Ils vont tuer Robert Kennedy – Editions Gallimard – prix Joseph Kessel 2018 – Festival Etonnants Voyageurs Saint-Malo –

Le Prix Joseph Kessel 2018 a été attribué à Marc DUGAIN pour :

« ILS VONT TUER ROBERT KENNEDY » (Éditions Gallimard), publié en août 2017.

Ce prix sera remis au Festival des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo Dimanche 20 mai 2018, en présence de :  Annick Cojean, Pierre Haski et Asli Erdogan. ils vont tuer robert kennedy

Présidé par Olivier Weber, le jury était composé de Tahar Ben Jelloun, Annick Cojean, Colette Fellous, Pierre Haski, Michèle Kahn, Gilles Lapouge, Michel Le Bris, Benoît Peeters, Patrick Rambaud, Guy Seligmann et Jean-Pierre Perrin (lauréat 2017) pour « Le djihad contre le rêve d’Alexandre » aux Éditions du Seuil.

Retrouvez le coup de cœur et le petit clin d’œil de Nathalie de la librairie Doucet présentant le livre de Marc DUGAIN, lors de la rentrée littéraire en octobre 2017, en cliquant ici.

Nathalie concluait ainsi : « C’est un roman foisonnant ! Il y a beaucoup d’informations permettant de revenir sur toute l’histoire des États-Unis lors des années soixante, avec toutes les répercussions que cela peut avoir sur la vie politique des États-Unis d’aujourd’hui notamment et celle du Moyen-Orient. Tout cela est mêlé. C’est très intéressant et hyper-passionnant. »

SUR DIX TITRES SÉLECTIONNÉS pour le PRIX JOSEPH KESSEL, on retrouvait :

« Des châteaux qui brûlent » de Arno Bertina (Éditions Verticales)

« Dans l’épaisseur de la chair » de Jean-Marie Blas de Roblès (Éditions Zulma)

« Une fille dans la jungle » de Delphine Coulin (Éditions Grasset)

« Taba-Taba » de Patrick Deville (Éditions du Seuil)

« Ils vont tuer Robert Kennedy » de Marc Dugain (Éditions Gallimard)

« Un loup pour l’homme » de Brigitte Giraud (Éditions Flammarion)

« La Rose de Saragosse » de Raphaël Jérusalmy (Éditions Actes Sud)

« Un océan, deux mers, trois continents » de Wilfried N’Sondé (Éditions Actes Sud)

« L’Art de perdre » de Alice Zeniter (Éditions Flammarion).

Bonne lecture à tous ! 

« Ils vont tuer Robert Kennedy » 400 pages – Prix 22,50 €uros. 

Marc Dugain est l’auteur d’une dizaines de romans dont « La malédiction d’Edgar » (2005) – « Une exécution ordinaire » (2007) – « Avenue des géants » (2002) – Une trilogie : « L’emprise » (2014) – « Quinquennat » (2015) – « Ultime partie » (2016) aux Éditions Gallimard – « La chambre des officiers » (1998 – JC Lattès) – « Campagne anglaise » (2000 – JC Lattès) – « L’homme nu » (2016 – Éditions Plon)

M. Christine

 

 

 

 


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Madame Pylinska et le secret de Chopin- Eric Emmanuel Schmidt – Editions Albin Michel –

mADAME PYLINSKAEric-Emmanuel Schmitt, auteur de romans, d’essais, de nouvelles, de théâtre, aime la musique classique. On le sait, en citant seulement ces deux titres : « Ma vie avec Mozart » et « Quand je pense que Beethoven est mort« .

Avec ce nouveau texte, nous retrouvons la musique. Une nouvelle pourrait-on dire, nous sommes dans les œuvres regroupées sous le titre « Le Cycle de l’invisible », dans lequel se trouve par exemple « Oscar et la dame rose ».
« En suivant les cours de la tyrannique Madame Pylinska, le jeune Eric-Emmanuel cherche à comprendre le mystère de la musique de CHOPIN ».

L’auteur se met en scène depuis l’enfance au moment où il a entendu jouer du Chopin dans sa famille mais il n’a jamais su retrouver l’émotion d’alors quand il avait 9 ans. A 20 ans, il étudie à l’École normale supérieure et décide de choisir une professeure d’excellente réputation, « une certaine Madame Pylinska, polonaise émigrée à Paris ». Pour Madame Pylinska il est un géant baraqué qui veut s’attaquer à la délicatesse de Chopin ; c’est impensable !

Il faut donc l’éloigner au plus vite du piano. C’est ce que fait la professeure fantasque pour qu’il apprenne à voir, écouter et aimer.

« La leçon de piano devient bientôt un apprentissage de la vie et de l’amour ».

Cent dix-neuf pages qui correspondent à un conte initiatique plein « d’émotion, d’intelligence et d’humour ».
Grâce aux exercices recommandés, il va s’assouplir et peut-être s’approcher du secret de Chopin.
On va donc le voir ramasser des fleurs, à l’aube, dans un parc, sans que ne tombe une goutte de rosée…c’est un exemple parmi d’autres.

« Il y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur ».
En fait, vrai certainement ou en partie imaginaire ; ce petit texte est une interrogation sur l’auteur lui-même, sur sa vie, ses attentes.

On peut parler d’humour mais on se doit d’ajouter la délicatesse pour faire le parallèle entre musique et écriture.
Eric-Emmanuel Schmitt a compris depuis longtemps qu’il ne sera jamais un grand musicien mais un écrivain, oui.

Même si la musique classique ne vous touche pas particulièrement, vous ne pouvez que ressentir une forme d’émotion en vous approchant du « secret de Chopin.

Marie-José/M.Christine

Madame Pylinska et le secret de Chopin – 126 pages – Prix : 13.50 €



 

 

Millésime 54 – Antoine Laurain – Editions Flammarion

millesime 54SUPER BON CRU 54 !

Avec Nathalie de la librairie Doucet, nous allons partager une bouteille de vin ! Mais, une bouteille -spéciale- qui n’est vraiment pas comme les autres puisqu’il s’agit de « Millésime 54 » d’ Antoine Laurain.

– Un roman et, un retour vers le futur…., en livre !

Antoine Laurain a déjà écrit plusieurs romans dont un assez connu, « Le Chapeau de Mitterand », adapté au cinéma, une délicieuse comédie (2014 par Robin Davis, puis en téléfilm sur France 2 – début 2016). Cette fois-ci, Antoine Laurain revient avec une jolie fantaisie « Millésime 54 ».

Cela se passe dans le Beaujolais ! Au chapitre I, nous sommes en 1954, en compagnie de Pierre Chauveau, vigneron dans cette région. Il produit un petit vin de soif. Se promenant dans le vignoble, en pleine nuit, en compagnie de sa chienne, il aperçoit un OVNI (objet volant non identifié). Il va raconter son aventure à la gendarmerie et dans le village on le prend pour un farfelu…. Les années passent !

1954. Cette année-là, le vin est d’une qualité exceptionnelle, d’où le millésime, pour redevenir les années suivantes un petit vin de soif, assez classique.

En 1977, Pierre Chauveau décide d’ouvrir la dernière bouteille du « Millésime 54, en sa possession… Comme habituellement, il en donne quelques rasades dans le bol de sa chienne puis, comme chaque soir, vont se promener dans les vignes. Ils disparaissent ! Plus jamais, on n’entendra parler d’eux.. On ne retrouve pas de corps, même pas celui de la chienne. Ils ont disparu !.

Ensuite, le roman débute en 2017 à Paris. On suivra quatre personnages :

Hubert Larnaudie, bourgeois, propriétaire de son appartement, dans un immeuble cossu parisien. Puis, une jeune femme Magalie Lecœur, installée dans ce même immeuble, comme restauratrice de porcelaine. Julien Chauveau habitant de l’immeuble, barman au Harry’s bar, qui se trouve être l’arrière petit-fils de Pierre Chauveau. Enfin, arrive Bob Brown, un américain, effectuant un voyage à Paris  en l’honneur de sa femme. Il occupera un appartement voisin, loué par l’intermédiaire d’airbnb. Lors d’une soirée de septembre, ces quatre personnages –pour une raison que vous découvrirez en lisant ce livre– vont se retrouver à partager cette fameuse dernière bouteille Château St-Antoine 1954 récupérée dans la cave du vieil immeuble…

Le lendemain, journée du patrimoine, ils trouvent chacun que la mairie de Paris a bien fait les choses pour transformer la ville. Cependant, ils vont vite découvrir que ce n’est pas un mise en scène mais qu’ils ont bien été projetés en 1954 ! Commence alors pour eux une déambulation pittoresque et cocasse dans le Paris des années 50 pour tenter de comprendre pourquoi ils sont arrivés là et surtout trouver le moyen de revenir en 2017. On découvre avec eux les halles de Paris en 54, on assiste à un dîner mémorable « au Pied de cochon » en compagnie de Piaf et Gabin.

On croise des gens dans le bus qui ne sont pas rivés sur leurs portables mais qui se parlent, on part à la recherche d’un trésor et on découvre des secrets de famille.

C’est bien fait, amusant et léger. C’est un joli moment de lecture très agréable.

Écoutez Nathalie en compagnie de Charlotte Bouniot de France Bleu Maine en cliquant ici

Nathalie/M.Christine

« Millésime 54 » – 224 pages – Prix : 18 €

Antoine Laurain est l’auteur de : « Le chapeau de Mitterand » ( 2012) – « La femme au carnet rouge » (2014) – « Rhapsodie française » (2016) aux Éditions Flammarion

L’échange des princesses – Chantal Thomas – Editions du Seuil –

l'échange des princesses.jpgL’ÉCHANGE DES PRINCESSES

Un film extraordinaire sorti fin 2017 : « L’échange des princesses » réalisé par Marc Dugain, lui-même écrivain de talent.

Non, nous ne sommes pas dans une rubrique cinéma ! Même si l’on ne peut dire que du bien sur le film et les acteurs. Il faut ajouter, et c’est là que l’on revient à la lecture, que ce film respecte le livre duquel il a été adapté. Livre éponyme d’ailleurs : « L’échange des princesses » (paru en 2013) dont  Chantal THOMAS est l’auteure.

Chantal THOMAS est universitaire et spécialiste du 18ème siècle. Elle obtint le Prix Femina en 2002 pour « Les adieux à la reine » (roman également porté à l’écran) « L’échange des princesses » est donc un roman historique, d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’un fait de l’Histoire assez mal connu du grand public.

Tout se passe entre 1721 et 1725, sous le règne de Louis XV en France et celui de Philippe V en Espagne. C’est la Guerre de Succession en Espagne et la lutte entre la France et l’Espagne est rude.

COMMENT OBTENIR LA PAIX ? C’est simple, il faut échanger les princesses !

Faisons un peu de généalogie. Louis XV a 12 ans et le Régent, Philippe d’Orléans, pense qu’il serait bien de lui prévoir une épouse. L’arrière-grand-père de Louis XV est Louis XIV, tant il y eut de décès dans la famille.

Philippe V d’Espagne, lui, est le petit-fils de Louis XIV et il a une fille d’à peine 4 ans, Anna-Maria-Victoria. Voilà ! Le mariage peut être envisagé malgré la différence d’âge et les liens de sang.
Cependant cela ne suffit pas. On a parlé d’échange. Donc le Régent va donner sa propre fille, Louise-Elisabeth de Montpensier, 11 ans, au fils du Roi d’Espagne, Luis, Prince des Asturies, un petit peu plus âgé..
L’échange se fera sur la Bidassoa, sur l’île des Faisans, entre la France et l’Espagne et c’est un véritable déchirement pour la petite désormais Marie-Anne -Victoire qui quitte tout à même pas 4 ans… sauf ses poupées.

C’est toute cette histoire que nous raconte Chantal Thomas. Celle que l’on appelle maintenant l’infante-reine est très bien accueillie à la cour et par sa gouvernante Madame de Ventadour, « Maman », mais pas par Louis XV qui n’a rien à faire d’un bébé ! Pourtant elle est délicieuse, souriante, pleine de réparties qui montrent une forme de maturité, elle a beaucoup de dignité et veut se comporter en Reine de France.

A Madrid, ce n’est pas la même chose. La religion a un grand poids sur « Sa Majesté très catholique ». Luis aime sa toute nouvelle épouse mais ce n’est pas réciproque. De plus cette jeune personne est loin d’être équilibrée.
N’en disons pas plus mais vous savez déjà que rien n’aura lieu. Il s’agit de savoir pourquoi et comment.

Bravo à Chantal Thomas qui, en de courts chapitres très documentés sait nous emporter dans un roman vrai que l’on suit avec grand intérêt et grand plaisir.
Le style est agréable, limpide facile d’accès. Les portraits, parfois féroces, sont ciselés et criants de vérité.

Une lecture que l’on n’oublie pas.chantal thomas

Marie-José/M.Ch

En novembre 2017, « L’échange des princesses » a été édité dans la collection Grands Romans – Points, format de poche – 336 pages – Prix 7.70 €

Un funambule sur le sable – Gilles Marchand – Editions Aux Forges de Vulcain

un funambule sur le sable« Bonjour, je m’appelle Stradi »

Stradi, comme stradivarius et c’est le surnom du personnage principal du deuxième roman de Gilles Marchand  :

« UN FUNAMBULE SUR LE SABLE »

Cela fait partie de ces livres qui font du bien et la grande qualité ici, c’est que c’est traité avec beaucoup d’originalité.

Ce sont les enfants, à l’école, qui ont surnommé le petit garçon Stradi. Auparavant il ne sortait pas et était surprotégé par sa famille.
Il faut dire qu’il est né avec un violon dans la tête, un vrai violon qui joue de la musique !
Gilles Marchand a choisi cette « curiosité » pour traiter du handicap, de la différence, sans mettre en avant un problème existant particulier. Cela n’existe pas et ne peut pas exister et l’auteur peut ainsi laisser libre cours à son imagination et à sa fantaisie.

Bien sûr les médecins ne comprennent pas et ne peuvent pas prévoir les réactions du violon.
D’ailleurs, est-ce un don ou un handicap ? Le violon se met à jouer dans toutes les circonstances et donne même à Stradi la possibilité de converser avec les oiseaux .
Cependant dans notre monde tout ce qui est hors-norme fait penser à la folie. Donc après la curiosité, les moqueries, l’indifférence, il faudra vivre l’exclusion.

Les thèmes sont sérieux mais Stradi fait face avec beaucoup d’optimisme, même si souvent « il fait semblant ».

Il a un ami fidèle aussi, Max, qui traîne sa jambe avec difficulté. Leur différence leur permettra, à l’un et à l’autre, de bien se comprendre et de pouvoir tout se dire.

Stradi va également vivre une très belle histoire d’amour avec Lélie mais nous nous demandons bien ce que devient le violon dans le crâne du héros. (Vous devez lire pour savoir !)

Il s’agit d’un roman entre onirisme et réalité, poétique, fantaisiste, délicat. Les personnages qui entourent Stradi sont loufoques et il est certain que l’on n’en rencontrera que fort peu dans la vie réelle.
Gilles Marchand a certainement lu Boris Vian car nous sommes dans un monde similaire à celui de « L’écume des jours », sans plagiat aucun.

« A vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit. »

De l’invention, des jeux de mots, des larmes et beaucoup de sourires.
Si vous aimez sortir du quotidien, vous aimerez !.

Marie-José/M.Christine    


Gilles Marchand a notamment écrit « Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit « Le Roman de Bolaño » avec Eric Bonnargent. « Une bouche sans personne », son premier roman, paru en 2016 .

Un funambule sur le sable –  354 pagesPrix : 19.50 €

 

 

Sentinelle de la pluie – Tatiana de Rosnay – Editions Héloïse d’Ormesson

Sentinelle de la pluieUN PARIS AQUATIQUE  ET QUELQUES SECRETS DE FAMILLE…

Tatiana de Rosnay sera présente à la librairie Doucet  Jeudi 12 avril à 18 h, pour une rencontre-dédicace à propos de « Sentinelle de la pluie », livre que Marie-Adélaïde est venue nous présenter.

CB : Avec ce roman, dans quel monde  nous emmenez-vous ?

MAD : Pas si loin ! Je vous emmène à Paris ! Et en plein moment de la crue de la Seine ! Pas celle de ces temps derniers, mais la crue de 2016 ! (Sinon, il serait amusant de demander à Tatiana si ce livre a été écrit en l’espace de quelques semaines !!..)

Tatiana a toujours été impressionnée par ces crues de la Seine ! Sa grand-mère lui parlait souvent de ces crues d’il y a quelques années car elles étaient absolument terrifiantes…(on a vu des photos).  On mesure toujours la montée des eaux à la statue du Zouave du Pont de l’Alma. Elle trouvait que c’était terriblement romanesque comme histoire. Elle va même aller très loin dans sa description de Paris sous les eaux, de voir la manière dont on pouvait circuler en barque dans tout le 15ème arrondissement.

Mais si l’histoire a pour cadre Paris et sa crue, c’est surtout pour nous raconter celle de la famille Malegarde. Paul et sa femme Lauren qui est américaine ont deux enfants. Paul va avoir soixante-dix ans et depuis quelque temps son épouse prépare cet anniversaire à Paris pour qu’ils soient en dehors de la Drôme, leur port d’attache. Paul Malegarde est un éminent arboriste, on parlera donc de botanique, d’arbres, puis d’un tilleul séculaire car cet homme se bat pour qu’on ne coupe pas les arbres, il veut sauvegarder les arbres anciens à travers le monde.  Il sera question des deux enfants de la famille et vous vous en doutez, rien ne se passera comme prévu… Et la partie la plus intéressante et la plus poignante de ce roman ce sont les rapports entre enfants-parents, même à l’âge adulte. Il y a des secrets que l’on n’ose pas dire et il y a un moment dans la vie où il faut absolument que les secrets soient mis au grand jour sinon on ne peut plus continuer à vivre en racontant des histoires…

CB : En parcourant ce roman, en tant que parents, est-ce que notre regard change ?     Est-ce qu’on se pose des questions sur ce que l’on pensait dire ou ne pas dire à nos enfants ?

MAD : Exactement ! Ce qui est important c’est de leur laisser la possibilité de parler. Il faut laisser la porte ouverte s’ils ont envie de parler à tout moment pour qu’ils puissent le faire. Là, on se rend compte que Linden, ce garçon de 35 ans, qui apparaît, va pouvoir parler, s’exprimer et c’est quand même très important de le faire avant qu’il ne soit trop tard !.

CB : Et c’est un peu la morale à retenir !

« Sentinelle de la pluie » – 367 pages – Prix : 22 € – Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Charlotte Bouniot en cliquant ici

L’ Archipel du Chien – Philippe Claudel – Editions Stock

l'archipel du chienUne fable contemporaine dérangeante !

« La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent : guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent. » (p. 147)

« L’ Archipel du Chien » est le nouveau roman de Philippe Claudel,  à la couverture magnifique que Nathalie de la librairie Doucet va nous présenter.

CB : Est-on dans un univers, entre le romanesque et le thriller ? –  NP : –  Un petit peu !       – CB : Pour nous situer, pouvez-vous  nous en dire un peu plus, Nathalie ?.  

Philippe Claudel écrivain de longue date a déjà écrit une dizaine de romans mais est aussi scénariste de films. Là, il nous emmène dans une île imaginaire appelée

L’ Archipel du Chien

que l’on ne sait pas très bien situer, mais de par le sujet du livre, on peut penser à la Méditerranée.

Alors, nous sommes sur cette petite île un peu fermée, qui vit recluse, sur elle-même. Les habitants ne sont pas très ouverts sur le monde extérieur et ce qui se passe ailleurs les intéresse assez peu. Comme habituellement, chaque matin, l’ancienne institutrice se promène sur la plage accompagnée de son chien et découvre trois corps, des gens de couleur, trois cadavres. Bien sûr, elle appelle le maire du village, le médecin, le curé et tous décident, alors que ces corps sont sans papiers, de ne pas ébruiter l’affaire.  Visiblement, ce sont des migrants décédés, vraisemblablement tombés d’un bateau, ayant échoué sur la plage… Sur cette île, un projet de Centre thermal est en pourparler. Pour ne pas gâcher et faire de mauvaise publicité sur l’île, ils décident de cacher les corps et de les enterrer eux-mêmes. Surtout de ne pas faire de vague  (!).  Sauf que se trouve mêlé à cette histoire, le nouvel instituteur, bien plus jeune, venant du continent, déjà considéré un peu comme un  étranger par les habitants de l’île, se laissant au départ embarquer dans cette histoire. Il finira par manifester son désaccord : -« Non ! Attendez ! – Cela ne va pas du tout ! Ce qui est entrain de se faire, est inadmissible . » – « Il faut déclarer ces morts ». Le livre débute comme cela.

Et, c’est toute une cabale et une machination qui vont se mettre en place contre ce jeune instituteur pour l’empêcher de mener à bien son projet : –de dire la vérité…. C’est machiavélique ! – [Ça vous prend…. Il vous emmène…], cela démarre petit à petit puis la pression va crescendo…

Alors, c’est un livre dérangeant. C’est un livre coup de poing parce qu’effectivement, il bouscule la bonne conscience de ces gens. Mais en même temps, il bouscule aussi notre bonne conscience.

CB  « On peut  poser nous-mêmes la question  de ce qu’on aurait fait ? Est-ce qu’on est plus comme l’instituteur ou les autres ? »

Et puis c’est aussi ce monde de migrants qui existe, qu’on connaît par les informations, dont on est conscient et pour lesquels on ne fait rien ou si peu.

Un livre qui monte en puissance au fur et à mesure des pages et dans lequel on retrouve le Philippe Claudel dans « Les âmes grises », dans « Le rapport de Brodeck » ou de « La petite fille de Monsieur Linh ».

Nathalie/M. Christine

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Charlotte Bouniot en cliquant ici.

 « L’ Archipel du Chien » – 288 pages – Prix : 19.50 €

Philippe Claudel est à l’académie Goncourt depuis 2012. Il est enseignant et auteur de : « Il y a longtemps que je t’aime » (2008) –« Tous les soleils » (2011) – « Une enfance » (2015) – « Les âmes grises » (prix Renaudot en 2003), le prix Goncourt des lycéens (2007) – « Le rapport de Brodeck » prix des libraires du Québec (2008), prix des lecteurs du livre de poche (2009) – 2013 « Parfums » prix Jean-Jacques Rousseau de l’autobiographie.

Vers la beauté – David Foenkinos – Editions Gallimard

vers la beautéL’ ART ET LA CRÉATION

Nous allons nous plonger dans le dernier roman de David Foenkinos « Vers la beauté » qui vient tout juste de paraître et découvrir cette histoire, pas si facile !

– Une histoire assez sombre, voire-même très sombre qui peut dérouter certains lecteurs de David Foenkinos, cet auteur qui aime bien rire, qui aime bien profiter des moments joyeux de la vie…  Là, on se rapproche plutôt de la veine de « Charlotte », (Charlotte Salomon) ce très beau roman, à propos de cette jeune femme morte dans un camp de concentration, paru en 2014.

Ici, l’art et la création vont être au centre de ce roman et la scène démarre ainsi : 

– Vous allez trouver Antoine qui est dans le bureau de la (DRH) Directrice des Ressources Humaines  du Musée d’Orsay à Paris. Il est bardé de diplômes. Il possède  un doctorat sur Modigliani. Il a été professeur aux Beaux-Arts à Lyon…  et il demande un poste de gardien. C’est très étrange !

Pourquoi ce choix ? Parce que c’est une fuite, car Antoine est désespéré. Quelque chose l’a meurtri. Certes, il est séparé de sa compagne mais ce n’est pas que cela. L’ensemble du problème n’est pas là, mais ça n’ajoute pas au plaisir de vivre. Il y a autre chose et cette autre chose on va la découvrir petit à petit, page à page. Ce n’est pas du tout un héros sympathique, il ne parle pas, il a fui Lyon sans donner de nouvelles à ses proches, à sa sœur, à ses amis et même vis-à-vis de cette DRH avec laquelle il a une certaine affinité, il va être fermé, mutique. Il ne sait que regarder la salle des Modigliani, parfois en étant très maladroit avec le guide-conférencier, parce qu’il en sait beaucoup plus que lui. (de ce côté là, il ne se fait pas un ami). Petit à petit, on va comprendre pourquoi il est parti. Pourquoi il a abandonné ses élèves, alors que c’était « le » professeur d’histoire de l’art. On va comprendre tout ça, grâce à Camille, cette jeune fille merveilleusement douée. Elle est à l’école des Beaux-arts. Elle est passionnée, c’est une véritable artiste mais elle a une souffrance telle, immense qui la conduira peut-être jusqu’à l’irréparable. Et cela vous le saurez, en lisant ce livre. Mais en tout cas, ce lien entre ce professeur et cette jeune fille, grâce à l’art, grâce à ses peintures, va être extraordinaire et peut-être qu’Antoine a quelque chose à réparer. (-Ils sont tous les deux à réparer…) Mais, il n’est aucunement coupable, il se dit qu’en tant que professeur, il est passé à côté de son devoir d’accompagnement. 

C’est un très beau texte ! Plus vous avancez dans le livre, plus il devient sombre mais en quelque sorte lumineux puisque vous comprenez mieux les tenants et les aboutissants.

Et, si ça peut nous permettre d’éviter les erreurs, de savoir communiquer avant qu’il ne soit trop tard, ce livre aura atteint tout son but !…

Marie-Adélaïde/M. Christine

Ecoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Charlotte Bouniot sur France Bleu Maine en cliquant ici.

« Vie de beauté » – 224 pages – Prix : 19 €

David Foenkinos est auteur de nombreux livres dont certains adaptés au cinéma, voici quelques titres :  « Nos séparations » Gallimard (2008) – « La Délicatesse » Gallimard (2009) – « Lennon » Plon (2010) – « Je vais mieux » Gallimard (2013) – « Charlotte »  (Charlotte Salomon) Gallimard (2014) – Prix Renaudot, Prix Goncourt des lycéens –  « Le Mystère Henri Pick » – Gallimard- (2016)

 

 

 

 

 

La belle n’a pas sommeil – Eric Holder – Editions du Seuil

Eric Holder sera présent à la librairie Doucet pour une rencontre-dédicace mercredi 28 mars à 18 h.  à l’occasion de son dernier livre :

« La belle n’a pas sommeil »

 La belle n’a pas sommeil – 224 pages – Prix : 18 €

La femme qui ne vieillissait pas – Grégoire Delacourt -Editions JCLattès –

la femme qui ne vieillissait pasLA FEMME QUI NE VIEILLISSAIT PAS

Présentation : « A quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride de lion, du front, aucune patte d’oie ni de ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté ; aucun cheveu blanc, aucune cerne ; j’avais trente ans, désespérément. » Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l’âge sans se soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre. Et puis, il y a Betty. »

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Quentin sur France Bleu Maine, en cliquant ici

Est-ce un roman qui parle de tristesse ?

– Non, pas du tout ! Grégoire Delacourt, vous connaissez ! D’abord, c’est amusant cet homme qui se glisse toujours dans la peau d’une femme. Il dit que c’est sa part féminine. Il adore se mettre dans la peau d’une femme ; il a toujours beaucoup d’humour, beaucoup de sensibilité, de finesse et rien n’est jamais gratuit avec lui…

Ne pas vieillir, ça fait peur quand même !

– Oui, on connaît, vous savez : « La peau de chagrin » (Honoré de Balzac), « Le Portrait de Dorian Gray » (Oscar Wilde)…. Le thème est utilisé.

En fait, ce qui a intéressé Grégoire Delacourt, c’est de traiter justement du fait de vieillir, du fait de prendre des rides, du fait de voir son corps se modifier ; c’est un thème récurrent. On l’a lu. On parle de chirurgie esthétique, on parle d’un excès de jeunisme… –dans notre société actuelle !.- On va admirer les corps parfaits, le zéro ride, le photo-shop et compagnie…. Et là, il prend le problème par l’autre bout de la lorgnette. Notre héroïne principale Martine, elle, au contraire, ne va pas vieillir. Le jour de ses trente ans, elle s’est figée !. Son corps, ses traits, l’image qu’elle renvoie n’a pas bougée.

Elle a trente ans !- C’est le plus bel âge ! – Elle est superbe ! 30-35ans – 41-45 ans – 50-55 ans 60 ans……. Alors, on s’en rend compte ! Elle s’en rend compte… Au début, ça commence à la perturber un peu, puisque, un photographe va décider de la photographier tous les ans, dans la même tenue, aux mêmes moments avec quasiment la même coiffure. Et tous les ans, le cliché est rigoureusement le même. Alors, en soi, ça peut être merveilleux !. C’est le rêve de milliers de femmes, sauf que…son amoureux, André, son mari lui, vieillit… Et son fils, son fils qui a une jeune maman…. Il grandit, il va avoir une grande sœur et puis à un moment, on lui demandera : – Mais, est-ce ta mère ? Ce n’est pas possible ! – C’est ta petite amie ! Et puis à un autre moment, il fera plus vieux que sa mère.... Et donc, c’est là que le texte devient très intéressant, parce que, si on ne vieillit pas, on n’est pas en accord avec ceux qu’on aime, on n’évolue pas de la même manière. On ne peut pas construire une relation sur cette image qui n’est pas la bonne.

Avec ce livre, sous des côtés rigolos, charmants, très sympathique, vous assistez à la déconfiture de cette jeune femme qui après avoir été contente, finit par se poser des questions et s’en rend compte que lorsque son mari l’a quittée, quand son fils l’a quittée.. On ne peut pas vivre comme ça, sur rien et finalement les années qui passent constituent ce que l’on est, et nous aident à nous construire et à avancer dans la vie…..

Marie-Adélaïde/M. Christine

La femme qui ne vieillissait pas 256 pages – Prix : 18 euros

Quelques ouvrages de l’auteur : « L’écrivain de la famille « (2011) – « La liste de mes envies » (2012) – « La première chose qu’on regarde » (2013) – « On ne voyait que le bonheur « (2014) – « Les quatre saisons de l’été » (2015) -Danser au bord de l’abîme (2017)