Urgences – Hôpital en danger- Hugo Huon Le collectif Inter Urgences/ Éditions Albin Michel

Hopital en danger

PRENEZ SOIN DE VOUS ET RESTEZ CHEZ VOUS !

« Les urgences hospitalières sont malades. »Relais du Cœur - Un défi de coeur

« Ce livre est […] notre combat, votre combat. Un combat qui a pour but d’éviter l’effondrement de notre système de santé, à l’heure où les patients sont en danger.  Plutôt que de nous taire, nous, professionnels de santé, avons choisi de redoubler d’énergie pour sauver ce qui nous tient à cœur : l’accomplissement de notre mission de service public. »

« Réduction des coûts et des effectifs, services saturés, violences, burn-out du personnel soignant… Les urgences craquent et depuis un an, un mouvement de grèves spectaculaire se propage. À sa tête, le collectif Inter Urgences et son porte-parole, Hugo Huon, brisent l’omertà et se font l’écho des acteurs de terrain : les médecins, mais surtout les « sans voix », infirmiers et aides-soignants.« 

« Pour la première fois, ils livrent leurs témoignages, saisissants, courageux et avant tout, humains. Face à la mise à mort de l’hôpital public avec la complicité les plus hautes instances de l’État, ce livre appelle à une mobilisation citoyenne… avant qu’il ne soit trop tard ».

 « Ce livre est un hommage à l’une des trop nombreuses catégories de sans voix, les paramédicaux. La réalité est là : fautes de mesure immédiates et d’envergures, nous mourrons de plus en plus aux urgences. Plutôt que de nous taire nous, professionnels de santé avons choisi de redoubler d’énergie pour sauver ce qui nous tient à cœur : l’accomplissement de notre mission de service public. Et, pour y parvenir, nous avons besoin de vous. »

Hugo Huon, Infirmier à l’hôpital Lariboisière à Paris,  préside le collectif Inter Urgences. En soutien à la mission de service public défendue par le mouvement, une partie des droits de ce livre sera reversée au collectif Inter Urgences.

« Urgences – Hopital en danger » – Éditions Albin Michel – 336 pagesprix : 19 €(parution 12/02/2020)

Librairie Doucet/MC

 

 

 

Coup de cœur d’un écrivain : Et la lumière fut – Jacques Lusseyran – Chronique de Gaëlle Nohant – sur le site on la lu la lettre-

ET LA lumiere futPRENEZ SOIN DE VOUS ET RESTEZ CHEZ VOUS !

LIRE, C’EST SORTIR  ! Le coup de cœur d’un écrivain. Gaëlle NOHANT  nous conseille la lecture de : « Et la lumière fut » de Jacques Lusseyran.LUSSEYRA JACQUES

Dans cette période particulière, où l’angoisse nous submerge volontiers, j’ai choisi un livre qui pourrait être ma prescription à tous les angoissés.
«Et la lumière fut» commence par une enfance heureuse, à Paris, dans le XVIIIème arrondissement. Jacques Lusseyran la résume ainsi : « Mes parents me portaient. C’est sans doute pourquoi, pendant toute mon enfance, je n’ai pas touché terre. Je pouvais m’éloigner, revenir ; les objets n’avaient pas de poids, rien ne collait à moi. Je passais entre les dangers et les peurs comme la lumière à travers un miroir. Et c’est cela que j’appelle le bonheur de mon enfance. C’est une armure magique qui, une fois posée sur vos épaules, peut être transportée à travers votre existence entière. »

Ce bonheur bascule quand Jacques devient aveugle à 8 ans, suite à un accident dans la cour d’école. Cette tragédie aurait pu jeter une ombre durable sur sa vie, elle sera l’occasion d’une révélation. Lorsqu’il renonce à chercher la lumière à l’extérieur de lui, il découvre qu’elle est là, à l’intérieur. Bien plus vive et totale, car dépourvue d’ombres. Cependant, dès qu’il a peur, dès qu’il perd confiance, la lumière disparaît, les ténèbres triomphent.

Ce livre est l’histoire d’un destin extraordinaire. Lorsque la guerre de 40 éclate, Jacques est un étudiant brillant de Louis Le Grand. Il devient le chef d’un réseau de Résistance. Lorsque le réseau tombe sur dénonciation, il est déporté à Buchenwald. Au camp, il fait l’expérience de l’impuissance la plus totale. On lui vole son pain, il tombe malade. Frôlant la mort, il éprouve la force de la vie, retrouve la lumière au fond de lui, la confiance en l’invisible. Il devient la mascotte du camp, celui qui console. De cette lumière intérieure, il réchauffe les désespérés. Il y a du Desnos dans cet aveugle lucide, qui ne désespère jamais de l’homme. Son récit est un traité de la joie, qui se trouve dans le présent, dans l’acceptation de ce que le destin nous apporte, dans l’exploration de l’inconnu en soi et hors de soi : « Nous sommes tous — aveugles ou non — terriblement avides. Nous n’en voulons que pour nous. Sans même y penser, nous voulons que l’univers nous ressemble et qu’il nous laisse toute la place. Eh bien ! Un petit enfant aveugle apprend très vite que cela ne se peut pas. Il l’apprend de force. Car chaque fois qu’il oublie qu’il n’est pas tout seul au monde, il heurte un objet, il se fait mal, il est rappelé à l’ordre. Et chaque fois, au contraire, qu’il se le rappelle, il est récompensé : tout vient à lui. »

Jean-Louis Barrault cherchait toujours à « transformer les coups du sort des instruments de la Providence. » Dans ce livre essentiel, Jacques Lusseyrand nous démontre que c’est possible. En cette période où nous éprouvons notre impuissance, ça fait un bien fou !
Gaëlle Nohant.

Chronique diffusée par on la lu la lettre site de critiques et d’informations littéraires.

(Librairie Doucet/MC)

« Et la lumière fut » – Jacques Lusseyran – folio – 432 pages – prix : 8 €  / « Et la lumière fut » (Le félin poche-Éditions le félin) – Collection Résistance-Liberté-Mémoire – prix : 11,90 € (Préface Jacqueline Pardon) – C’est en 2015, dans son livre « Le Voyant » réédité en Folio, que Jérôme Garcin remettait en pleine lumière Jacques Lusseyran (1924-1971)

Assassins ! Les derniers jours de Zola – Jean-Paul Delfino/Éd. Héloïse d’Ormesson

ASSASSINSPlongée dans la France des derniers jours de Zola !

Depuis l’affaire Dreyfus, le grand écrivain s’est fait beaucoup d’ennemis !

« J’accuse… ! » est le titre de cet  article rédigé par Émile Zola au cours de l’affaire Dreyfus, publié dans le journal L’Aurore du 13 janvier 1898 (n° 87) sous la forme d’une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure.

Cette affaire plonge la France dans un climat délétère où s’affichent la haine et l’antisémitisme.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902, Emile Zola  et son épouse Alexandrine sont très incommodés. Ils pensent à une intoxication alimentaire. Zola, le copain de Cézanne passe toute sa vie en revue, son enfance, cette vie de gamin désargenté à Aix-en-Provence, lycéen boursier à Paris, coursier chez un éditeur, rêvant d’écriture et de célébrité, jusqu’à l’affaire Dreyfus. Qui peut bien vouloir sa mort ? L’auteur imagine un complot. Les anti-dreyfusards, ses domestiques, sa maîtresse ? Zola meurt asphyxié à cause d’un poêle défectueux. Une intoxication suspecte au monoxyde de carbone. Un accident d’après la police. Peut-être pas, d’après les historiens ! En fin limier, Jean-Paul Delfino mène l’enquête : recoupe les témoignages, fouille les archives plutôt malodorantes et se pose beaucoup de questions au sujet d’une bande d’écrivains, de politiciens, de journalistes nationalistes et racistes.

A travers « Assassins », ce très bon roman historique, Jean-Paul Delfino nous raconte cette dernière nuit,  tandis que certains membres de l’extrême droite française tels que Drumont, Barrès, Daudet et autres se réjouissent des événements, d’avoir armé le bras de Henri Buronfosse,  devenu petit patron d’une entreprise de fumisterie et qui clame avoir délibérément bouché le conduit de cheminée.  Qui parmi ses proches ou adversaires, avait intérêt à le faire définitivement taire ? Certes Zola dérangeait, il a défendu un juif contre vents et marées….

Un livre très documenté. A recommander pour revivre la vie de Zola et de son époque. Un vrai bon roman historique qui se lit comme un thriller. 

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Assassins, Les derniers jours de Zola 236 pages – prix : 18 € – parution : sept. 2019

Jean-Paul Delfino, romancier et scénariste, vit et travaille à Aix-en-Provence. Il a publié « Corcovado » (2005 – prix Amérigo Vespucci). « Dans l’ombre du Condor » (2006), « Samba triste » (2007), « Zumbi » (2009), « Pour tout l’or du Brésil » (2011) « Pour l’amour de Rio » (2012) « Brasil » (2013). Il est aussi scénariste (notamment de United Passions, un film sur l’histoire de la FIFA avec Gérard Depardieu et Tim Roth, sorti en 2014, à l’occasion de la coupe du monde de football au Brésil). Il est également l’auteur de deux ouvrages sur la musique populaire brésilienne qui font aujourd’hui référence, « Brasil bossa nova » et « Brasil a música »

 

Parce que les fleurs sont blanches – Gerbrand Bakker – Éditions Grasset

PARCE QUE CE LIVRE EST D’UNE GRANDE HUMANITÉ, D’UNE GRANDE DOUCEUR !

parce que les fleurs sont blanches« Au fait, comment sais-tu que ce sont des poiriers ?… – Parce que les fleurs sont blanches,…. Un instant, vous regardez des poiriers en fleur et l’instant d’après quelqu’un vous dit que votre fils a une splénorragie »….

C’est l’histoire de toute une fratrie, deux jumeaux Klass et Kess et le petit dernier Gerson (des prénoms néerlandais...). Leur mère a quitté le domicile, probablement partie en Italie mais ils n’en savent rien ! Seuls indices, quelques cartes postales lors des anniversaires ou au nouvel an avec laquelle ils ont très peu de contact. Ils vivent avec Gérard, leur papa.  Les enfants s’inventent des jeux  « Et si on jouait à « Noir ? » genre de cache-cache, les yeux fermés, et si par hasard, on ouvre les yeux, on dit : « je sors et je quitte la partie », un jeu qui sera un jeu prémonitoire. Et l’on suivra toute leur enfance, leur fraternité, leurs jeux, leur caractère etc… Une famille très très touchante.

Puis, au milieu du roman alors qu’ils se rendent chez le grand-père paternel, Gérard et Gerson sont à l’avant de la voiture, Kless et Klass à l’arrière avec, au milieu de tous, Daan le chien, le meilleur ami de Gerson, surviendra ce tragique accident. Tout le monde se retrouve à l’hôpital  : bras cassés, contusions, puis Gerson va finir par se réveiller aveugle….  (mais n’en disons pas plus !)

Gerbrand Bakker est un écrivain de tout premier plan aux Pays-Bas, et le succès de « Là-haut, tout est calme » lui a donné une grande notoriété internationale. Publié en français en 2009 chez Gallimard, ce roman a obtenu le prestigieux prix Impac à Dublin, ainsi que le prix Millepages en France. Parce que les fleurs sont blanches est son quatrième roman traduit en français. Traductrice de l’italien et du néerlandais, Françoise Antoine s’occupe également de surtitrage d’opéra. Elle a notamment traduit Margriet de Moor et Walter Siti.

Un joli texte. Un roman d’une grande sensibilité et bouleversant. On rit. On pleure. Mais on aime ! Malgré cette tragédie familiale, c’est un magnifique petit bout de vie qui nous est conté.  Très lumineux. Inoubliable.

« Une prose étrangement calme et envoûtante – comme en apesanteur. » (Le Monde)

« Parce que les fleurs sont blanches » – 211 pages – prix : 18 € – (parution janvier 2020)

Giono, furioso – Emmanuelle Lambert – Éd. Stock – Collection La bleue – Prix Femina Essai 2019

GIONO FURIOSOGiono furioso

« Giono, c’est quelqu’un qui dévore la vie parce qu’il est poursuivi par la mort. »  (E. Lambert)

Ce livre pour évoquer Giono (né en 1895), une des grandes figures de la littérature du XXè siècle, lequel a connu les guerres et les heures noires.  Emmanuelle Lambert, prix Femina essai 2019, pour  « Giono furioso », commissaire en charge de l’exposition au MuCEM de Marseille (octobre 2019 à février 2020) dans le cadre de l’année Giono, lors de la commémoration du cinquantenaire de sa mort (9/10/70 à Manosque). Un hommage à un grand écrivain provençal hanté par la guerre, mais aussi à un poète tourmenté, un écologiste avant l’heure.

Qui ne connaît ce grand auteur duquel on a lu tant de livres, parfois avec ennui lorsque nous étions plus jeunes,  souvent à l’ordre du jour au programme des collèges ?…

De la noirceur à la lumière…

E. Lambert cite (p.60) : « de ce pâtre, ce monsieur vaguement ennuyeux, ce notable des lettres […], votre noirceur s’est un peu dissipée à vous relire […] Elle a fondu dans la lumière en se mélangeant au souvenir de vous.[…] – La voix qui crie dans votre oeuvre est comme le cousin qui a quitté la famille et qui lorsqu’il revient, la révèle dans son ambiguïté, ou dans son inquiétante banalité. On ne le convie que lorsqu’il le faut, et on lui trouve une place à l’écart. « Au banquet de vos célébrations, votre part noire sera hébergée dans une conférence, où l’on parlera de la littérature et du mal, ou du fait divers, ou encore du crime. C’est comme ça qu’on l’isole, en la posant dans une case, une chambre confinée. Le mal est un virus qu’il faut mettre en quarantaine, tant il va vite à se répandre parmi les hommes, vous le savez, vous l’avez regardé dans les yeux, à la guerre. Une fois sa contagion sous contrôle, on peut se pencher amoureusement sur le reste, s’y étendre, s’y déplier, se laisser aller à contempler les étoiles, et les oiseaux, et le vent, s’offrir à la volupté du monde et du grand tout. Espérer que nous serons sauvés. ». Des mots qui frappent, rappelant comme par hasard, ce que nous vivons actuellement ! Comme en temps de guerre….

E. Lambert écrit : « Parfois au fur et à mesure que je lis ou relis Giono, il m’arrive de vouloir  lui parler directement, de lui parler dans des mots qui ne seraient qu’à nous, à lui et moi. »

Son livre évoque une rencontre imaginaire. Il nous donne envie de revisiter chacun de ses livres. « Giono, furioso » fait référence à un classique de la littérature italienne de la Renaissance « Orlando furioso », poème épique de l’Arioste.

Une plume sublime. Un essai lumineux et juste.

Décédé il y a 50 ans, Jean Giono naît en 1895. Il est  lu, étudié, édité à la Pléiade (pas moins de dix tomes et tout n’y est pas !). Membre de l’académie Goncourt, élu en 1954,  Il est mobilisé à l’âge de 20 ans. Après 30 ans, il publie son premier poème « Accompagnés de la Flûte » (1924), suivront « Que ma joie demeure » en 1935, puis « Un roi sans divertissement », en 1947 – « Les Âmes fortes », « Regain », « Colline », « Jean le bleu » ou encore :

Lisez ou relisez « Le Hussard sur le toit » (1951), un roman d’aventures, en pleine épidémie de choléra à Manosque, les routes sont barrées, les villes barricadées, les voyageurs mis en quarantaine.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Giono, furioso – 219 pages – prix : 18.50 € – (parution : sept. 2019)

Emmanuelle Lambert a écrit « La Désertion »  paru aux éditions Stock, en 2018.

 

Jeu pour confinés littéraires !

Chères lectrices, chers lecteurs et ami(es)s confinés (es) de la librairie, 
la vie francaiseEn attendant de vous retrouver en librairie, un petit jeu littéraire !
(et quelques titres)

« Bel Ami», vous qui aimiez « Bourlinguer », franchir « La porte étroite », vous qui aviez « Le diable au corps » ne faites pas « L’innocent », je vois que vous avez « La nausée », « Les mains sales », « L’humeur vagabonde », « L’âme brisée »… Vous craignez d’avoir « La Peste », de plonger dans « Le monde du silence » pour un long « Voyage au bout de la nuit » en regrettant « Les vertes années » et vous voilà soudain dans « La confusion des sentiments », « A la recherche du temps perdu » !… « Autant en emporte le vent » et « Bonjour tristesse »…la pestea la recherche

« On achève bien les chevaux » et vous êtes « Sur le fil du rasoir », «Sur les chemins noirs » me direz-vous ? « Orgueil et préjugés », « Paroles » que tout cela ! Ce n’est pas « Une vie » chers lecteurs confinés, « Rebellez-vous », « Relevez-vous, n’ayez pas peur »…

« Après avoir entendu vos plaintes, quoique je n’aie point le bonnet de docteur, je puis tout de même indiquer le remède à vos maux, qui est non point cachet, goutte, sirop ou liniment, mais consolation philosophique » alors suivez « Les élans du cœur », gardez « L’Espoir » et retrouvez « La joie de vivre » pas vrai « Les copains » ?

Vous avez, naturellement, plus de trois semaines, voire un mois, au moins, pour retrouver la date de l’incipit revisité d’un des « Propos d’un Normand » d’ALAIN que je suis confit d’avoir ainsi détourné, de même pour les auteurs de tous ces livres et s’il vous faut un peu plus de temps pour les lire ou les relire.

« Ce n’est pas la mer à boire » !… Vous l’aurez assurément…

Si d’aventure il vous manque quelques réponses, ce dont je doute, mandez-les, une fois « dé-confinés »… Postez vos commentaires sur le blog ! Voyez cela dès le retour de vos chers libraires, car vous leur manquez !

En attendant, à vous de jouer… très impatients de vous retrouver toutes et tous en bonne santé. Mais, surtout : 

PRENEZ SOIN DE VOUS ET RESTEZ CHEZ VOUS ! LISEZ, RELISEZ

A très vite.

Hubert/Librairie Doucet/MC

Éloge du livre – Pascal Dethurens – Éditions Hazan

LECTURE ELOGE« LISEZ ! Revenez à l’essentiel ! »

a-t-on entendu ces jours-ci,  lors du discours du Président de la République Française, avant  le confinement de tous les français, pour lutter contre le coronavirus !

Voici  donc : ÉLOGE DU LIVRE ! – Lecteurs et écrivains dans la littérature et la peinture.

Un éloge du livre ? Il s’impose. Quand l’humanité est assourdie par le fracas de l’Histoire, lecteurs et écrivains se murent dans le silence, préférant la sérénité des livres à la fureur du monde. S’il est des femmes et des hommes dont l’existence prend de la valeur à la mesure de leurs actions, il en est d’autres, au contraire, qui ont décidé que la vie n’a de sens qu’en retrait, dans les songes, dans les idées – dans les pages.

Étonnante figure que celle des lecteurs et des écrivains, de ces femmes et de ces hommes qui passent leur vie dans les livres, abîmés en eux-mêmes, pour remplacer la vie par une autre vie. Leurs visages sont mythiques, ils sont autant de portraits qui peuplent l’imaginaire européen  : don Quichotte, Faust, Hamlet, Julien Sorel, Emma Bovary… Tous n’ont de réalité que par les livres. «  J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute  : au milieu des livres.» Cette phrase des Mots (1964) de Sartre tient lieu d’autobiographie à quiconque consacre tout son temps à la lecture et à l’écriture.
Oui, donc, un éloge du livre. «La superstition de l’Homme du Livre», comme le rapporte Borges dans La Bibliothèque de Babel, veut qu’«il doit exister un livre qui est la clé, le résumé parfait de tous les autres», et qu’«un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre est devenu semblable à un dieu». Le livre, le livre qu’on lit ou celui qu’on écrit, fait de l’homme un être épris d’infini, un assoiffé de totalité. Et un éloge du livre pour découvrir que, de saint Jérôme à Proust, de Dante à Shakespeare, de Goethe à Eco, mais aussi de Bosch à Matisse, de Raphaël à Picasso, de Dürer à Velasquez, ces femmes, ces hommes aux livres, ce sont chacun de nous.

(p.25) : LIRE ! « Un livre, n’importe lequel, est pour nous un objet sacré. Un hasard admirable a voulu qu’un écrivain ait fixé l’instant où prit naissance le vaste processus de la prédominance de la langue écrite sur la langue parlée, quand saint Augustin raconte, au sixième livre des Confessions, comment lisait saint Ambroise dont il a été le disciple. Son esprit était encore inquiet du singulier spectacle auquel il avait assisté : un homme dans une chambre avec un livre, lisant sans articuler les mots. Cet homme donnait ainsi naissance à un art étrange, l’art de lire en silence, qui devait produire des effets merveilleux, et aboutir, après de longues années, au concept du livre comme fin en soi ». Jorge Luis Borges, Enquêtes « Du culte des livre.

Vous êtes à la fois au Musée et au milieu des livres car cet ouvrage original présente les représentations en peinture des lecteurs et des écrivains. où prédominent les XVIè et XVIIème siècles. Un bel ouvrage richement illustré pour y faire de belles découvertes. Un livre très utile. 

Librairie Doucet/M. Christine

Eloge du livre – 225 pages – prix : 29,95 €

Zadig – Magazine N°5 – Ces Maires qui changent la France – Eric Fottorino

ZADIG N5Dans ce numéro 5, vous ne lirez que de très bons articles  ! De quoi tenir quelques jours, en ces temps de confinement, contre le coronavirus !

Prenez votre mal en patience ! N‘hésitez pas à vous réfugier au cœur d’un bon livre commandé et acheté chez votre libraire préféré ! Prenez soin de vous et de vos prochesÉcoutons surtout les professionnels de santé !

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TOUTES LES FRANCE QUI RACONTENT LA FRANCE

Le magazine trimestriel d’Eric FOTTORINO et déjà un an !

Dans ce numéro 5 que vous trouverez sans problème en librairie ou dans les kiosques à journaux qui sont ouverts en cette période de coronavirus, vous explorerez divers articles et chroniques : – Y’a de la joie  L’affaire Adèle de Leïla Slimani.

Un article d’actualité :  « Ces Maires qui changent la France », un sujet sur la transformation des vies locales françaises, en province, tout en s’intéressant à la figure du maire. – « Le maire, dernière figure de la République paysanne ».  Vous irez en forêt de Montargis, dans le Loiret et vous vous mettrez dans la peau d’un garde forestier…, un texte de Arthur Frayer-Laleix. Puis, Michel Pastoureau vous parlera de la couleur verte : « Le Vert du Printemps ».

Journalistes, sociologues, géographes vous parleront de leurs pouvoirs et de politique.  Vous suivrez une conversation avec Edgar Morin, Leila Slimani, Philippe Delerm, Nicolas Mathieu, Catherine MeurisseRégis Jauffret et de l’historienne Mona Ozouf. 

                                                                                                                                                                 Librairie Doucet/M.Christine – Revue trimestrielle, au prix de 19.O0 € – 188 pages.

                                                                        

 

La Possibilité du jour – Émilie Houssa – Éd. de l’observatoire. Collection Fiction

la possibilité du jourUn destin de femme !

Nathalie, de la librairie Doucet, a décidé de venir sur France Bleu Maine nous parler de « La possibilité du Jour » d’Émilie Houssa, aux éditions de l’observatoire. Dites-nous qu’est-ce que ce livre ? :

– Un très joli titre et une couverture magnifique ! Cette maison d’édition a toujours de belles couvertures. La journée de la femme a eu lieu très récemment et dans cette histoire, il s’agit du destin d’une femme qui bascule un peu, au moment des années charnières. On est à la fin de la seconde guerre mondiale. Aurore, au moment de la Libération, est tombée amoureuse d’un G.I. reparti aux États-Unis, lui promettant le mariage et tout ce qui va, avec !. Nous sommes en 1947  et elle traverse l’Atlantique pour le rejoindre. Sauf que lorsqu’elle arrive au fin fond du Midwest, Martin, son beau G.I. ne l’a pas vraiment attendue et contre toute attente beaucoup de femmes seraient rentrées en France. Aurore est issue d’une famille assez classique, traditionnelle où les femmes ne sont que des épouses et des mères. Elle rêve de liberté, décide de rester aux États-Unis et d’assumer ce choix de vivre sa vie dans le « Nouveau Monde ». Le livre, c’est une longue lettre qu’elle écrit à son fils pour lui raconter ses choix et la façon qu’elle a choisi de vivre aux États-Unis parce que c’est une femme qui va avoir un destin assez exceptionnel. Elle va s’assumer seule ! Elle a besoin de liberté, d’indépendance puis elle va affronter le regard des autres. Elle va travailler, ce qui, à l’époque était peu courant, même aux États-Unis. Elle va tomber amoureuse d’un homme de couleur. Nous sommes dans les années 50-60, au moment de la ségrégation raciale. De nouveau, elle deviendra mère. Ce sont donc des choses à assumer et qu’elle va prendre en mains, avec des hauts et des bas. 

C’est un très joli deuxième roman de la part de cette auteure, un roman très bien écrit. Une femme qui est en quête d’indépendance, de liberté et qui essaie d’assumer ses choix. Donc, sur fond de combat pour les droits des femmes, à la lutte pour l’égalité civique et la liberté de chacun. Ce n’est pas ce qui s’est passé en France, c’est un peu différent aux États-Unis. C’est ça qui est intéressant dans le livre, c’est que nous, nous  avons l’habitude d’avoir lu, de savoir ce qui s’est passé en France. Aux États-Unis, c’est un petit peu différent, il y avait la ségrégation raciale et de plus, il fallait assumer, quand on choisissait de côtoyer les gens de couleur. 

 C’est passionnant. C’est le destin d’une vie. Un très joli roman.

Une belle écriture. Un beau moment de lecture. 

Nathalie/M. Christine

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine en compagnie de Fabien Obric et Charlotte Bouniot, en cliquant ici !

« La possibilité du jour »250  pages prix : 20 € paru le 04/03/20

 

 

Rivage de la colère- Caroline Laurent – Ed. Les escales –

UN PAN DE L’HISTOIRE DU COLONIALISME MÉCONNU !

Caroline LAURENT nous fait le plaisir de venir à la librairie

Jeudi 12 mars à 18 heures.

RIVAGE DE LA COLEREMarie-Adélaïde !  On vous retrouve et on tourne avec vous les pages  d’un très beau livre sur l’exil !  « Rivage de la colère » le nouveau roman de Caroline Laurent. Au cœur de l’océan Indien, ce roman met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d’un amour impossible. Roman de l’exil et de la révolte, « Rivage de la colère » nous plonge dans un drame nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.

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Vous savez, il y a des auteurs dont on attend les textes  et c’est un bonheur de ne pas être déçus, un bonheur d’avoir un tel coup de cœur ! Il s’agit d’un second roman. Caroline Laurent, vous l’aviez connue avec le très beau livre sur la vie d’Evelyne Pisier qui s’appelait : « Et soudain, la liberté » qui était extrêmement touchant,  qu’elle avait achevé seule. Elle avait été obligée d’écrire son premier roman toute seule puisque Evelyne était décédée. Second roman : il y a de l’appréhension, c’est difficile. Elle écrit et signe un texte absolument bouleversant sur une histoire qui la touche de près, parce que Caroline est d’origine mauricienne. Je ne connaissais pas les îles Chagos (et nous sommes certainement nombreux à ne pas les connaître !..) C’est assez joli. Donc, vous imaginez Maurice, une journée de bateau. Vous vous éloignez, il y a plusieurs îles. Celle qui va nous intéressée est celle de Diego Garcia et  devenir tristement célèbre. Maurice et les îles Chagos appartiennent à l’Angleterre. Nous allons suivre pendant un bref moment, la vie de Marie-Pierre Ladouceur. Elle est jolie comme tout. Quand elle a faim, elle va pêcher du poisson ou des poulpes. Elle vit pieds-nus ; elle travaille avec toutes les femmes de l’île dans une coopérative. Elles coupent les cannes à sucre ; elles ont peu de besoin. Elles sont heureuses. Il fait bon vivreLa vie est sympathique. Elle a une fille –on ne sait pas très bien qui est le papa, on a des doutes- mais, la vie est belle. Un beau jour, va débarquer sur l’île, un homme important, un blanc de l’île Maurice qui vient  travailler, pour diriger et inspecter. Ça va être le coup de foudre entre ces deux-là et ça va créer le fil romanesque de notre histoire. Mais, ça ne tient pas à une simple histoire d’amour. C’est un texte très fort sur le déplacement de population, jusqu’au moment où  Maurice va réclamer son indépendance, l’Angleterre va lui ordonner et va décider de garder les îles Chagos, de vendre ses territoires aux États-Unis, de les louer plus exactement, pour en faire une base militaire. La base de Diego Garcia existe toujours de nos jours, et en une après-midi la population va être déplacée. –Ça va les obliger à partir  ; ils  n’auront pas le temps prendre quoi que ce soit ! Ils vont végéter dans des bidonvilles à Maurice. Comme quoi, la terre, le soleil, la plage, la mer bleue… Tout cela c’est horrible, même quand vous vivez dans un bidonville et ce texte à deux voix,  l’histoire de Marie-Pierre, son combat, car son combat est fort, c’est le grand cri de colère, de son fils, Joséphin qui va aller porter cette revendication jusqu’au Tribunal International de La Haye et qui, l’année dernière, a eu une première victoire puisqu’on a reconnu, qu’il fallait les indemniser et que l’Angleterre était coupable de ce déplacement de population. Cette alternance de voix, entre Marie-Pierre et son fils, le combat est absolument extraordinaire. Vous vous  embarquez dans une aventure humaine qui vous laisse ému(e-s), interloqué(e-s).

En plus, je trouve cela merveilleux, on apprend quelque chose. C’est toujours intéressant, ces livres avec un fait historique ! ...(-d’après une histoire vraie-)

On est plus dans une histoire dramatique qu’une histoire d’amour malgré tout !  Bien sûr, on est bien plus dans une histoire dramatique et l’histoire d’amour sous-tend et allège un peu le drame de ce roman.

Écoutez Marie-Adélaïde de la librairie Doucet sur France Bleu Maine,en compagnie de Fabien Obric et Clarisse Frigoulen cliquant ici !

Marie-Adélaïde/M.Christine

Caroline Laurent est franco-mauricienne. Après le succès de son livre co-écrit avec Evelyne Pisier, Et soudain, la liberté (Les Escales, 2017 ; Pocket, 2018 ; prix Marguerite Duras ; Grand Prix des Lycéennes de ELLE ; Prix Première Plume), traduit dans de nombreux pays, elle signe son nouveau roman Rivage de la colère. En parallèle de ses fonctions de directrice littéraire chez Stock, Caroline Laurent a été nommée en octobre 2019 à la commission Vie Littéraire du CNL.

« RIVAGE DE LA COLÈRE » – 256 pages – prix : 19.90 € (parution : 09/01/20)