Cartel – Don Winslow – Editions du Seuil –

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La suite de La Griffe du chien

lire_revue_logo « Depuis de nombreuses années (1975),  le magazine « LIRE » décerne « ses 20 meilleurs » livres de l’année.  C’est au Grand Palais, que le 1er décembre, il a attribué ses palmes annuelles et selon le magazine « LIRE », celle du meilleur livre revient à Elena FERRANTE pour « LE NOUVEAU MONDE » qui a été désigné comme meilleur livre de l’année ……

Voici le 17ème choix sur les 20 meilleurs titres de la liste !   A la manière d’un calendrier de l’Avent, au cours de ces derniers jours de l’année 2016, vous aurez l’occasion de les découvrir sur ce blog.

Présentation : « Nous sommes en 2004. Adán Barrera, incarnation romanesque mais à peine romancée d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, s’est replié dans un monastère où il s’occupe des abeilles. Il a tout perdu – sa famille, son partenaire, sa vie – au cours de sa lutte impitoyable de trente ans contre le baron de la drogue, et n’est plus habité que par un sentiment : la vengeance. Puis Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix : deux millions de dollars. Les Mexicains sont bien obligés d’accepter l’aide de l’Américain : lui seul connaît intimement le fugitif. La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée, et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde. Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence et une cruauté insoutenables, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.

Fils d’un marin et d’une bibliothécaire, Don Winslow, né en 1953, a grandi dans une petite ville de l’état de Rhode Island. Il a fait des études de journalisme à l’université du Nebraska, puis beaucoup voyagé avant de s’établir à New York pour écrire, gagnant sa vie comme – successivement – gérant de cinéma, détective privé et guide de safari. Deux de ses dix-sept romans, best-sellers traduits en une vingtaine de langues, ont été adaptés au cinéma : Mort et Vie de Bobby Z. et Savages. Il vit à San Diego, paradis du surf. »

Don Winslow est un virtuose de la mise en scène. Un conteur aussi doué pour l’action que pour la psychologie. Cartel est une mécanique implacable, un page turner redoutable qui glace le sang. « Le Guerre et Paix des romans sur la drogue », a parfaitement résumé James Ellroy à qui on ne saurait donner tort.(Lire Magazine)

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch – Prix : 23,50 €uros

mch.

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Les vrais durs – T. C. Boyle – Editions Grasset

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Dans « Les Vrais durs » T. C. Boyle s’attaque « au huitième péché capital de l’Amérique : la violence »

L’auteur a pour habitude de présenter un portrait sans concession de l’Amérique et ce nouveau roman est dans la même lignée, puisqu’il nous dresse le reflet de la société américaine actuelle. Il s’attaque à un véritable fléau, celui de la violence à travers l’Amérique sur laquelle il porte un regard asez féroce.. un portrait impressionnant. Cette violence, ce fléau que Jim Harrison appelait « le huitième péché capital » de l’Amérique. »

D’ailleurs, la couleur est annoncée, en lisant la préface :

« L’âme américaine est dure, solitaire, stoïque : c’est une tueuse. Elle n’a pas encore été délayée ». D. H. Lawrence – « Etudes sur la littérature classique américaine ».

Et pour cela T. C. Boyle s’est inspiré d’un fait divers :

Originaires de San Francisco, Sten Stensen (enseignant à la retraite) et Carolee son épouse partent en croisière en Amérique centrale (Costa Rica). Lors d’une escale, accompagnés d’autres touristes, ils sont menacés par trois hommes. Ex-Marine de la guerre du Vietnam, Sten Stensen bloque l’un des voyous par la gorge et tue celui-ci d’un violent coup de poing… Retenu quelque temps à quai, il ne fera l’objet d’aucune poursuite judiciaire. A leur retour en Californie, il est considéré comme un héros : sur les réseaux sociaux, harcelé par les journalistes, passe à la TV. Cela ne lui plaît guère mais il finit par mener une vie californienne paisible.

Alternativement, au cours de chapitres, nous ferons la connaissance, de Sten Stensen mais aussi :

– d’Adam, le fils de Stensen, qui est la honte de la famille. Il refuse toute contrainte. Toxicomane, il est atteint de psychose délirante, de paranoïa, il vit dans les bois qu’il considère comme son domaine intouchable. Adam est le grand souci de ses parents. Il se prend pour John Colter, nom d’un trappeur hyperviolent du 19ème siècle dont il affirme être la réincarnation… Il squatte la maison de sa grand-mère décédée, disparaît dans les bois pour s’occuper de ses plantations de pavots et de marijuana. Il est persuadé être entouré d’aliens… Il se protège contre les « hostiles » et bien sûr, il est détenteur d’une arme. Adam est en totale rupture avec la société qu’il rejette farouchement.

– puis de Sara, membre des Citoyens Souverains, la petite amie d’Adam, rencontré en le prenant en auto-stop, une marginale d’âge mûr, une « anti-tout », en compagnie de son chien affublé de dreadlocks… Une rebelle à toute autorité : elle déteste les lois, les interdits, la morale, le pouvoir politique sous toutes ses formes. Elle refuse de présenter ses papiers lors d’un contrôle de police, finit au poste de police, la voiture à la fourrière et le chien en quarantaine, au chenil.

Mais lorsque le père, Sten Stensen décidera de vendre la maison que son fils incontrôlable, occupe, le destin de chacun de ces personnages va basculer dans la violence, la folie pure.

Si vous vous sentez orphelins de Jim Harrisson…… Alors sans hésitation, précipitez-vous sur le nouveau roman de T. C. Boyle, vous y retrouverez l’amour de ces grands espaces sauvages. Un ouvrage où plane un parfum de roman noir, de roman social avec cette description, cette peinture sans concession de l’Amérique, d’une autre Amérique...

Une belle découverte ! Un roman palpitant !

Ce livre très actuel pose des questions sur les libertés individuelles, sur cette société rongée par les différentes sortes de violence. La facilité à posséder une arme aux Etats-Unis, même pour quelqu’un qui vit en marge de la société, l’incompréhension entre les générations, l’individualisme, la folie pure, la nature, l’écologie et bien d’autres thèmes à découvrir…..

Marie-Christine

De T. C. Boyle, vous pouvez lire : « America » 1997, prix Médicis étranger (sur l’immigration mexicaine aux USA) – « Water Music » 1988 son premier roman, chez Phébus.

Le Violoniste – Mechtild Borrman – Livre de Poche – Policier –

le violonistePRIX DES LECTEURS  Sélection 2016  –

GRAND PRIX des lectrices ELLE

« Si ta parole n’a pas de valeur, ta vie non plus » (p.227)

Un vrai cauchemar ! Des moments que nul ne souhaiterait vivre…

Dans la salle de concert, en ce jour de mai 1948, Ilia Vassilievitch Grenko, grand musicien, violoniste de renommée, joue le « Concerto pour violon en Ré majeur » de Tchaïkowsky. Le concert s’achève ! Grenko est ovationné par le public. Heureux, il quitte la scène tenant fermement son violon à la main : un Stradivarius que le Tsar Alexandre II, a offert à son arrière-arrière grand-père, également célèbre violoniste, et dont il a hérité.

Alors qu’il regagne sa loge, deux hommes du KGB font irruption et l’enlèvent sous le seul regard du portier. Il est conduit directement à la Loubianka, repère de la police secrète.

Pourquoi ? – Qu’a-t-il fait ? – Il ne comprend pas, c’est sûrement un malentendu !..Les types du KGB ne veulent rien savoir et ne l’autorisent même pas à parler à sa femme qui l’attend dans la salle. Accusé de qui ? de quoi ? On ne l’écoute pas. Il sera violenté. Son Stradivarius sera confisqué et l’on exigera de lui des aveux écrits – de faux aveux- qu’il signera malgré lui, afin de protéger Galina, son épouse et ses deux garçons.

Nous suivrons Grenko condamné au goulag : 20 ans de travaux forcés,  ainsi que Galina et ses deux fils envoyés de force au Kazakstan, croyant que Grenko les avait abandonnés…

Qu’est-devenu l’inestimable et magnifique Stradivarius de Grenko ? C’est Sacha Grenko vivant en Allemagne, petit-fils d’Ilia et de Galina qui, deux générations plus tard partira sur les traces de sa famille et se chargera de mener l’enquête pour tenter de découvrir quel a été le destin de ses proches, rêvant de tenir entre ses mains le précieux instrument lié à sa famille depuis des générations.

Sur l’histoire de sa famille, il découvrira ce que le régime totalitaire leur a fait subir durant les heures les plus sombres de ces années soviétiques, la dureté du goulag, la brutalité, la déchéance, la honte :  à la réalité inhumaine  du régime bolchévique et stalinien.

Une histoire captivante à trois voix – trois récits qui s’alternent lors de courts chapitres : celui du grand-père, le violoniste qui tient le coup uniquement en pensant chaque jour à sa famille, à ses enfants, à  la musique, à sa musique ! – celui de Galina, la grand-mère qui se tue au travail pour nourrir et vêtir ses enfants avec pour seul espoir : retrouver son mari – puis celui de Sacha (plus ou moins aidé par les Vory v Zakone, la mafia de l’ex-URSS) qui plus tard mènera son enquête un peu rapide, alors que l’installation des premiers chapitres est plus longue, plus lente à se mettre en place.

Un roman noir terrible et saisissant, permettant de découvrir l’aspect concentrationnaire de l’ex-URSS qui fait encore et toujours froid dans le dos, que les moins de 30 ans devraient aborder si les pavés de Soljenitsyne les rebutent !

On ne sort pas indemne de ce roman historique bien documenté et bien construit.

Marie-Christine

Mechtild Borrmann est née en 1960. Elle a déjà publié cinq livres en Allemagne dont « Rompre le silence » premier roman traduit en français aux Editions du Masque en 2013

Grossir le ciel – Franck Bouysse – Le Livre de Poche –

FRANCK BOUYSSE

Prix des lecteurs  sélection 2016

Franck Bouysse nous emmène dans les Cévennes, au lieu-dit les Doges. Nous rencontrerons Gus et Abel, deux paysans, deux solitaires, deux taiseux bien implantés qui, pour briser la solitude et le rythme des travaux quotidiens, n’ont comme distraction, que la chasse à la grive, la pêche ou pour Abel, la télévision qui trône à la maison avec, pour compagnie, le chien « Mars ». Puis, Abel apprend la disparition de l’abbé Pierre…, des visites inhabituelles se répètent et Abel change….

Dans ce monde méfiant et prude, on se donne des coups de main, on boit, mais on s’épie, on se toise… Au fil des pages, des secrets de famille apparaissent et  stimulent notre imagination…. on croit que…, mais non…, ce n’est pas ce qu’on pensait, il faut aller jusqu’au bout de  ce thriller psychologique de 235 pages qui nous tient en haleine !

Grâce au rythme des phrases, Franck Bouysse nous  transporte dans cette campagne cévenole et dès le début nous sommes très vite happés par cette histoire écrite dans un français très recherché. Il y a de bonnes réparties, le vocabulaire est riche. Une écriture belle et fluide.

Un suspense rural surprenant ! On se délecte.

Marie-Christine.

Franck Bouysse est l’auteur de « Vagabond » et « Pur sang », aux éditions Ecorce. Il a obtenu le Prix Polar Michel Lebrun, le prix Calibre 47, prix des lecteurs au festival du polar de Villeneuve -les-Avignon.

CONDOR – Caryl Férey – série noire Gallimard

condor« CONDOR » le thriller de l’été !

Excellent voyage en Amérique du Sud !

Une série de meurtres non élucidés dans les bas-fonds de Santiago du Chili.

Caryl Férey n’écrit que des polars, de mieux en mieux construits. Fan de cet auteur, je ne suis jamais déçue !

Il étudie un pays et la culture dans laquelle il insère son histoire. Avec lui, nous avons déjà visité l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et là, nous sommes dans un cycle Amérique du Sud.

Son précédent roman s’appelait « Mapuche » : c’était une histoire en Argentine, sur la dictature et sur les enfants volés puis redistribués par la junte militaire.

Cette fois-ci, nous allons au Chili, à Santiago du Chili. On est moins dans la violence pure et dans le polar. On est plus dans un climat social en déliquescence, dans la pauvreté. Et on va voir –si on peut parler comme ça– la reconversion de tous les grands malfrats qui entourent Pinochet dans les années 7O –cette dictature d’extrême droite- qui se sont reconvertis dans le grand banditisme.

Caryl Férey met une vraie dimension psychologique. Nous allons donc suivre deux personnages absolument merveilleux. En plus de l’histoire de son polar, il mêle habilement l’histoire du pays. Il y a une histoire d’amour  extraordinaire entre Garbriella, jeune chamane Mapuche (étudiante en cinéma) qui vit dans les faubourgs de Santiago du Chili et Stéfano, son colocataire qui l’a recueillie lorsqu’elle est arrivée dans cette ville : un homme qui donne tout son temps pour les défavorisés.

Gabriella va mener l’enquête sur la mort de jeunes enfants adolescents dans leurs quartiers défavorisés car ils meurent tous d’overdose (héroïne). Ils n’ont pas les moyens de se payer cette drogue. Elle va être aidée par Estéban qui lui, vient des très beaux quartiers. Il est avocat, un peu en rupture de ban avec sa famille qui s’est enrichie sous Pinochet. Tous deux vont essayer de remonter l’enquête qui les mènera de Santiago du Chili jusqu’au désert d’Atacama, ces grandes plaines situées à 5 000 mètres d’altitude (ça fait rêver, ces grandes plaines !…). L’argent de la drogue doit servir à autre chose que spolier les terres des paysans pauvres et c’est en lisant le livre que vous  découvrirez la raison…

Un roman bien documenté. Vous verrez, c’est EXTRAORDINAIRE ! Si vous ne connaissez pas encore Caryl Férey, vous allez devenir fan, comme moi !

Et c’est Marie-Adélaïde qui vous le dit !.

Bon voyage en Amérique du Sud !

Emission France Bleu Maine du 9 juin.

Marie-Adélaïde/Marie-Christine.

Caryl Férey est né à Caen (Calvados), a vécu en Bretagne. Romancier et essayiste,spécialiste du roman policier,  il a reçu de nombreux prix pour « Zulu », « D’Amour et dope fraîche »,  « Mapuche », « Les Nuits de San Francisco ».

Obia – Colin Niel – Editions du Rouergue –

colin niel obiaColin Niel nous embarque en Outre-Mer, à la découverte de la Guyane et du Suriname : Dépaysement garanti avec ce bon polar noir, historico-politique !

L’histoire se déroule du côté de Saint-Laurent du Maroni, frontière du Suriname et de la Guyane, ce territoire français plus ou moins bien connu des métropolitains.

 « Chans zwa a pa chans kanna » (Plongez-vous dans le livre ! Vous trouverez peut-être la traduction page 26 !)

En toile de fond, la guerre civile du Suriname provoquant l’afflux de réfugiés sur la rive française du Maroni où des milliers de surinamiens sont arrivés sur le territoire français dès 1986. Un fait historique, pas si lointain, dont on n’a pas forcément retenu ou entendu parler. Déjà, à cette époque, la France adoptait des lois contre l’immigration clandestine. (Ce qui n’est pas sans rappeler les évènements actuels de Calais et d’ailleurs !)

Au départ, l’intrigue démarre tranquillement, Colin Niel plante le décor (dressant au fur et à mesure et par petites doses le portrait de la région Guyanaise avec ses us et coutumes, un tableau peu idyllique avec la précarité, le chômage, la délinquance…) puis le rythme va crescendo, jusqu’à nous faire ressentir cette atmosphère pesante, étouffante, comme celle du climat tropical en sorte !. Nous croisons quelques personnages de la scène politique d’alors, un politicien au passé véreux et bien peu reluisant… Colin Niel nous tient en haleine en permanence.

Cette frontière quasi-impossible à contrôler est propice au trafic de drogue. Nous allons donc suivre trois policiers (dont un, rétrogradé se retrouvera simple détective), Anato ce type étrange aux yeux jaunes…

Clifton Vakansie (un Ndjuka, sous la protection de l’obia*) ce jeune Noir-Marron, court à travers les taudis, dans les dédales de zones industrielles. Il a peur, il fuit. Il court dans les rues de Saint-Laurent de Maroni, parce qu’il a envie et l’espoir d’être un bon père, d’avoir assez d’argent pour élever sa petite Djayzie, il court en direction de l’aéroport de Cayenne…. En même temps, le capitaine Anato (un Ndjuka, comme Clifton, qui a connu la France métropolitaine) et le major Marcy (l‘originaire, le Créole) apprennent que l’on a retrouvé, à quelques jours d’intervalle, les cadavres de deux jeunes hommes « des mules », aux ventres bourrés de cocaïne ingurgitée sous forme de gélules, en partance pour la métropole.

Qui est qui ? Qui est coupable ? Qui est victime ? Comment résister à cette tentation ? Comment refuser une telle chance face à ces jeunes prêts à tout, afin d’améliorer le quotidien plutôt sinistré ?

Au fil des pages, avec le vocabulaire local, le créole, nous sommes dépaysés : – tchiper (claquer des lèvres) – jober (vivre d’un petit boulot) – babylone (force de l’ordre) – carbet (hangar servant d’habitation) – noir-marron (esclaves échappés des plantations du Suriname, vivants dans la forêt) dolos (proverbe), piaille etc….

*obia : plante utilisée en décoction mais aussi le nom d’un rituel et d’un esprit qui protègerait.

Un livre DENSE, RICHE ! BEAU ! TERRIBLE ! Un livre dont on apprend beaucoup sur la Guyane. On ne regrette absolument pas ces 488 pages qui défilent et se lisent très rapidement. Un livre qu’on ne lâche pas

Lu, présenté et recommandé par Linda qui nous a fait découvrir cet excellent auteur lors de la soirée spéciale POLAR du 27 avril 2016.

Marie-Christine

Colin NIEL a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années. Il a publié : « Les hamacs de carton » 2012 – « Ancres noires » 2014 – « Ce qui reste en forêt » 2013 Prix des lecteurs de l’Armitière 2014 – Prix Sang pour Sang Polar 2014 – Prix des lecteurs Quais du Polar Festival International de Lyon/20 Minutes 2016.

 

The Whites – Richard PRICE – Presses de la Cité – « collection sang d’encre »

The whites Par le scénariste de « The Wire » (Sur écoute) série télévisée américaine créée par David Simon.

Chaque nuit, les flics du NYPD arpentent les rues de Manhattan, brigade anticriminalité, emmenée par Billy Graves et cela se passe au milieu des années 80.

 Billy Graves est  un jeune flic. Il fait partie d’un groupe de policiers prometteurs, les Wild Geese, du Bronx et une brillante carrière lui semble assurée, du moins jusqu’au jour où il tue accidentellement un enfant d’une balle perdue.

Mis au placard, dans une unité de nuit, il arpente maintenant le bitume sans se faire d’illusions : la police est impuissante à traquer tous les malfaiteurs, comme elle le devrait. Lorsque les criminels, que son équipe et lui pourchassent depuis des années, sont assassinés les uns après les autres, Billy reprend goût au métier, même s’il sait que certains passent à travers les mailles du filet et s’en sortent, il les surnomme : « The Whites », les blancs comme neige.

Véritable reportage sur la vie de Billy. Richard Price semble le suivre caméra à l’épaule dans le décor urbain et nerveux de la grosse pomme. Un roman noir saisissant ! Lu, puis  présenté par Marie-Adélaïde, lors de  la soirée du polar du 27 avril, à la librairie.

The Whites est le 9ème roman de Richard Price. On lui doit : « Les Seigneurs » premier roman écrit à 24 ans.- « Frères de sang » – « Ladies’man » -« Le samaritain »- « Ville noire, ville blanche », « Souvenez-vous de moi » –

Marie-Christine.

La fille du taxidermiste – Kate Mosse – Editions JC Lattès

la fille du taxidermisteSuspense et ambiance mystérieuse !

Avec ce roman d’ambiance, nous voici plongés dans l’univers d’Agatha Christie.

Je vous emmène dans le Sussex. Nous sommes en 1912, en Grande-Bretagne, au bord de la mer. Il y a des marais salants, c’est la période des grandes marées. Il pleut énormément, les routes sont coupées. La nuit tombe très tôt. C’est une ambiance glauque. Cela démarre par la nuit des fantômes.

Une fois par an, la population de ce petit village se réunit sur le parvis de l’église parce que soi-disant, pendant la nuit, on voit les fantômes des gens qui vont mourir dans l’année à venir. (On espère surtout ne pas se voir !). Tout le monde vient voir quand même ! (au cas où le voisin serait sur le départ..). Sauf que, cette fois-ci, on ne voit pas de fantômes. Ce jour-là, un meurtre est commis et on retrouve une jeune femme étranglée dans le petit cours d’eau qui passe à proximité de l’église.

Connie Gifford, la fille du taxidermiste observe la scène. Son papa avait le plus grand musée de taxidermie de la Grande-Bretagne. Sauf qu’il y a eu un drame dans sa vie et depuis 10 ans, il est devenu une épave. Suite à ce drame, Connie a beaucoup souffert et ne garde aucun souvenir de cette époque. Cependant, il y a des petits flashs qui reviennent de temps en temps. Elle s’efforcera de mener l’enquête.

C’est très bien ficelé. Cela finit en apothéose. Vous passez un merveilleux moment. Il y a de l’intrigue, du suspense. Et surtout, une visite et une plongée dans ce milieu sombre et noir de la taxidermie. A l’époque, nous avons  donc des routes coupées, il n’y a pas de communication, les informations passent mal… il n’y avait ni wi-fi, ni portable !, si ce n’est le téléphone, et encore quand celui-ci voulait bien fonctionner…

Un bon livre à mettre entre vos mains.

Marie-Adélaïde/MCB – Chronique france bleu maine

Il reste la poussière – Sandrine COLLETTE – Editions Denoël –

sandrine collette

M A G I S T R A L !

Un coup de coeur MO-NU- MEN- TAL !

Dès que vous ouvrirez ce livre et que vous lirez les premières lignes, vous vous direz : – « Mon Dieu, mais cela existe !… » Ce n’est qu’une fois terminé et refermé qu’enfin, vous prendrez votre respiration. C’est vraiment extraordinaire !

Sandrine COLLETTE écrit des thrillers, des scènes palpitantes ; elle est très habile pour cela. Là, elle signe plutôt un roman noir. Il y a un meurtre et nous sommes bien dans le polar.

Elle nous emmène en Patagonie, à travers ces grands espaces où de nombreux élevages de moutons font partie du paysage, et où sont implantées de toutes petites haciendas qui essaient de subsister, par rapport aux immenses domaines, riches en personnel. Dans cette ferme, ce n’est pas mirobolant, le père est parti et la mère essaie tant bien que mal de subsister. Elle a quatre garçons, des jumeaux pour commencer puis le troisième qui n’est pas très bavard -il a été traumatisé- et on comprendra pourquoi par la suite. Puis Rafael, le petit dernier, différent de sa fratrie. C’est le héros du roman mais aussi le souffre douleur de ses frères. D’ailleurs, dans la pampa ils l’utilisent comme un ballon. Ils partent avec leurs chevaux. Ils courent, sautent et projettent Rafael d’un cheval à l’autre, puis… un loupé et le pauvre Rafael rentre clopin-clopant.

Rafael n’a que deux amis dans cette vie épouvantable, son cheval et son chien. Tout cela dans une violence, une haine farouche, sans mot, sans tendresse.

La mère ne va à la ville que tous les trois mois vendre ses moutons. Elle en profite pour se rendre au saloon, s’enivre, et s’adonne aux jeux. Un jour, elle perd tellement d’argent qu’elle doit donner un de ses jumeaux. C’est le début de la fin. Tout le monde est traumatisé. Rafael oublie de fermer l’enclos : deux des plus beaux chevaux vont s’échapper. Il est renvoyé et va devoir récupérer les animaux. Trois mois plus tard, il revient avec une sacoche pleine d’argent. Ça met le feu au poudre. La violence va atteindre son paroxysme…

Il y a longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi fort.

Je vous invite à découvrir Sandrine COLLETTE par cet ouvrage qui est extraordinaire.

Marie-Adélaïde/MCB – chronique france bleu maine du 28/04/16

CITY ON FIRE – Garth Risk Hallberg – Editions PLON

BLOG DOUCET   Portrait flamboyant du New-York des années 76-77 pour ce premier roman  !

Dans le monde de l’édition, c’est une des premières fois, où pour un premier roman, un éditeur a dû casser sa tirelire puisqu’il aura versé deux millions de dollars à ce jeune homme de 37 ans, afin de récupérer le manuscrit et le publier. Il a aussitôt été acheté dans plus de 4O pays. En France, c’est la maison PLON qui l’emportera. Les droits ont déjà été vendus au cinéma.

                                         C’est un évènement !

Je dois reconnaître que ça aurait pu être quelque chose de particulier. Je me suis régalée à la lecture de ces 1 000 pages. Il ne faut pas le nier, il y a quelques longueurs, sept chapitres, des interludes qui ne sont peut-être pas indispensables… Mais, vous verrez, vous serez complètement happés par cette histoire qui se passe dans la ville de New-York, en 1976. New-York n’était pas aussi aseptisée, aussi policée et sécurisée qu’aujourd’hui. C’était une faune interlope des milieux très particuliers de l’argent, de la drogue, de la violence.

Cette histoire démarre le 31/12/1976 et va mettre en relation différents personnages. Nous aurons une famille très aisée les Halmiton-Sweeney. Un homme qui créée un groupe de rock mais qui est en rupture de ban avec sa famille. Son amant, un jeune professeur noir (Mercer). Sa soeur qui n’a plus de nouvelle de son frère et son mari, avec qui elle est en train de se séparer puisqu’il l’a trompée, puis un jeune étudiant venu fêter le réveillon à Brooklynn. A Manhattan, il retrouve une ancienne amie, Samantha. Pendant six mois, tous ces personnages vont se croiser. Il sera question de punk music. C’est le début des années 70 et l’émergence du mouvement punk.

Samantha est assassinée en plein central Park, et cela va finir en point d’orgue le 1er juillet 1977 où une panne d’électricité va plonger New-York dans le noir, pendant une nuit entière.

On a beaucoup comparé cet auteur avec Don DeLillo, Tom Wolfe, Donna Tartt, dans le Chardonneret.

Son maître à penser, c’est Balzac parce qu’il y a de l’argent, il y a de l’ambition, il y a de la mort.

L’avantage de ces livres assez volumineux, c’est que l’on trouve tout à l’intérieur : du polar, du thriller, du roman urbain, ici sur New-York, mais également  une histoire d’amour.

La fin est un véritable bijou ! Laissez-vous tenter, c’est exceptionnel !

Marie-Adélaïde/MCB – France Bleu Maine – cliquez sur le lien pour écouter l’émission