Bakhita – Véronique OLMI – Editions Albin Michel

BAKHITAEntrez dans l’histoire merveilleuse de BAKHITA !

CB : « Ouvrons un nouveau livre de cette rentrée littéraire ! Un livre très attendu, le coup de cœur de beaucoup de monde ! Pourquoi est-il si attendu ? »

MAD : IN-CROYABLE ! – Ce livre a une puissance, un livre très particulier, très lumineux…  J’avoue que, très tôt, j’ai lu  ce livre et je suis tombée sous le charme. Véronique OLMI, qui n’en est pas à son premier roman, a beaucoup de finesse, beaucoup de psychologie. Tous ses romans sont réussis, très fins, attachants.

Alors qu’un livre était en cours…. Véronique Olmi, en visite dans un petit village de Touraine (Langeais),  est entrée dans une église, s’attardant devant un portrait exposé dans l’église :  « la photo de Bakhita » ! – Et l’on apprendra que Bakhita est une jeune fille, enlevée au Darfour, dans les années 1875, alors qu’elle n’avait que 7 ans. Elle a vécu  l’horreur de l’esclavage, les razzias dans les villages enflammés puis, dans la panique la rafle d’ enfants ou de jeunes filles qui peuvent faire des enfants. Tout cela est très « bon à vendre » et se « vend très très bien ». C’est sordide ! Souvent, ce sont des villages qui se prennent pour aller se revendre. C’est tout une noria de marchands qui arrive d’un peu plus loin, pour un plus gros marchand etc…. Et l’on se dirige, jusqu’à Khartoum, pour vendre ces esclaves qui marchent dans des conditions épouvantables. Les scènes sur l’esclavage sont impressionnantes, dignes de « Racines » (Alex Haley) et de tous les très bons romans sur l’esclavagisme. Véronique Olmi est donc tombée sous le charme de cette jeune femme car, pour Bakhita, le plus grand drame de sa vie, c’est d’avoir été volée mais, c’est surtout d’être d’une très grande beauté. Et, finalement pour elle ce sera très compliqué. Elle aura plus de cinq maîtres, va être violée, battue, sa vie sera vraiment très difficile.

Elle vivra, en ne pensant qu’à sa maman qu’elle a perdue, oubliant progressivement tous ses souvenirs. Elle ne se souviendra même plus de son prénom ni du nom de son village. On lui vole son identité. Tous ces malheurs finalement forment un écran noir. Elle ne gardera qu’une chose… : la volonté de RE-SIS-TER, en ayant l’impression que sa maman surtout, et que certaines de ses amies lui tiennent encore la main, sa main.

Elle a toujours eu cette passion pour les enfants. Elle est lumineuse. Sa vie va se trouver  modifiée, le cours de son existence va changer lorsqu’en 1885, le Consul d’Italie va la ramener dans des conditions rocambolesques. Arrivée à proximité de Venise, elle croisera des personnes très importantes. Ce sera une seconde chance pour elle, puisqu’elle apprendra à lire, à parler difficilement l’italien. Elle va rentrer dans un couvent, se convertir puis finalement prendre le voile, devenir Sainte Joséphine Bakhita. Elle sera même canonisée par Jean-Paul II, en l’an 2000.

Une histoire de femme invraisemblable. La couverture de ce livre est magnifique : c’est la photo de Bakhita. Un personnage qui a complètement chambloulé la vie de Véronique OLMI qui nous offre un livre lumineux, merveilleux, plein de bonté, plein d’ouvertures aux autres, à la fois de souffrance et surtout de cette volonté de toujours faire le bien autour de soi.                                

Vraiment, un personnage hors norme !.

– CB : Dans une récente interview, Véronique OLMI décrit Bakhita comme une femme complexe, pétrie de force…

– MAD : Exactement. Parce que, pour résister à la vie qu’elle a eue, pour résister à cet acharnement, à cette violence, à ces privations, il fallait avoir une petite étoile au-dessus de la tête : sa maman ! Je pense qu’elle a rencontré, lorsqu’elle est arrivée en Italie, une famille, un réconfort extraordinaire qu’elle a trouvé, dans la religion. Elle a pu, après avoir enduré tant de souffrances, donner aux autres.

On peut donc parler de l’histoire merveilleuse de cette jeune esclave, BAKHITA !

Réécoutez Charlotte Bouniot (CB) et M. Adélaïde Dumont (MAD)  en cliquant ici ! 

Marie-Adélaïde/M. Christine

« BAKHITA » – 455 pages – Prix : 22,90 €uros – Véronique Olmi est l’auteur de nouvelles, de théâtre, d’une bonne dizaine de romans dont : « La promenade des russes » (2008) – – « Le premier amour » (2010) – « Cet été-là » (2011) aux Editions Grasset – « Nous étions faits pour être heureux » (2012) – « La nuit en vérité » (2013) – « J’aimais mieux quand c’était toi » (2013) – Editions Albin Michel

 

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L’école buissonnière – Nicolas Vanier – XO Editions –

l'ecole buissonnière nicolas vanierQue c’est beau ! Que c’est magnifique !

Un hymne à la nature, à la forêt, à la campagne, aux animaux sauvages…, à la liberté, en pleine Sologne.

« Au bout de l’allée forestière, là où la brume avait avalé le monde, quelque chose émergeait lentement, une chimère grandissant comme dans un rêve. Un cerf immense déchira le brouillard, sa ramure était si ample que, pendant un instant, Paul crut que l’ombre l’avait décuplée… »

Paul est un petit garçon de dix ans, il vit seul avec son père dans la banlieue parisienne. Sa maman, Mathilde est décédée à sa naissance. C’est alors que Jean, son père, cheminot à la Compagnie des chemins de fer, est réquisitionné, il doit se rendre en Algérie pour la construction de voies ferroviaires. Il n’a plus de famille. Il contacte Célestine, la nounou de sa femme défunte afin d’accueillir le petit Paul pendant quelques mois. Paul va se retrouver sur les terres natales de sa mère, en plein cœur de la Sologne. Plutôt habitué à la banlieue, il va faire la connaissance de Borel, époux de Célestine et garde-chasse du domaine du comte de La Chesnaye, de « Totoche » le braconnier puis Bella, cette belle et jeune gitane….jusqu’au jour où il tombera sur un cerf majestueux qu’il voudra protéger des hommes..  (mais, n’en disons pas plus !).

Paul a cette soif permanente  d’apprendre, de découvrir la faune et la flore, le sens de  l’écoute, de l’observation que c’est un réel plaisir d’être à ses côtés.

Une histoire qui rend hommage à l’enfance et à la découverte de la forêt, à travers une écriture tendre et émouvante. Dans ce roman, il sera question de patrimoine, de racines… et l’on s’attachera à tous les personnages. 

Et comme le dit la quatrième de couverture : « Avec ce roman d’apprentissage, Nicolas Vanier nous convie dans cette Sologne mystérieuse qu’il chérit depuis son enfance »

« Une ode à la nature, qui rappelle Maurice Genevoix, mais aussi une réflexion sur l’identité, les racines, l’amitié. Un texte à la fois fort et tendre, loin de l’agitation du monde ».

Un livre très agréable à lire.

Marie-Christine

Nicolas Vanier est l’auteur du film « L’école buissonnière » qui sortira en salles en octobre 2017 et il y aura certainement de très belles images.

« L’école Buissonnière » -xoéditions – Prix 19,90 €uros.

La soeur du Roi – Alexandra de Broca – Editions Albin Michel –

LA SOEUR DU ROI             La Fiction à la rencontre de l’Histoire

    Alexandra de BROCA  présentera son dernier roman : « La sœur du Roi »   Rencontre-dédicace Vendredi 23 Juin à 18hlibrairie DOUCET.

Alexandra de Broca est déjà venue à la librairie, en 2014 avec son excellent « Monsieur mon amour ». Il s’agissait de la vie de la Princesse de Lamballe.

Aujourd’hui, il est toujours question d’une princesse, mais encore plus haut placée puisqu’il s’agit de Madame Elisabeth, la plus jeune sœur de Louis XVI.

Le prologue nous mène tout de suite à la fin que nous connaissons bien : 1794, 20 Floreal de l’An II, Madame Elisabeth va être guillotinée. Un homme, François Dassy qui l’aime depuis si longtemps, assiste à cette exécution pour l’accompagner jusqu’au bout.

Le livre est ensuite composé de courts chapitres qui se répondent en quelque sorte : la vie de la Princesse Elisabeth face à celle de François Dassy.

En bonne historienne Alexandra de Broca a fait toutes les recherches nécessaires pour nous dresser le portait d’Elisabeth le plus proche possible de la réalité.

La Princesse est née en 1764 à Versailles. Elle n’a pas connu ses parents décédés trop tôt. Son grand-père Louis XV est proche d’elle et l’emmène visiter Trianon et ses jardins. Elle est curieuse de tout, admire les très réputés jardins botaniques et restera amie avec le Docteur Le Monnier, médecin et botaniste, qui s’est occupé des jardins.

Le portrait d’Elisabeth est très fidèle. Elle est brillante, très pieuse. Son mode de vie est très loin de celui de Marie-Antoinette.

Tout cela est vrai, fondé sur des éléments historiques mais Alexandra de Broca a voulu nous la montrer moins austère.la soeur du roi 2

Note de l’auteur à la fin du livre :  » Les historiens attribuent à la sœur de Louis XVI une histoire platonique avec un médecin et offrent ainsi l’image d’une femme attachante , loin du souvenir figé d’une princesse pieuse et prude. J’ai pris la liberté d’imaginer leur relation et d’inventer la vie de François Dassy, faute de sources historiques. »

François Dassy est donc botaniste dans les « Jardins du Roy ». Il est aussi protestant et  les difficultés pour le couple ne manquent pas.

Cela fait donc une jolie histoire sentimentale sur fond historique avec tous les personnages connus et bien réels de la cour et aussi sur fond des « Lumières » et de la Révolution qui monte.

Marie-José/M.Christine

« La soeur du Roi » – Alexandra de Broca – Editions Albin Michel – Prix : 22 €uros – 416 pages

Par amour – Valérie Tong Cuong – Editions JC Lattès –

Par-amour-1145462-d256« PAR AMOUR »…. DU HAVRE !

Par amour, magnifique histoire proposée par Valérie Tong Cuong.

« Un amour comme le nôtre, il n’en existe pas deux, ce n’est pas celui des autres, c’est quelque chose de mieux ! ». Lucienne Boyer (1934)

« Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même. » V.T.C. « Valérie Tuong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué, « Atelier des miracles ». Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire. » (4ème de couverture)

V.T.C. nous fait revivre le parcours extraordinaire de deux familles havraises confrontées aux désastres de la Seconde Guerre mondiale, entre Le Havre et l’Algérie en abordant l’Histoire et plus particulièrement celle, peu ou pas connue, des enfants du Havre envoyés en Algérie dans les années 1941, afin de les soustraire aux difficiles conditions de vie.

Emélie et Joffre sont concierges dans une école. Ils ont deux enfants. Emélie s’occupe de l’entretien des locaux qui seront réquisitionnés par les allemands -le mari est dévasté quand il revient du front-. Puis Muguette, la sœur d’Emélie est employée au « Printemps » quand une bombe s’abat sur le magasin. Elle a également deux enfants. Son mari est prisonnier de guerre. Atteinte de tuberculose, Muguette devra partir au sanatorium, tandis que ses enfants traverseront la Méditerranée et seront envoyés pour leur bien, comme tant d’autres enfants démunis ou orphelins,  dans la campagne algérienne.  Des deux sœurs, l’une croit plutôt au Maréchal, tandis que la seconde est plus fragile, moins combattante,  plus soumise à l’ennemi.

A travers l’histoire de cette famille très attachante, l’auteur nous raconte le Havre envahi par les Allemands, le Havre bombardé par les Anglais…. Les Anglais, nos alliés,  eh oui ! Ce sont plus  de 992 avions anglais qui survoleront la ville,  plus de 132 bombardements… et des milliers de bombes qui seront déversées par les alliés sur le centre du Havre. Un vrai déluge détruisant et anéantissant la ville, faisant de nombreuses victimes françaises… (Le Havre ayant été détruit à près de 80 %)

Dans ce roman vraiment passionnant et captivant, nous avons tous les protagonistes : –de Muguette à Emélie, de Joffre à Jean, de Marline à Anton, de Lucie à Joseph-  qui alternativement, au fil des chapitres et selon la chronologie de la guerre, racontent eux-mêmes avec leurs mots,…..tous les maux du quotidien : l’exode, les longues heures de marche,  la séparation, les privations, les secrets, la maladie, tout cela, à la manière d’un journal intime.  Les femmes auront des décisions difficiles à prendre. Quand le 10 juin arrive, il faut faire vite et partir, mais partir où ?  Vers le sud, vers l’inconnu…

Comment s’en sortiront-ils ? Qu’aurions-nous fait à leur place ? Que serions-nous prêts à faire en de telles circonstances ? – Malgré l’amour que l’on porte aux nôtres, serions-nous prêts à les protéger, à les séparer et  comment procéder ?

« Par Amour« , une magnifique histoire que nous propose Valérie Tong Cuong.

C’est très beau, très réussi. Une véritable histoire d’amour, de chagrins, de secrets… Beaucoup d’émotion face à tous ces personnages qui par leur description, leur proximité font qu’ils sont comme des membres de notre famille et pour lesquels nous éprouvons énormément d’empathie, sans oublier « Mouke » le petit chat qu’il faut emmener…., bien sûr !

Des passages superbes et bouleversants.

Un vrai bonheur de lecture.

Marie-Christine  

Valérie Cong Tuong est l’auteur de « Big » Nil Editions et J’ai Lu  (1997 et 1999)- « Gabriel » Nil Editions et J’ai Lu (1999 et 2001) – « Où je suis » Grasset et J’ai Lu (2001 et 2006) – « Ferdinand et les iconoclastes » Grasset et J’ai Lu (2003 et 2006) – « Noir dehors » Grasset et Livre de Poche – (2006 et 2007) – « Providence » Stock et J’ai Lu 2008 et 2010) – « L’Ardoise magique » – Stock et J’ai Lu – (2010-2013) – « La Battle » Les Editions du Moteur (2011) – « L’Atelier des miracles » JC Lattès et J’ai Lu (2013-2014) – « Pardonnable, impardonnable » JC Lattès et J’ai Lu ( 2015-2016)

 

 

 

L’animal et son biographe – Stéphanie Hochet – Editions Rivages –

Hochet_Animal-205x300Du chat, à l’auroch !..

 Stéphanie Hochet sera accueillie à la Librairie Doucet Vendredi 5 Mai à 18 heures pour sa nouvelle publication :

« L’animal et son biographe. »

C’est avec un plaisir sans cesse renouvelé que nous retrouvons  Stéphanie HOCHET qui a pour particularité de toujours écrire des livres différents et qui par conséquent nous surprennent. Lors de son intervention précédente, elle était venue nous présenter « Eloge du chat », un essai très réussi, et un excellent roman intitulé « Un roman anglais ».

Aujourd’hui, lorsque nous prenons en mains « L’animal et son biographe », nous sommes étonnés de voir la représentation d’une énorme bête, taureau-bison-aurochs. Est-ce l’animal dont il est question ?

Au début nous ne le savons pas. Il nous faut nous montrer patients. L’auteure plante le décor. Elle met en scène une jeune écrivaine peu connue encore et qui est invitée dans le Lot pour présenter son nouveau roman, spécialement dans les campings pour des animations dites « littérature en tongs ». C’est l’occasion de parler avec une douce ironie du rôle de l’écrivain, de sa place, de son métier et de tous ces gens qui n’ont rien de mieux à faire que de venir voir en curieux alors qu’ils « n’ont jamais entendu prononcer votre nom et dont certains ne lisent qu’un livre par an, voire aucun ».

Ce n’est pourtant pas désagréable et permet de visiter la région avec un chèque intéressant en plus.

Mais, car il y a un mais, vous vous en doutez, notre écrivaine découvre Marnas « ville hygiénique et charismatique » et son maire, Vincent Charnot, sorte de « gourou » qui l’a pratiquement enlevée et séquestrée agréablement au milieu de nulle part. C’est alors que l’histoire s’assombrit.

Le maire fait visiter à sa quasi prisonnière son « Musée des espèces » où l’on peut voir des animaux empaillées mais aussi des hommes plastinés et une histoire de la taxidermie (thème déjà exploité par Stéphanie Hochet),  un musée des horreurs qui la glace d’effroi. Le but de ce maire qui se veut visionnaire est de lui faire écrire la biographie de l’aurochs qu’il veut recréer comme l’avaient envisagé les nazis.

La jeune femme est effrayée mais aussi subjuguée. Elle va être l’Ariane dans le labyrinthe du Minotaure-Vincent Ferniot.

Ce livre est très puissant, magnifiquement bien écrit. Stéphanie Hochet nous parle évidemment d’un sujet qui la passionne, celui de la place respective de l’homme et de l’animal.

Vous serez tenus en haleine jusqu’au bout en attendant le bouquet final comme dans un feu d’artifice.

A lire absolument !

Marie-Jo/M.Christine

« L’animal et son biographe » Editions Rivages – 200 pages – Prix : 18 €uros.

Stéphanie Hochet est écrivain et critique. Elle publie son premier roman, « Moutarde douce » (Robert Laffon) à l’âge de 26 ans puis « Le Néant de Léon » (2003),  « L’apocalypse selon Embrun » (2004), « Les Infernales » (2005). Elle reçoit le Prix Lilas 2009 pour « Combat de l’amour et de la faim » et a été remarquée pour son « Eloge du Chat »

 

Un été à quatre mains – Gaëlle Josse – HD ateliers henry dougier/littérature –

UN ETE A QUATRE MAINS« Ah ruisseau, cher petit ruisseau/Tu voudrais m’apaiser/Mais sais-tu, petit ruisseau/Ce que l’amour peut faire ? »

Impressionnant ce petit livre d’à peine cent pages !

Un petit livre,  pour un très beau texte !

Gaëlle Josse écrit toujours des petits bijoux. Tous les mots sont cherchés, tous les mots sont justes. Il y a de l’émotion, de la qualité et surtout l’envie d’offrir, de transmettre quelque chose de passionnant aux lecteurs.

Gaelle Josse aime la musique et les arts. Avec ce texte, elle revient encore une fois avec une très très belle histoire qui nous parle de Franz Schubert, le compositeur !portrait schubertComme souvent, son sujet en tête, Gaëlle Josse va écrire autour.  Elle va évidemment broder pour donner sa touche romantique. Le fond de l’histoire est là, on le connaît : – Franz Schubert n’est pas tellement reconnu lors de son existence. Le chantre du romantisme, on connaît le lied de Schubert, puis ses partitions au piano, c’est quelque chose de très intime. Désargenté, Schubert n’a pas eu un succès considérable. De plus, son physique peu attirant, il était de petite taille, un peu contrefait, ses copains l’appelaient « le petit champignon ». Très jeune, il est atteint de syphilis, il meurt en 1828, à l’âge de 31 ans.

Il avait toujours besoin d’argent pour composer. La musique était sa passion et il accepta, pour la seconde fois d’aller donner des cours de musique et passer quatre mois dans la somptueuse résidence d’été du Comte d’Esterazhy. Il quitte Vienne à destination de la Hongrie où le gîte et le couvert lui seront assurés. Invité comme maître de musique, il enseigne le piano et le chant aux deux jeunes comtesses, Caroline et Marie, puis anime les soirées campagnardes, un peu chics.Schubert - Voyages La belle meuniere

Cette seconde session, quatre ans après la première, va être l’occasion de retrouver Caroline, surnommée « Cardine », jeune fille avec laquelle Schubert aura beaucoup d’affinités. Tous deux, ils partageront, échangeront cette passion autour du piano, et surtout le plaisir de jouer ensemble…

Dès le début, ils savent que rien ne sera possible. Il n’a pas d’argent. Il n’est en aucune manière, digne d’épouser cette princesse, mais cela aura été un moment extraordinaire favorisant sûrement l’écriture des nombreux textes romantiques qu’il a composés par la suite.ruisseau

Un texte magnifique et très poétique !

Lisez ce texte, en écoutant « Le meunier et le ruisseau »

(La belle meunière) de  Schubert !

Marie-Adélaïde/M. Christine

Réécoutez l’émission en cliquant ici !

« Un été à quatre mains » – HD ateliers henry dougier – Prix 8,90 €uros

Gaëlle Josse est l’auteur de plusieurs romans très remarqués par les lecteurs et par la presse : « Les heures silencieuses », « Nos vies désaccordées » (prix Alain-Fournier, prix national de l’Audio Lecture) – » Noces de neige ». « Le dernier gardien d’Ellis Island » (prix de Littérature de l’Union européenne) – « L’Ombre de nos nuits » (prix France Bleu/Page des Libraires)…

Les parapluies d’Erik Satie – Stéphanie Kalfon – Editions Joëlle Losfeld –

les parapluies d'érik satie UN PREMIER ROMAN REMARQUABLE, MUSICAL et POETIQUE à la fois.gouttes d'eauStéphanie KALFON, réalisatrice de profession, rend hommage au compositeur Erik SATIE (1866-1925) sans en faire la biographie dans ce livre très original intitulé : gouttes d'eau

gouttes d'eaugouttes d'eau« LES PARAPLUIES d’ERIK SATIE« gouttes d'eau

Elle a voulu témoigner des moments de la vie du parapluie 7musicien et, en quelque sorte pénétrer dans son esprit grâce à ce qu’il a pu dire ou écrire. En conséquence, la chronologie n’est pas respectée.

Le livre commence en 1901. Erik Satie a 34 ans. Première phrase : « On n’envie jamais les gens tristes ». Il est triste et comment ne le serait-il pas ? Il est dans la misère et sans avenir professionnel. A partir de là, l’auteure remonte les années jusqu’à l’enfance à Honfleur avec trop de morts autour de lui. A Paris, il entre au Conservatoire mais en est renvoyé très vite parce qu’il ne respecte pas les règles. Il voudrait faire évoluer la musique avec l’époque mais c’est trop avant-gardiste.

Il a vécu à Montmartre, a « travaillé » au cabaret du Chat Noir en tant que pianiste (il fallait bien vivre) puis pendant de longues années il occupa une chambre misérable à Arcueil, chambre que l’on ne découvrit qu’après sa mort. parapluie 7 On y trouva 14 parapluies noirs tous semblables, d’où le titre de ce livre bien sûr. « Il passe les 27 dernières années de sa vie dans les bars ». Il boit…de l’absinthe et se détruit peu à peu tout en affichant un humour et une excentricité de façade avec ses costumes de velours tous semblables également.

gymnopédie satieCe livre est très beau et nous renvoie sans arrêt aux oeuvres de Satie, les « Gymnopédies«  ou les « Gnossiennes », par exemple, dont nous connaissons tous les mélodies, à défaut des titres peut-être.GNOSIENNE SATIE

« Assez lent. Assez lent. Très lié et mélancolique. Voyez. Léger mais fort.. Ralentir. Reprendre. grossir. Retenez, je vous prie. Plus lent… »

Ce sont les sons du monde et de la nature qui font sa musique et il n’a pas été compris.

« Tantôt ils font de moi un fou, tantôt ils me représentent comme un être doux d’une platitude qui n’a d’égale que la leur. Peut-être se trompent-ils ? Et cela me fit grande peine. »

C’est poétique, émouvant, excellent !!

Marie-José/M. Christine

« Les parapluies d’Erik Satie » de Stéphanie Kalfon – 140 pages – 18 €uros.

Soudain le large – Julien Decoin – Editions du Seuil –

JULIEN DECOIN   Julien DECOIN, l’écriture semble héréditaire !

Julien DECOIN est cependant très différent de son père Didier DECOIN. On ne peut pas les confondre. Il est assistant-réalisateur et publie ici son deuxième roman  « Soudain le large » aux éd.du Seuil.

Nous sommes à Cherbourg et Charles sauve une jeune femme de la noyade. Il l’a installée dans un bateau amarré au port. Il la veille et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Tous les deux sont mystérieux mais ils ont un rêve en commun : celui de partir en mer et d’atteindre la petite île anglo-normande d’Alderney au large de Cherbourg.
Ce roman est donc un roman d’amour, certes, mais surtout un roman d’aventure où la mer et le bateau tiennent des places d’importance. Certains mots sont d’ailleurs nouveaux pour le lecteur novice dans le domaine et c’est tant mieux car cela entretient  le rêve.

C’est aussi la pointe du Cotentin, La Hague, toute cette partie de la Normandie si familière à la famille Decoin.. Ce sont encore la tempête, la peur, la douleur. N’oublions pas cependant le charme de l’île d’Alderney,  « Ici, on rêve comme nulle part ailleurs ».

Dans leurs bourrasques de vie, dans leur fuite en avant sur des mers déchaînées, dans leurs mystères qu’ils veulent laisser à l’arrière, Charles et Catherine prennent d’énormes risques pour assouvir leurs rêves et prendre un nouveau départ.

Un livre très réussi et vibrant de la poésie des mots.

Marie-Jo/M.Christine
Né en 1985, Julien Decoin, écrivain-réalisateur français a écrit « Un truc sauvage » Ed. du Seuil, en 2014.
 

Le cas Malaussène – Ils m’ont menti » – Tome 1 – Daniel Pennac – Editions Gallimard

malaussenePOUR LES INCONDITIONNELS DE LA FAMILLE !

Ainsi que nous vous l’annoncions sur ce blog, en janvier,

Voici le retour de la saga Malaussène…. ! 

Nous vous confirmons la venue de Daniel Pennac que vous pouvez renconter :  

SAMEDI 18 MARS à 16 HEURES à la Librairie Doucet –      (sur réservation)

Dix-huit ans après le dernier volume**, Daniel Pennac revient avec la saga Malaussène, grand succès des années 8O-9O !

Depuis le début de l’année, c’est évidemment l’évènement littéraire ! Tout le monde y va de sa critique, de son coup de cœur. Je dois reconnaître que c’est merveilleux de retrouver une famille qu’on connaît, des amis… On a vraiment l’impression de retrouver un bout de la famille qu’on n’avait pas vue depuis très longtemps. **1985, « Au Bonheur des ogres », c’était le premier des Malaussène !ogres-pennacla-fee-carabine

Une imagination débordante, une famille tentaculaire qui correspond à des familles recomposées, telles qu’on les rencontre aujourd’hui. On adopte les uns, les autres…On s’occupe des enfants qui passent. Une famille qui marche aux coups de cœur, à l’affection. Coup de cœur, que Daniel Pennac a pour ses personnages pour lesquels, il « avait  envie de savoir de qu’ils étaient devenus ». – Et bien sûr, que nous aussi !…la-fee-2

Daniel Pennac est un auteur très attentionné et heureusement pour nous, ses lecteurs ! Il ajoute en fin d’ouvrage un répertoire avec un rappel des noms de tous les amis perdus de vue…, les enfants dont on connaît la mère, mais pas forcément le père…, mais ils sont là ! Il indique leur présence dans telle ou telle histoire et ce qu’ils ont fait.

– Un arbre généalogique aurait, peut-être, été compliqué…Mais, puisque nous avons la chance de recevoir Daniel PENNAC  ce Samedi 18 MARSj’ai l’intention de mettre à sa disposition un paper-board, afin qu’il nous trace, face à son auditoire,  l’arbre généalogique de toute cette famille !

En tout cas, c’est un moment merveilleux, toujours avec cette verve, cette gouaille de Daniel Pennac. C’est sympathique. Il mène toujours une enquête policière. Le livre commence par l’enlèvement cocasse d’un patron « Lapietà » richissime, grand administrateur d’un groupe financier qui allait percevoir son parachute doré, au moment de prendre sa retraite. Une histoire abracadabrante… Nous suivrons les policiers fétiches de Daniel Pennac « Silistri et Titus » de véritables armoires à glace qui tenteront de mener l’enquête. Voilà, le ton est donné...

L’auteur se fait vraiment plaisir et bien évidemment cela se ressent tout au long de la lecture. Il tient le lecteur en haleine de bout en bout. Il viendra nous transmettre ce plaisir, avec tout le talent qu’on lui connaît, en direct.

A  Samedi 18 mars, à la librairie Doucet,  16 heures !

Marie-Adélaïde/M.Christine

Emission France Bleu Maine à réécouter, en cliquant ici.

Le cas Malaussène – Tome I – Ils m’ont menti. Gallimard – 320 pages – 21€uros

Quelques titres de Daniel Pennac : « Le grand Rex » Editions du Centurion, 1980.- « Cabot caboche » Nathan et Pocket jeunesse, 1982. – « L’oeil du loup » Nathan 1984. – « Au bonheur des ogres » Gallimard, collection Folio 1985. Premier des Malaussène
« La fée carabine » Gallimard Collection Folio, 1987.- « La petite marchande de prose » Gallimard, Collection Folio, 1989. –« Comme un roman » Gallimard Collection Folio, 1992. – « Kamo et moi » Gallimard jeunesse, 1992. – « Kamo, l’agence Babel » Gallimard jeunesse, 1992. –« Kamo, l’idée du siècle » Gallimard jeunesse, 1993.
« Sang pour sang, le réveil des vampires » Gallimard, 1993. –« Monsieur Malaussène » Gallimard, 1995.
« Monsieur Malaussène au théâtre » Gallimard, 1996.-« Messieurs les enfants » Gallimard 1997.
« Des Chrétiens et des maures » Gallimard, Collection Blanche, 1997.
« L’évasion Kamo » Gallimard jeunesse 1997. « Chagrin d’école » Prix Renaudot – Journal d’un corps 2012 – Gallimard

Danser au bord de l’abîme – Grégoire Delacourt – Editions JC Lattès –

danser au bord de l'abimeQue risque-t-on quand on risque tout ?

Grégoire DELACOURT vient d’écrire son 6ème roman. Celui qui l’a rendu célèbre s’intitule « La liste de mes envies ». Il est donc un publicitaire-écrivain et ce n’est pas incompatible.

Ce n’est pas la première fois qu’il se met dans la peau d’une femme. Ici, il est Emma âgée de 40 ans, mariée à Olivier, trois enfants. Ils vivent près de Lille. Elle est heureuse. Peut-être, y a-t-il un peu d’usure dans le couple ? Mais ils s’aiment profondément, même si Olivier ne la regarde plus guère.

En première partie : c’est dans la « Brasserie André » qu’un jour Emma croise le regard d’un homme. Elle sait immédiatement que cet homme est pour elle. Il s’appelle Alexandre et lui aussi la remarque. Ils vont vivre un amour « virtuel », tout est dans l’imagination et c’est tellement vrai en même temps. Ils décident de tout quitter pour partir ensemble mais… (n’en dévoilons pas davantage !)

Cependant, dans les deux autres parties, vous rencontrerez certains personnages étonnants, au grand cœur. Le cœur, l’amour, l’émotion, c’est cela qui est important, comme toujours dans les romans de Grégoire Delacourt. D’aucuns penseront roman « fleur bleue. » Pas du tout. Il s’agit certainement d’un livre qui touchera plus les femmes que les hommes mais la réflexion est profonde.

Qu’est-ce que le désir ? Peut-on tout quitter pour le satisfaire ? Emma se pose beaucoup de questions. N’oubliez pas, elle aime son mari, ses enfants, et elle est déchirée. Peut-on aimer deux hommes à la fois, sur des registres différents ?

L’astuce de l’auteur est d’avoir choisi « La chèvre de Monsieur Seguin », d’Alphonse DAUDET, comme fil rouge. Emma, c’est la petite chèvre, Blanquette qui aimait Monsieur Seguin mais recherchait la liberté. Emma, comme Blanquette, veut « Danser au bord de l’abîme »

C’est un très joli roman de Grégoire DELACOURT. Comme d’habitude l’écriture est élégante : des phrases qui pourraient devenir des maximes. Nous admirons aussi sa finesse et sa délicatesse pour aborder et traiter les sujets les plus délicats. Une réussite et un vrai plaisir de lecture.

Marie-Jo/M.Christine

Quelques ouvrages de l’auteur : « L’écrivain de la famille « (2011) – « La liste de mes envies » (2012) – « La première chose qu’on regarde » (2013) – « On ne voyait que le bonheur « (2014) – « Les quatre saisons de l’été » (2015)