Dans la forêt – Jean Hegland – Editions Gallmeister – Collection nature writing

dans la foret UNE QUESTION DE SURVIE !

Nellie et Eva sont deux sœurs (17 et 18 ans) vivent en Californie dans une grande maison en bordure d’une immense forêt  qui les sépare de la ville.  Puis au fil du temps, le confort disparaît, ( eau, gaz, électricité, internet, radio, téléphone : tout disparaît !) Alors que leurs parents sont décédés, elles vont devoir  faire face et apprendre à survivre, seules.

Elles qui  ne voyaient cette forêt que comme une barrière avec la ville, vont découvrir  ce territoire et les bienfaits qu’il dispense  avec un autre regard. Une question de survie qui fait réfléchir car, si effectivement, tout nous manquait, si le matériel, si la modernité venaient à disparaître, si tout nous laissait tomber, que deviendrions-nous ? Enfin, soyons optimistes, faites comme Nellie et Eva, c’est la « débrouillardise » et tout peut redémarrer… Laissez-vous happer par ce livre-refuge et, tout en la respectant,  enfoncez-vous dans la forêt pour y vivre douillettement, faites comme ces deux sœurs,  apprenez à vivre, à survivre,  tout comme Nellie, qui apprendra même à connaître les plantes médicinales, afin de soigner sa sœur !. Nous suivons Nellie et Eva tout au long de leur histoire, nous vivons à leurs côtés, dans la plus grande simplicité. Après avoir connu de belles heures aux côtés de leurs parents,  elles apprennent surtout  à se contenter de peu de choses…

Un livre magnifique, très émouvant. Un texte poétique, plein d’espoir !

« Jean Hegland est née en 1956 dans l’Etat de Washington. Après  avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur et se lance dans l’écriture. Son premier roman, « Dans la forêt »  paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant . Elle vit aujourd’hui au milieu  des forêts du nord de la Californie et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture. »

M. Christine.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josette Chicheporte – Ed. Gallmeister – 302 pages – 23,50 €

Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley – Hannah Tinti – Collection du monde entier – Editions Gallimard

12 BALLES DANS LA PEAUUne épopée exaltante à travers les Etats-Unis,  histoires à mi-chemin entre celles de Bonnie and Clyde, un univers à la Tarantino  et les frères Coen.

Un western des temps modernes, un road-moavie extraordinaire basé sur l’ amour d’un père pour sa fille, pour la tristesse de la mort prématurée de sa femme et pour le fait qu’il a envie plus que tout de protéger sa fille.

Samuel est un chic type, il a travaillé pour  récupérer les affaires des brigands, les impayés ou les livraisons mal orientées, voire de l’argent…On appelle ça un preneur. Et pour ça, il a pris 12 balles dans la peau et c’est ce qu’il va nous raconter.

Maintenant, il vit avec Loo, 13 ans, c’est sa perle, son bonheur. Malheureusement, sa maman est morte trop tôt. On comprendra pourquoi. Il a pas mal bourlingué puis il est revenu se  fixer au bord de la mer, pas très loin de la grand-mère de Loo –  Il va  nous raconter sa vie actuelle, la vie de Loo. C’est une dure à cuire. La première chose que Samuel lui apprend, c’est tirer à la carabine,  au fusil,  au colt. Elle sait se battre comme pas une ! C’est une jolie fille, un  chat sauvage, une écorchée vive.

C’est passionnant, c’est émouvant. Très belle leçon d’amour filial, une leçon d’amitié parce qu’autour de Samuel, il y a Jove. C’était le copain des coups tordus mais il va lui rester fidèle jusqu’au bout.  Puis,  il y  a l’affreux King,  le type qui leur donnait du travail mais avec qui il a décidé de se fâcher une bonne fois pour toute. On  va se prendre au jeu de la très jolie histoire d’amour, de l’affection d’un père pour sa fille, des paysages qu’ils vont traverser, des façons de vivre extraordinaires.

Ils savent déménager en une demie-heure, top chrono ! Et avec ça, il donne la part belle  à la vie, proche de la nature, la chasse, la pêche, les grands espaces. C’est absolument génial. Une très très belle découverte, ça vous fait voyager.

C’est un livre que vous avez envie de parcourir à toute allure pour connaître  pourquoi  Samuel Hawley s’est pris douze balles dans la peau et pourquoi il n’y en aura plus jamais d’autres !

Réécoutez l’émission en cliquant ici.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Mona de Pracontal – 448 pages :  Prix : 23 €uros

 
 Marie-Adélaïde/M.Christine

 La vie rêvée de Virginia Fly  – Angela Huth – Editions Table ronde – Quai Voltaire –

la vie revee angela huth                Un roman tellement « british »!

Ce roman a été écrit en 1972 alors que l’on parlait beaucoup de la libération de la femme. Certains le trouveront peut-être un peu lent et désuet mais il est pourtant déjà très moderne et il n’y a qu’un écrivain britannique, particulièrement une femme, pour écrire ainsi.

Voici donc « La vie rêvée de Virginia Fly ». Virginia, 31 ans habite chez ses parents, dans le Surrey, non loin de Londres. Elle est institutrice, appréciée de ses élèves et toujours vêtue de gris ou de couleurs ternes. Sa vie est « moyenne », pour rappeler le mot toujours présent dans les conversations de son père. Sa mère est envahissante, pleine d’ « usages » et de conseils.

Virginia ne se rebelle pas et pourtant elle rêve, elle qui est toujours vierge à 31 ans.

Début du livre : « Virginia Fly se faisait violer, en esprit, en moyenne deux fois par semaine. Ces assauts imaginaires survenaient n’importe quand dans la journée(…). Ils s’évanouissaient aussi vite qu’ils surgissaient, sans laisser sur elle aucune trace néfaste. Elle avait cette vision merveilleuse d’une main d’homme lui caressant le corps… »

Pouvait-elle trouver le séducteur de ses rêves ? Ce ne pouvait pas être son ami Hans, le professeur qui l’emmenait au concert. Peut-être Charlie, son correspondant américain qui va venir après 12 ans d’échanges épistolaires ? Saura-t-il assouvir ses fantasmes ?

Les événements, racontés de manière plutôt cocasse, la laissent, hélas, toujours plus seule, mais…!

C’est très finement observé.

« Un roman à la fois tendre, un peu cruel et d’un humour malicieux. Angela Huth sait découvrir les sentiments et les pensées cachées des âmes troublées ». Elle les dévoile dans ce style fait de retenue et d’audace à la fois.

A vous d’apprécier et d’y prendre plaisir.

Marie-Jo/Marie-Christine

Angela HUTH est anglaise, journaliste, auteure de nombreux ouvrages. « Les filles de Hallows farm », est un des titres qui l’a fait connaître en France en 1997.  Neuf autres ont suivi où l’on retrouve la même étude psychologique des personnages et la même ironie très « british ».

« La vie rêvée d’Angela Huth » –  Littérature anglo-saxonne -Traduit par Anouk Neuhoff –  218 pages – Prix 21 €uros –

 

Kaboul express – Cédric Bannel – Collection La bête noire -Editions Robert Laffont –

004690021Une enquête de Nicole Laguna et du qomaandaan Kandar

Il y a d’abord ces mots :  » Zwak, afghan, dix-sept ans et l’air d’en avoir treize, un QI de 160, et la rage au coeur ». En lisant juste cette phrase, on se dit que ça a l’air très fort ! Que ça décoiffe ! Oui,  c’est  très fort…et jusqu’au bout !

En fait, Cédric Bannel en est à son troisième livre de la série, avec le qomaandaan, un ancien officier de Massoud. Nous sommes en Afghanistan. Il est entré dans la police depuis.  C’est un  type fort, intègre, il est pachtoune. Il y a « un code d’honneur ».

Dans ses romans policiers,  on suit de nos jours la façon de vivre des afghans. Certains talibans sont encore là. Il y a des factions plus soft qu’il n’y eut…, quoique. Et puis surtout,  il y a le régime mis en place, la corruption, la difficulté à vivre,  puis le travail que certains policiers essaient de faire. On suit donc les enquêtes d’Oussama Kandar. Sa femme est une femme évoluée, elle ne porte pas le voile. Elle est gynécologue à l’hôpital. Enfin, ils évoluent dans un milieu intéressant et les enquêtes de Cédric Bannel sont à couper le souffle. Alors, âmes sensibles s’abstenir !.  Mais, cette fois encore, on se dit qu’il connaît bien le pays et les gens qui travaillent là-bas, d’avoir autant de renseignements pour étoffer ses histoires. (Beaucoup de travail autour de ses livres)

Kaboul Express est le nom de la filière des talibans afghans qui repartent, rejoignant la Syrie puis les forces de Daesh. Et c’est l’histoire de ce garçon Zwak qui veut se venger… Il a une date : le 2 Mai !.  Il a quinze jours pour mettre en œuvre sa vengeance.

La police de différents pays, tels que la France avec Nicole Laguna (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), l’Afghanistan, la Grèce, la Roumanie,  la Turquie –car tout le monde sera concerné- ont  quinze jours pour déjouer le projet d’attentat qui promet d’être terriblement meurtrier. Zwak a conçu un système d’explosion cumulée avec du gaz dans des conditions épouvantables. C’est un enfant-adolescent surdoué. Il écrit à l’envers comme Léonard de Vinci, devançant surtout de nombreux professeurs de grandes universités,  de tous continents. Parce qu’il a un projet de vengeance absolument terrifiant…., on va voir comment il rejoint la Syrie, comment ses filières fonctionnent, comment il repasse avec ses camions par la Grèce, la Roumanie, la Turquie…

C’est  à la fois terriblement concret, hyper réaliste, malheureusement…

On s’évade dans un polar absolument fabuleux avec deux héros qui valent le coup. On peut comprendre aussi qu’il soit difficile pour certains de se  plonger dans  ce genre d’ambiance…. :  ne soyez pas trop sensibles !

Marie-Adélaïde/MChristine

Cédric Bannel a écrit : La Menace Mercure (2000) – Elixir ((2004) – L’homme de Kaboul (2011) – Baad (2016) aux Editions Robert Laffont

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Dans une coque de noix – Ian Mc Ewan – Editions Gallimard – du monde entier –

UNE HISTOIRE FŒTALE   « Dans une coque de noix »

– Mad : 004772372Quand on parle de coup de cœur, c’est un véritable petit bijou ! Une comédie grinçante, à l’humour noir, terriblement british ! L’histoire est assez classique. Nous sommes dans un couple adultère, il y a un mari, une femme, son amant. La femme et l’amant décident de supprimer le mari pour hériter de la maison qui a une grande valeur. 

DD :« Tout à fait classique comme situation !

– Mad : Ça se complique un peu puisque l’amant est le frère du mari….

DD : Ah, oui..…-

– Mad : Et alors ce qui est absolument merveilleux et cela ne peut sortir  que de l’imagination fertile d’un auteur. Celui qui va essayer de tout faire pour défendre le mari, c’est le fœtus, dans le ventre de sa maman. …….

DDAh, oui ! On sait de qui il est, ce foetus ? 

Mad Très classiquement, ……du mari ! – Très gentiment le futur bébé fait tout ce qu’ il peut pour le défendre car il n’a pas du tout  envie de naître d’une criminelle, dans une prison et qu’il est  quand même assez attaché à ce papa.

– Habituellement, je ne vous lis jamais de passage mais là, il y a juste la première ligne, qui est à découvrir….c’est le début du livre : « Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. »

Ce fœtus pense et réfléchit beaucoup, sa maman écoute beaucoup de podcasts, il réfléchit sur le réchauffement climatique, sur les problèmes de société. Malgré lui il goûte du vin, et du bon, sa maman boit pas mal pour une jeune maman enceinte.  Et il n’a que de faibles moyens pour se faire remarquer :  il donne des coups de pieds, il essaie de  bouger, de se retourner. Il va tout faire pour empêcher ces affreux criminels de mettre leurs projets à profit.

  • DD : Mais c’est malin, on sent effectivement ce petit côté humoristique. Il y a plein de choses qu’on peut se permettre dans l’écriture comme le fait le fait de boire ou de tuer les gens.
  • Mad : Ils ne se priveront ni de l’un ni de l’autre !

C’est très bien fait, c’est très intelligent ça revisite très simplement l’histoire d’Hamlet, écrite par un autre grand britannique assez doué,  puisqu’il s’agissait de deux frères se poursuivant de leur vindicte !

Et, ça s’appelle « Dans une coque de noix » Traduit par France Camus-Pichon – Editions Gallimard- du monde entier – 224 pages – Prix : 20 €

Marie-Adélaïde/M-Christine

(interview de Delphine Dugros DD avec Mad (Marie-Adélaïde Dumont) ) – Réécouter l’émission en cliquant ici

Ian Mc Ewan est l’auteur de : « Sur la plage de Chesil » (2008), Gallimard « du monde entier » – « Solaire » (2011) Gallimard « du monde entier » Sur le réchauffement climatique – « Opération Sweet Tooth » (2012) -Gallimard « du monde entier » – « L’intérêt de l’enfant » (2015) Gallimard « du monde entier »

 

Les filles au lion – Jessie Burton – Editions Gallimard (coll. Du monde entier) –

LES FILLES DU LION                            Un roman irrésistible  !

Voici donc le 2ème roman de Jessie BURTON, cette auteure anglaise, également comédienne, qui a conquis le monde avec « Miniaturiste ». Si vous ne l’avez pas lu, précipitez-vous, c’est incontournable !!!

Le titre original de ce nouveau livre : « The muse »  correspond tout à fait à l’histoire. Les éditions Gallimard ont préféré « Les filles au lion » et c’est bien aussi.

Nous sommes en 1967. Odelle vient des Caraïbes et vit depuis quelques années à Londres. Elle vend des chaussures mais rêve de devenir écrivain. La chance lui sourit lorsqu’elle est engagée dans une galerie d’art, au service de Marjorie Quick, personnage quelque peu hors du commun et mystérieux.

Elle rencontre également Lawrie Scott, un jeune homme qui a hérité de sa mère un tableau lui aussi mystérieux.

Marjorie semble troublée par cette toile et Odelle se décide à enquêter. Le tableau représente deux jeunes filles et un lion, d’où le titre français. Qui est le peintre ? Qui a servi de « muse » ?

Au fur et à mesure des découvertes l’auteure nous fait remonter dans le temps, en 1936, en Andalousie.

Nous faisons alors connaissance d’Olive et de Térésa qui ont une très grande importance dans le roman. Nous rencontrons aussi une famille anglaise, en vacances dans une très belle propriété et un jeune peintre. Il se nomme Isaac Roblès et va participer aux débuts de la Guerre d’Espagne. Est-ce lui le peintre du tableau ?

C’est donc une page d’Histoire que nous fait revivre Jessie BURTON. L’art est aussi omniprésent avec ses émotions et toute sa puissance créatrice. C’est, comme dans son premier roman son thème de prédilection .


Un très bon moment de lecture et n’oubliez pas « Miniaturiste » !!

« Les lecteurs de « Miniaturiste » ne seront pas déçus ». (The Times)

Marie-José/M. Christine

« Les filles au lion » traduit par Jean Esch 496 pages : 22,50 €uros –

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Jessie Burton est l’auteur du premier roman : « Miniaturiste » traduit par Dominique Letellier – 504 p. – 22,90 € – ou collection Folio – 8,20 €

Marx et la poupée » Maryam MADJIDI -Editions Le Nouvel Attila-

MARX ET LA POUPEE   « JE NE SUIS PAS UN ARBRE, JE N’AI PAS DE RACINES »

Cette phrase, superbe, appartient au roman autobiographique de Maryam MADJIDI, intitulé « Marx et la poupée ».

Les parents de Maryam sont iraniens et communistes. Ils vivent à Téhéran et vivent en même temps la révolution. Maryam a six ans quand elle suit ses parents en exil à Paris.. Nous sommes alors en 1986.

Maryam revit ses souvenirs dans ce beau récit jusqu’en 2012 et, à l’âge adulte ils deviennent presque des « Il était une fois ».

Le thème principal est donc l’exil avec l’abandon du pays, le manque de la grand-mère restée là-bas, la perte des jouets que la petite fille ne peut pas emporter et surtout la perte du persan au profit du français.

Au gré et au rythme des séjours à Pékin, à Istanbul, des allers-retours à Téhéran, l’équilibre va enfin s’installer entre le passé et le présent. La poésie, omniprésente y contribue pour beaucoup.

« Il était une fois/ Un mot/ Sans cesse répété/ Etalé sur la surface de la terre/ Noyé au fond des yeux/ Glissant lentement sur l’eau/ Rythmé par les battements du cœur/ Il était une fois (….) Souffle/ Souffle/ Vent de ma vie/ Souffle/ Souffle/ Et fais durer les souvenirs. »

C’est très beau, très fort, parfois même violent mais aussi plein d’humour, avec une première de couverture originale et très poétique qui annonce cette très belle écriture.

Un premier roman particulièrement réussi.

Marie-Jo/M-Christine

« Marx et la poupée » – Maryam Madjidi – Le Nouvel Attila – Prix : 18 €uros

Sainte Caboche – Socorro Acioli -Editions Belleville –

le-mans-la-bresilienne-socorro-acioli-en-vo-chez-doucet-le-31-mars_0Magie, rêve et amour dans ce roman brésilien : « Sainte Caboche« 

« Après avoir parcouru pendant des jours et des nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte, à étrange forme de tête. »

Avec « Sainte Caboche«  de Soccoro Acioli, nous partons pour une magnifique promenade au Brésil ! cactus

D’abord, saluons cette toute jeune maison d’édition créée par deux jeunes femmes, globe-trotteuses, qui ont posé leurs valises dans différents pays, profitant de nous rapporter à chaque fois des livres, dont voici le tout premier, ce « Sainte Caboche », un conte baroque, onirique, absolument merveilleux. Soccoro Acioli  a participé à des ateliers d’écriture, puis a été remarquée par un auteur assez connu et prometteur… :  Il s’agit de  Gabriel Garcia Marquez qui l’a beaucoup encouragée à écrire son premier roman et c’est un véritable régal.

Nous allons suivre les aventures de Samuel, un très beau jeune homme, qui vient de perdre sa maman. Tous deux vivaient de manière assez misérable, à proximité d’un couvent. Au moment de sa mort, elle lui a donné trois consignes : -d’aller déposer trois cierges aux pieds de trois saints importants, notamment un,  dans la ville de Candéia, se situant très loin de chez lui, puis de retrouver sa grand-mère paternelle, et par le fait même, son père qui a disparu avant la naissance de Samuel. Il  accomplira cette promesse, arrivera à destination, mais dans des conditions pitoyables, très amaigri, sans argent, pas de quoi subvenir à ses besoins… Tout le monde le rejette. Sa grand-mère ne lui ouvrira même pas sa porte. Le temps est menaçant, elle  lui indiquera seulement une grotte, comme seul refuge.

En fait, cette grotte n’est autre qu’une tête ! « une caboche », la fameuse « Sainte Caboche », de Saint-Antoine qui n’a jamais réussi à monter sur la statue de 20 mètres de haut, ce fameux Saint-Antoine. Dans cette tête, il va arriver, mordu par les chiens assez faméliques, dans un état épouvantable ! Il va se rendre compte qu’il entend les prières de toutes les femmes du village de Candéia, ces femmes cherchant l’âme sœur pour se marier. A l’aide d’un jeune garçon du village, il va donner un petit coup de pouce au destin et permettre certaines rencontres. Puis par la même occasion, se renflouer,  faire gagner de l’argent à tout le village. C’est merveilleux !

Il devient ange-gardien, Il devient marieur. Il va rencontrer sa famille parce que tous les secrets sont là. C’est aussi un livre sur les secrets de famille. C’est un merveilleux livre d’amour parce qu’il n’échappera pas à la règle. Vous trouverez des malversations,  un maire véreux, une femme très désagréable, des jeunes filles absolument délicieuses dont une fameuse « madeinusa » qui en fait s’appelle « made in USA ». C’est le côté farfelu de notre auteur. C’est super !

Un petit détail à ajouter :  sur certaines pages, vous trouverez un petit icône permettant de se connecter sur le site des maisons d’éditions et l’on y découvre des photos, des images, de la musique, des recettes de cuisine.

CB : Ah ! « Quand le numérique s’associe à la littérature ! – Donc, avec Belleville Editions, cette histoire qui a l’air un peu folle mais avec de vrais sentiments »….

Et quelle chance, avons-nous ! Cet auteur présente au Salon du livre à Paris, s’arrêtera au Mans pour une rencontre à la LIBRAIRIE DOUCET VENDREDI 31 MARS à 18 H.

Marie-Adélaïde/M.Christine

Pour réécouter l’émission de Charlotte Bouniot (CB) en compagnie de Marie-Adélaïde Dumont, cliquez ici

Sainte-Caboche de Socorro Acioli – Traduit du portugais (Brésil) Régis de Sà Moreira – Editions Belleville. 242 pages – 19 €uros

Les mots entre mes mains – Guinevere Glasfurd – Editions Préludes

LES MOTS DESCARTESLA SERVANTE ET LE PHILOSOPHE 

« Les mots changent tout, même ce que je pense ».

Hexagone, quel mot étrange ! Si on pouvait le manger, il aurait un goût de cerise. »

Une servante hollandaise devenue la compagne de René Descartes (Eh oui !…..Descartes, le philosophe). C’est un épisode méconnu de la vie de Descartes que Guinevere Glasfurd nous dévoile. Nous sommes au XVIIème siècle, à Amsterdam. Helena Jans van der Strom vient d’un milieu très modeste, elle est intelligente, très avide de connaissances. Cette jeune femme  en avance sur son temps est autodidacte, fascinée par les mots. Elle a appris à lire et à écrire seule. Elle travaille comme servante chez un libraire, Monsieur Sergeant. Un jour débarque René Descartes  chez son ami, libraire, qui l’héberge. Descartes tombe amoureux de la servante. Très vite une complicité va s’installer entre la servante et Descartes qui en fait sa maîtresse. Un enfant naît, une petite fille prénommée Francine, mais il ne change rien à sa vie :   Descartes est plongé dans ses écrits (nous sommes au moment de l’écriture et de la publication du « Discours de la méthode ») et Héléna attend patiemment, toujours amoureuse des mots, toujours avec  son appétit de vivre et la même soif d’apprendre.DESCARTES

Ils n’ont pas le même statut social ni la même religion. Le « Monsieur », comme elle l’appelle est catholique. Héléna est protestante. Il voit Hélèna quand bon lui semble et lui apporte son aide matérielle.

Guinevere Glasfurd fait revivre Amsterdam en 1630, sur fonds de l’époque du « siècle d’or », ce passé où les femmes n’avaient pas d’autre fonction que faire le ménage si elles étaient issues de milieu modeste, ou n’être qu’épouse ou mère. ! Elle resitue les personnages dans cette période, s’appuyant sur des faits réels, car c’est bien une  histoire d’amour véritable, mais ô combien compliquée…Une époque complexe, peu favorable à l’émancipation des femmes.

Un premier grand roman très passionnant, plein de passion et de surprises. La lecture et l’écriture, l’encre et le papier tiennent une place centrale dans ce livre car c’est ce qui va lier le philosophe et la servante. C’est un roman  captivant, troublant et à la fois bouleversant.

Bravo à Guinevere Glasfurd qui fera battre votre coeur ! Vous pourrez rire et pleurer…. C’est une belle histoire d’amour, un très beau roman historique qui devrait vous ravir car vous vous attacherez à Héléna, la principale héroïne de cet excellent roman.

Lisez ces « mots entre les mains », vous ne serez pas prêts de les oublier ! Vous penserez longtemps à Héléna puis à Descartes qui vous donnera peut-être envie de cogiter, de relire « Le discours de la méthode », les « Essais » ou les « Méditations Métaphysiques », de redécouvrir, de vous réconcilier avec Descartes tout simplement ! Descartes vu sous un autre jour, moins rigide, moins rigoureux !

Si vous aimez les romans historiques,  l’ambiance d’Amsterdam au XVIIème siècle, si vous avez aimé « La jeune fille à la perle«  de Tracy Chevalier ou « Le Miniaturiste » de Jessie Burton, ce livre est pour vous !

Et comme la première de couverture de ce  livre fait penser aux tableaux de Vermeer, visitez  l’exposition Vermeer  qui se tient au Musée du Louvre à Paris jusqu’au 22 mai 2017 !

Après des nouvelles reconnues, « Les Mots entre mes mains est le premier roman de Guinevere Glasfurd. Très investie auprès des artistes du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud à travers l’Artists International Development Fund, elle collabore également avec l’association de femmes écrivains de l’est de l’Angleterre. Words an Women. Elle vit en bordure des Fens près de Cambridge.

Marie-Christine

Volia Volnaïa – Victor Remizov – Editions Belfond

VOLIAUne plongée dans l’immensité sibérienne-  Un hymne à la nature !

Avec ce premier roman russe « Volnia, Volnaïa », de Victor Remizov, je vous emmène en Sibérie !

Amateurs de grands espaces, de vie sauvage, de nature, de chasse, ce livre est pour vous !  Embarquez-vous dans ce roman absolument extraordinaire ! C’est un mélange entre tradition, chasse ancestrale et puis Russie moderne parce que ça se passe de nos jours.

Allons aux fins fonds de la Sibérie orientale, dans ce petit village de  Rybatchi, presqu’île habitée par les ours, les élans, les zibelines. Nous sommes fin octobre, l’hiver est là, la neige a fait son apparition. Les hommes y sont pêcheurs, chasseurs, braconniers. Ils vont quitter le village pour aller s’installer au plus profond de la taïga, dans leurs isbas. Tout cela est ancestral. Ils font toujours la même chose.

D’abord, ils vont pêcher des poissons qu’ils font sécher afin de pouvoir appâter, attraper des zibelines et différentes bêtes pour ensuite les revendre. Ce qu’ils aiment surtout, et là où ils sont particulièrement très forts : c’est la pêche à l’esturgeon  pour la récolte d’oeufs. esturgeonOn pourrait croire que c’est un marché normal… Pas du tout ! A notre époque, il y a encore énormément de corruption en Russie. La milice locale et ses chefs préfèrent ne pas libéraliser ce marché, dans le but de pouvoir racketter en toute impunité nos chasseurs.

C’est un monde d’hommes virils, « ça boit sec » avec cette vodka qui coule à flots  ! Il y a beaucoup d’hommes dans ce roman, mais les femmes y ont un rôle très important parce que ce sont elles qui continuent à faire fonctionner les maisons, à s’occuper des enfants. Elles restent au village plusieurs mois d’affilée.

CB : »Toujours une femme derrière ces hommes-là ! Mad : Exactement ! sans quoi, ils ne pourraient rien faire sans les femmes…. »

Donc, un beau jour, tout cet ordre bien établi va exploser puisqu’un des pêcheurs va refuser de se faire racketter. C’est-à-dire qu’il va refuser de vendre à la milice ses oeufs d’esturgeon. Il va préférer, contrairement à tous ses principes jeter à l’eau la totalité de sa cargaison. Et là, la guerre va éclater. Vous en saurez plus, en lisant ce livre….

« Volnia, Volnaïa », (littéralement « libre, liberté ».  Il s’agit d’ hommes fiers qui veulent aller au bout de leur vie. Ils ne veulent plus de ce système de corruption. Ça pourrait se traiter encore entre les tenants de la milice, les hommes du village qui se sont tous réfugiés dans la taïga, sauf que le pouvoir en place va décider de faire venir les brigades anti-émeutes de Moscou et tout de suite le combat prendra une autre dimension.

CB « C’est un livre sur une petite révolution qui se joue, et surtout un combat pour la liberté. »

Lisez le premier roman de Victor Remizov qui exerçait le métier de géomètre, de professeur de littérature. Evadez-vous aux confins de la taïga. Allez au contact de cette nature, de ces hommes et de ces personnages hauts en couleurs ! Vous aviez l’habitude de lire sur les grands espaces américains, découvrez la Russie, ce mode de vie si particulier pendant les longs mois d’hiver ainsi que ses personnages si différents qui donnent une consistance toute particulière à cette fresque sauvage.

Marie-Adélaïde/M. Christine

réécoutez l’émission de Charlotte Bouniot (CB) avec M.Adélaïde (MAD) en cliquant ici