Einstein, le sexe et moi – Olivier Liron – Alma éditeurs –

einstein le sexe et moi JOLI COUP DE CŒUR DE LA SEMAINE DE NATHALIE !

UNE BELLE LEÇON quOlivier LIRON  viendra partager avec nous à la librairie Doucet

JEUDI 29 NOVEMBRE à 18 heures.

 » Je me suis rempli la tête d’informations pour peupler ma solitude, pour oublier l’essentiel, pour dompter l’absence et le chagrin. Comme si apprendre des milliers d’informations sans queue ni tête, peupler la mémoire était un réflexe de survie. »

Il s’agit du deuxième roman d‘Olivier Liron, jeune auteur  normalien, autiste Asperger et son livre commence ainsi : «  Je suis autiste Asperger, ce n’est pas une maladie, je vous rassure, c’est juste une différence. »

Nous sommes en 2012, le candidat se retrouve sur le plateau télé de FR3, et participe à la super finale de « Questions pour un Champion » avec le célèbre animateur, Julien Lepers. Ce livre, se déroulant tout au long de l’émission de la super-finale, est découpé en quatre parties qui correspondent aux quatre manches de « Questions pour un Champion ». Avec lui, nous rentrons dans l’envers du décor de l’émission télévisée, des autres candidats avec leurs petits tics, leurs petites manies etc.. En tout cas lui,  il va vraiment pour gagner… Et ce qui est intéressant dans ce roman autobiographique, ce n’est pas tant le déroulement de l’émission de « Questions pour un Champion », c’est juste que chaque question qui leur est posée est l’occasion pour lui de faire des digressions sur son vécu d’autiste Asperger, notamment sur son enfance, ses années collège ou lycée qui ont été compliquées, jusqu’à ses premières rencontres avec de jeunes femmes, puis de réaliser, en tant qu’autiste Asperger combien la vie est difficile lorsqu’on vit cette différence, plongé dans la solitude mais aussi des moments joyeux quand il nous raconte comment la littérature et la poésie l’ont sauvé ! – A m’entendre, vous pourriez penser que c’est un livre un peu difficile. Eh, bien, pas du tout ! Au fil des pages, on rit parce qu’il a une espèce d’autodérision… Il ironise un peu Julien Lepers sur sa carrière de chanteur avorté ! On rit vraiment. Il y a des moments drôles, des moments d’émotion, c’est fabuleux. Il nous décrit les deux cent mille questions qu’il a apprises par cœur, et la fameuse multiplication qu’il pose dans sa tête et dont il faut  trouver absolument le produit de (247 856 x 91) et puis des listes et des listes de questions……. 

Sincèrement, c’est drôle, c’est très humain, c’est touchant et  plein d’émotion ! C’est FABULEUX, c’est MAGNIFIQUE  !

Nathalie/librairie Doucet/M. Christine

EINSTEIN, LE SEXE ET MOI. 200 pages – prix : 18 € (paru le 06/09/18)

Écoutez en replay, Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Sophie Thomas sur France Bleu Maine lors de l’émission de mardi 16 octobre (Fréquence 96.O FM) rubrique LIVRES.

Olivier Liron est né en 1987. Normalien, il étudie la littérature et l’histoire de l’art à Madrid et à Paris avant de se consacrer à la scène et à l’écriture. Il se forme en parallèle comme comédien à l’Ecole du Jeu, au cours Cochet. Il a également une formation de pianiste en conservatoire. Au théâtre, il écrit quatre pièces courtes qui s’accompagnent de performances : « Ice Tea » (2008) – « Entrepôt de confections » (2010) – « Douze douleurs douces » (2012) – « Paysage avec koalas » (2013). Il réalise aussi de nombreuses lectures (Cendrars, Pessoa, Michaux, Boris Vian, textes des indiens d’Amérique du Nord). En 2015, il crée la performance Banana spleen à l’Ecole Suisse Internationale. En 2016, il fonde le collectif Animal Miroir actuellement en résidence au Théâtre de Vanves. En tant que scénariste pour le cinéma, il a reçu l’aide à la réécriture du CNC (centre national du cinéma) pour le long métrage de fiction Nora avec Alissa Wenz et l’aide à l’écriture de la région Île-de-France pour le développement du long métrage. Un cœur en banlieue. Il publie des nouvelles dans les revues Décapage et Créatures. Son premier roman « Danse d’atomes d’or » est publié chez Alma Éditeur.

 

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Les bracassées – Marie-Sabine Roger – Editions la brune au rouergue

UN DUO SURPRENANT !
LES BRACASSEESCommençons par ce qui est dit parfois sur ce livre : « un feel good book. » On pourrait le croire et certes il fait du bien mais c’est tellement plus que cela. 
Les deux personnages principaux d’abord aux noms un peu trompeurs :
Fleur, 76 ans, une dame obèse et terriblement angoissée au point qu’elle ne peut qu’à peine sortir de chez elle : une phobique sociale. Seul, son vieux chien Mylord, très laid mais si beau pour elle, obèse lui aussi, lui tient compagnie. Elle tient une sorte de journal conseillé par le « bon Docteur Fiodorrr (!!) Borrrodine (!!) qui lui prescrit tranquillisants et somnifères…une véritable pharmacie. Aussi bavarde à l’écrit qu’à l’oral, elle s’égare, elle s’égare !
Harmonie, 26 ans, atteinte du syndrome Gilles de la Tourette (que Fleur a compris Tabourette !), c’est-à-dire que son langage est ordurier malgré elle et qu’elle ne peut s’empêcher de s’agiter beaucoup.
Elles vont se rencontrer, s’entraider et vont être rejointes par une bande improbable de « bras cassés ». Comme la majorité est féminine, elles vont se donner le surnom de « bracassées. » Tous sont en effet inclassables, déclassés et entraînent le lecteur dans des aventures souvent rocambolesques mais très touchantes. Il ne faut pas oublier Monsieur Poussin, bientôt 104 ans, qui, de sa fenêtre, photographie les gens qui passent de manière à les rendre beaux.
Cela ne se raconte pas, il faut lire.
« Dans ce roman il y a de la musique russe, un petit chien en surpoids, des gens un peu fêlés ou que la nature n’a pas épargnés, des monstres improbables, de très beaux portraits en noir et blanc qui permettront une belle exposition, de la traîtrise, du drame et malgré tout de la TOLÉRANCE. »
C’est le regard que l’on porte sur les autres qui compte et tout peut changer.
Les personnages crées par Marie-Sabine Roger ne sont pas guéris mais ils se sentent moins seuls donc un peu mieux. Ils ont des buts et se replient moins sur eux-mêmes.
Ils se découvrent aussi, telle Fleur qui ne se connaissait pas ce talent de danseuse que tout le monde admire.
Donc vous voyez, c’est plus profond que cela peut le paraître. Ce n’est pas du tout superficiel. C’est plein d’humour, de dérision sur soi-même aussi, plein d’émotion aussi mais sans aucun pathos.
« Ce roman profondément humaniste donne une vision positive de la différence, refusant le regard excluant et prônant la chaleur du collectif. » C’est une bonne lecture.
Un joli roman réjouissant sur la différence et le regard qu’on lui porte.
M-José/Librairie Doucet/M.Christine
« les bracassées » – 320 pages – Prix : 20 € (paru le 22/08/18)
Les romans de Marie-Sabine Roger ont remporté de nombreux prix et sont traduits à l’étranger avec succès. Deux d’entre eux ont été adaptés au cinéma par Jean Becker, « La tête en friche » et « Bon rétablissement. »

La révolte – Clara Dupont-Monod – Editions Stock

LA révolte

La voix de Richard Cœur de Lion

Clara Dupont-Monod sera l’invitée de la librairie Doucet Samedi 20 octobre à 17 heures.

Elle parlera  de la vie incroyable d‘Aliénor d’Aquitaine d’après son roman : « La révolte » dans lequel Richard Cœur de Lion raconte l’histoire de sa mère, Aliénor d’Aquitaine. Lorsque la reine décide de convaincre ses enfants de se retourner contre leur père, le roi d’Angleterre, l’héritier du trône se retrouve déchiré, entre l’adoration qu’il éprouve pour sa mère et sa loyauté envers son père.

Successivement reine de France* puis d’Angleterre dans un XIIe siècle où l’Aquitaine est au cœur de toutes les convoitises, cette femme connue pour sa culture et son intransigeance participe à la deuxième croisade et survit à quinze ans de captivité, emprisonnée par son propre mari.

Clara Dupont-Monod s’est attaquée en 2015 au mythe en publiant  « Le roi disait que j’étais diable« , un roman consacré à la première partie de la vie d‘Aliénor, alors qu’elle est reine de France. « La révolte » fait suite à ce premier roman et décrit l’arrivée d’Aliénor en Angleterre, la révolte qui l’oppose à son mari Henri II* puis ses années de captivité et son ultime revanche.

*Aliénor, reine de France divorcée de Louis VII – Mariée à Henri II *Plantagenêt à qui elle donne huit enfants en 13 années de mariage.

Clara Dupont-Monod ne cache pas qu’elle s’est accordée quelques libertés avec les faits historiques, n’hésitant pas à glisser quelques détails pittoresques, quelques superstitions de la campagne « Ici lorsqu’on approche de la maison d’un malade, on retourne les pierres du chemin. Si un animal vivant se trouve dessous, le malade vivra » (p.37) – « une pierre des marais du Poitou glissé dans un sac de soie protège la santé des tout-petits enfants » (p.54) etc..

La plume délicate et poétique de Clara Dupont-Monod envoûte une fois de plus son lecteur et nous catapulte au cœur de l’Histoire, dans l’intimité de cette reine et son fils aimé. Ce roman est extrêmement vivant et passionnant.

Une belle réussite !

« La révolte » figurait dans la deuxième sélection du Prix Goncourt 2018.

M-Christine/Librairie Doucet.

« La révolte » – 243 pages – Prix : 18,50 € (paru le 22/08/18)

Après khâgne au lycée Fénelon, Clara Dupont-Monod obtient une licence de lettres modernes à la Sorbonne et une maîtrise de vieux français. Grand reporter à Marianne à seulement 24 ans, elle intervient régulièrement à la radio dans l’émission « On refait le monde » diffusée sur RTL et anime depuis septembre 2014 une chronique littéraire dans l’émission d’actualité « Si tu écoutes, j’annule tout » devenue « Par Jupiter ! » sur France Inter. En 2007, elle publie  « La Passion selon Juette » (Grasset) – En 2011, « Nestor rend les armes », un texte sur un homme obèse qui est retenu sur la première liste du prix Fémina 2011, et plus récemment « Le roi disait que j’étais diable«  (Grasset, 2014)

 

un monde à portée de main – maylis de kerangal – éditions verticales

UN MONDE A PORTEE DE MAINLa plume, le pinceau et l’art de l’illusion !

Un roman du trompe l’œil… 

Pour son nouveau roman, Maylis de Kerangal nous entraîne dans le monde des peintres, celui des artisans-artistes du trompe l’œil qu’ils reproduisent sur les murs (marbres,  bois, ciels….) et nous fait côtoyer le monde de l’art et de l’illusion !…

Au fil des pages,  nous suivons Paula Karst, passionnée d’art, venue apprendre la technique du trompe-l’œil dans une école d’art prestigieuse de Bruxelles. Elle va se lier d’amitié avec Kate et Jonas, son colocataire avec qui elle entretient une relation entre amitié et amour. De leurs années d’école à leurs premiers apprentissages, suivis de petits boulots, le récit dépeint avec justesse et émotion le quotidien, les doutes et les joies de jeunes étudiants artistes.

La formation de Paula la conduira dans de modestes chantiers en Italie, dans les studios de la Cinecittà, pour finir en apothéose sur les chantiers de Lascaux IV, en Dordogne. 

L’auteur s’approprie le jargon spécialisé, explore les techniques, observe les émotions à l’assaut du savoir-faire. Grâce à la richesse du vocabulaire très recherché de Maylis de Kerangal, vous vous imprégnerez des couleurs, des matières et des pigments. Peut-être découvrirez-vous ce qu’est un cerfontaine,  un zebrano veiné  ou le vert de Polcevera ?

L’écriture de ce texte est dense. L’auteur laisse sa plume glisser sur le papier, tel un peintre sur une immense toile, puis s’enchaînent de longues phrases constituant  ce  roman de deux cent quatre-vingt-quatre pages qui rend, en quelque sorte, hommage au monde de l’art, à la peinture, aux artisans.

Un roman d’apprentissage original. A savourer lentement, puis laissez agir l’illusion…..

M-Christine/Librairie Doucet.
Maylis de Kerangal est l’auteure de cinq romans aux Éditions Verticales, notamment « Corniche Kennedy » (2008), « Naissance d’un pont » (prix Médicis 2010, prix Franz-Hessel) et « réparer les vivants » (2014, dix prix littéraires), ainsi que de trois récits dans la collection Minimales : « Ni fleurs ni couronnes » (2006), « Tangente vers l’est » (2012) prix Landerneau et « À ce stade de la nuit » (2015).
un monde à portée de main – 284 pages – prix : 20 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les belles ambitieuses – Stéphane Hoffmann – Editions Albin Michel

LES BELLES AMBITIEUSES

Chronique versaillaise 

« Traînée au lit avec une dame aimable est une sagesse : on n’y a besoin de rien ni de personne d’autre. C’est aussi une plénitude, c’est-à-dire un paradis. »

Une satire, celle de l’ambition pas toujours bien comprise ni utilisée ! Quelle élégance de style ! Quel humour tout en finesse et cependant extrêmement féroce !

Nous sommes dans les années 1970Versailles. Paris. Etats-Unis. La jeunesse est dite dorée, diplômée et la vie est tracée d’avance par des parents traditionnels qui n’entendent pas abandonner les vieilles valeurs.
Les femmes ont une grande importance, que ce soit dans l’ombre ou la lumière.
–  La Comtesse de Florensac veut avoir le salon le plus influent.
– Isabelle de Surgères veut changer la vie et a pour ce faire beaucoup d’ambition politique.
– La douce Coquelicot (c’est son surnom) veut faire plaisir à ceux qu’elle aime, même si elle doit supporter un lourd passé et que personne ne la « voit » plus socialement.
Celui qui tranche un peu dans ce milieu d’aristocrates et de grands-bourgeois dont il fait partie, c’est Amblard Blamont-Chauvry. Il est polytechnicien et  énarque, il plaît aux femmes et il peut prétendre à une brillante carrière. Seulement voilà ! Il a choisi la paresse, l’oisiveté, le libertinage et tous les plaisirs…
Est-ce une vocation ? ! Que faire de sa vie ? Comment s’épanouir ? Doit-on être utile ? Peut-on être libre ? Finalement, faut-il être ambitieux ?
Amblard veut être heureux, ce qui permet à Stéphane Hoffmann d’égratigner avec une ironie plutôt mordante cette société qui l’entoure, cette société faite d’intrigues et de clientélisme, en politique comme ailleurs, pour obtenir un poste ou un ministère en changeant d’idées le cas échéant. Quelques portraits sont très bien sentis et fort drôles, celui du Président Giscard d’Estaing, par exemple. 
Le livre est en deux parties puisque Amblard ne va pas rester sans rien faire et que cela va lui correspondre. Cependant, un petit début de corruption va compromettre certains de ses anciens amis. Il va les aider et en récompense n’obtiendra que leur inimitié éternelle, c’est bien connu !!
Nous allons de rebondissement en rebondissement et le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout.
Quelques pages aussi sur les Versaillais qui pensent que le Roi est toujours là et qu’en tant que « cour » ils détiennent un certain pouvoir.
D’autres belles pages sur la nature, la campagne et beaucoup d’érudition qui n’écrase jamais le lecteur.
Une question se pose malgré tout : peut-on vraiment échapper à l’ambition, selon le milieu et l’éducation ? Un excellent roman.
Marie-José/Librairie Doucet/M.Christine
« Les belles ambitieuses » – 272 pages – prix : 19.50 € (paru en août 2018) est toujours  en  lice pour le prix Renaudot 2018, à la  deuxième sélection !
Romancier, essayiste, chroniqueur, Stéphane Hoffmann a  entre autres publié : 
. « Château Bourgon » (roman) – 2008 – prix Roge-Nimier (1991) –
. « Des garçons qui tremblent » (roman) Albin Michel (2008) –  prix Eve-Delacroix (Académie française) et Grand prix d’honneur de la ville de la Baule (Société littéraire et artistique de La Baule) –
. « Les Autos tamponneuses » (roman)- Albin Michel (2011) – première sélection prix de Flore 2011 – Finaliste prix Interallié 2011 – finaliste prix des Deux Magots 2012. 

Les enfants de ma mère -Jérôme Chantreau – Editeur Les Escales Editions –

les enfants de ma mère 2

Changer la vie  ! Trois mots pour s’inventer un destin…

1981 est une année charnière pour Françoise : le 10 mai, pour la première fois, elle vote à gauche. Puis son mari la quitte en lui laissant un bel appartement bourgeois et deux enfants, Laurent et Nathalie.  Elle en profite pour faire sien le slogan de Mitterrand, « changer la vie », et fait de son logement une maison ouverte pour tous les naufragés de la société, les enfants chamboulés par la vie. Cette idée très généreuse ne sera pas sans conséquence directe sur le cocon familial… Totalement absorbée par sa passion d’aider les plus démunis, Françoise se rendra-t-elle compte de la détresse de ses propres enfants ?

Jérôme Chantreau nous offre une formidable radiographie des années 1980 avec une bande-son adéquate. Après le succès surprise de son premier roman Avant que naisse la forêt, cet auteur nous confirme qu’il excelle dans les portraits psychologiques plein de justesse et de tendresse.

« Dans ce roman où Paris se fait personnage, Jérôme Chantreau nous offre un portrait sans complaisance de la France mitterandienne, aux accents violents et poétiques. »
« Jérôme Chantreau a parfaitement brossé le portrait d’une époque [la France des années 1980] et l’air de son temps. » Thierry Clermont – Le Figaro.

Jérôme Chantreau sera présent au salon du livre, au Mans Samedi 6 Octobre pour la 25ème Heure du livre. Ecoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Sophie Thomas sur France bleu Maine, en cliquant ici !

M.Adélaïde/Les libraires ensemble/M. Christine

« Les enfants de ma mère »473 pages – prix : 19,90 € (paru le 23/08/18)

 

 

 

Goncourt 2018 : deuxième sélection

Qui donc succédera à Eric VUILLARD, élu de 2017 pour « L’Ordre du jour » (Actes Sud) ? En-route-pour-le-Goncourt

Ce  mardi 2 octobre, les membres de l’Académie Goncourt ont dévoilé leur deuxième sélection  la course à ce prix le plus convoité qui connaîtra son dénouement Mercredi 7 novembre !

Une seule femme est encore en lice, la primo-romancière de 30 ans, Pauline Delabroy-Allard avec : « Ça raconte Sarah » (Minuit)

 Le ou La lauréate se trouve dans cette liste composée de huit auteurs, cités par ordre alphabétique :

  • Pauline DELABROY-ALLARD ……….»Ça raconte Sarah » (Minuit)
  • David DIOP…………………………….. ….« Frère d’âme » (Seuil)
  • Paul GREVEILLAC ………………………« Maîtres et Esclaves » (Gallimard) –
  • Nicolas MATHIEU ……………………… « Leurs enfants après eux » (Actes Sud) —
  • Tobie NATHAN ………………………….. « L’Évangile selon Youri » (Stock) –
  • Daniel PICOULY ………………………….« Quatre-vingt dix secondes » (Albin Michel) —
  • Thomas B. REVERDY…………………… « L’hiver du mécontentement » (Flammarion) 
  • François VALLEJO ……………………….. »Hôtel Waldheim » (Viviane Hamy)

La troisième sélection, aura lieu mardi 30 octobre. Il n’y aura plus que quatre écrivains en lice et le mercredi 7 novembre le nom du lauréat ou de la lauréate sera proclamé par Didier Decoin, secrétaire de l’académie Goncourt, en direct du restaurant Drouant, dès 13 heures.

Le jury, présidé  par Bernard Pivot est composé de Pierre Assouline, Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel, Paule Constant, Didier Decoin, Virginie Despentes, Patrick Rambaud, et Eric-Emmanuel Schmitt, académiciens.

Faites votre choix ! Bonne lecture ! Rendez-vous le 30 Octobre pour la prochaine liste !

Librairie DOUCET/MC

 

Quatre-vingt dix secondes – Daniel Picouly – Editions Albin Michel

Une montagne en rage…

daniel Picouly

Enthousiaste, débordant de vitalité, Daniel Picouly est non seulement écrivain, mais aussi animateur TV et scénariste de BD.
Il fut principalement connu quand il publia « Le champ de personne », roman très autobiographique. Il est le onzième  enfant d’une fratrie de treize. Son père est originaire de la Martinique et sa mère du Morvan. 
Il s’agit de son vingt-sixième roman et dans ce roman, nous sommes justement à la Martinique, en 1902. Dans certaines interviews Daniel Picouly raconte que si, ce jour-là, son ancêtre avait pris la navette qui devait l’amener à Saint-Pierre, la ville principale, il ne serait pas là aujourd’hui pour rapporter les faits.
Le Jeudi 8 Mai 1902, jour de l’Ascension, la Montagne Pelée, ce volcan qui domine Saint-Pierre a détruit la ville et ce qui importe à l’auteur c’est de nous faire vivre les dernières heures avant l’explosion fatale.
Saint-Pierre passe alors pour la plus belle ville des Caraïbes, le « Petit-Paris », comme on l’appelle alors et il y règne un esprit encore très XIXème siècle. Il faut donc voir les personnages avec leur vie et leurs réactions de l’époque, que ce soit le gouverneur Mouttet, Madame Pantiss et ses deux filles, le curé et tant d’autres encore…
La grande originalité voulue par l’auteur est que c’est la Montagne Pelée elle-même qui raconte. Elle a décidé de détruire, de tuer, mais avant elle observe. Elle voit le duel qui a lieu au Jardin Botanique : ce planteur qui ne veut pas se battre lui-même mais paie un « tueur » pour se débarrasser d’Othello. Othello aime Louise, la protégée du planteur qui veut l’épouser. Othello, l’enfant du fleuve, « pas tellement noir » et si sympathique, l’enfant de Julie aussi, la lavandière qui l’a recueilli comme un Moïse sauvé des eaux. La Montagne Pelée voudrait bien sauver les amoureux, leur donner une chance et il faut bien que des survivants racontent  et elle doute quelquefois.
Cependant la ville est déjà recouverte de cendres, la Roxelane, la rivière, gonfle et déborde. Les gens ne savent plus s’ils doivent s’enfuir ou rester. Certains rassurent car les élections approchent et il faut les gagner ! D’autres embarquent dans les derniers bateaux qui partent le plus vite possible. Certains auront la chance ou l’instinct de ne pas prendre la dernière navette qui part de Fort-de-France pour rejoindre Saint-Pierre.
Tout cela, la Montagne Pelée l’observe. Elle voit le savant qui fait ses calculs pour savoir où passera la coulée de lave. Et tout cela est historiquement et terriblement vrai.
On assiste à des scènes que le style bouillonnant de Daniel Picouly rend fantastiques. Aussi, même si c’est tragique et si l’émotion est présente, le lecteur n’est pas écrasé, grâce à la verve, au lyrisme, au foisonnement du vocabulaire, à la truculence parfois qui amène le sourire.
Il nous parle aussi du « courage d’avoir peur » et beaucoup de la vanité des hommes, ce qui est encore valable de nos jours. C’est donc une satire sociale également avec une lumière, celle apportée par Louise et Othello car on attend le miracle. Se produira-t-il  ? Daniel Picouly tient ses lecteurs avec cette question.  

Citons le dernier chapitre, lorsque le volcan explose. L’ogresse n’a pas pu se retenir . Elle vomit sa lave et ses pierres. C’est « la nuée ardente » et l’onde de choc. Nous y sommes, nous le voyons, nous le sentons, le ressentons. Peut-on dire que c’est magnifique ? C’est magnifique ! Pourtant « le diable a bu du rhum »  et le 8 Mai 1902, la Montagne Pelée a tué à Saint-Pierre 30 000 personnes en quatre-vingt-dix secondes. Il était 7 Heures 52. » 

M-José/Librairie Doucet/M-Christine
« Quatre-vingt-dix secondes » – 272 pages – prix : 19,50 €
Très éclectique, Daniel Picouly écrit sur de nombreux thèmes : « Le champ de personne »(1995) Grand prix des lectrices de ELLE puis avec « l’Enfant léopard », il reçut le prix Renaudot, 1999. Il a publié « La nuit de Lampedusa »La faute d’orthographe est ma langue maternelle » et « Le cri muet de l’iguane ». Il anime une émission littéraire sur France Ô.

Nous les vivants – Olivier Bleys – Editions Albin Michel

nous les vivantsEn perdition sur la Cordillère  des Andes !

Ce très beau livre a pour titre : « Nous les vivants » et je vous emmène, accompagné bien sûr, d’Olivier Bleys à 4 200 m d’altitude ! Cet auteur a déjà écrit une trentaine d’ouvrages sur la randonnée notamment, car c’est un explorateur qui a entamé  un tour du monde à pied. Donc, affronter la Cordillère des Andes, ne l’effraie pas  !

Dans cette histoire, nous sommes avec Jonas d’origine argentine. Il est pilote d’hélicoptère sur la base d’Uspallata, dans les Andes. Il est chargé de ravitailler les refuges situés sur les hauts sommets. C’est un métier à risques, mais il est expérimenté et plutôt aguerri. Il fait cela avec plaisir alors que ses collègues n’y tiennent pas trop, évitant de se retrouver confrontés à des situations un peu extrêmes. Il a une femme, Catalina et une petite fille nommée Rosario et sa vie dans la vallée est plutôt agréable. D’ailleurs, au début de ce roman, il nous fait partager cette vie paisible. Un jour, il est appelé pour ravitailler le refuge de Maravilla  (4 200 m d’altitude) à la limite de la frontière entre le Chili et l’Argentine, lieu où démarre ce roman.

Il vient ravitailler le gardien, sauf qu’une tempête de neige se déclenche. Il est bloqué au sol et le sera pendant plusieurs jours. Dans ce refuge, outre le gardien et son chien, se trouve un monsieur, s’appelant Jésus, très mystérieux, plutôt taiseux, un peu absent, pas toujours à l’aise et qui va emmener Jonas sur le terrain. Ce personnage, assez étrange, est chargé de surveiller et délimiter la fameuse frontière entre le Chili et l’Argentine. Au bout de quelques jours, ils partent, voyant de toutes façons que l’hélicoptère ne pourra pas décoller dans l’immédiat, afin de tracer cette nouvelle frontière. A ce moment, on bascule dans le mystique, dans le dépassement de soi, dans l’extraordinaire. Vous ne savez plus très bien si vous êtes dans le rêve ou la réalité  (d’autant qu’avec l’altitude, on rencontre le manque d’oxygène), des visions apparaissent. Et puis il y a Jésus, ce type qui lui balance des phrases…, ou le questionne beaucoup sur sa vie. On ne sait plus très bien où l’on est. On a perdu toute notion du temps, parce qu’on ne sait absolument pas combien de temps ils vont passer dans cette Cordillère. Nous sommes emportés par la magie de ce voyage….

L’écriture d’Olivier Bleys nous emmène aussi dans cette aventure, dans cette épopée. C’est à la fois déstabilisant et en même temps, c’est magique ! L’ambiance de l’Argentine, à la frontière du Chili est à portée de mains et c’est à découvrir au plus vite !…..

Nathalie/Librairie Doucet/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine en compagnie de Sophie Thomas, en cliquant ici 

Nous les vivants 192 pages – Prix : 16 €

Parmi les œuvres principales de l’auteur, on note : – « Pastel » (2000) prix de l’Académie française – « Le Maître de Café » (2013) Grand prix du Roman de la (SGDL) Société des gens de lettres – « Concerto pour la main morte » (2013), prix de l’Union Interalliée – « Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes » (2015) qui fut sélectionné pour le prix Goncourt.

Matin brun – Franck Pavloff – Editions Cheyne

matin brun
Matin brun, n’est pas un livre récent, loin de là et depuis 1998 il est réédité tous les ans. Il s’agit d’une véritable pépite à côté de laquelle il ne faut surtout pas passer !. 
Ce livre peu épais composé de onze pages, c’est vous dire si c’est dense, bien plein et important, et cela se suffit…
Voici la quatrième de couverture qui est la douzième page en quelque sorte :
« Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat brun. 
Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.
Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ? »
En fait c’est insidieux et c’est traité avec une causticité sous-jacente terrifiante, sans avoir l’air d’y toucher.
Tout commence par Charlie qui raconte au narrateur qu’il a dû faire piquer son chien. Il n’était pas malade, non, mais il n’était pas brun ! Seuls les chiens bruns sont autorisés désormais. Ce sera ensuite le tour du chat du narrateur. C’est triste mais on oublie vite !! Et de réglementations en réglementations auxquelles on n’oppose aucune résistance, jusqu’où peut-on aller ?
Cela nous rappelle bien des choses dans le passé ou le présent, en France comme ailleurs. Cela nous interroge aussi sur notre capacité à résister davantage au lieu de « baisser les bras pour être un peu tranquilles, non ? »
C’est très fort, très puissant, tout en douceur et subtilité pour couvrir l’atrocité. On a froid dans le dos mais la piqûre de rappel est nécessaire. Merci et bravo Franck Pavloff.
Matin brun  : une lecture inoubliable, à la portée de toutes les bourses ! (2,50 €) 
Franck PAVLOFF déjà bien connu, à la fois comme écrivain, poète et photographe, il est l’auteur de « La nuit des enfants qui dansent » (2017), un  livre éblouissant dans lequel jaillit justement la poésie. A lire, voire à relire.
M-José/Librairie Doucet/MC