Quand sort la recluse – Fred Vargas – Editions Flammarion

quand sort la recluseRetrouvez le commissaire  J-Baptiste ADAMSBERG dans « Quand sort la recluse »

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Fred Vargas, comme d’habitude joue avec le mots.

Qui est la recluse et quand va-t-elle sortir ?

Fred Vargas ne se présente plus. Elle est l’auteure célèbre de romans policiers dont un grand nombre ont comme personnage principal le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, ce flic-poète, nonchalant, toujours plus que moins dans sa bulle et qui travaille sans méthode véritable mais plutôt par intuition. Il est entouré d’une équipe de 27 policiers (Danglard, Retancourt, Froissy, Veyrenc…) dont Fred Vargas nous trace toujours un portrait à la fois malicieux et précis. En effet, la malice, l’humour, elle en parsème ses romans.

Adamsberg revient d’Islande (voir le roman précédent : « Temps Glaciaires »). Une femme, Laure Carvin, a été assassinée, écrasée par deux fois sous les roues de la voiture de son mari. Mais,  est-ce lui ou l’amant qui a tué ? Cela semble tellement facile pour Adamsberg que le lecteur se demande s’il ne s’agit pas d’une fausse-piste. 

Quand va-t-on nous parler de la Recluse ? 

La voilà ! Elle s’implante très vite dans le cerveau d’Adamsberg, un peu par hasard. En fait, c’est une araignée : l’araignée recluse. Elle se cache,  mais aurait-elle muté ? car normalement elle ne tue jamais. Elle peut mordre mais elle ne tue pas. Or, trois vieux messieurs viennent de mourir à Nîmes, après avoir été piqués par la dite araignée.

Le commissaire est persuadé que les trois hommes ont été assassinés.

Il ne faut pas oublier que Fred Vargas est une spécialiste d’archéozoologie  et que, même si elle a obtenu des informations d’une arachnologue (spécialiste des araignées), son sujet d’aujourd’hui est très bien choisi.

Beaucoup de ramifications, d’intrigues multiples, de collectionneurs fous et de rencontres. Une certaine Irène, par exemple, dont le prénom a été choisi parce que, au Moyen Age, on disait araigne, puis yraigne, pour araignée.

On peut parler de fantaisie littéraire dans une enquête criminelle. Les fans de Fred VARGAS seront comblés.

Marie-José/M.Christine

 Fred Vargas est l’auteur de : – « L’armée furieuse » (2011) –« Temps Glaciaires » (2015) –

  • « Quand sort la recluse » – 496 pages Prix : 21 €uros

 

La Fontaine – une école buissonnière – Erik Orsenna – Editions Stock

lafontaine l'école buissonièreUn bel hommage au Maître des Eaux et Forêts !

Quatrième de couverture : « Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses  Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche,  grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés.
Malicieuse et sage compagnie !
Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus  grand poète de notre langue française ?
Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit  Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris,  joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière,  Racine.
Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des  Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque  de l’ombre au Roi Soleil.
Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être,  pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.
Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.
Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L’Éducation  nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les  apprendre. On y rencontre trop de dames «gentilles de  corsage».
Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie :  mi-fable, mi-conte.
Gravement coquine. » E. O.
Erik Orsenna de l’Académie française.
Portrait d’un poète aux 240 fables et aux 60 contes qui donnent envie de se replonger dans l’immense œuvre de cet illustre Castelthéodoricien, si attachant.
Une belle promenade au pays du petit Jean ! Un texte qui nous renseigne sur la vie de La Fontaine avec quelques anecdotes croustillantes, à déguster !
Un florilège de fables conclut cet ouvrage.
Une première de couverture qui a belle allure, avec en médaillons des dessins de Gustave Doré et de Fragonard. Magnifique !
Régalez-vous avec ce bel ouvrage très raffiné !
M. Christine.
La Fontaine, une école buissonnière a donné lieu à une série d’émissions diffusées sur France Inter pendant l’été 2017.
La Fontaine, une école buissonnière– Editions Stock – Prix 17 €uros.

L’école buissonnière – Nicolas Vanier – XO Editions –

l'ecole buissonnière nicolas vanierQue c’est beau ! Que c’est magnifique !

Un hymne à la nature, à la forêt, à la campagne, aux animaux sauvages…, à la liberté, en pleine Sologne.

« Au bout de l’allée forestière, là où la brume avait avalé le monde, quelque chose émergeait lentement, une chimère grandissant comme dans un rêve. Un cerf immense déchira le brouillard, sa ramure était si ample que, pendant un instant, Paul crut que l’ombre l’avait décuplée… »

Paul est un petit garçon de dix ans, il vit seul avec son père dans la banlieue parisienne. Sa maman, Mathilde est décédée à sa naissance. C’est alors que Jean, son père, cheminot à la Compagnie des chemins de fer, est réquisitionné, il doit se rendre en Algérie pour la construction de voies ferroviaires. Il n’a plus de famille. Il contacte Célestine, la nounou de sa femme défunte afin d’accueillir le petit Paul pendant quelques mois. Paul va se retrouver sur les terres natales de sa mère, en plein cœur de la Sologne. Plutôt habitué à la banlieue, il va faire la connaissance de Borel, époux de Célestine et garde-chasse du domaine du comte de La Chesnaye, de « Totoche » le braconnier puis Bella, cette belle et jeune gitane….jusqu’au jour où il tombera sur un cerf majestueux qu’il voudra protéger des hommes..  (mais, n’en disons pas plus !).

Paul a cette soif permanente  d’apprendre, de découvrir la faune et la flore, le sens de  l’écoute, de l’observation que c’est un réel plaisir d’être à ses côtés.

Une histoire qui rend hommage à l’enfance et à la découverte de la forêt, à travers une écriture tendre et émouvante. Dans ce roman, il sera question de patrimoine, de racines… et l’on s’attachera à tous les personnages. 

Et comme le dit la quatrième de couverture : « Avec ce roman d’apprentissage, Nicolas Vanier nous convie dans cette Sologne mystérieuse qu’il chérit depuis son enfance »

« Une ode à la nature, qui rappelle Maurice Genevoix, mais aussi une réflexion sur l’identité, les racines, l’amitié. Un texte à la fois fort et tendre, loin de l’agitation du monde ».

Un livre très agréable à lire.

Marie-Christine

Nicolas Vanier est l’auteur du film « L’école buissonnière » qui sortira en salles en octobre 2017 et il y aura certainement de très belles images.

« L’école Buissonnière » -xoéditions – Prix 19,90 €uros.

Le souffle des feuilles et des promesses – Sarah McCoy – Editions Michel Lafon –

    UN PARFUM D'ENCRE ET DE LIBERTE    Le souffle des feuilles et des promesses.

Un très joli roman pour l’été…et après !

Toujours un titre double et romantique qui laisse prévoir une histoire d’amour. Oui, mais pas seulement. L’auteure part d’ailleurs d’une histoire vraie qu’elle a romancée bien sûr.

Printemps 1883-— LaFayette – Kentucky.  Hallie Erminie est née dans une famille de planteurs. C’est donc une Sudiste, une confédérée et il  faut penser que la Guerre de Sécession est loin d’être oubliée et que cela ne favorise pas les rapports avec les Nordistes. Hallie Erminie a un caractère bien affirmé et son rêve est d’écrire.  Elle part donc pour New York et veut chercher un éditeur. C’est un point important du livre, la réflexion sur l’écriture, sur le monde de l’édition, sur les difficultés pour les femmes d’y trouver une place, sur les médias déjà, sur le marketing tout nouveau …

A New York Hallie Erminie est chez les Yankees et ce n’est pas si facile pour elle. Elle y rencontre Post Wheeler, journaliste et célibataire proclamé. Ils se plaisent, certes, mais cela va durer des années avant de céder à leur attirance mutuelle. De nos jours cela peut sembler…long ! Mais n’oublions pas que nous sommes encore ici à la fin du XIXèmesiècle. 

Après la découverte pour la jeune fille de New York déjà bouillonnante à cette époque, Post Wheeler part brusquement pour l’Alaska. Et là, c’est la ruée vers l’or et l’on peut parler de roman d’aventure. Après être devenu chercheur d’or, Post Wheeler va faire d’autres métiers dont celui d’éditeur.

Les deux personnages vont beaucoup voyager chacun de leur côté et se rencontrer quelquefois au gré des circonstances. C’est un véritable chassé-croisé entre les Etats-Unis, l’Italie, l’Angleterre ou la France. Chaque fois qu’ils se rencontrent leurs sentiments semblent croître et il faut toujours penser aux Promesses. 

Une histoire d’amour qui ne coule pas de source et un regard sur le monde, surtout sur les Etats-Unis de la fin du XIXème et début du  XXème siècle sur le plan social et aussi politique .

C’est très enlevé, très intéressant, envoûtant.

Le lecteur suit l’histoire avec une grande facilité.

Marie-José/M. Christine

Sarah McCoy réside au Texas. « Le souffle des feuilles et des promesses » est son troisième roman après avoir écrit « Un goût de cannelle et d’espoir » et « Un parfum d’encre et de liberté »

« Le souffle des feuilles et des promesses »  Editions Michel Lafon- 333 pages – Prix : 21.95 €

Les Dieux du tango – Carolina de Robertis – Editions Le Cherche Midi –

les dieux du tango             Que vous aimiez danser -ou pas-  ce livre est pour vous !

 Je vous l’ai dit que vous alliez danser,  dès le titre, avec ce gros roman  qui se lit d’une traite…ou presque !

Le nouveau roman de Carolina de Robertis est basé sur une histoire vraie qui commence en 1913 -le 4 Février- lorsque Leda arrive en Argentine.

Elle vient d’Italie, d’un petit village près de Naples. Elle y laisse sa famille et un passé lourd et mystérieux qui se dévoilera au cours du roman.

La veille de son départ elle s’est mariée par procuration avec son cousin Dante, déjà en Argentine et qui l’attend. Lorsqu’elle arrive à Buenos Aires, à la descente du bateau, elle apprend que Dante est mort. La voilà veuve,  avec pour seule richesse le violon de son père. Elle a envie de rester pour connaître ce nouveau monde et surtout cette nouvelle musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de Buenos Aires : le Tango.

Bien sûr il est interdit aux femmes de jouer. D’une part elles n’ont pas leur place et d’autre part elles prennent des risques. Alors elle décide de mettre le costume de son mari décédé et elle se lance dans le monde de la nuit sous le nom de Dante.

C’est passionnant de découvrir l’autre personnage principal Buenos Aires  et l’Argentine du début du siècle. C’est la pauvreté, la solidarité, la condition des femmes trop souvent malmenées par les hommes. C’est l’homosexualité féminine qui fait prendre de gros risques en ce début du XXème siècle. 

Comment Leda, devenue DANTE, va-t-elle pouvoir assumer sa nouvelle identité ? C’est le tango, encore le tango et le précieux violon qui vont le lui permettre, cette danse sensuelle qui plaît à tous.

Cette musique rendue vivante par les mots de Carolina de ROBERTIS est très envoûtante pour le lecteur.

                                           Et bien… dansez maintenant !!  

Marie-José/M. Christine

 D’origine uruguayenne, l’auteure vit désormais en Californie. Elle a travaillé pendant dix ans pour une association défendant le droit des femmes et on le ressent très bien dans ce livre. Son premier roman « La montagne invisible » a été traduit dans 17 pays.

« Les Dieux du tango » – Carolina de Robertis – 544 pages – Prix 22 €uros

Le coeur à l’aiguille – Claire Gondor – Editions Buchet-Chastel –

le coeur à l'aiguilleUn premier roman, à savourer délicatement !

« Alors elle l’a préparée, jour et nuit, sa robe de mariage, avec ses mots à lui, et si elle le pouvait, elle les coudrait à même sa peau, elle se les tatouerait à l’aiguille et au fil, sur les seins et sur les hanches, pour en sentir la morsure, pour ne jamais être distraite de lui. »

Dans ce magnifique roman de cent pages, il est question de photo, de mariage, de couture, d’écriture mais aussi de l’absence de Dan, l’amour de Leila, parti loin, très loin mais on ne connaîtra le lieu qu’au fil des pages. Leila coud. Elle coud sa robe de mariée qu’elle confectionne uniquement avec du papier, mais pas n’importe quel papier ! Il s’agit de l’assemblage de toute la correspondance amoureuse échangée avec son fiancé, Dan. Cinquante-six lettres de mots doux qu’elle coud passionnément pour en faire sa robe de mariée !

De page en page, de fil en aiguille, c’est par petites touches, à petits points que l’on tisse, aux côtés de Leila cette belle histoire d’amour et que l’on perçoit toute la passion qui  unit ces deux êtres. De chaque lettre, il ressort un souvenir, une odeur, un paysage et beaucoup de sensation…

Voilà, Lisez ! C’est BEAU, tout simplement !

Un roman tout en subtilité et en finesse, à l’image de la couverture si délicate et si raffinée.

Marie-Christine

 

« le coeur à l’aiguille«  – Buchet Chastel – Qui vive – Prix : 10 €

 

Les Mystères d’Avebury – Robert Goddard – Editions Sonatine

les mystères d'aveburryQue valent nos souvenirs ?

Nos souvenirs sont-ils conformes à la réalité, ou sont-ils revisités par notre imagination ?

C’est valable pour tout, les témoignages sont souvent sujets à caution. C’est autour de cette idée du souvenir que Robert Goddard déroule son intrigue d’aujourd’hui dans 

« Les Mystères d’ Avebury ».

1981, Wiltshire, Angleterre. Assis à la terrasse d’un café, David UMBER est le témoin d’un horrible fait divers. Trois enfants, accompagnés de leur baby-sitter, sont victimes d’une agression. La petite Tamsin a deux ans. Elle est enlevée par un homme qui s’enfuit à bord d’un van. Sa sœur poursuit le van et elle est tuée par une autre voiture. Le grand frère n’est que (si l’on peut dire) traumatisé par les faits. Ni David, ni les autres témoins n’ont eu le temps de réagir.

2004, Prague. David avait par la suite épousé la baby-sitter mais elle est décédée, ne s’étant jamais remise de l’évènement. David  est toujours hanté par cette affaire non résolue. Il est contacté par l’inspecteur Sharp qui lui-même n’a rien oublié depuis 23 ans, c’est- à -dire quand il enquêtait sur l’affaire. 

Il semble y avoir des lacunes, des zones d’ombre, des souvenirs imparfaits et les deux hommes vont rentrer en Grande-Bretagne pour tenter d’élucider ce qui leur paraît une énigme.

2004, Angleterre. Attention !! En tentant de contacter tous les gens qui pourraient répondre aux questions qui se posent, les risques deviennent sérieux pour certains, voire mortels pour d’autres.

Nous visitons Londres, ses environs, d’autres régions d’Angleterre et même L’Histoire anglaise à l’époque victorienne. C’est passionnant.

Les rebondissements sont incessants jusqu’à la fin qui, comme toujours, surprend le lecteur.

                                           Un très bon thriller, une fois de plus, pour les vacances.

Marie-José/M. Christine

Robert Goddard est un maître du thriller britannique. Il est l’auteur de :  « Heather Mallender a disparu »    (2012- Ed. Sonatine) –  « Le Secret d’Edwin Stratford » (2013- Ed. Sonatine) -( 2014 Livre de poche) –  « Le Retour » (2014 – Ed. Sonatine) – « Sans même un adieu » (2016 – Ed. Sonatine).

 

La nature exposée – Erri de Luca – Editions Gallimard – du monde entier –

erri de luccaL’art, la nature et les hommes !

« Comme tu peux le voir, il s’agit d’une œuvre digne d’un maître de la Renaissance. Aujourd’hui, l’Eglise veut récupérer l’original. Il s’agit de retirer le drapé. » J’examine la couverture en pierre différente, elle semble bien ancrée sur les hanches et sur la nudité. Je lui dis qu’en la retirant on abîmera forcément la nature.

« Quelle nature ? « 

**La nature, le sexe, c’est ainsi qu’on nomme la nudité des hommes et des femmes chez moi. »

Le narrateur, ancien mineur, alpiniste, sculpteur et passeur, vit dans un petit village au pied de la montagne. Sur le chemin des contrebandiers, la nuit il fait passer de l’autre côté de la frontière, des voyageurs désorientés, pour finalement leur restituer leur pécule à l’arrivée. C’est son secret ! Jusqu’au jour où rejeté du village,  il se voit contraint, à la suite d’une dispute avec son ami le forgeron, de descendre vers une ville portuaire. Sur la côte, il fait la connaissance d’un prêtre qui le sollicite pour restaurer un christ en marbre…, c’est-à-dire, ôter le drapé du christ en croix, afin de lui rendre « sa nature »**. Pour mener à bien sa tâche, notre narrateur n’hésitera pas à consulter un prêtre (approche de la signification symbolique du poisson),  un rabbin (astronome à ses heures) et même un ouvrier algérien (qui travaille dans une carrière de marbre). Trois visions, trois confessions différentes. Il n’hésitera pas non plus, à se rendre à Naples pour examiner les statues des dieux antiques.

Avec beaucoup de compassion et de poésie, Erri de Luca signe un roman profond qui explore la nature à la montagne, l’art et le religieux , sans oublier Naples….

Un texte très bref mais dense. Des réflexions sur le sacré et le profane, sur la place de la religion dans nos sociétés.

Marie-Christine

« La nature exposée » – Editions Gallimard – Traduit de l’italien par Danièle Valin – Prix : 16,50 €uros.

Né à Naples en 1950, Erri de Luca est écrivain, poète et traducteur. Il est l’auteur d’une œuvre abondante, publiée par les Editions Gallimard et partout dans le monde, dont les romans « Montedidio » (2002, prix Femina étanger) et « Le poids du papillon » (2011) ou plus récemment son recueil de textes autobiographiques « Le plus et le moins « (2016)

 – page 72 : le mot contrebandier me pousse à intervenir. Je pense que moi aussi j’ai réduit le bagage des traversées. Je dis qu’un livre sert de porte-bonheur, de compagnons de voyage, d’ange gardien. Il sert même de passeport à ceux pour qui il est sacré. Chez moi, à la frontière des hommes passent avec ces pages imprimées.

La maison au bord de la nuit – Catherine Banner – Editions Presse de la Cité

Catherine banner

Un siècle de vie sur une île avec ses mystères et ses légendes.

« La maison au bord de la nuit »               

Castelmare est une île, un caillou au large de la Sicile.

L’histoire commence en 1914 quand Amadeo Esposito arrive sur l’île en tant que médecin.

Il est né en 1875 à Florence où il fut abandonné puis élevé par un médecin qui lui transmit sa passion. Amadeo a également une autre passion, celle des histoires, des légendes, qu’il retranscrit dans son carnet rouge.

A Castelmare il remarque tout de suite « La maison au bord de la nuit« . C’est le nom d’un café où tout le monde se réunit, surtout pour la Sant’Agata qui a fait tant de miracles aux dires des habitants.

Amadeo trouve l’amour auprès de deux femmes mais il va construire sa vie avec l’une et cela va créer un secret…que tout le monde connaît plus ou moins et enjolive à sa manière.

Amadeo et sa femme Pina ont des enfants. Les trois fils partent à la guerre (la seconde guerre mondiale) et malheureusement ils disparaissent. Seule reste la fille, Maria-Grazia, handicapée mais qui grâce à sa volonté indéfectible devient la force de la famille. C’est elle qui pour la deuxième génération tient le café de main de maître et le fait prospérer, en dépit des drames, des traîtrises, des malheurs et même des catastrophes. Cela n’empêche pas les belles histoires d’amour, la solidarité et bien sûr les mystères de l’île.

Que deviendra la troisième génération ?

Ce roman est une saga familiale et aussi une fable, un conte.

L’auteure a consulté les archives concernant le fascisme en Italie et trois grandes chroniques de contes populaires italiens et siciliens, en plus de ceux qu’elle a créés de toute pièce. 

C’est très beau. On tombe, on se relève, c’est la Vie. On est aussi dans l’enchantement, « le merveilleux  » au sens ancien.
Un très bon livre pour les vacances.

 Marie-José/M.Christine

Catherine Banner est née à Cambridge, elle vit à Turin et se consacre à l’écriture. Elle a déjà publié une trilogie pour jeunes adultes. Il s’agit ici de son premier roman, en cours de traduction en 25 langues.

 

Dans la forêt – Jean Hegland – Editions Gallmeister – Collection nature writing

dans la foret UNE QUESTION DE SURVIE !

Nellie et Eva sont deux sœurs (17 et 18 ans) vivent en Californie dans une grande maison en bordure d’une immense forêt  qui les sépare de la ville.  Puis au fil du temps, le confort disparaît, ( eau, gaz, électricité, internet, radio, téléphone : tout disparaît !) Alors que leurs parents sont décédés, elles vont devoir  faire face et apprendre à survivre, seules.

Elles qui  ne voyaient cette forêt que comme une barrière avec la ville, vont découvrir  ce territoire et les bienfaits qu’il dispense  avec un autre regard. Une question de survie qui fait réfléchir car, si effectivement, tout nous manquait, si le matériel, si la modernité venaient à disparaître, si tout nous laissait tomber, que deviendrions-nous ? Enfin, soyons optimistes, faites comme Nellie et Eva, c’est la « débrouillardise » et tout peut redémarrer… Laissez-vous happer par ce livre-refuge et, tout en la respectant,  enfoncez-vous dans la forêt pour y vivre douillettement, faites comme ces deux sœurs,  apprenez à vivre, à survivre,  tout comme Nellie, qui apprendra même à connaître les plantes médicinales, afin de soigner sa sœur !. Nous suivons Nellie et Eva tout au long de leur histoire, nous vivons à leurs côtés, dans la plus grande simplicité. Après avoir connu de belles heures aux côtés de leurs parents,  elles apprennent surtout  à se contenter de peu de choses…

Un livre magnifique, très émouvant. Un texte poétique, plein d’espoir !

« Jean Hegland est née en 1956 dans l’Etat de Washington. Après  avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur et se lance dans l’écriture. Son premier roman, « Dans la forêt »  paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant . Elle vit aujourd’hui au milieu  des forêts du nord de la Californie et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture. »

M. Christine.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josette Chicheporte – Ed. Gallmeister – 302 pages – 23,50 €