se connaître. On se rappelle de la marchande de chaussures parce qu’elle veut vivre une grande vie et qui râle sans arrêt après son mari. Puis, on retrouve le curé qui est tellement illuminé qu’il a mis le feu à son église et on se demande bien pourquoi ! On reconnaît Monsieur le Maire parfois cynique, parfois sincère. Il y a Marie, la doyenne de 105 ans qui dit : « J’ai été une enfant. Puis une dame. Puis de nouveau une enfant. De l’entre-deux je ne me souviens pas. En tout cas j’étais une jolie dame » (p. 211). Et celle qui va être la prostituée du village et du coup, elle raconte tout le village, elle a connu tout le monde intimement !.

Hannes Dixon, un des narrateurs, reporter-rédacteur-éditeur du « Courrier de Paulstadt, nous livre ces quelques mots : « Chaque instant porte en lui le temps dans sa globalité; dans les vitres de la Markstrasse se reflète le monde entier. » (p.225)

Que reste-t-il de la vie après la mort ? Quelques dates, des regrets, des amours, de l’amitié ?

Un livre bien écrit, sans pathos. Une langue très belle, très poétique, il y a des moments où l’on rit malgré le sujet. C’est un bouquet d’émotions et c’est vraiment touchant. Certaines histoires commencent de manière un peu dure, parfois lugubre puis à la fin, on se marre.

Librairie Doucet/M.Christine

LE CHAMP traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes – prix : 21 € – 276 pages – (parution : janvier 2020)

Robert SEETHALER, né en 1996, vit à Berlin. « Le Tabac Tresniek » (2014) et « Une vie entière » (2015), tous deux parus chez Sabine Wespieser éditeur, l’ont imposé en France et ailleurs comme un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération. « Le Champ » (Das Feld), publié en 2018 en Allemagne, y a connu ainsi qu’en Autriche, un succès retentissant.

Impact – Olivier Norek – Éditions Michel Lafon

UN ROMAN COUP DE COEUR ! UN LIVRE COUP DE POING !

IMPACT un polar signé OLIVIER NOREK que Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet du centre ville du Mans, tient à nous présenter ! Un thriller mais aussi un roman engagé qui nous fait réfléchir ! On peut parler d’un thriller hors normes ?

MAD : Incroyable, ce roman ! OLIVIER NOREK, on l’aime beaucoup, on le connaît. C’est un policier. Il a commencé par trois romans sur sa vie de flic dans le « 93 » et il a ce talent, c’est-à-dire qu’il prend des risques. Il change de genre, il nous propose des romans à chaque fois différents. Il avait déjà abordé la vie sociale avec un roman sur la migration avec « Entre deux Mondes » et cette fois-ci, il nous a concocté un roman policier écologique aussi intense que vrai sur les problèmes qui vont rapidement nous dépasser. Aujourd’hui, on peut trouver dans certains pays du Tiers Monde des problèmes d’eau, des problèmes d’air pollué, de rivières empoisonnées et tout cela se rapproche dangereusement de nous ! Que va-t-il se passer quand un homme devient un justicier ? Il va obtenir réparation. Il va pour cela employer des moyens totalement illégaux. Est-il coupable ? Ou est-il innocent puisqu’il œuvre pour le bien-être de la planète de monsieur et madame tout le monde ? Les scènes sont fortes, les scènes sont engageantes et on va voir comment un flic et une jeune femme psychologue, profileuse exactement de métier, vont devoir assumer, assumer leurs choix. Pour ou contre Virgil Solal ? – Pour ou contre les agissements ?. – On ne parle pas d’un livre dans la douceur. Il y a un meurtre. Il y a les prises d’otages mais il n’est pas question d’enrichissement personnel. Tout ça, est fait pour que notre planète, notre terre arrête de tourner de travers, pour que, enfin les grosses sociétés réagissent et changent leur transition énergétique, que ce ne soit pas un vain mot. Ce livre fait réfléchir. Ce livre nous amène à nous poser des questions et nous embarque dans un univers qui vous laissera pantois de la première à la dernière page.

Fabien Obric : Ensuite, cet enquêteur, Virgil Solal dont vous avez cité son nom, et dans son livre, Olivier Norek balance carrément, il parle du PDG de TOTAL, il parle de BNP Paribas, il cite des entreprises, il y va carrément !….

MAD : Il y va carrément ! C’est pour ça que ce livre nous impacte autant comme son titre l’indique !. Parce que ce n’est pas dans un monde complètement virtuel ! Ce n’est pas le pays des Bisounours !. C’est notre monde ! Ce sont les grosses sociétés autour de nous, du CAC 40 ! Sociétés qui ne vont pas assez vite, dans cette fameuse transition, qui sont encore aux énergies fossiles et qui finalement empoisonnent la vie et la santé de tous les concitoyens. Alors, OUI, ces méthodes sont totalement illégales. OUI, c’est un criminel et est-ce que cela en fait un coupable aux yeux de tous et de la justice. La question est très très intéressante et une des parties de ce livre qui est fabuleux, c’est le procès de Virgil Solal.

Voilà ! C’est à suivre dans « IMPACT », un polar tout à fait singulier, très original, sur fond d’écologie et de protection de la planète et c’est signé OLIVIER NOREK !

Marie-Adélaïde/MC.

Écoutez Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet en compagnie de Fabien OBRIC, sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

IMPACT – 368 pages – prix : 19.95 € – (parution le 22/10/20)

Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier – Éditions de l’arbre vengeur –

BIEN DANS SES PANTOUFLES !

Ne jamais sortir de chez soi en pantoufles avec ses clefs à l’intérieur ! Ou alors être prêt à l’aventure urbaine et sociale !

Par ces temps moroses et parfois compliqués, j’avais envie de vous présenter un petit livre, surtout drôle et un peu facétieux !

Un livre qui fait rire et ça fait tellement de bien ! Un grand moment de détente !

Le héros du roman sort un matin de chez lui, en costume-cravate, la mallette à la main, il s’apprête à assister à une réunion. Quand il claque la porte d’entrée, il se retrouve sur le palier, non seulement il s’aperçoit qu’il a laissé les clefs à l’intérieur mais qu’il est en charentaise !… Il n’a guère le temps de passer s’acheter une paire de chaussures car cela risque d’être un peu juste pour cette fameuse réunion, il décide de s’y rendre malgré tout, charentaise aux pieds ! Disons que pour cet homme qui mène une vie plutôt banale et moyenne, cette réunion va bien se dérouler pour lui. Donc, il attribue cela au fait qu’il soit en charentaise et décide pour le coup de garder ses charentaises pendant quelques jours ! De vivre en charentaises ! Alors, c’est assez drôle, c’est facétieux, un peu fantaisiste. L’auteur en profite pour nous raconter l’histoire des charentaises et leur fabrication, leur origine et c’est intéressant car on apprend beaucoup de choses.

Puis on rit avec ce type à qui il arrive plein d’aventures parce qu’il a un aspect tout à fait normal, mais il porte des charentaises ! Outre le fait qu’il soit assez drôle, ce qui est intéressant aussi, c’est le regard que les autres portent sur vous, alors qu’intérieurement vous êtes le même, il suffit juste que l’apparence extérieure se modifie un peu pour que le regard des autres aussi se modifie sur votre personne et de ce fait, c’est l’occasion d’une petite réflexion. C’est vraiment drôle ! C’est rigolo et on passe un très joyeux moment !

Nathalie/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Maxime Bonhommet en cliquant ici !

Les pantoufles – 120 pages – Prix : 13€ – (paru le 03/09/20)