La mère morte – Blandine de Caunes – Éditions Stock

la mère morte 2Un témoignage bouleversant 

Un récit pour écrire le dernier chapitre de la vie de sa mère. Sa mère, c’est Benoîte Groult, journaliste et célèbre écrivaine, grande figure du féminisme français, qui a écrit de nombreux romans, essais et quelques autobiographies…, sa vie en détail.

Elle n’a hélas pu écrire le dernier livre de sa vie puisque la maladie d’Alzheimer lui est tombée dessus. Donc, c’est sa fille Blandine de Caunes qui a décidé d’écrire ce dernier chapitre. Ce livre, elle l’a commencé dix-huit mois avant la mort de celle-ci,  âgée alors de 96 ans.  Puis un jour, malheureusement un drame en cette année 2016 est arrivé, un événement imprévu, bien évidemment : l’auteure,  a dû faire face à la disparition de sa fille Violette, lors d’un accident de voiture. Une disparition qui n’est guère dans l’ordre des choses, car Violette âgée de 36 ans, sera inhumée deux mois avant sa grand-mère. Malade depuis de longs mois,  Benoîte Groult  ne connaîtra hélas, pas le décès de sa petite-fille, du moins de la bouche de Blandine.

Malgré ce terrible drame, l’absence insurmontable de Violette, ces deuils successifs,  mais grâce au soutien de sa famille puis l’aide de voisins et amis, Blandine de Caunes réussira à  publier ce livre, dix-huit mois après.

Pour ceux et celles qui n’ont pas oublié Benoîte Groult, cette femme qui a tant parlé du combat des femmes, voici ce livre bouleversant mais nécessaire car chez les Groult on écrit tout ! On aime se confier.  De mère en fille, on écrit « son journal intime », c’est une tradition ! Blandine de Caunes nous livre ce magnifique témoignage, sans être pathétique, mais avec tellement d’amour, de tendresse, d’amitié, de partage  et plein d’émotions. A lire aussi parce qu’elle nous parle du deuil mais de la vie aussi. A lire pour de nombreuses raisons que vous découvrirez !

Benoîte Groult  née en 1920, militante féministe française, est décédée le 20 juin 2016 à Hyères dans sa maison familiale. Membre du Comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), elle avait écrit « La Touche Etoile » en 2006. Elle collabore dans divers magazines : ELLE, Parents,  Marie-Claire etc.., auteure de plusieurs best-sellers : « La Part des choses » (1972), « Ainsi soit-elle » (1975), « Les Trois-Quarts du temps » (1983), « Les Vaisseaux du cœur » (1988), « Mon évasion » (2008).

Librairie Doucet/MC

« La mère morte » – 294 pages – prix : 20€ – paru en janvier 2020

Blandine de Caunes a travaillé dans l’édition. Elle est l’auteure de « L’Involontaire » (1976, Stock- réédition Phébus 2015) Elle a établi et préfacé le « Journal d’Irlande », carnets de pêches et d’amour de sa mère, Benoîte Groult (Grasset 2018)

Le Sans Maître – Virginie Caillé-Bastide – Éditions Héloïse d’Ormesson

le sans maitreAprès la mer, accompagnez Côme de Plancoët : un beau voyage au pays breton et tous ses mystères  !…

Grâce à Virginie Caillé-Bastide qui avait publié en 2017 « Le Sans Dieu » (1709-1715) une histoire, dans les mers des Caraïbes, histoires de pirates, de flibustiers et de tempêtes… Elle nous emmène cette fois-ci, avec « Le Sans Maître » toujours au XVIIIè siècle où tout se déroule en terre bretonne ! Et, si vous avez lu « Le Sans Dieu », son premier roman, vous serez familiarisés avec quelques prénoms de ce nouveau roman, sans rapport avec les personnages du premier, juste un lien de parenté, de vagues cousins lointains.. Ces deux livres pouvant se lire indépendamment. 

Donc, partons en Haute- Bretagne !

Nous sommes au tout début du XVIIIè siècle (1720) en compagnie de Côme de Plancoët, un jeune seigneur aimé de ses sujets. Deux événements importants vont se dérouler sur ses terres, un meurtre  et sa rencontre avec Anne. Il n’est pas marié, n’a pas d’enfant. Il vit tranquillement, est heureux dans sa seigneurie. Tout va très bien sauf que, suite à un complot, il a un ennemi sournois, très puissant, tapi dans l’ombre… Il se consacre à ses deux passions : il adore monter à cheval et la lecture. Il passe beaucoup de temps dans sa faramineuse bibliothèque, la plus belle pièce du château tapissée du sol au plafond de livres magnifiques, de grimoires, d’ouvrages anciens collectés par son défunt père. N’ayant ni frère, ni sœur, il dit : « que les livres ont été sa véritable famille (sa mère est morte lors de sa naissance). Il entretient des échanges épistolaires avec des érudits européens, en Florentin, en Anglais, en Suisse mais son courrier va être surveillé…..Il fera la connaissance de Cathbad, ce puissant druide, parce qu’il va être obligé de se réfugier dans la forêt. Vous ferez la connaissance de Thérèse, la cuisinière qui est une vraie mère pour Côme, très attachée à son seigneur !

En dehors de l’Histoire, Virginie Caillé-Bastide nous amène à réfléchir, avec des liens parfois en résonance avec le monde d’aujourd’hui, des questions qu’on se pose sur la tolérance, le pouvoir, la religion, la croyance en Dieu ou pas…., de liberté, de contraintes.

Virginie Caillé-Bastide nous fait vivre pleinement cette époque. L’auteure a une très belle plume. Elle utilise le français de l’époque. Il est fort agréable de se plonger dans cette période, de vivre les coutumes d’alors ! C’est très romanesque et très dépaysant.

Si vous souhaitez remonter le temps, et le début du 18 e siècle, si vous aimez la Bretagne et sa culture celtique, si vous souhaitez vous évader et vous aventurer au fin fond de ses forêts légendaires, ce livre est fait pour vous ! Un mélange de croyances et de sorcellerie… de trahisons et de rebondissements. On ne s’ennuie pas un instant ! Un livre  cinématographique.

UN EXCELLENT ROMAN D’AVENTURES.

UN TRÈS BON MOMENT DE LECTURE ET D’ÉVASION !

Le Sans Maître – 255 pages – prix 19 € –  (publié en mars 2020)

Librairie Doucet/MChristine

le sans dieu

Virginie Caillé-Bastide est née en 1962 à Lorient,  « Le Sans Dieu »  son premier roman, puise dans ses origines bretonnes et sa passion pour l’histoire. « Le Sans Dieu » a paru en août 2017 aux Éditions Héloïse d’Ormesson – 331 pages – prix 20 €

Il est à toi ce beau pays – Jennifer Richard – Éditions Pocket version poche/ Albin Michel version grand format

il est à toi ce beau pays

IL EST À TOI CE BEAU PAYS

Écoutez Marie-Adélaïde Dumont  en compagnie de Fabien Obric, sur France Bleu Maine, en cliquant ici ! 

Fabien Obric : Une véritable fresque tragique et monumentale de la colonisation de l’Afrique ! Un livre de 848 pages dont le titre « IL EST À TOI CE BEAU PAYS » de Jennifer Richard est disponible en poche et c’est Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet du Mans,  qui vient nous en parler.

Avant même d’ouvrir le livre, on est happés par la photo qui l’illustre, un très beau portrait de femme noire.

M-Adélaïde : Exactement ! D’abord une magnifique couverture comme vous pouvez le voir et qui attire l’œil ! Puis ça fait partie de ces textes que je n’ai pas vu passer, par manque de temps,  quand il était en grand format et que j’ai découvert en format poche. Ce fut un vrai bonheur, un vrai plaisir de lecture !

Un texte, à la fois historique, un roman d’aventures, un roman humain et un roman sur les dérives du colonialisme.

– Fabien O. : Le colonialisme qu’on découvre au travers des chefs d’Etat, d’entrepreneurs qui cherchent exclusivement le profit, d’explorateurs intrépides, de missionnaires idéalistes. Tout cela, Marie-Adélaïde, dans différents endroits du monde ?

M-Adélaïde : Je vous emmène entre trois continents, les États-Unis, l’Europe, l’Afrique. Nous allons partir sur les traces de Livingstone !.

M-Adélaïde : Est-ce que vous n’avez pas rêvé, Fabien, quand vous étiez plus jeune, de partir, suivre les aventures de cet explorateur ? Fabien O. : Au bout du monde,  c’est formidable ça !..

M-Adélaïde : On joue avec notre habitude du XXI e siècle de perdre tout contact avec son pays d’origine. Livingstone va d’ailleurs se perdre. On va suivre les aventures de Joseph Conrad. Ce sont des hommes qui nous ont tracé les routes. Des hommes qui nous ont permis d’établir des cartes mais évidemment, au-delà de leur travail, au-delà de leur côté aventuriers, il y avait des pays, il y avait des dirigeants qui se sont dits que c’était un moyen de gagner de l’argent, beaucoup d’argent…, sans faire attention aux populations, en appliquant des méthodes redoutables, en ayant beaucoup de violence, en ayant des attitudes épouvantables et là, je fais appel à l’Histoire –un peu moins glorieuse de la France– et surtout de la Belgique sous Léopold II, Roi des Belges qu’on finira par appeler « Le Roi sanglant » parce qu’ils vont tous vouloir se tailler une part de ce Congo, au mépris des peuples qui existaient, au mépris du droit, se disant que c’était un moyen facile d’avoir de l’argent.

M. Adélaïde de Librairie Doucet/MC

Jennifer Richard d’origine guadeloupéenne et normande, l’écrivaine franco-américaine est l’auteur de trois romans : « Bleu poussière », « Requiem pour une étoile », « L’Illustre Inconnu », publiés aux éditions Robert Laffont. Elle est documentaliste pour la télévision. En 2006, elle est lauréate de la deuxième édition de la Résidence du premier roman pour « Bleu poussière ». Après « Il est à toi ce beau pays » publié chez Albin Michel et figurant dans la première sélection du prix Renaudot en 2018. « Le diable parle toutes les langues » en 2020 (Albin Michel)

« IL EST À TOI CE BEAU PAYS »848 pages – prix : 9.50€ -aux Éditions Pocket – (format poche)  paru le 28/05/20  – ou aux Éditions Albin Michel paru en février 2018 (en grand format) – 756 pages – prix : 25 €

Avant que j’oublie – Anne Pauly – Editions Verdier – Prix du livre Inter 2020

                                                   AVANT QUE J’OUBLIE

Le convoité prix du Livre Inter a été attribué à la romancière Anne Pauly le 8 juin, pour le livre : « Avant que j’oublie », qui raconte son père : « Qu’est-ce qu’on sait d’un parent, quand on est un enfant ? C’était aussi mener l’enquête »(Verdier). Un premier roman, récit tragicomique plein de tendresse et d’empathie racontant la maladie et la mort de son père.

avant que j'oublie

« Choisi par 17 voix,  le jury du prix du Livre Inter, présidé cette année par Philipe Lançon,  récompense donc le roman « Avant que j’oublie »d’Anne Pauly ;   il a figuré aussi sur les listes prestigieuses du Goncourt, du Femina, du Médicis et du Wepler. Également finaliste du Goncourt du premier roman, il fait partie des 10 conseils de lecture pour l’été établis par l’académie Goncourt.

« Les débats ont été fermes mais pas âpres car il y avait de la bonne humeur dans la passion » explique le président du jury, Philippe Lançon.  »

Écoutez le grand entretien d‘Anne Pauly sur France Inter en cliquant ici !

Librairie Doucet/MC

« Avant que j’oublie » – 144 pages – prix : 14 € – Les Éditions Verdier sont une maison d’édition fondée en 1979 à Lagrasse, dans l’Aude.

ZADIG N°6 – Besoin d’Outre-Mer – Eric Fottorino

ZADIG N6Pour faire oublier le confinement de ce Printemps 2020 dans tout l’Hexagone, voici  le numéro 6 de ZADIG « Toutes les France qui racontent la France ». Il vous propose cette envie, ce besoin d’évasion vers les îles, (ou simplement, pour faire passer un peu de temps aux Martiniquais et aux Guyanais, probablement en cours de re-confinement), vous trouverez  dans le dossier central : « BESOIN D’OUTRE MER » : « De la Martinique aux îles de Polynésie, en passant par la Guyane et La Réunion, nos journalistes et écrivains ont tendu leurs filets pour nous ramener des histoires édifiantes ou éclairantes. On n’a jamais eu autant besoin de savoir et de comprendre ce que vivent les populations de ces territoires. Points avancés de la mondialisation, ce sont tout à la fois des lieux d’échanges entre langues et cultures, mais aussi des laboratoires de la biodiversité. Et, par-dessus tout, des lieux d’inspiration pour s’inventer ensemble un nouveau monde. »

Dans ce numéro 6 et ses 196 pages, nous entretiendrons une CONVERSATION avec Boris CYRULNICK, Estelle-Sarah Bulle, Leïla Slimani, Mathieu Sapin, Valentine Goby, Mazarine Pingeot et tant d’autres…

Couleurs de saison « L’été est multicolore » – par Michel Pastoureau

  • L’éclairage de Audrey Célestine,
  • La vision d’un historien « La conquête des terres nouvelles »
  • De l’Outre-Mer aux outre-mer (infographie)
  • La France à la carte « Lucarnes sur le monde » par Hervé Le Bras
  • La vision d’un écrivain « Tout moun kréyol »
  • Carnet de voyage « Lignes de vie » par Ingrid Astier
  • L’Océanie, l’armée et le rugby par Jean-Louis Le Touzet
  • Naissance d’une chanson « KASSAV » Tim tim bwa sèk
  • Le pourvoir des plantes et de l’océan -enquête de Christine Chaumeau

Un reportage « Dans la peau d’un routier » par Arthur Frayer-Laleix

La France et son armée relu par Jean-Noël Jeanneney – La nouvelle inédite de Marie Nimier – Ça s’est passé près de chez vous par Régis Jauffret – La pension comme solution, chronique de Marie Desplechin – Nos petites sirènes par Céline Villegas

  • Pourquoi j’ai choisi la France « Les Français discutent tout le temps » par Akira Mizubayashi

LIBRAIRIE DOUCET/MC

ZADIG  – REVUE MENSUELLE – 196 pages – prix : 19 €  – A retrouver dans toute bonne librairie ou en kiosque !

 

 

L’ AMERICA – Michel Moutot – Éditions du Seuil-

l'america michel mouotL’été approche  ! Avec France Bleu Maine, nous allons vous aider à faire votre choix.

Suivez un couple d’émigrants de la Sicile à l’ Amérique, jusqu’à l’aube du XXè siècle. Ce roman fort bien documenté est le coup de cœur de Nathalie de la librairie Doucet au Mans.

L’ AMERICA

« Devant nous, il y a des milliers de vies qu’on pourrait vivre, mais quand le moment sera venu il n’y en aura plus qu’une. » John Steinbeck. Les raisins de la colère. »

                                       *******

« Quitte cette île cette nuit, pars le plus loin possible. Va en America. Ne reviens jamais, où nous sommes tous morts. »

F. Obric : C’est l’une des phrases clés de ce gros roman d’aventures. ?

Nathalie  : Alors, c’est un roman saga. Ça commence au début du siècle dernier, en Sicile. Vittorio est un petit pêcheur, sans le sou, qui fait vivre sa famille parce que son père est décédé, puis Vittorio va tomber amoureux d’Ana, la fille unique du chef de clan de la Mafia sicilienne locale. Bien sûr, quand le père d’Ana apprend cette amourette de jeunesse, il lance une vendetta contre Vittorio qui va devoir fuir la Sicile puis l’Italie puisque la Mafia a des ramifications un peu partout. Et, pour sauver sa peau, il va émigrer aux États-Unis où il va s’installer.

F. Obric : Cela  nous donne Nathalie un roman qui mêle la petite histoire et la grande ?

 Nathalie : A travers l’histoire de Vittorio et d’Ana, c’est aussi toute l’histoire de la migration italienne, au début du siècle dernier. Comment, en fonction des régions d’Italie dont ils venaient, en fonction des métiers qu’ils faisaient, ils se sont implantés aux États-Unis. Et puis c’est aussi  l’histoire de la Mafia qui a suivi cette immigration et qui s’est implantée petit à petit, de façon importante aux États-Unis.

F. O. :  Et, on se laisse embarquer par cette histoire ?

C’est un super roman d’aventures. Non seulement c’est typiquement la lecture d’été, le gros pavé (425 pages) que vous emportez dans vos bagages. C’est une excellente saga familiale parce qu’on va suivre le destin de ces deux jeunes gens, tout au long de leur vie, qui ne cesseront jamais de s’aimer. Il y a en même temps un peu d’Histoire.

C’est un roman qui vous emporte dès les premières pages, un roman que vous avez plaisir à lire pendant plusieurs jours et que vous quittez à regrets.

– F. O. : On aimerait que certaines histoires ne s’arrêtent jamais !

Nathalie de la Librairie Doucet/MC

Michel Moutot est reporter à l’Agence France-Presse, spécialiste des questions de terrorisme international. Lauréat du prix Albert-Londres en 1999, correspondant à New York en 2001. Il a reçu le prix Louis-Hachette pour sa couverture des attentats du 11 septembre. L’ America est son troisième roman, après « Ciel d’acier » récompensé par le prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points en 2016, et « Séquoias », prix Relay des Voyageurs en 2018.

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obricen cliquant 

L’ America – 425 pages – Prix : 21 € (parution mars 2020)

Café Vivre. Chroniques en passant- Chantal Thomas – Éditions Seuil Fiction & Cie –

Café vivre« Café Vivre ». « Chroniques en passant » une belle aventure à vivre aux côtés de Chantal Thomas ! 

Entre 2014 et 2018, la romancière et essayiste, Chantal Thomas, a écrit durant quatre années, hors périodes estivales, une chronique par mois, qu’elle a fait paraître dans le quotidien Sud-Ouest. Aujourd’hui, elle nous offre  ce « Café Vivre » avec comme sous-titre « Chroniques en passant« , à lire comme un journal de voyage ! C’est à Kyoto que l’écrivaine voyageuse a vu cette enseigne parmi des panneaux indéchiffrables… Elle nous emmène du côté de Bordeaux et plus loin,  on l’y retrouve, dans sa maison de famille, dans ce bassin d’Arcachon et son air iodé qu’elle respirait, lors de son enfance, un lieu vers lequel elle revient souvent, en ayant hérité, dit-elle, « l’essentiel » : « son esprit de vacances ».

Dans « Café Vivre », elle y parle des cafés du monde entier, de musique, d’expositions,  de la peinture du japonais Hokusai « le fou de la peinture » côtoyant celles de David Hockney, l’artiste américain, de ses chers Sade et Casanova, de Pierre Loti, de Roland Barthes pour qui son quotidien parisien ne dépassait guère le quartier du Luxembourg, Saint-Sulpice et Saint-Germain des Prés.

Quelques passages truculents sur le bain des femmes qui, au XVIIIè siècle, en sont exclues, car « Femme qui nage serait bien capable de prendre le large ». Elle nous fait rencontrer Bernardin de St Pierre (Paul et Virginie dont l’héroïne se noie, refusant par pudeur de se déshabiller). Seules, celles qui sont diagnostiquées épileptiques ou enragées ont droit à la baignade… Elle nous entraîne auprès de Richelieu (pas le Cardinal, mais son petit-neveu le Maréchal, l’ami de Voltaire)  à qui on impose le mariage avec Catherine de Noailles. Préférant les dessous des autres femmes et n’assurant pas son devoir conjugal, son père le fait embastiller !… Sur les pas de Voltaire, à la suite de Diderot lors de son voyage en Russie (1773) à Saint Pétersbourg, auprès de l’Impératrice Catherine II, sa protectrice…

De Kyoto à New-York en passant par Paris….., Chantal Thomas nous entraîne jusqu’aux chutes d’Iguazú (qui signifie « grandes eaux ») et ses 275 cascades, à la frontière du Brésil et de l’ Argentine, lui évoquant les « grandes eaux » de Versailles et nous voilà partis sur les lieux…, puis à Paris, aux côtés d’Ernest Hemingway et son livre « Paris est une fête »… « Café Vivre. Chroniques en passant » est aussi un clin d’œil, un  hommage à Nicolas Bouvier, à sa manière de contempler, de capturer les moments forts.

En remontant le temps, en compagnie de Chantal Thomas, on ne s’ennuie pas ! C’est un joli voyage que nous parcourons ! Elle a le sens du détail. On apprend mille choses. Elle a un talent d’observatrice, de conteuse. Érudite, elle a aussi beaucoup d’humour. Chantal Thomas nous invite en terrasse, dans ce Café Vivre pour partager ce bonheur de Vivre, ce bonheur de liberté, ce bonheur de rêvasser, de méditer. Tout en mesurant la fuite du temps qui passe, c’est aussi un bon moment de réflexion qu’elle nous propose. C’est sans regret, sans nostalgie qu’elle nous fait vivre ces moments passés. Et on se dit : qu’elle chance elle a eue, Chantal Thomas, de vivre tout cela !…

Librairie Doucet/Marie-Christine

Chantal Thomas, romancière et essayiste a été révélée au grand public en 2002 avec « Les Adieux à la Reine » (pris Femina) dont l’adaptation au cinéma a été récompensée par le prix Louis-Delluc. « Souvenirs de la marée basse » (2017) a eu également son succès. Son dernier livre paru au Seuil « East Village Blues » a été publié en 2019. L’ensemble de son oeuvre romanesque a été traduite dans de nombreux pays. En 2014, Chantal Thomas a reçu le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son oeuvre ainsi que le prix Roger Caillois en littérature française.

« Café Vivre. Chroniques en passant »– 208 pages – Prix : 17 € (paru le 28 mai 2020) – numérique : 12 €

Oublier Klara – Isabelle Autissier – Éditions Stock

oublier klaraOublier Klara. Ça se passe en Sibérie, sous l’ère stalinienne, dans la ville de Mourmansk. Une ville de Russie, complètement déglinguée, c’est assez terrible, mais les gens y vivent. Un port situé sur la rive de la baie de Kola, dans la mer de Barents, au Nord du cercle polaire.

C’est la vie de trois personnages, la grand-mère Klara, le fils Rubin et Iouri, le petit-fils dont la vie va s’entremêler entre la petite histoire et la grande Histoire. Dans un premier temps, le roman se passe en mer car le père est capitaine de pêche à l’époque soviétique et à l’époque russe.

Le personnage principal est une femme. Elle est chercheuse, scientifique, dans les années cinquante. Elle va être arrêtée et partir au goulag !  (mais n’en dévoilons pas plus !).  Une disparition, comme la plupart des gens de cette époque là. Tout cela va inévitablement marquer la vie de son fils qui est encore tout jeune enfant lorsqu’elle s’évapore.  Il va se retrouver être le fils d’une traître à la patrie et la vie va être difficile pour lui. L’enfance a fait de lui un homme mutique, un homme rude avec lui-même, avec son fils.  Mais, il sera sauvé par son métier de marin pêcheur et puis le petit-fils, Iouri qui arrive au basculement entre l’URSS et la Russie, au moment de la chute du mur qui, lui au contraire, va avoir des aspirations à la liberté personnelle et s’enfuit aux États-Unis. Mais, à l’appel de son père malade, qui lui demande de revenir, Iouri, devenu adulte, répond présent.  Il va s’interroger sur cette fameuse grand-mère disparue et là, commence une véritable enquête. Que veut transmettre  Rubin à son fils Iouri alors que celui-ci n’a pas connu sa grand-mère. Un secret de famille ? Car celui-ci en est un !  En tout cas ces trois personnages seront marqués par la nature. Iouri, le petit-fils est proche des oiseaux. Rubin, le père ce sera le poisson. Et Klara, la grand-mère, ce sera les rennes.

C’est une belle aventure humaine que nous fait vivre Isabelle Autissier grâce à sa belle plume et ce roman magnifique avec pour toile de fond, une nature très sauvage qu’elle connaît parfaitement bien. C’est aussi une plongée au cœur des ténèbres du régime soviétique, au moment de l’effondrement de l’URSS. Une intrigue palpitante et très poignante. 

Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli le tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l’auteur de romans, de contes et d’essais. Son précédent roman « Soudain seuls » d‘Isabelle Autissier a été un véritable succès, est en cours d’adaptation cinématographique. Elle préside la fondation WWF France.

Oublier Klaraprix : 20 € – 321 pages (parution avril 2019)

La chaine – Adrian McKinty – Éditions Mazarine Thriller –

La chaine est un polar machiavélique. 

la chaîneLe téléphone sonne. Un inconnu a kidnappé votre enfant. Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre. Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant. Si un chaînon manque : votre enfant sera tué. »

Nous allons ouvrir un polar sur un thème utilisé des milliers de fois en littérature comme au cinéma, le rapt d’enfants et pourtant le roman d’Adrian McKinty est diablement original. Son titre « La chaine », c’est le coup de cœur de Marie-Adélaïde de la librairie Doucet au Mans.

La chaine est un polar machiavélique. Imaginez un roman policier différent de tout ce que vous avez lu depuis le début, puisque tour à tour, vous allez être la VICTIME, le BOURREAU, c’est vous qui allez devoir gérer l’I-NI-MA-GI-NABLE ! Exactement, une histoire inimaginable même si l’auteur en a eu l’idée dans le monde bien réel, au Mexique où des gangs prospèrent sur les enlèvements contre rançons.

Marie-Adélaide, ce thriller a une femme pour personnage principal ? : – Rachel, elle est séparée de son mari. Elle vit modestement. Elle vient d’être très malade dans une station balnéaire de la Côte des États-Unis. Elle a une jeune adolescente qu’elle aime beaucoup. Tout se passe très bien avec Kilye. Sauf qu’un jour Kilye se fait kidnapper à l’arrêt du bus et là, tout s’enchaîne. Un coup de fil qui vous annonce que votre fille a été kidnappée, que bien évidemment vous devez payer une rançon, pas astronomique, une rançon ! Mais, surtout pour récupérer votre fille, vous devez kidnapper l’enfant d’une autre famille ! Et cette chaîne, cette chaîne diabolique met en évidence la complexité des sentiments, des rapports humains. Jusqu’où est-on prêts à aller pour sauver sa propre fille, pour sauver ses propres enfants ?

F. Obric : Et on sait qu’Hollywood est déjà sur le coup ! Les studios « Paramount » ont acquis les droits d’adaptation de ce livre au cinéma contre un très très gros chèque, tant l’histoire est addictive ! 

C’est très bien construit, c’est haletant. On va voir comment une femme, à priori ordinaire, va se révéler une femme extraordinaire, parce que par amour, on va voir ses forces se décupler.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obric, cliquant ici !

« L’auteur Adrian McKinty, critique littéraire et auteur récompensé deux fois par le prix Edgar-Allan-Poe, est l’une des étoiles montantes du polar. Il s’est vu décerner deux fois le prix Ned Kelly et il a également reçu le prix Barry, le prix Audie et le prix Anthony. Les romans de sa série « Sean Duffy » ont été nommés Meilleur polar de l’année par le Times, le Daily Mail, le Boston Globe et le Irish Times. Adrian McKinty est né et a grandi à Belfast en Irlande du Nord. Après avoir étudié la philosophie à l’université d’Oxfort, il est parti aux États-Unis pour enseigner l’anglais en lycée. Il vit actuellement à New York. »

« La chaîne »  prix : 20 € – 400 pages (parution mars 2020) Traduit de l’anglais par Pierre Reignier. « C’est rien de moins que Les Dents de la mer pour les parents.» Don Winslow

Marie-Adélaïde/MC

 

L » » » » »La »L

Chanson bretonne – suivi de L’enfant et la guerre – deux contes – Jean-Marie Gustave Le Clézio – Éditions Gallimard

chanson bretonne 2

Sur les pas de son enfance bretonne, de ses racines, la Bretagne de ses ancêtres.

« Pour rien au monde nous n’aurions manqué cette fête de l’été. Parfois les orages d’août y mettaient fin vers le soir. Les champs alentour avaient été fauchés et la chaleur de la paille  nous enivrait, nous transportait. Nous courions avec les gosses dans les chaumes piquants, pour faire lever des nuages de moustiques. Les 2 CV des bonnes sœurs roulaient à travers champs. Les groupes d’hommes se réunissaient pour regarder les concours de lutte bretonne, ou les jeux de palets. Il y avait de la musique de fanfare sans haut-parleurs, que perçaient les sons aigres des binious et des bombardes. »

A travers ces deux récits autobiographiques,  deux contes : « Chanson bretonne » suivi de « L’enfant et la Guerre » J-M.G. Le Clézio nous emmène en voyage, tout d’abord en Bretagne, au petit port de Sainte-Marine, dans le Finistère, pays de sa jeunesse, celui de ses vacances où il fit de nombreux séjours, entre 1948 et 1954. Pays qui lui a apporté tant d’émotions et souvenirs. L’amour de la vie de cette Bretagne, si paisible et si belle lui offrant de belles aventures. Il évoque la langue bretonne, un drame, une tragédie quand l’éducation nationale incitait les élèves à ne plus parler breton à l’école, sans quoi les maîtres les punissaient, ne plus utiliser cette langue, même à la maison alors que pour lui, cette langue était une véritable musique.

Ensuite,  nous allons du côté de Nice, sa ville natale, les années de la guerre, dans la vallée de la Vésubie et Roquebillière, l’arrière-pays, où il arrive en 1943, pays de sa tendre enfance (il n’a alors que trois ans) où il dépeint des souvenirs racontés par les adultes de cette époque-là. En période de guerre, il rapporte la souffrance, les déplacements, le froid dans la cave où il fallait se cacher, la faim, la peur au quotidien… Un enfant de la guerre élevé que par des femmes, loin de son père médecin militaire en poste en Afrique dont il fera la connaissance à l’âge de 7 ans, au Nigéria. Sur le bateau qui l’emmènera vers son père, J-M. G. Le Clézio rédige ses premiers écrits tout au long de son premier et long voyage.

Quelques dates :  1963 : Il n’a que 23 ans, entrée en littérature avec son premier roman « Procès Verbal » dont il rate d’une voix le prix Goncourt, mais décroche le prix Renaudot.

1970 : J-M. G. Le Clézio part vivre avec une communauté indigène Embéra, pendant quatre ans, au Panama. Il s’imprègne de cette culture et découvre le chamanisme. Il écrira à cette occasion : « Cette expérience a changé toute ma vie, mes idées sur le monde et l’art, ma façon d’être avec les autres, de marcher, de manger, d’aimer, de dormir et jusqu’à mes rêves. »

1980 : Il publie « Désert », immense récit poétique et romanesque sur le destin de populations oubliées et méprisées.

2008 : A Stockholm, J-M. G. Le Clézio  reçoit par l’Académie suédoise, le Prix Nobel de littérature pour son oeuvre, riche d’une cinquantaine d’ouvrages, de contes, d’essais, de nouvelles et de grands romans, traduite en trente-six langues, saluée par le prix Nobel comme l’oeuvre d’un écrivain écologique engagé : « agir, plutôt que témoigner »

2004 : L’Africain – 2008 : Ritournelle de la faim.… et tant d’autres

Librairie Doucet/MC

« Chanson Bretonne » suivi de « L’enfant et la guerre » – 154 pages – prix : 16.50 € (parution mai 2020)