Dans la forêt – Jean Hegland – Editions Gallmeister – Collection nature writing

dans la foret UNE QUESTION DE SURVIE !

Nellie et Eva sont deux sœurs (17 et 18 ans) vivent en Californie dans une grande maison en bordure d’une immense forêt  qui les sépare de la ville.  Puis au fil du temps, le confort disparaît, ( eau, gaz, électricité, internet, radio, téléphone : tout disparaît !) Alors que leurs parents sont décédés, elles vont devoir  faire face et apprendre à survivre, seules.

Elles qui  ne voyaient cette forêt que comme une barrière avec la ville, vont découvrir  ce territoire et les bienfaits qu’il dispense  avec un autre regard. Une question de survie qui fait réfléchir car, si effectivement, tout nous manquait, si le matériel, si la modernité venaient à disparaître, si tout nous laissait tomber, que deviendrions-nous ? Enfin, soyons optimistes, faites comme Nellie et Eva, c’est la « débrouillardise » et tout peut redémarrer… Laissez-vous happer par ce livre-refuge et, tout en la respectant,  enfoncez-vous dans la forêt pour y vivre douillettement, faites comme ces deux sœurs,  apprenez à vivre, à survivre,  tout comme Nellie, qui apprendra même à connaître les plantes médicinales, afin de soigner sa sœur !. Nous suivons Nellie et Eva tout au long de leur histoire, nous vivons à leurs côtés, dans la plus grande simplicité. Après avoir connu de belles heures aux côtés de leurs parents,  elles apprennent surtout  à se contenter de peu de choses…

Un livre magnifique, très émouvant. Un texte poétique, plein d’espoir !

« Jean Hegland est née en 1956 dans l’Etat de Washington. Après  avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur et se lance dans l’écriture. Son premier roman, « Dans la forêt »  paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant . Elle vit aujourd’hui au milieu  des forêts du nord de la Californie et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture. »

M. Christine.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josette Chicheporte – Ed. Gallmeister – 302 pages – 23,50 €

Le début des haricots – Fanny Gayral – Editions Albin Michel

le début des haricots UNE BONNE THERAPIE !

Déjà, le titre original attire notre attention :

« Le début des haricots » et un jeu de mots  dès le départ !

Anna CATREVANT est médecin urgentiste dans un hôpital. Dans ce même hôpital, son père, le Professeur Pierre-Olivier Catrevant est le chef du prestigieux service de cardiologie. Il est certes très aimable avec les patients mais « à l’hôpital comme ailleurs, il dirige comme il respire : de ma mère aux infirmières en passant par le vendeur de sandwichs. Peu à peu, procédant par lente capillarité ou par envahissement soudain, il est passé de chef de service à chef de tout et chef tout court »..

Vous l’avez compris, c’est Anna la narratrice et la première concernée par l’autorité paternelle puisqu’ils sont médecins au même endroit et que lui,  joue les « mandarins  » .

Anna stressée n’a plus de temps pour elle et de plus, elle doit représenter son père au Congrès de Cardiologie de San Francisco où elle se doit d’être « ir-ré-pro-cha-ble » (papa dixit) !

En descendant de l’avion, son œil est attiré par un écriteau :

                                         « Stage de psychothérapie intégrative » – Thème de la semaine :                                                         –   « courageux, l’être, le devenir « ?

Elle prend la décision de faire l’école buissonnière, incognito bien sûr. C’est très sérieux, bien loin d’une secte, même si certains inscrits peuvent paraître quelque peu farfelus. Et puis, n’est-ce pas, « mieux vaut tomber dans l’ésotérisme que dans la dépression » .

Vous imaginez bien que cela va tout bousculer et que le lecteur sourit beaucoup. C’est mené tambour battant  et Fanny GAYRAL ne se prend pas au sérieux .

Que va devenir Anna Catrevant ? A vous de le découvrir et vous savez déjà que c’est déjà pour elle « Le début des haricots. »

             Un roman léger à emporter sur la plage pour s’évader complètement.

Marie-José/M.Christine

Fanny GAYRAL est médecin généraliste à Tours et elle signe ce premier roman : « Le début des haricots » – Prix : 16 €uros.

L’enfant qui – Jeanne Benameur – Actes sud

L'enfant qui Trois vies. Trois êtres perdus remis en mouvement par l’absence.

 Présentation (4ème de couverture) : « Trois trajectoires, trois personnages mis en mouvement par la disparition d’une femme, à la fois énigme et clé.
Il y a l’enfant : L’enfant marche dans la forêt, adossé à l’absence de sa mère. Il apprend peu à peu à porter son héritage de mystère et de liberté. Avec un chien pour guide, il découvre des lieux inconnus. À chaque lieu, une expérience nouvelle. Jusqu’à la maison de l’à-pic.
Il y a le père : Le père, menuisier du village, délaisse le chemin familier du Café à la maison vide. En quête d’une autre forme d’affranchissement, il cherche à délivrer son corps des rets du désir et de la mémoire.
Il y a la grand-mère, qui fait la tournée des fermes voisines, dont le parcours encercle et embrasse le passé comme les possibles.
Porté par la puissance de l’imaginaire, L’Enfant qui raconte l’invention de soi, et se déploie, sensuel et concret, en osmose avec le paysage et les élans des corps, pour mieux tutoyer l’envol. »

Puis, il y a  la mère. Cette mère différente des gens du village. Venue, puis repartie. Disparue. Elle porte une robe d’un rouge fané, et un bracelet tissé avec une pierre, rouge aussi. La mère, énigme et clé, alors qu’elle n’est plus là !…. 

Le nouveau roman de Jeanne Benameur est donc habité par une disparition : celle d’une mère dont l’absence va irrémédiablement manquer à l’enfant.  Un roman empreint de mystère autour de cette disparition dont on ne sait pas grand chose, un enfant qui arpente les bois à la recherche d’une apparition maternelle…, qui ne cesse de se dérober.

L’écriture de Jeanne Benameur touche le lecteur dès les premières pages. C’est un roman  très dense, grâce à la poésie que l’auteur nous offre à chaque page.  Un texte très court certes, épuré, qu’il est bon de lire avec lenteur, afin de ne pas perdre une miette de ces mots délicieux, de ces phrases savoureuses, d’apprécier, de s’imprégner de l’écriture qui est magnifique. Une écriture minutieusement travaillée, où chaque mot a son importance et l’on éprouve le besoin de relever, d’annoter, de surligner et s’en souvenir.

Une réelle profondeur sur le manque, l’absence, le silence, sur la solitude des êtres.

 Un bonheur infini de lecture. Une langue très poétique. Un vrai petit bijou.

Marie-Christine

Jeanne Benameur a déjà publié aux éditions Actes Sud : « Laver les ombres » (2008) – « Les Reliques » « Ça t’apprendra à vivre » « Les Insurrections singulières » (2011) – « Profanes » (2013) – « Pas assez pour faire une femme »« Orages intimes » (2015)

 

 

Deux hommes de bien – Arturo Pérez-Reverte

  dEUX HOMMES DE BIEN          Une aventure à la Alexandre Dumas et en hommage

                                                    à Cervantès.

« Deux hommes de bien », c’est 500 pages qui ne doivent pas faire peur au lecteur qui part ici, à l’aventure et dans l’aventure !

A la fin du XVIIIème siècle, deux membres de l’Académie royale d’Espagne sont mandatés par leurs collègues pour se rendre à Paris et en rapporter les 28 tomes de l’ Encyclopédie, alors interdite dans leur pays. Ils ont été choisis parce que ce sont « Deux hommes de bien », intègres et courageux. Le bibliothécaire don Hermogenes Molina et l’Amiral don Pedro Zarate vont alors faire ce long voyage de Madrid à Paris (et retour) par des routes infestées de brigands, rencontrant de nombreux  dangers  et difficultés. Les deux hommes ne sont plus tout jeunes mais savent faire face aux obstacles. Ils ne se ressemblent pas, tels Don Quichotte et Sancho Pança mais ils forment une bonne équipe et une grande amitié mêlée de confiance réciproque se crée entre eux.

La Quête de l’Encyclopédie se révèle difficile,  d’autant plus qu’une faction traîtresse de l’Académie royale a dépêché une sorte de mercenaire dans le but de les empêcher d’atteindre leur but. Ce roman est nourri de réalité et de fiction. Des personnages sont historiques, réels, d’autres sortent de l’imagination de l’auteur.

L’auteur se met en scène maintes fois mais avec des clins d’œil. Il nous explique comment lui viennent les idées, comment il a étudié les routes, le plan du Paris de l’époque,  il nous parle de ses rencontres actuelles mais on doute que tout soit vrai car il cite certaines de ses œuvres … qui n’existent pas, du moins sous le titre qu’il leur donne. Il s’amuse pour nous amuser !

Il faut dire aussi que le personnage principal, c’est Paris, le Paris de cette fin du XVIIIème siècle où les idées philosophiques et intellectuelles s’affrontent, s’opposent avec une riche argumentation. C’est le Paris pré-révolutionnaire qui est reconstitué très minutieusement.

« Les Deux hommes de bien » découvrent avec étonnement les rues grouillantes de Paris, ses cafés, ses salons, ses librairies, ses mœurs libertines et ses agitations politiques.

Ce livre est riche culturellement, c’est un magnifique roman d’aventure, un hymne à l’amitié, un hommage à Cervantès  et à Alexandre Dumas, grâce au style toujours aussi limpide  et au vocabulaire choisi de Arturo Perez-Reverte qui emmène son lecteur tambour battant.

Marie-José/M.Christine

Arturo Perez- Reverte est écrivain espagnol connu pour : « Le tableau du Maître flamand », (1993) – 21 volumes à son actif dont la série des « Aventures du Capitaine Alatriste ». Il est membre de L’Académie royale d’Espagne qui correspond à notre Académie française.

« Deux hommes de bien » – Roman Seuil – Prix : 22.50 €

Les pieds dans l’eau, la tête dans les livres ! Evadez-vous avec quelques titres de romans pour l’été !

quelques romans pour l'étémouette sur les livres Les pieds dans l’eau et la tête dans les livres ! Evadez-vous ! Jetez-vous à l’eau  ! Lisez au soleil sous le parasol, dans votre jardin, à l’ombre sous votre arbre préféré,  dans un p’tit coin de paradis ! N’hésitez pas, plongez-vous dans la lecture  ! 

                                                              AU PAYS DES ROMANS FRANÇAIS

lapin dans un hamac

          « Croire au merveilleux » – Christophe Ono-dit-Bio  – Gallimard – Réapprendre à aimer.                            César est veuf depuis deux ans et n’arrive croire au merveilleux 2plus à vivre sans Paz, malgré la présence de leur fils. Au moment de passer à l’acte, sa jeune voisine grecque lui demande un service. Cette rencontre va lui redonner le goût de vivre. Le soleil revient petit à petit dans sa vie grâce aux souvenirs des voyages en Italie, à la mythologie et à la littérature antique. Malgré le thème difficile, ce roman est un éclat de soleil, de vie, d’amour. Un énorme coup de cœur !

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« La Baleine Thébaïde » – Pierre Raufast – Un roman aquatique !  – Ce roman de Pierre Raufast, c’est un peu comme des poupées russes qui auraient abusé de la vodka ! Tout comme dans La Fractale des raviolis, les histoires s’enchaînent, s’emboitent, farfelues et un brin sarcastiques. Ici, on rencontre un équipage improvisé pour une chasse à la baleine détonante, un savant fou et despotique, un hacker informatique très maladroit, une piscine pleine de mystères, une jolie libraire, des crabes en détresse et beaucoup d’autres surprises savoureuses. La folie des hommes n’est pas loin... Absolument jubilatoire !

                  MARX ET LA POUPEE        « Marx et la poupée » – Le nouvel attila – Dans le ventre de sa mère, Maryam vit de front  les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elles rejoignent le père en exil à Paris. Après les souvenirs de ces premières années : apprentissage du français, découverte des mots, de l’écriture pour faciliter  son intégration, elle peut se forger une nouvelle identité. C’est raconter avec humour, avec poésie et beaucoup de tendresse. Elle a reçu le prix ouest-france des Etonnants voyageurs de Saint-Malo.

« Par amour » – Valérie Ton Cuong – JC Lattès Par-amour-1145462-d256Saga familiale en temps de guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une famille du Havre essaie de survivre au malheur, d’où qu’il vienne. A partir d’un travail de recherche colossal, Valérie Tong Cuong capte les sentiments ambigus de ces Français particulier qui ont vécu l’invasion allemande, les bombardements anglais, l’arrachement des fils pour les colonies et le départ des hommes au front dans un même épisode incompréhensible. De ces évènements, elle arrive à livrer un très beau roman choral qui touche le lecteur, sans sentimentalisme mais avec une profonde humanité. C’est très beau, très réussi, c’est magnifique !.

valentine-goby« Un paquebot  dans les arbres » – Valentine Goby – Actes Sud Une fille courage !
Paulo et Odile sont un couple heureux qui vivent de leur café près de Rouen. Avec leurs trois enfants, leur existence est joyeuse. Paulo anime les bals du samedi soir, auxquels participent leurs nombreux amis.Le jour où la tuberculose est déclarée dans cette famille, elle plonge dans la précarité.Avec ce roman,l’auteur aborde les ravages de la tuberculose, dans les années 50. Beaucoup de tabous et de non-dits car la tuberculose est un véritable fléau à cette époque-là, une véritable honte. La famille se disperse entre famille d’accueil et sanatorium. Mathilde fera tout son possible pour garder les liens familiaux. Ce récit est inspiré d’un fait réel. C’est bouleversant. Un magnifique roman d’attachement à la famille, vibrant d’émotion. 

ERIC VUILLARD« L’ordre du jour » – Eric Vuillard – Actes Sud – Roman historique – Les coulisses de l’armée allemande. « Dans Tristesse de la terre », Eric Vuillard se glissait aux côtés de Buffalo Bill pour narrer sa biographie dans un western épique et historique. Dans « 14 juillet », il plongeait son lecteur dans la foule des révolutionnaires et lui faisait partager leurs espoirs autant que leurs frustrations. Dans « L’ordre du jour », il aborde l’Anschluss de 1938, l’annexion de la Pologne par l’Allemagne. Eric Vuillard excelle dans l’art de raconter l’histoire à hauteur d’homme, d’éviter la figure mythique et de se rapprocher des sensations et des émotions.

AU PAYS DES POCHESLIVRE AU BORD DE MER

EN ATTENDANT BOJANGLES« En attendant Bojangles » – Olivier Bourdeaut – Folio –   Une révélation !  Une femme fantasque, un homme amoureux fou, un petit garçon émerveillé et une grue exotique nommée Mademoiselle Superfétatoire : laissez-vous emporter par le rythme entraînant de ce texte qui oscille constamment entre rires et larmes, comédie et tragédie. Ce roman est un petit bijou de tendresse, de folie et surtout un hymne à l’amour. Une belle découverte et un très joli coup de cœur.

En voiture Simone« En voiture, Simone » ! – Aurélie Valognes –  Condensé de bonne humeurIrrésistible comédie familiale, En voiture Simone ! Saisit l’époque à travers une galerie de portraits très contemporains et bien observés, avec humour et tendresse. Il y a tous les caractères dans la famille Le Guennec et leur réunion, le temps d’un été, va créer des étincelles dans la maison de vacances bretonne. Aurélie Valognes fait s’entrechoquer les cultures personnelles, avec véhémence, passion et bienveillance. La vie de famille quoi ! En voiture Simone ! a été publié aux éditions Michel Lafon sous le titre Nos adorables petites-filles. 

Le retour de jules« Le retour de Jules » – Didier Van Cauwelaert – Chienne de vie ! Quand un chien guide d’aveugle au chômage et donc privé de sa raison de vivre rencontre son alter ego humain, que font-ils ? Eh bien ils décident d’unir leurs forces pour conjurer le sort et retrouver celle qui saura redonner un sens à leur existence. Dans le premier tome des aventures de Jules, on a suivi avec bonheur la reconversion de ce chien bien singulier. Dans cette suite attendue, c’est Jules lui-même qui est menacé de mort par les pouvoirs publics. Ses maîtres ont vingt-quatre heures pour trouver une solution avant l’issue fatale.

l'amie prodigieuse 1L’amie prodigieuse T1 Enfance, adolescence et T2  Le nouveau nom- ELENA FERRANTE  Phénomène littéraire. le nouveau nomPassionnante saga italienne dans le Naples des années 50. L’Amie prodigieuse nous emmène de tome en tome grâce à son superbe duo d’héroïnes. Lila et Elena déjouent leur destin, éprouvent leur amitié et construisent leur vie malgré vents et marées. Poignant portrait de femmes, roman d’une époque, phénomène littéraire, les livres d’Elena Ferrante sont tout cela à la fois, mais surtout bien plus que cela. Ce long roman fleuve au style singulier si juste, si émouvant, si humain est avant tout beau, obsédant, profond… unique !

le chant de la tamassee« Le chant de la Tamassee » – Au cœur de la nature sauvage Ron Rash- Traduit de l’anglais (USA) par Isabelle Reinharez. Pendant les vacances de Pâques, Ruth se noie. Pour récupérer son corps coincé dans un ressort hydraulique, un débat divise la petite ville : soit détourner le cours de la rivière malgré la charte Nature qui protège la Tamassee, soit attendre l’été que le débit soit moins fort pour intervenir en plongée. La douleur de la famille ajoute à la confusion. C’est un nouvel hymne à la nature que nous offre Ron Rash, une nature face à laquelle l’homme est tout petit. Magnifique !

  AU PAYS DES ROMANS ETRANGERSVALISE SUR LA PLAGEcelle qui fuit et cele qui reste

T3 « Celle qui fuit et celle qui reste » – ELENA FERRANTE (Gallimard) (traduit de l’italien par Elsa Damien) – Avant-dernier livre.  Dans cette troisième partie, on retrouve Elena et Lina dans l’Italie sombre des années 60-70, où la violence est partout présente. Elena continue de fuir Naples pour fréquenter le milieu intellectuel de Florence ; Lila à sa façon est une femme libérée assumant totalement sa vie d’ouvrière… Ce troisième tome est dans la digne lignée des deux précédents : passionnant, autour du destin de ces deux amies aux trajectoires divergentes. Vivement le dernier volet !

les mains entre les mots« Les Mots entre les mains » Guinevere Glasfurd- Editions Préludes- (traduit de l’anglais par Claire Deserrey) – La servante et le philosophe Un amour entre Descartes et sa servante. Guinevere Glasfurd fait revivre Amsterdam en 1630, sur fond de l’époque du « siècle d’or », ce passé où les femmes n’avaient pas d’autre fonction que faire le ménage si elles étaient issues de milieu modeste, ou n’être qu’épouse ou mère ! Elle restitue les personnages dans cette période, s’appuyant sur des faits réels, car c’est bien une histoire d’amour véritable, mais ô combien compliquée… Une époque complexe, peu favorable à l’émancipation des femmes.        Une belle histoire d’amour. Un très beau roman historique.

No home« No home » –  Yaa Gyasi – Editions Calmann-Lévy – 7 générations – 14 personnages – Du XVIIIème siècle à nos jours, naviguant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le roman d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Nées sur la côte du Ghana, au temps de la traite des esclaves. Effia et Esi, demi-sœurs ont deux destinées opposées. Effia épouse un colon britannique quand Esi est vendue comme esclave aux Etats-Unis. A travers huit générations, No Home nous emporte dans l’histoire, au cœur des traumatismes provoqués par l’esclavagisme, dans une formidable saga familiale. Un voyage dans le temps inoubliable.

LES FILLES DU LION« Les Filles au lion » – Jessie BurtonIrrésistiblement romanesque -Gallimard – Se rêvant écrivain, Odelle s’ennuie dans le magasin londonien qui l’emploie. La rencontre d’une galeriste lui proposant un poste de secrétaire va bouleverser son destin… Trente ans plus tôt, en Espagne, Olive ne vit que pour la peinture. Le récit des destins parallèles de nos deux jeunes héroïnes va mettre à jour des liens entre elles : amour, art et soif insatiable de vivre… Deuxième roman de Jessie Burton, après Miniaturiste, on change d’époque mais on conserve cette façon de raconter une histoire passionnante entre Dona Tartt et Tracy Chevalier.  

le-dimanche-des-meres« Le Dimanche des mères » – Graham Swift – Une douce journée – (Traduit de l’anglais par M. Odile Fortier-Masek)  Une fois par an, comme tous les domestiques Jane a une journée de liberté. La dernière journée d’insouciance pour un dernier rendez-vous amoureux. Devenue une vieille dame, elle repense à cette journée cruciale de 1924 qui lui a permis de s’accomplir. L’écriture à la beauté sensuelle, enivrante et nimbée de mystères distille le trouble et la clarté dans un saisissant jeu de miroir. Par petites touches, nous découvrons la vie de Jane et cette journée si particulière qui marque la fin d’une époque. 

004772372« Dans une coque de noix » Une histoire fœtale !  – Gallimard – Un véritable coup de cœur ! Une comédie grinçante à l’humour noir, terriblement british.. Un couple adultère avec un mari, une femme (Trudy) et l’amant qui n’est autre que le frère du mari.  La femme et l’amant décident de supprimer le mari pour hériter d’une maison.  On apprend  que madame (Trudy) est enceinte (du mari). Et c’est là que le fœtus mène son enquête ! Il suit les conversations que partagent les deux amants lors de confidences sur l’oreiller…  Ce fœtus pense, réfléchit sur le réchauffement climatique, sur les problèmes de société, sa maman écoute des podcats. Il  partage malgré lui, l’ivresse de sa mère qui déguste d’excellents crus ! Le fœtus connaît déjà les désastres dont il héritera ! Il utilise ses faibles moyens (bouge tant qu’il peut, donne des coups  au maximum) pour empêcher ces affreux criminels de passer à l’acte,  car il n’a pas envie de naître en prison. C’est très bien fait, intelligent, ça revisite simplement l’histoire d’Hamlet, vu par un autre grand britannique puisqu’il s’agissait de deux frères se poursuivant de leur vindicte.

AU PAYS DES ROMANS POLICIERSau pays du polarpour le meilleur et plur le pire

 » Pour le meilleur et pour le pire » – M.C. Beaton – Agatha Raisin – Albin Michel – Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier – Enquête – La plus attachante des apprenties détectives nous régale une nouvelle fois avec une aventure pleine de suspense, de rebondissements et d’humour. Alors qu’Agatha s’apprête à se marier à l’église avec James Lacey, son ancien mari présumé mort réapparaît. La surprise est totale. Et dès le lendemain la surprise est plus grande encore : cette fois-ci plus de doute, Jimmy l’ancien mari est véritablement mort ! Aussitôt Agatha est suspectée…  

MONTEPERDIDO 2« Monteperdido » Augustin Martinez – Enquête en haute-montagne. Actes noirs/Actes Sud Traduit de l’espagnol par Claude Bleton – Dans les hauteurs reculées des Pyrénées espagnoles, une fillette disparue depuis cinq ans, Ana réapparaît soudainement. Aussitôt, la police rouvre l’enquête, espérant élucider enfin cette affaire et sauver l’amie d’Ana, elle aussi enlevée et peut-être également rescapée. Mais les inspecteurs madrilènes dépêchés sur les lieux se heurtent très rapidement à la communauté villageoise, taiseuse, secrète et très hostile aux étrangers, tout policiers soient-ils. Un polar étouffant, à l’atmosphère montagnarde raréfiée en oxygène et à l’intrigue vertigineuse.

th « Ragdoll » – Daniel Cole – Traduit de l’anglais par Naalie Beunat – Effroyable poupée de chiffon – Un cadavre recomposé de parties de corps de six victimes différentes met la police sur la trace d’un terrible serial killer. Se jouant des enquêteurs, celui-ci publie dans le journal une liste de six nouvelles victimes… Daniel Cole place son intrigue dans une ville de Londres poisseuse et crépusculaire, au cœur d’une équipe de la police criminelle menée par William Fawkes. Dans cette ambiance très réussie, on suit son intrigue aussi étouffante que celle du film de David Fincher, Seven.

MALA VIDA« Mala vida » – Marc Fernandez –  Premier roman, belle découverte. Diego Martin est journaliste à la radio espagnole, animateur d’une émission politiquement classée à gauche. Il fait face à l’omerta organisée par l’AMP, parti d’extrême droite nouvellement arrivé au pouvoir. Parallèlement, le journaliste s’intéresse aux révélations d’une jeune avocate franco-espagnoles qui veut faire la lumière sur le scandale des « bébé-volés » enlevés aux familles opposantes à Franco pendant la dictature, et peut-être bien plus tard… Une enquête palpitante qui rappelle les heures sombres de l’histoire récente de l’Espagne.

LA DARONNE« La Daronne » Hannelore Cayre – Edit. Métaillié./noir – Humour noir garanti ! – Patience, veuve Portefeux, 50 ans, issue d’un père, pied noir tunisien et d’une mère juive autrichienne. Comme elle maîtrise l’arabe, elle est traductrice-interprète, un statut assez précaire, rémunérée au noir par le Ministère ! En travaillant à domicile, elle traduit des centaines d’heures d’écoutes téléphoniques entre petits dealers de banlieue. Sa préférence allant au trafic des stupéfiants plutôt que le milieu terroriste.  Elle travaille pour financer la maison de retraite de sa mère, atteinte d’un Alzheimer. Un matin, elle se réveille avec l’idée d’intervenir dans une affaire de shit. Elle communique ses informations. Elle n’avait guère songé à se retrouver avec plus d’une tonne de shit dans sa cave !….L’auteur a le sens de l’humour et de la répartie. L’histoire est captivante.

Cette mini-sélection de lectures pour vous aider à passer un bel été !            

Toute l’équipe de la Librairie Doucet  vous souhaite de douces et merveilleuses vacances !

LIVRE AU BORD DE MER

Profitez-en bien et à la rentrée ! Bonne Lecture  !

En complément, consultez les autres articles sur le blog

M. Christine


 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Le coeur sauvage – Robin Macarthur – – Terres d’Amérique -Albin Michel

Robin Mc arthurConnaissez-vous le Vermont ?  Offrez-vous une balade dans ce petit État rural et sylvestre du nord des États-Unis !

ROBIN MACARTHUR  est originaire du Vermont, aux USA. Elle y vit et a formé un groupe de musique folk avec son mari. Elle a écrit de nombreuses nouvelles publiées dans différentes revues littéraires.

Il s’agit donc aujourd’hui de son premier livre de nouvelles.

Le fil rouge, le point commun de ces 11 nouvelles, c’est le décor : le Nord-Est américain, dans les endroits reculés du Vermont.

Nous y rencontrons les personnages de ces contrées, qu’ils soient bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles…

Un autre point commun est qu’ils sont seuls au milieu de la solitude et qu’ils cherchent à donner un sens à leur vie. Tous aiment profondément cette nature, ce cœur sauvage fait de champs et de forêts à perte de vue.

Alcool souvent, drogue parfois, mais toujours ce besoin d’aimer et d’être aimé .

On retrouve quelquefois dans ces nouvelles l’évocation de certains personnages déjà rencontré dans d’autres. J’ai aimé ce jeune homme, revenu d’Irak, qui doit renouer avec sa vie d’avant, tout comme  « Les Tourtereaux «  (titre de la nouvelle ) où les deux membres du couple qui n’ont jamais de toute leur vie bougé de là, se comprennent en se regardant et en admirant la nature ..

Certains tentent de partir, de s’échapper, de vivre autre chose… mais ils sont déchirés et reviennent toujours.

C’est dur et très beau à la fois :  la neige, la rivière où l’on se baigne, Silver Creek et Whiskey Mountain qui reviennent sans cesse.

Malgré le côté sombre et parfois même brutal c’est aussi magnifiquement tendre et lumineux .

Robin Macarthur est une nouvelle écrivaine très prometteuse .

Marie-José/M. Christine

« Le cœur sauvage » – Terres d’Amérique – Editions Albin Michel – 224 pages – 19 €- Traduit de l’américain par France Camus- Pichon.

 

Juger la Reine – Emmanuel de Waresquiel – Editions Tallandier

Juger la reine14 – 15 – 16 OCTOBRE 1793 : Un procès éclair !

« JUGER LA REINE »

« La mort de la reine fut un crime pire que le régicide ». (Napoléon)

Bien sûr, on connaît tous la fin de cette triste Histoire ! Nous allons donc vivre trois jours et deux nuits au plus près de Marie-Antoinette, mère de famille, dauphine, puis reine de France, âgée de 38 ans.

Au cours de cet essai historique, nous serons plongés dans le monde inconnu de ceux qui ont jugé et condamné la reine, tout au long de ces trois jours.

C’est en travaillant sur des archives inédites, à partir de notes d’audience prises par un greffier anonyme du tribunal révolutionnaire notant au fur et à mesure les questions du président du tribunal, des jurés et les réponses de Marie-Antoinette, qu’Emmanuel de Waresquiel tente de nous aider, à mieux comprendre ce que fut le procès de la reine, mais aussi mieux comprendre la Révolution.

« Pourquoi est-ce que le procès de Marie-Antoinette, reine déchue, Marie-Antoinette de Lorraine Autriche est-il aussi important ? Pourquoi s’y est-il intéressé ? Pourquoi en a-t-il écrit ce récit ?. Parce ce que ce sont deux mondes qui s’affrontent, qui se parlent, qui s’entendent mais qui se haïssent : le monde de la Monarchie et le monde de la Révolution. »

Ce récit sobre que nous livre l’auteur qui a mené son enquête avec brio, s’est concentré sur les jurés, les juges, les gardes, sur les personnes qui participèrent à cette parodie de justice, notamment sous l’autorité de l’accusateur public, en la personne de l’infâme Fouquier-Tinville. Quant au public, il est surtout composé « de ces femmes qui avaient pris pour mission d’accompagner de leurs insultes les condamnés à l’échafaud » (Lamartine)

L’auteur décrit le cadre et retrace avec quelques rappels, ce que fut la vie de la reine. Nous sommes à la fois dans la cellule de la Conciergerie, dans la salle du tribunal, l’atmosphère est pesante, c’est étouffant !  A partir des minutes de ce procès éclair, l’auteur nous restitue le climat politique du moment, nous dévoile les questions humiliantes posées à l’accusée et ses réponses dignes. Nous suivons l’itinéraire de la charrette pour le dernier voyage (que l’auteur a parcouru lui-même à pied).

Rien n’échappe à l’historien, on perçoit qu’il a beaucoup de compassion pour cette reine de France.

En refermant ce livre, on peut tout à fait se demander comment tous ces gens ont pu traverser cette époque complètement folle. « On a beaucoup écrit que le procès de Marie-Antoinette était inutile, qu’il était odieux parce qu’inutile. Une fois de plus, Chateaubriand s’est fait le chantre de cette ignominie : « Le premier crime de la Révolution est la mort du roi, mais le crime le plus affreux est la mort de la reine. »(p.75)

Ce livre se lit avec beaucoup d’émotion. C’est un ouvrage passionnant, retraçant le procès de la Reine Marie-Antoinette, qui en fait, est un procès politique dans lequel Marie-Antoinette est condamnée d’avance, même si elle ne le sait pas. Beaucoup de références littéraires, de réflexions politiques aussi.

Un livre dont il faut recommander la lecture.

Marie-Christine

Juger la reine – Editions Tallandier – Prix : 22,50 €

Emmanuel de Waresquiel, Docteur en histoire et chercheur à l’Ecole pratique des hautes études, est l’auteur d’une œuvre imposante sur la Révolution, l’Empire et la Restauration. Ses biographies de Talleyrand (2003) « Texto », (2015) et de Fouché (Tallandier/Fayard) (2014) ont été couronnées à de nombreuses reprises et ont connu un succès retentissant.

Avant que les ombres ne s’effacent – Louis-Philippe Dalembert – Editions Sabine Wespieser –

Prix littéraire France Bleu-Page des libraires 2017

avant que les ombres ne s'effacentRavie que France Bleu, en même temps que Page des libraires, qui est une revue superbe, a décerné le Prix France Bleu 2017, à un Monsieur extraordinaire, haïtien, Louis-Philippe Dalembert.

Son texte était paru en janvier. Il vient de recevoir ce prix France Bleu, puis le prix Orange pour récompenser son travail, sur une histoire absolument folle qui se déroule des années 39 à nos jours, en Haïti et qui s’appelle « Avant que les ombres s’effacent » – Un joli titre !.

Ce qu’on découvre dans ce roman, c’est l’histoire incroyable d’Haïti. Dès 1939 le Consul d’Haïti avait décidé d’offrir à tous les juifs qui en faisaient la demande, des passeports pour qu’ils puissent venir se réfugier en Haïti. Même Haïti a été très loin, pendant la guerre parce qu’après l’attaque de Pearl Harbor, Haïti a déclaré la guerre à l’Allemagne. C’est ubuesque. On savait que ça ne pouvait pas aboutir, mais c’était un engagement. A ce moment-là, ils ont accueilli plus de mille juifs.

En fait, Louis-Philippe Dalembert nous raconte cette histoire avec une écriture à la fois joyeuse, parce qu’il part du principe que les choses les plus tristes, les plus pénibles, si on les raconte avec un mode joyeux, cela permet de véhiculer beaucoup d’idées.

Et, justement l’humour, on le trouve avec ces populations, avec l’arrivée de ces familles juives, on rit, on pleure, on fait beaucoup de bruit, et le monde de la débrouille, du rocambolesque en Haïti, parce que c’est un peu comme ça que tout le monde vivait.

On va suivre l’histoire de Ruben Schwarzberg, brillant médecin qui va partir d’Allemagne, où il faisait ses études, et se retrouver sur ce fameux bateau le « Saint-Louis »,  paquebot allemand arrivé à Cuba mais qui a été refusé, pour  repartir vers la France. Tous ont été arrêtés, internés à Auschwitz. Il s’est échappé et grâce à des amis haïtiens rencontrés, il a pu avoir ce fameux visa et arriver jusqu’en Haïti.

Il nous raconte cette aventure quatre générations après, parce qu’il est toujours là, au moment du grand séisme de 2010, où une arrière-petite nièce israélienne et une partie de la famille installée aux Etats-unis et en Israël, vont revenir aider après ce tremblement de terre.

Et on va avoir cette aventure absolument folle de ces familles juives installées.

C’est un fait historique.. C’est un roman merveilleux sur Haïti. C’est passionnant !

Louis-Philippe Dalembert écrit à la fois des poèmes, des essais et là, il est revenu au roman parce qu’il a estimé que c’était la forme la plus appropriée à cette grande histoire et à ce coup de chapeau qu’il voulait donner à son pays, parce qu’ils ont eu un rôle absolument incroyable pendant la guerre.

Louis-Philippe Dalembert nous fait le plaisir de venir à la librairie Doucet. Venez nombreux rencontrer cet homme au charisme incroyable, il nous parlera de son livre :   VENDREDI 6 JUILLET à 18 heures.

Et si vous le souhaitez, écoutez l’émission diffusée mardi 27 juin, en cliquant ici

Marie-Adélaïde/M. Christine

« Avant que les ombres s’effacent » – 320 pages – 21 €uros

K. O. DEBOUT – Mahault Mollaret – Editions Plon

KO DEBOUT MOLLARETUne histoire d’amitié puissante, de folie entre deux personnes borderline, « perturbées », »torturées » !

« L’enfance est un chagrin d’amour, certains ne s’en remettent jamais ». (1988-1997) « Lorsque son père l’emmène pour la première fois aux puces de Clignancourt, le narrateur est émerveillé par cet univers entre bruit et curiosités. C’est là qu’il écoute Jimi Hendrix, puis découvre les autres, Janis Joplin et Jim Morrisson. Alors il décide qu’il s’arrêtera de vivre, comme eux, à 27 ans. Bienvenue dans la tête d’un garçon prêt à tout pour contrôler sa vie. Bienvenue dans un voyage sans filtre, honnête et rock’n roll, à l’image de ces idoles sous amphèt ». 

« Je mourrai comme eux, à 27 ans et personne ne pourra rien contre ça » « Chaque dimanche que mon père a fait participait à augmenter la hauteur de ma collection verticale. Mes beaux petits vinyles empilés, bien au chaud, les uns contre les autres« […] chap. I – (p. 21-22)

-« De mon père, je garde la douceur des manteaux contre lesquels j’aurai sucé mon pouce toute une vie sans m’inquiéter d’être bon à quoi que ce soit d’autre. Est-ce que l’enfance s’arrête là » ? […]

« Quand il rencontre Ramon »-  Ramon lui est tombé dessus à 8 ans. « Ramon pourrait faire l’objet d’une étude chiadée sur l’abandon. Son enfance a connu plus de drames que la littérature russe. Une desenfance. Espagne. Né de père inconnu. Mère courage. Déménagement. Emménagement. Mère amoureuse. Déménagement. »Mariage. Beau-père. Semblant de bonheur. Disputes. Vaisselle qui casse. Œil au beurre noir. Mère terrorisée. Coups qui pleuvent. Boîte crânienne qui se brise. Mère refroidie.  […] Faut que j’aille en enfer, espérons simplement qu’il n’y soit pas. chap. II – (page 39-40)

« Quand Ramon s’apprête à sortir de l’hôpital psychiatrique » – Cette sortie doit être la bonne. Quinze jours pour faire un sans-faute. Un succès et Ramon sera enfin libre de commencer sa vie hors des murs, de crier sans craindre qu’on ne vienne mesurer la décence de ses cordes vocales, de ne pas crier parce que la vie sera douce ». C’est une question de point de vue mais, quand il s’agit de juger la folie, il faudrait se référer à quelqu’un de sacrément inhumain pour trancher. » […] C’est tellement plus facile de se quitter que de se rencontrer. » chap. IV – (page 91-92)

…des extraits de ce livre qui commence par un monologue, quelque peu difficile à résumer mais dont  l’écriture est minutieusement travaillée. Histoire d’un « gosse » mal aimé, paumé, qui ne va franchement pas très bien.  Il pense qu’il va mourir à 27 ans, comme sa bande d’amis rockers. Son père lui fait faux bond et disparaît précocement. Sa mère part faire de l’humanitaire en Inde…. »Mes parents auraient pu rester un problème s’ils ne l’avaient pas régler d’eux-mêmes, en disparaissant chacun à sa façon ».

Tentés(es) par cette aventure, vous ne serez pas K. O., mais vous n’en ressortirez pas indemnes. 

C’est déjanté. Percutant ! A la fois troublant et bouleversant.

Premier roman que l’on peut découvrir, pour l’écriture..! 

M. Christine

Mahault Mollaret est née à  Paris  en 1988 K.O. debout est son premier roman – Editions Plon – 186 pages – 17 €

Coup de coup de coeur 3 de Valérie Tong Cuong (auteur de « Par Amour ») qui parle d’une écriture à la fois poétique et viscérale, percutante et émouvante. Un auteur talentueux, une nouvelle voix à découvrir et/ou à suivre !

 

Isabelle Eberhardt – Un destin dans l’islam – Tiffany Tavernier – Editions Tallandier

isabelle eberhardt           Une vie de liberté. Une vie intense ! Une vie brève ! Une vie juste incroyable !

C’est la vie d’une femme fascinante, celle

d’Isabelle Eberhardt « un destin dans l’islam »

Mais, qui donc est Isabelle Eberhardt ?

Elle est née en Suisse, à Bône, en 1877, fille d’une aristocrate russe et d’un père inconnu.

Elle parle huit langues, dévore des livres et désire devenir écrivain.

A 20 ans, elle part en Algérie. Elle se fait passer pour un homme.

Vêtu(e) d’un burnous, coiffé(e) de son turban en poils de chameau, chaussé(e) de grandes bottes rouges, elle devient cavalier arabe,  chevauchant le désert et se faisant appeler « Si Mahmoud ».

Elle devient la première femme reporter de guerre, se rendant jusque dans l’extrême Sud algérien.

Première femme occidentale initiée soufie.

– Elle se marie à Marseille, en octobre 1901, avec Slimène Ehnni .

Elle meurt tragiquement en 1904, emportée lors d’une crue de l’oued Sefra* qui dévaste toutes les maisons et toute la ville.

C’est une grande amie de Lyautey. « Elle écrivait de belles pages qu’elle lui lisait, cigarettes aux lèvres, face au soleil. Et pour le général Lyautey il était hors de question de clore le chapitre Isabelle Eberhardt sans avoir remis la main sur les belles pages qu’elle écrivait. »

Ce ne sera qu’au bout de huit jours que l’on retrouvera sa dépouille dans la vase et le manuscrit tant recherché.

Et voici encore ce que disait Lyautey, d’Isabelle Eberhardt-Si Mahmoud :

« Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel régal ! Je l’aimais pour ce qu’elle était et pour ce qu’elle n’était pas. J’aimais ce prodigieux tempérament d’artiste, et aussi tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils ».

« C’est le témoignage d’une âme formidablement libre. Celui d’une jeune fille de la noblesse russe qui est allée jusqu’à embrasser l’islam et devenir un cavalier arabe dans l’extrême Sud algérien. » C’est un destin exceptionnel, une jeune femme qui a tout osé à une époque où les femmes n’osaient pas, que l’auteur fait revivre, vibrante et exaltée.« 
 
Vivez ces moments intenses aux côtés d’Isabelle Eberhardt, vous vous régalerez ! Un livre très enrichissant !
Et si vous lisez ce livre, sur les conseils de Tiffany Tavernier, lisez celui d’Olivier Weber « Je suis de nulle part » sur les traces d’Ella Maillart dont nous parlerons prochainement.
Marie-Christine 
L’oued Sefra* (rivière jaune safran (nom dû à la couleur jaune de ses eaux)

Isabelle Eberhardt   – Editions Tavernier – 340 pages – Prix 20,90 €uros.  Tiffany Tavernier est romancière et scénariste. La découverte d’Isabelle Eberhardt fut pour elle une révélation. Son premier roman, « Dans la nuit aussi le ciel » (2000), retrace son expérience dans les mouroirs de Calcutta, à dix-huit ans. Par ailleurs, elle a écrit : « A table » (Seuil) – « La menace des miroirs » (Le cherche-Midi) – « A bras le corps » (Flammarion) –  « Holy Lola » (Grasset)