Le Train des enfants – Viola Ardone – Éditions Albin Michel –

UNE BELLE HISTOIRE REMPLIE D’ÉMOTIONS !

« Le Train des enfants » commence après la seconde guerre mondiale, en 1946, une initiative du parti communiste italien qui affrétait des trains afin d’envoyer des enfants pauvres de l’Italie du Sud vers l’Italie du Nord, en les confiant à d’autres familles pour leur bien.

C’est par la voix d’Amerigo, un garçon vif et débrouillard de huit ans, vivant seul avec sa mère, que nous suivrons ce jeune napolitain, au cours de ce roman et de ce long périple… Amerigo qui ignore totalement quel destin l’attend !.

Amerigo mènera un autre mode de vie, dans sa nouvelle famille du Nord de l’Italie. Tous ces enfants apprendront à vivre différemment au sein de ces familles d’accueil mieux loties et mangeront à leur faim. Ils y seront bien traités et vivront comme leurs propres enfants. En pensant toujours à sa mère, cet enfant brillant et intelligent saisira peut-être sa chance ?. Amerigo fera plein de découvertes et d’autres apprentissages qu’il n’aurait jamais eu l’occasion de pratiquer en restant chez lui.

Par la suite, quel chemin choisir ? Le choix sera bien difficile entre sa famille de cœur et sa vraie famille ! Amerigo se trouve à Bologne et sa mère est restée à Naples ! Et que deviendrons les autres enfants ?

Mais n’en disons pas plus car il serait dommage de gâcher votre lecture en vous divulguant la suite. A vous de découvrir cette formidable histoire teintée d’humour et remplie d’émotions, inspirée de faits historiques, un pan d’histoire italienne méconnu que Viola Ardone nous raconte avec passion.

Un magnifique roman sur le déracinement et les liens familiaux. Une belle découverte, une belle lecture !

Lu et conseillé par Linda de LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

« Le Train des enfants » – 293 Pages – Prix : 19.90 € (parution 06/01/21) « IL TREINO DEI BAMBINI » (paru en 2019) – Traduit de l’italien par Laura Brignon.

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« Le Train des enfants » est une histoire qu’il fallait absolument raconter, et Viola Ardone le fait avec passion et maestria. » (Il Corriere della Sera).

Un roman bouleversant qui avant même sa sortie en Italie est devenu un succès mondial (La Stampa)

Mon premier bain de forêt – Isabelle Collioud – Juliette Lagrange – Éditeur Glénat Jeunesse –

Au pied de mon arbre, je vivrai heureux…

Mon premier bain de forêt

En ce dimanche après-midi, Lisia et sa famille partent prendre un bain. Pas un bain dans une baignoire, non : un bain de forêt ! En pénétrant dans les sous-bois, le paysage change radicalement : rien que des arbres, beaucoup d’arbres, et de toutes les tailles ! Ça sent la terre et la résine de pin. Tous les sens de Lisia sont en éveil. Se frotter aux troncs, les serrer contre soi, marcher pieds nus dans la mousse pour se reconnecter à la nature, observer les arbres et imaginer leur longue vie…

Au fil des pages, nous plongeons avec Lisia dans une extraordinaire découverte sensorielle. Les illustrations à l’aquarelle de Juliette Lagrange offrent un véritable écrin de verdure au texte d’Isabelle Collioud. Il ne reste plus qu’à soulever les branches pour rejoindre Lisia et sa famille. 


C’est au Japon qu’a été inventé le bain de forêt
pour faire une pause, se ressourcer, se déconnecter grâce à la nature. La sylvothérapie est une pratique ancestrale très appréciée, aux vertus thérapeutiques avérées.

Elle apaise l’humeur, réduit le stress, renforce le système immunitaire et développe la créativité. Comme la lecture, en somme !

Et maintenant, après avoir lu ce livre avec papa, maman ou papi, mamie, allez vite vous oxygéner, précipitez-vous en forêt et prenez un bon bain de forêt !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M.Ch

Mon premier bain de forêt – 32 pages – prix : 12 € (parution le 07/04/21) – A partir de 5/6 ans

American Dirt – Jeanine Cummins – Éditions Philippe Rey

QUEL PÉRIPLE et QUEL COURAGE ! UNE TRAQUE HALETANTE !

Dès les premières pages et durant 540 pages vous serez happés.(ées) jusqu’à la fin ! – Et comme à chaque chapitre, vous aurez envie de connaître la suite, vous le lirez très très vite ! Vous ne pourrez pas lâcher ce superbe livre.

Nous partons à Acapulco, au Mexique haut lieu des cartels de la drogue. Lydia est libraire et mène une vie paisible et tranquille. Elle a un fils, Luca âgé de huit ans. Son mari, Sébastian est un brillant journaliste d’investigation. Lydia adore son métier de libraire. Elle sympathise avec Javier, un homme lettré qui fait partie de ses fidèles lecteurs. La famille de Lydia s’apprête à fêter l’anniversaire d’une nièce autour d’un barbecue. Par un puissant cartel, seize personnes de la famille présentes au moment des faits seront la cible de tireurs et seront décimées. Un règlement de compte avec le journaliste, suite à un article de presse.

Miraculeusement, Lydia sera la seule survivante de ce massacre avec son fils. Auparavant, elle avait identifié que Javier, cet ami de la librairie était le « Jefé » du cartel et son mari venait de la prévenir.

Elle avait tout intérêt à s’enfuir rapidement, avec méfiance, sans se faire remarquer car les cartels de la drogue s’infiltrent dans tout l’ensemble du Mexique et peuvent toujours la repérer, la rattraper, il faut échapper au pire.

Et c’est surtout cette fuite extraordinaire que nous allons suivre car Lydia et son fils prennent la direction de El Norte. Son idée, rejoindre les groupes de migrants et tenter de gagner les Etats-Unis, via Denver où vit un oncle. Il faut faire vite, quelques vêtements dans un sac à dos, et suffisamment d’argent puis se faire discrets, se méfier de tout le monde et surtout passer inaperçus. Il faudra grimper sur les toits de la « Bestia », ces trains de la mort empruntés par les migrants au Mexique. Il faudra grimper à l’échelle, ou sauter depuis un pont sur les toits de ces trains de marchandises et puis survivre avec la peur au ventre en permanence.

On sera chaque heure, chaque jour à leurs côtés. Même si le thème de ce livre est dur, dans ce monde de violence on y fera aussi de belles rencontres, la rencontre de jeunes femmes honduriennes extraordinaires, également en fuite. Il y aura de la solidarité, de l’entraide, du partage, beaucoup d’espoir et d’amour. L’amour de cette mère prête à tout pour protéger son fils.

Un livre remarquable sur l’exil, sur les migrants vraiment bien écrit. Un récit poignant et bouleversant. Un livre qui nous oblige à regarder la réalité des choses, sur ce qui se passe de nos jours.

Librairie Doucet Le Mans/Marie-Christine

Lu et conseillé par Marie-Adélaïde, Linda.

American Dirt – 542 pages – prix : 23.00 € (parution : 20/08/20) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) – par Françoise Adelstain et Christine Auché.

Jeanine Cummins vit à New-York. Elle a publié trois romans, dont « American Dirt » est le premier traduit en français.

KEROZENE et LA VRAIE VIE – Adeline DIEUDONNÉ- Éditions L’Iconoclaste

Une station-service, une nuit d’été, dans les Ardennes.

Présentation :
« Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d’un cheval et d ‘un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens… Il est 23 h 12. Dans une minute tout va basculer.
Chacun d’eux va devenir le héros d’une histoire, entre elles vont se tisser parfois des liens. Un livre protéiforme pour rire et pleurer ou pleurer de rire sur nos vies contemporaines.
Comme dans son premier roman, La Vraie Vie, l’autrice campe des destins délirants, avec humour et férocité.
Les situations surréalistes s’inventent avec naturel, comme ce couple ayant pour animal de compagnie une énorme truie rose, ce fils qui dialogue l’air de rien avec la tombe de sa mère, ou encore ce déjeuner qui vire à l ‘examen gynécologique parce qu’il faut s’assurer de la fécondité de la future belle-fille. Elle ne nous épargne rien, Adeline Dieudonné : meurtres, scènes de sexe, larmes et rires. Cependant, derrière le rire et l’inventivité débordante, sa lucidité noire fait toujours mouche. Kérozène interroge le sens de l’existence et fustige ce que notre époque a d ‘absurde. »

Dans « Kerozène », ce deuxième livre, Adeline Dieudonné change complètement de registre avec toute une galerie de personnages dont les histoires, assez courtes, parfois loufoques se déroulent dans une ambiance très étrange et bien particulière. Des moments qui reflètent des bouts de vie cruels et cyniques de la société contemporaine. Entre serial killer et alcooliques on y rencontre des scènes parfois comiques, parfois déjantées qui déclenchent rires ou sourires. Une fiction volontairement farfelue.

Un deuxième roman bien différent de « La Vraie Vie » (voir ci-dessous).

KEROZENE – 257 Pages – prix : 20 €

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Et, vous vous souvenez certainement, de son premier roman qui avait obtenu le prix Renaudot des lycéens. C’était en 2018 déjà ! Adeline Dieudonné publiait :

« LA VRAIE VIE« 

Dans le quartier de l’héroïne, il y avait une cinquantaine de maisons dont celle de la narratrice, une maison dans le quartier de la « Demo » que le père appelait « la démoche« . Dans cette maison, il y avait quatre chambres dont la chambre des cadavres, le bois des Petits Pendus. J’avais 10 ans (une petite fille qui n’a pas de prénom) et mon frère, Gilles en avait 6 ! A la suite d’un accident, le glacier ne viendra plus dans le quartier. Ma mère, « une amibe » sans créativité, sa mission essentielle préparer les repas qui lorsqu’ils n’étaient pas au goût de monsieur, l’atmosphère devenait inquiétante et la violence montait. Mon père, travaillait dans un parc d’attractions, il était chasseur de gros gibier. Ses deux passions : la télé et son whisky ! Un homme, un bourreau qui frappe sa femme et qui terrorise ses enfants. Et, dans ce milieu, l’héroïne qui veut devenir Marie CURIE tentera d’apporter un peu de lumière. Son principal but, redonner le sourire à son jeune frère. Elle va tout faire pour remonter le temps, afin que tout redevienne comme avant. A la suite de ce drame accidentel, elle veut sauver son petit frère qui torture les animaux et qui est devenu mutique.

Et avec ce premier roman, l’auteure avait obtenu le prix Renaudot des lycéens 2018 puis d’autres nombreux prix…

Lu et conseillé par Marie-Adélaïde, Linda, Nathalie.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

« LA VRAIE VIE » – 263 pages – prix : 17 € (parution 29 août 2018)

Adeline Dieudonné est née en 1982 à Bruxelles, où elle habite aujourd’hui. Son premier roman, « La Vraie Vie », a été un véritable phénomène : plébiscité par 300 000lecteurs, traduit en 21 langues, adapté au théâtre, il a reçu de nombreux prix dont le Prix du roman Fnac, le Grand Prix des lectrices de Elle, le prix Renaudot des lycéens, le prix Première Plume, le prix Rossel et le prix Filigranes.

Une toute petite minute – Laurence Peyrin – Éditions Calmann-Lévy

« Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on a, mais ce à quoi on renonce. » (L’Ombre du vent. Carlos Ruiz Zafón)

On démarre cette histoire avec un Nouvel An en 1995.

Incroyable cette toute petite minute, celle qui peut faire basculer le cours de votre vie. Il y a un « avant » , il y a un « après » et quand dans cet « après », vous allez reconstruire difficilement, lentement…

Je vous présente Madeline qui est le pur produit de la WASP, cette société américaine aisée. Elle habite à côté de Central Park, dans la 5ème Avenue. Elle ne manque de rien. Elle découvre un jour par les plus grands des hasards, une fille qui vit près du Bronx, elle s’appelle Estrella. C’est l’amitié. L’amitié pure, l’amitié envahissante de la part d’une adulte. Le 31 décembre, elles décident de passer le réveillon ensemble, avec des amis. Et là, c’est le drame ! Le lendemain matin, Madeline est arrêtée pour le meurtre d’Estrella. Elle avoue tout. Elle ne veut pas se défendre. Elle va passer 20 ans en prison. Elle refusera toutes les demandes de liberté. Elle va assumer jusqu’au bout, sans vouloir expliquer.

C’est un roman d’apprentissage écrit par une femme qui écrit beaucoup sur les États-Unis. Laurence Peyrin a été journaliste, elle ancre toujours ses romans dans la société américaine. Là, elle va nous parler de la vie des femmes en prison. Elle va nous parler de ces prisonnières à longues peines. Elle va nous emmener en compagnie de Madeline vingt ans après, quand elle va sortir.

Comment peut-on se reconstruire ? Avoue-t-on aux gens qu’on rencontre, qui ne vous connaissent pas, qu’on sort de 20 ans de prison pour meurtre ?

C’est très bien fait. C’est très attachant. Cela interpelle beaucoup !

En plus de cette description, on va quitter Manhattan, -vous imaginez qu’elle ne va pas s’installer là !– elle nous emmène cette fois-ci dans les dunes des Hamptons, du côté de New-York, cet endroit un peu cliché carte postale, sauf la ville de Montauk, qui a été baptisée comme ça, par les indiens algonquins qu’on appelait les natifs et qui habitaient là !

Et cet endroit au bout du monde, c’est peut-être l’endroit de la dernière chance où on peut enfin se reconstruire.

Un très joli texte, facile à lire, même si la thématique est dure, la lecture ne l’est pas ! C’est intéressant de se pencher sur les aventures et la vie de cette jeune Madeline.

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Laurence PEYRIN journaliste de presse écrite pendant 20 ans, elle se consacre depuis 2014 à l’écriture dont voici quelques titres : « Ma chérie » (Calmann-Levy-2019) – « Ted » (Editions de l’épée – 2019) – « Les jours brûlants » (Calmann-Levy 2020)

Ecoutez Marie-Adélaïde Dumont sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno en cliquant ici !

« Une toute petite minute » – 432 pages : prix : 20.90 € (parution 21 avril 2021)

Le Brasier – Le Louvre incendié par la Commune – Nicolas Chaudun – Éditions Babel – (Livre de poche)

C’était il y a 150 ans ! De belles œuvres du Louvre auraient pu périr dans un incendie,

pendant la Commune de Paris.

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Illustrations de la couverture : Rue de Rivoli, maisons incendiées le 24 mai 1871, près de la tour Saint- Jacques (Léon Sabatier)

Dans « Le Brasier », Nicolas Chaudun nous raconte le sauvetage du Musée du Louvre et ses fabuleux trésors artistiques, grâce à deux hommes qui ne savaient rien l’un de l’autre, au beau milieu des incendies qui ravagèrent le Palais des Tuileries.

Nous sommes en janvier 1871, la France capitule devant l’Allemagne et le 18 mars de cette même année, la Commune de Paris est proclamée. C’est une véritable guerre civile qui oppose d’un côté les Royalistes et les Républicains, de l’autre les Communards qui prennent les armes et qui seront massacrés en mai 1871, lors de la semaine sanglante.

Le 23 mai, les communards incendient les Tuileries, symbole de la Monarchie, tenant à distance l’armée versaillaise. Aujourd’hui, du Palais des Tuileries, il ne reste plus aucune pierre, seulement les jardins.

Mais, de nombreuses œuvres d’art du musée du Louvre, tout proche, auraient pu partir en fumée : dans les salles, toute l’Ecole française du XVIIIème reste suspendue aux cimaises ! Tous les génies du premier XIXè siècle ! Non seulement les Watteau, les Boucher, les Fragonard, mais encore Le Sacre par David ou Le Radeau de la Méduse par Géricault ! Et le Cuirassier blessé, et l’Officier de chasseurs à cheval ! Et d’Ingres, la Baigneuse Valpinçon ou La Grande Odalisque ! Et puis des Flamands, le cabinet hollandais… que nous pouvons heureusement continuer à contempler de nos jours.

Mais c’est grâce à deux hommes qui vont, dans la fournaise, créer d’urgence un espace coupe-feu, que de nombreuses toiles seront sauvées. Il s’agit de Henri Barbet de Jouy, un civil, conservateur du musée du Louvre qui fut limogé par la Commune, quant au deuxième homme, il s’agit d’un militaire, le commandant de chasseurs de l’armée régulière, Bernard de Sigoyer (Marquis, Martian de Bernardy) qui prendra l’initiative de mobiliser tout son bataillon. On suivra jour par jour, heure par heure leur combat pour sauvegarder tous ces biens culturels.

Ce n’est que dans les derniers jours du combat, en pleine nuit que le Général Daguerre souhaita s’entretenir avec Bernard de Sigoyer. Or, de celui-ci on ne retrouva nulle trace. Ce n’est qu’au petit matin du 26 mai qu’on découvrit le cadavre du commandant marquis. Il gisait à demi calciné, le crâne fracassé au coin d’une maison incendiée à l’angle de la rue Jean-Beausire et du boulevard Beaumarchais.

Bernard de Sigoyer ne fut jamais remercié d’avoir sauvé le musée du Louvre. Il fait partie de ces héros oublié de l’Histoire de France.

Cet ouvrage est vraiment passionnant et se lit comme un thriller. Un livre d’histoire qui ressuscite ces deux personnages courageux qui ont sauvé des flammes de nombreux chefs-d’œuvre lors de cet épisode dramatique qui entraîna une perte incalculable de manuscrits, d’objets de valeur que possédait la France.

(Un plan des parties détruites ou endommagées par les combats est présenté en fin d’ouvrage)

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Le Brasier – Le Louvre incendié par la Commune – Récit historique de 190 pages – prix : 7.70 €

Nicolas Chaudun, éditeur d’art, documentariste et écrivain. Il a publié chez Actes Sud une biographie du « baron Haussmann » qui fait autorité, ainsi que deux récits historiques « L’été en enfer » (2011), plusieurs fois primé et « Le Brasier (2015), élu meilleur livre d’histoire par le magazine Lire. « L’île des enfants perdus » (Actes Sud) en 2019.

Les Papillons de Barcella – Éditions Le Cherche Midi –

Avec « LES PAPILLONS » Nathalie nous apporte un peu de fraîcheur et de douceur ! 

Une très jolie histoire ! Celle d’Alexandrin, l’ébéniste, chercheur de papillons égarés.

"Les Papillons" le premier roman du chanteur Barcella

« Sourire avec le cœur, la bouche et puis les yeux. Cela paraît si simple quand tout est à sa place. Si complexe pourtant quand les ombres s’en mêlent. »

Barcella est auteur-compositeur et c’est son premier roman. Il va nous raconter l’histoire d’Alexandrin Lamoureux (ça ne s’invente pas !) un ébéniste qui est un doux rêveur. Mais notre Alexandrin est un peu tristounet parce qu’il n’arrive pas à rencontrer de jeunes filles qui réveillent ses papillons, vous savez -ceux qu’on a dans le ventre, quand on tombe amoureux- Il erre un peu comme une âme en peine, à la terrasse d’un café… Puis, un jour à cette même terrasse de café, il va croiser la route de Marie. Marie, est une jeune fille solaire, rayonnante, pleine d’esprit, jolie, qui à tout pour elle. Bien sûr, ces deux-là vont tomber immédiatement amoureux, mais Marie à un souci, c’est qu’elle a un cœur qui n’a pas des palpitations normales et il ne lui faut pas d’émotion particulière. Donc, forcément quand on est amoureux, le cœur s’emballe ! De plus, Marie, a un autre problème, c’est qu’elle a un père hyper-protecteur qui ne voit pas cette relation d’un très bon œil.

Alors, on va suivre nos deux amoureux comme ça, au cours de leur histoire d’amour. Ce qui est très joli dans cette histoire, c’est que Barcella nous la décrit en alexandrin, avec une plume poétique, légère, douce… C’est une petite douceur, une jolie révélation, c’est quelque chose qui est léger, bien que l’histoire n’aille pas toujours là, où on a envie qu’elle aille, mais ça nous laisse un sentiment de bonheur, de douceur, de fraîcheur, de légèreté. Voyez, tout ce qui nous manque un peu, ces temps-ci ! En somme, le livre parfait qu’il nous faut, en ce moment !

Puis, cela m’a fait penser à un livre sorti, il y a plusieurs années qui s’appelle « La Mécanique du cœur » de Mathias Malzieu, également auteur-compositeur. On est dans la fantaisie, on est dans l’onirisme, on est dans la poésie. C’est magnifique !

Et si vous voulez entendre le chant des papillons, lisez ce livre !

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« LES PAPILLONS »– 224 pages – prix : 18 € (parution 08/04/21)

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno, en cliquant ici ! (émission du 27/04/21)

Mathieu Ladevèze, dit Barcella est né à Reims, en 1981. Il est auteur-compositeur-interprète français. Son premier album « La boîte à musiques » est sorti en mai 2010. Il est invité dans différents festivals. Il a écrit « Les papillons » et c’est son premier roman.

L’inconnu de la poste – Florence Aubenas – Éditions de l’Olivier –

Une enquête indispensable

Dans son nouvel ouvrage « L’inconnu de la poste » Florence Aubenas nous raconte avant tout l’histoire de Catherine Burgod, une femme enceinte de cinq mois, assassinée de vingt-huit coups de couteaux, par un matin d’hiver, sur son lieu de travail, en décembre 2008, dans son minuscule bureau de poste, cela pour une somme modique (entre 1 400 et 3 000 €), dans le petit village de Montréal-la-Cluze, non loin d’Oyonnax (Ain).

L’enquête menée s’éternise. Les gendarmes s’enlisent. Aucun des tests ADN ne correspond aux gens du village, même pas à l’accusé. D’une conversation au cimetière, avec le suspect numéro 1, vu mimant le meurtre sur la tombe de la défunte, que deux habitantes de la commune auraient fait parler, des témoins peu fiables, on fonce quand même et on monte un dossier ! Dans cette affaire, on y rencontre des avocats connus, des stars, des magistrats.

Florence Aubenas va détailler toute la vie du village qui est bouleversée par ce drame. Tout y passe, les gens, les lieux, les ambiances. Dix ans d’enquête passe ! On n’est pas loin du fiasco.

Le coupable ? Qui est-il vraiment ? Un certain Gérald Thomassin qui parle à tort et à travers et autour duquel l’étau se resserre. Un acteur déchu, césarisé, toujours une cannette de bière à la main ! Il est bizarre et il est présent dans le village au moment des faits. Il habite juste en face de la Poste, le lieu du crime. C’est forcément lui le coupable idéal ! Mais il y a aussi Tintin, Rambouille, des copains paumés, aux destins brisés.

Puis il y a ce père, Raymond Burgod, une figure locale, secrétaire de mairie de la commune, fou de douleur qui aimerait que l’affaire avance et que la vérité éclate. Alors qu’on attend Gérald Thomassin au Tribunal, il disparaît dans la nature, du côté de Nantes. ll s’est volatilisé (entre Rochefort et Nantes) après avoir pris le train pour s’y rendre. Et aujourd’hui, des suspects, aucune preuve et le « mystère Thomassin » disparu des radars. Est-il coupable ? Protège-t-il un complice ? Qu’est-il devenu ?

C’est avec un immense talent que Florence Aubenas nous raconte ce fait divers sordide, dans une petite commune de l’Ain. Une enquête qui se lit vraiment comme un roman policier. Cette affaire, c’est aussi celle d’un village de montagne où les rumeurs vont bon train, celle des non-dits et des rancœurs…Elle nous livre ce thriller sur l’affaire Catherine Burgod, une enquête qu’elle a menée pendant de longues années. Une histoire vraie qui nous captive et qui retient l’attention du lecteur. Et, on ne lâche pas le livre !.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

L’inconnu de la poste – 237 pages – prix : 19€

Florence Aubenas est grand report au journal Le Monde. Elle a notamment publié « La Méprise : l’affaire d’Outreau«  (Seuil 2005) et le « Quai de Ouistreham » (L’Olivier, 2010) qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d’immersion.

Humeur noire – Anne-Marie Garat – Éditions Actes Sud

SUR LES TRACES D’UNE HISTOIRE COLLECTIVE AU XVIIIe SIÈCLE

D’abord, décrivons l’illustration de la couverture de ce livre !. Il s’agit du plan, profil et distribution du navire « La Marie Séraphique«  de Nantes, collection du Château des ducs de Bretagne. « La Marie Séraphique » était un bateau construit en 1760 pour le commerce, aménagé ensuite en 1764 pour le transport d’humains, devenu un bateau négrier pouvant transporter jusqu’à plus de 300 esclaves.

A. M. Garat se rend à Bordeaux, sa ville natale, ville bien peu aimée dont elle garde des souvenirs entre haine-amour ! Elle y remet les pieds surtout pour les salons littéraires, lorsqu’elle y est invitée. Quant au texte, bien qu’elle parle beaucoup de son enfance, évoquant sa jeunesse de fille d’ouvriers, dans une impasse populaire du quartier des Chartrons, ce n’est pas un roman mais un récit, et on ne peut guère le cacher, Anne-Marie Garat est vraiment d’humeur noire et pour cause :

– Alors qu’Anne-Marie Garat, accompagnée de son cousin, visite le musée d’Aquitaine qui présente une exposition consacrée à la traite négrière, elle découvre un cartel à visée pédagogique, entre deux tableaux illustrant la vie de bourgeois bordelais du XVIIIè siècle, dont la formulation lui fait piquer une colère et cela la fait « bouillonner » et elle le fait savoir dans son ouvrage, car jamais un esclave n’a suivi son maître ! (p. 24) car voici ce qu’on peut lire :

« Noirs et gens de couleur à Bordeaux »

« Au moins 4 000 Noirs et gens de couleur viennent à Bordeaux au XVIIIème siècle. Il s’agit pour l’essentiel de domestiques suivant leur maître, d’esclaves envoyés apprendre un métier, et d’enfants métis venus parfaire leur formation ». Les autorités veulent limiter cet « afflux » […]

Bien loin d’une cohabitation harmonieuse et ne correspondant absolument pas à la réalité, Anne-Marie Garat, femme de lettres, puriste de la langue française, attachée aux mots, à la sémantique, à la rhétorique, elle y voyait l’air de rien, une offense, même une injure au visiteur lambda, surtout vis-à-vis du jeune public. Pour elle, la mission pédagogique avait été bafouée. Bordeaux, cette ville bourgeoise, qui prospéra grâce à la traite négrière semblerait avoir oublié le passé !

Alors, voilà, qu’Anne-Marie Garat se prend pour don Quichotte, enfourche sa rossinante et fouette cocher ! Derechef, elle écrit au Directeur du Musée, à La Mairie, aux politiques de Bordeaux. Il faut absolument changer ce cartel !… Pas réponse ! Pas grave ! Persévérante, un collectif d’écrivains est constitué, emmené par Anne-Marie Garat dans une Tribune au journal Le Monde du 21 mai 2019 que l’on peut encore consulter en cliquant ici !

D’où ce livre qu’elle dédie à une figure haïtienne :

cette ancienne esclave, âgée de 16 ans qui se nomme Modeste Testas

Marthe-Adélaïde Modeste Testas née Al Pouessi (Afrique orientale 1765-St Domingue 1870), esclave africaine originaire de la corne d’Afrique, déportée à Saint-Domingue (ancienne Haïti) achetée par des Bordelais, la famille Testas possédant un négoce à Bordeaux). Modeste Testas était tombée dans l’oubli et en la découvrant, Anne-Marie Garat a voulu la sortir de l’anonymat. D’ailleurs une statue a été érigée en mai 2019, sur le quai Louis XVIII de Bordeaux.

Elle fait un parallèle et tisse des liens avec la situation actuelle, celle des migrants, de l’importance du langage et des mots utilisés, tel que le mot « afflux » sur le cartel qui n’a rien à voir avec « l’afflux » d’aujourd’hui et celui des esclaves que les négociants bordelais allaient directement chercher, en pratiquant le commerce en droiture, de Bordeaux à St Domingue ou La Guadeloupe et non la traite triangulaire plus difficile à mener, très coûteuse et plus dangereuse. Elle parle de l’importance du rôle essentiel des livres et des librairies, de l’éducation de l’apprentissage de l’esprit critique.

Et vous aimeriez peut-être bien savoir si le cartel a été changé ?

Eh, bien vous le saurez en lisant « Humeur noire«  ce récit formidable d’Anne-Marie Garat ! Un livre dense et très enrichissant. Un travail très documenté de réflexion et d’écriture. Un livre, une lecture exigeante, qui demande une certaine attention.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Humeur noire » – 295 pages – prix : 21.80 €

Anne-Marie Garat est l’auteure d’une œuvre littéraire de tout premier plan. Elle a notamment obtenu le prix Femina pour Aden (Seuil) en 1992. Avec sa grande trilogie « Dans la main du diable » (2006) – « L’enfant des ténèbres » (2008) – et « Pense à demain » (2010) parue chez Actes Sud -, elle relève le dfi d’allier exigence littéraire et succès populaire. Ses derniers romans chez Actes Sud : « La Source » (2015) – « Le Grand Nord-Ouest » (2018) et « La Nuit atlantique » (2020)

Arbre de l’oubli – Nancy Huston – Éditions Actes Sud –

PARCOURS D’UNE FAMILLE SUR TROIS GÉNÉRATIONS

Que raconte ce livre Marie-Adélaïde ?

Alors, Nancy Huston, on la présente à peine. C’est une très très grande dame de la littérature. Elle écrit depuis assez longtemps. C’est une danseuse. Elle était venue en 2019 au Mans, présenter un magnifique spectacle. Ça lui donne un côté éthéré, calme, posé. Elle n’a pas son pareil pour nous raconter les failles du passé et les traumatismes que ça peut engendrer dans nos vies actuelles. Vous savez, tous ces poids qui nous empêchent d’avancer et dont il faut se défaire pour transmettre à son tour et continuer l’aventure. C’est ce qui va se passer avec Joel et Lily-Rose. Ce sont des intellectuels, des gens qui vivent de manière très aisée dans le centre de New-York. Lui, il a une maman qui préférait son frère. Il a peur du conflit. Il s’est jeté dans le travail, est devenu un professeur réputé de l’Université. Lily-Rose, fait partie de ce qu’on appelle les WASP. Vous savez cette société blanche très aisée des États-Unis. Elle est brillante. Elle est solitaire et elle est très fragile. Très vite, on se rend compte qu’il y a quelque chose de trouble dans son enfance. Ces deux-là ont décidé de fonder une famille, de se marier. Ils ne pourront pas avoir d’enfants comme ils le souhaitaient. Ils vont avoir recours, –aux Etats-Unis, c’était déjà possible dans les années quatre-vingt-dix– à la GPA. Ils pensent que tout est facile et rien ne sera facile pour cette petite fille. Shayna, c’est le troisième personnage que nous allons voir dans ce texte qui est très bien fait parce que la temporalité est complètement effacée. On va suivre les trois enfances, celle de Joel, celle de Lily-Rose, celle de Shayna, les trois adolescences et puis les combats et la souffrance de Shayna parce que le personnage qui manque dans mon histoire, il s’agit de Selma. Selma, c’est la mère biologique de Shayna. C’est elle qui refuse de la voir, qui refuse de la connaître et qui lui a transmis toute la souffrance du peuple noir. -Elle est là depuis toujours, aux États-Unis. C’est une afro-américaine- mais elle porte en elle et Shayna le ressent, le traumatisme de la traite négrière, du racisme et de l’esclavage. Et c’est ça la trame de ce roman. Dans le journal de Shayna écrit en MAJUSCULE, on voit la souffrance, on voit l’impact. On voit les minorités. On voit tout ce que les pays décident, les riches qui ont pu tirer de cette manne de personnes qu’ils ont exploitée et c’est grâce à ça qu’ils ont pu vivre dans ces conditions.

Nancy Huston, elle mène des combats. Des combats contre les minorités qui souffrent, des combats sur les droits des femmes, des combats pour justement ce racisme et cet esclavage. Elle est canadienne. Elle a été élevée aux États-Unis et elle connaît, elle ressent le poids de cette histoire que personne ne lui a enseignée et qu’elle découvre et qui lui a explosé à la figure comme cela a entaché la vie de cette jeune fille, Shayna.

C’est passionnant ! Ça tire beaucoup de ficelles. C’est très bien écrit. Les personnages sont très attachants et comme toujours dans ses textes, nous sommes émerveillés, plein d’empathie mais surtout absolument scotchés par les histoires de chacun qui peuvent passer de génération en génération et ainsi contribuer à construire les hommes, les femmes avec leurs failles et leurs souffrances.

C’est un très beau texte qui sans jugement nous invite à réfléchir !.

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M.C

Nancy Huston est née à Calgary au Canada et vit à Paris. Elle est l’auteure de nombreux romans et essais publiés chez Actes Sud et chez Léméac, parmi lesquels « Instruments des ténèbres » (1996, prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter) « L’empreinte de l’ange » (1998, grand prix des Lectrices de Elle) et « Lignes de faille » (2006, prix Femina)

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno, en cliquant ici ! (émission du 20/04/2021)

« Arbre de l’oubli » – 320 pages – prix : 21 € (parution 03/03/21)