L’infinie patience des oiseaux – David Malouf – Editions Albin Michel

l'infinie patience des oiseauxODE À LA NATURE !

Ce roman signé David Malouf « L’infinie patience des oiseaux »  fut publié en Australie pour la première fois en 1982 -(première traduction en France de ce livre, édité en Australie voici 36 ans !!!.)

C’est seulement  début 2018 qu’il nous parvient. C’est une découverte, celle d’un style très sobre, d’un vocabulaire très riche et précis mais également celle d’un poète.

Ashley Crowther, 23 ans, a fait ses études en Angleterre et en 1914 il revient en Australie pour s’occuper de l’immense propriété héritée de son père.

Jim Saddler n’est pas du même milieu, un peu « à la dérive ». Et sur ces mêmes terres il observe les oiseaux, il a 20 ans. Les deux jeunes gens se rencontrent et découvrent qu’ils ont la même passion pour la faune sauvage de l’estuaire et des marais. Ashley demande à Jim de travailler pour lui pour « créer un sanctuaire destiné aux oiseaux migrateurs ». C’est le bonheur pour Jim qui observe tous ces oiseaux à la jumelle, les note, les décrit en s’émerveillant de la carte inscrite dans leurs petits cerveaux pour se rappeler « les routes célestes qui les font migrer ».

Grâce à David Malouf nous apprenons à connaître « l’oiseau-dollar » ou « rolle oriental » qui vient des Moluques… ou encore ces petits « chevaliers sylvains » qui viennent pour la plupart d’entre eux de l’Asie ou de la Scandinavie… poitrine et flancs rayés, ventre blanc, pattes jaunes, le long bec explorant une flaque d’eau en quête de nourriture, soulevant la tête de temps à autre pour émettre ce cri singulier sur trois notes… la cervelle minuscule […] conservait-elle, dans ce petit œil, quelque image du plus vaste monde, en sorte qu’elle pouvait dire « J’étais là-bas ? »… Des énumérations et descriptions magiques.

C’est toute cette première partie qui donne son titre au livre « L’infinie patience des oiseaux » car pour voir et entendre le rossignol il faut aller en Europe.

Et en Europe ils y vont Ashley et Jim parce c’est la première Guerre mondiale dans laquelle ils s’engagent.
Là, ce sont d’autres mots, d’autres énumérations, mais elles expriment la souffrance, les douleurs, l’horreur des tranchées, les blessés, les morts… et même si c’est dur, violent, cela reste beau grâce à la prose de l’auteur. De temps en temps les oiseaux déjà vus en Australie sont présents et le rossignol fait entendre son chant.

N’oublions pas Imogen, une femme plus âgée, installée au même endroit en Australie et qui photographie les oiseaux.
« C’est la trace vivante de cette parenthèse heureuse ».

Calme et beauté de la nature opposés à l’apocalypse avec un sens du détail et du mot juste stupéfiant. C’est un roman bien sûr mais avant tout un texte magnifique »empreint de poésie et de lumière ».

Un livre à lire absolument !

Marie-José/M.Christine

« L’infinie patience des oiseaux » – Traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie – 234 pages – Prix : 20 €uros

David Malouf est considéré comme l’un des plus grands écrivains australiens contemporains. Connu pour plusieurs romans traduits depuis 1986, le dernier paru étant « Une rançon » en 2013. Il a reçu le prix Femina en 1991 pour « Ce vaste monde ».

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L’envers du temps » Wallace Stegner – Editions Gallmeister

l'envers du temps VOYAGE À REBOURS à SALT LAKE CITY.

Pour l’enterrement de sa tante avec laquelle il n’a plus aucun lien, absent depuis plus de quarante ans de cette ville, Bruce Mason (double littéraire de l’auteur) est de retour à Salt Lake City (Utah) où il vécut une partie de sa jeunesse ; l’obtention d’une bourse pour la faculté de droit dans un autre état, comme une bouée de sauvetage, lui ayant permis de vivre sa vie d’adulte, loin des siens.

Ex-ambassadeur à la retraite, il s’est installé à San Francisco, sans femme ni enfants, avec la ferme intention de tirer un trait définitif sur son histoire familiale mouvementée.

Arrivé la veille pour les funérailles, il se rend au funérarium où il est accueilli par M. McBride, l’employé des pompes funèbres qui lui remet une boîte léguée par sa tante, véritable boîte de Pandore qui ressuscite l’adolescent amoureux qu’il était.

Etrangeté du hasard, le funérarium est l’ancien domicile de Holly, premier béguin de Bruce. Il visite l’étage supérieur qu’elle occupait avec deux camarades, un espace maintenant transformé, occupé par le corps gisant d’une vielle dame. Quel contraste avec l’animation qui y régnait en 1929 !…

Holly, il n’avait pas su la séduire, elle le trouvait trop immature. « Puis, quand il était allé vers Nola, l’autre camarade de chambre, seulement quelques semaines plus tard, il avait fait du chemin. Nola était différente, tout à fait autre, il en était tombé amoureux. »

Seul, dans ce pays mormon, Bruce Mason déambule dans les rues familières et convoque tout son passé, se confronte aux souvenirs qu’il croyait oubliés. Il revit son enfance auprès de ses parents, gamin malingre, souffrant d’un sévère complexe d’infériorité, pris entre un père détesté, ancien bootlegger quasi étranger à sa famille et une mère puritaine mais complice de son fils chéri.

Il ravive les virées avec ses amis, Bailey le fier à bras ou Joe Mulder, décisif dans son édification de jeune homme, des femmes qu’il aurait pu épouser…

Ce sera l’occasion pour Bruce Mason de mieux cerner les évènements marquants de sa vie à l’aune des situations d’hier et de régler définitivement son compte à ce passé trop pesant.

Roman dense, sublimement écrit, aux portraits magnifiques, « L’envers du temps » nous parle du temps qui passe à l’échelle d’une vie humaine, véritable voyage à rebours de l’oubli impossible.

 Livre lu et vivement recommandé par Sébastien de la librairie Doucet.

«L’Envers du Temps » – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Eric Chédaille (Gallmeister) – 360 pages – Prix : 23.20 €

Marie-Christine

« Peu connu en France, Wallace Stegner est une référence dans l’Ouest américain. Né en 1909 dans l’Iowa, élevé dans le Montana et à Salt Lake City dans l’Utah. Enseignant à Stanford  puis à Harvard. Wallace Stegner a été le professeur, à l’université de Stanford, d’étudiants comme Edward Abbey, Raymond Carver ou Thomas McGuane. Il est mort en avril 1993 à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, laissant une œuvre composée d’une soixantaine de romans et d’essais sur la défense des espaces sauvages. Lauréat du prix Pulitzer (en 1971), il a également obtenu le National Book Award en 1977 pour « Vue cavalière ». Il est l’auteur de :  « Vie obstinée »« En lieu sûr » « La Montagne en sucre »« Lettres pour le monde sauvage » – Éditions Phébus. »

La dernière confidence d’ Hugo Mendoza – Joaquin Camps- Editions Presses de la Cité –

mendoza-601-2« Un thriller mêlé d’une réflexion sur la littérature, la renommée et l’amour. »

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet nous présente « La dernière confidence d’Hugo Mendoza », livre de Joaquin Camps, dont la  magnifique couverture, aux couleurs fraîches et printanières, a retenu son attention, avec surtout l’envie de le dévorer…. Puis, elle a été complètement absorbée par la lecture de ce livre !…

MAD : – Exactement ! (Un de ces livres confortable, un livre qui ne prend pas la tête, un livre qui fait plaisir et qui fait du bien !)  – Certes, c’est un thriller, il y aura un meurtre, une disparition… Mais d’abord et avant tout, c’est un livre qui se passe dans le monde littéraire parce qu’on va parler d’un auteur. Il s’agit de Victor Vega, professeur de littérature dont il est question, c’est l’anti-héros, le gentil looser. Divorcé, complètement ruiné, il est obligé de vivre en colocation avec ses étudiants pour financer la pension alimentaire. Lors de son temps libre, il joue au poker mais il perd énormément d’argent.  Malgré les menaces de la mafia russe à qui il doit de l’argent puis, les accusations de viol formulées à son encontre par l’une des étudiantes, une mission extraordinaire va lui être confiée par Ana, la veuve du célèbre écrivain Hugo Mendoza, lui permettant de remettre  ses finances à flots. (Il est sympathique, on l’aime bien, Victor !).

Figurez-vous qu’Hugo Mendoza,  brillant auteur, est mort avant même la parution de son premier roman qui s’appelait « Baume« . Cet homme a disparu en mer au cours d’une violente tempête.

Alors que son époux est mort, Ana, sa veuve, reçoit chaque 23 novembre, un paquet anonyme avec un manuscrit écrit par Hugo Mendoza.  Que se passe t-il ? Hugo est mort et enterré ! Il continue à publier des romans qui rencontrent tous, le même succès. (Vous imaginez le bonheur pour une libraire de tomber dans un milieu, comme ça, mafieux, mais littéraire, un auteur extraordinaire…, c’est fabuleux !).

Alors, on présente cela comme des œuvres qu’il avait écrit avant ce premier roman puisque, à chaque fois il y a des mannes financières absolument extraordinaires à chaque tirage. Et donc, cette veuve va demander à Victor Vega de mener une enquête. Est-il vivant ? Est-il vraiment mort ? L’enquête haletante emmène le lecteur à travers l’Espagne, de Madrid à Valence en passant par Barcelone…. Il est aidé par Paloma, ancienne étudiante, une mathématicienne géniale puis sœur Clavier, une religieuse génie de l’informatique. C’est merveilleux !.

Vous passez un moment fabuleux entre des rebondissements à n’en plus finir et il faut aller vraiment jusqu’au bout du livre pour savoir ce qu’il est advenu d’Hugo !

« Salué en Espagne comme le page-turner le plus truculent de ces dernières années. « La dernière confidence d’Hugo Mendoza, réussit le pari de mêler à l’implacable logique du thriller, une réflexion sur la littérature, la renommée et ces projections mensongères qu’on s’obstine à appeler amour. »

JoaquÍn Camps, ce madrilène, professeur d’économie à l’Université de Valence. « La dernière confidence d’Hugo Mendoza »  qu’il a mis cinq ans à écrire, est son premier roman.

Écoutez Marie-Adélaïde de la librairie Doucet en compagnie de Quentin L’huissier en cliquant ici.

Marie-Adélaïde/M.Christine

« La dernière confidence d’Hugo Mendoza » – 651 pages – Prix : 23 €uros

 

 

Une vie entière – Robert Seethaler – Folio poche

la vie entière

Une vie entière en montagne !

Robert Seethaler, l’auteur de « Une vie entière » nous dresse le portrait d’un homme de la montagne, celui de Andreas Egger, un homme simple, droit et authentique.

Nous sommes en 1933, au cœur des Alpes autrichiennes. Arrivé tout jeune dans ce village et cette vallée, Andréas Egger orphelin est recueilli chez un oncle, une brute qui le maltraite. Il gardera d’ailleurs des séquelles,  puisqu’il finira boiteux.

On va suivre cet homme dans les grandes étapes de sa vie d’adulte et de travailleur, jusqu’à sa demande en mariage avec Marie. Andréas est discret, c’est un taiseux !.  Et s’il n’est pas de ceux qui disent les choses, il les vit ;  il est plein de tendresse et de délicatesse. Ce n’est pas un rustre. Cet homme à tout faire, vit très proche de la nature et des éléments, toujours prêt à aider, à rendre service.  Il profite de la vie mais pas plus qu’il ne faut. Sa vie est simple mais bien remplie. Avec l’arrivée de l’électricité, puis des téléphériques dont il participera à la construction, il verra la vallée se transformer, s’ouvrir aux touristes, aux randonneurs, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase. « A son retour, à la place des croix gammées les géraniums ornent les fenêtres des maisons ».

Andréas sera rudement atteint par les aléas de la vie et de l’histoire mais, malgré toutes les épreuves traversées, il nous ramène à l’essentiel.

Vraiment, la vie de cet homme humble nous touche en plein cœur !

Magnifique portrait d’un homme droit et lumineux avec lequel vous partagerez les simples petits bonheurs de son quotidien. L’écriture est sobre, poétique. Beaucoup d’humanité, beaucoup d’émotion à la lecture de ce court roman..    Un personnage attachant et un livre que l’on ne peut oublier !

 Marie-Christine

« Une vie entière » – 145 pages (Folio n°6409) – Prix 6.60 € – Traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes.

Robert Seethaler est né en 1966 à Vienne. Egalement acteur et scénariste, il vit à Berlin. Après « Le tabac Tresniek » (Sabine Wespieser) 2014 qui a rencontré en France un très bel accueil critique et public, « Une vie entière », élu livre de l’année par les librairies d’outre-Rhin, confirme la profondeur de son talent d’écrivain, capable de mener avec une grande simplicité son lecteur au plus près de ses émotions.

« L’écrivain a l’art de rendre ses personnages attachants et le destin de son héros, un cœur simple, est inoubliable. Un conseil : offrez-vous ce petit bijou et ne le gardez pas pour vous ». Anne Michelet, Version Femina.

La Revenue – Donatella Di Pietrantonio – Editions du Seuil

la revenue« A 13 ans, je ne connaissais plus mon autre mère ».

                            Ainsi débute « La Revenue »
La narratrice est adulte maintenant et elle se souvient. Jusqu’à l’âge de 13 ans, dans les années 70, elle habitait en ville, au bord de la mer. Elle était fille unique, avait des amies et vivait dans l’aisance.
Brutalement elle apprend qu’elle n’est pas la fille des gens qui l’ont élevée et aimée. Brutalement, en effet, puisqu’elle doit les quitter pour être rendue à sa famille biologique.

La voilà dans un monde très différent. Elle se retrouve à la campagne, dans une famille nombreuse, pauvre, dans laquelle on parle non pas l’italien mais un dialecte. Elle vit la promiscuité en partageant sa chambre avec ses frères et sa sœur. Elle connaît la violence, les repas maigres et l’absence d’amour. Elle se retrouve « orpheline de deux mères vivantes ».
Pourquoi ce deuxième abandon en quelque sorte ? Qu’a-t-elle fait pour mériter cela ? Que s’est-il passé ?
Ici dans le village, elle est « L’ Arminuta«  (c’est le titre dans ce dialecte des Abruzzes), « La Revenue« . Comment se construire, même si l’on est une excellente élève, quand on se sent différente, quand on ne sait plus qui on est, quand on a personne à qui se rattacher.

Mais si ! Il y a un grand frère, sans doute un peu trop proche d’ailleurs, un autre, un bébé, au retard mental et si attachant et surtout sa sœur plus jeune mais forte, qui sait s’imposer, se révolter et permettre beaucoup de tendresse en devenant sa complice.
« Ma sœur. Une sorte de fleur improbable qui avait poussé sur un petit amas de terre accroché au rocher. C’est elle qui m’a appris la résistance ».

L’ auteure veut aussi ne pas oublier ses racines dans les Abruzzes. Elle nous restitue le terroir auquel elle reste très attachée.

L’écriture est concise, incisive, efficace et aussi pleine de pudeur et de délicatesse.

Ce texte est bouleversant tout en évitant le pathos. Donatella Di Pietrantonio nous livre un portrait d’adolescente qui doit renaître et prendre place dans ce monde qui lui semble détruit. C’est un roman d’initiation et de construction, de reconstruction aussi bien sûr. Pour tout lecteur.

Un texte que l’on ne peut pas oublier !

Marie-José/M.Christine

Donatella Di Pietrantonio est née dans un village des Abruzzes en Italie et a déjà publié deux romans très remarqués, « Mia madre è un fiume » (2011) et « Bella mia » (2014) avant ce dernier  « La Revenue » qui a obtenu le prestigieux Prix Super Campiello 2017.

« La Revenue » – 240  pages – prix :  20€ – Traduit de l’italien par Nathalie Bauer

Terres promises – Milena Agus – Editions Liana Levi

Milena Agus Félicità, quel bonheur !….

 Milena Agus, cet(te) auteur(e) sarde, a commencé à être traduite en français il y a une dizaine d’années, à l’occasion de son roman « Mal de pierres« . (Et si vous ne l’avez pas encore lu, lisez-le, c’est absolument magnifique).

« Terres Promises«  est un roman qui sort en librairie ce 1er mars. De par son écriture, sa poésie, son ambiance, il ressemble beaucoup à « Mal de pierres ». Elle écrit tout le temps sur la Sardaigne mais pas la Sardaigne de l’Aga Khan, la côte Esméralda, les hôtels de luxe etc.. Elle écrit sur la Sardaigne rurale, authentique et rude. Elle parle des gens…

Le roman se déroule entre la fin des années quarante jusque vers les années soixante-dix, quatre-vingt. On va suivre une famille sur trois générations qui auront chacun leur quête de terre promise. Et, on commence avec la grand-mère Ester qui vit dans cette Sardaigne difficile, et ne rêve que d’une chose : aller vivre sur le continent italien ; rêve qu’elle réalisera mais, pour finalement se rendre compte  que ce n’était pas celui auquel elle s’attendait !. C’est une femme aigrie, insatisfaite en permanence. Elle a une fille qui se prénomme Félicità, (bonheur en italien), un prénom qui lui sied si bien . C’est elle qui va porter la famille et le roman… Une femme d’une gentillesse et d’une bonté exceptionnelles. Puis, il y a aussi le fils de Félicita, Grégorio dont le rêve serait de partir à New-York pour y jouer du jazz, en tant que pianiste. On suit donc ces familles qui malgré tout, sont frappées par la pauvreté, la maladie, la mort… Mais, par la présence, par la gentillesse, la bonté et la sérénité de Félicita, elle apaisera beaucoup de choses tout autour d’elle, entraînant avec elle, les gens qui l’entourent, ceux qui sont un peu malveillants, les indécis et les insatisfaits de tout, dans leur vie… Elle va réussir à les emmener avec elle.

C’est un roman magnifique. Il y a beaucoup d’amour, beaucoup de gentillesse, ce n’est pas la gentillesse mièvre et les gens idiots… C’est la bienveillance. C’est fait avec beaucoup d’intelligence et vraiment il y a quelque chose qui se dégage de ce roman. Elle nous parle de la Sarde avec des mots magnifiques.

On a juste envie d’aller découvrir cette Sardaigne authentique et l’auteur dit de son héroïne Félicità, qu’à ses yeux : « C’est elle qui fait que les gentils ne sont pas nécessairement des perdants et que la terre promise est parfois juste au coin de la rue ».

C’est très joli ! A l’image du livre.

Réécoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Charlotte Bouniot, en cliquant ici

Nathalie/M. Christine

Milena Agus, née en 1959 à Gênes d’une famille sarde, est romancière italienne. Elle enseigne l’italien et l’histoire à Cagliari et a publié : « Mal de pierres » (2007) –   « Quand le requin dort » (2010) – « Prends garde » (2015) – « Sens dessus dessous » (2017) -aux éditions Liana Levi.

« Terres promises » – Traduit de l’italien par Marianne Faurobert – 176 pages – Prix : 15 €  –

Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin – Editions de l’Observatoire

le poids de la neigeUne neige omniprésente qui avale le pays et les gens !….

Nathalie de la librairie Doucet nous présente « Le Poids de la neige » aux éditions de L’Observatoire, une nouvelle maison d’édition, créée il y a un peu plus d’un an, qui publie des livres de bonne qualité. Un roman de Christian Guay-Poliquin, auteur québécois.

 « Le Poids de la neige » est son deuxième roman qui paraît en France, un roman assez envoûtant. Nous sommes dans un huis-clos qui vous hypnotise dès les premières pages. Au début, il ne se passe pas grand chose, il faudra attendre le dénouement…. Ce qui est déroutant c’est qu’on est dans un village  enseveli sous la neige, complètement coupé du monde. Il n’y a plus de communication routière, plus de radio, plus de télévision. Ce qui est assez curieux, c’est qu’on ne sait pas non plus dans quel endroit du monde on se trouve. On peut supposer qu’effectivement, c’est au Canada puisque l’auteur est québécois mais en fait, on n’en sait absolument rien ! Tout comme on ne sait pas, à quelle époque on se situe ! Il n’y a aucune indication sur la modernité, sur les éléments. Ce village en retrait de la ville est complètement isolé. Seuls quelques habitants sont restés au village et le manteau neigeux s’épaissit au fil des chapitres…

On va suivre deux hommes qui sont bien malgré eux, confinés dans une maison un peu délabrée, ouverte aux quatre vents….. L’un deux, un jeune homme originaire du village vient, après des années, rendre visite à son père qui malheureusement est décédé avant son arrivée. Ce jeune homme se retrouve piégé dans le village enneigé, à la suite d’un accident. Les jambes brisées, il est secouru par les quelques villageois restés sur les lieux. Il sera confié à un vieux monsieur qui s’appelle Mathias, lequel est arrivé là, par hasard, bloqué lui aussi, par la neige. L’homme âgé a une femme avec qui, il a vécu 57 ans d’amour. Elle est malade et hospitalisée. Il lui rend visite quotidiennement. Alors qu’il a du mal à supporter l’état de santé de son épouse, il décide de prendre quelques jours, de  partir en voiture mais s’est retrouvé bloqué dans ce même village. L’un des villageois (qui est le narrateur) invite cet homme à s’occuper du jeune blessé, à le soigner, à le nourrir…., lui promettant de retrouver sa femme dès lors qu’un véhicule pourra repartir vers la ville…. Tiendront-ils le coup ?

Nous sommes donc là, près du poêle à bois, avec ces deux hommes qui ne se connaissent pas, qui n’ont pas le même âge, pas le même vécu, qui doivent se chauffer tant bien que mal, à s’entraider, à échanger…. Cette cohabitation se passe entre amour et haine, entre attirance et rejet…..

Et je ne vous en dirai pas plus !

On est complètement embarqués par l’écriture poétique de cet auteur et c’est majestueux. Au bout de trois pages vous êtes dans ce livre et vous continuez la lecture. C’est absolument magnifique ! Il arrive à nous faire ressentir -et le titre est assez bien trouvé- le poids de la neige ! Vous savez, ce silence quand il neige, sans aucun bruit…, tout ce qui vous tombe dessus.. Il arrive à nous faire ressentir tout cela, dans ce huis-clos !

Ecoutez Nathalie interviewée sur France Bleu Maine en cliquant ici

Nathalie/M. Christine

Le Poids de la neige a récemment été salué par le prix du Gouverneur général (équivalent québécois du Goncourt) – 260 PAGES – Prix : 19 € – « Le poids de la neige » est son deuxième roman.

Né en 1982 à Saint-Armand (Canada), Christian Guay-Poliquin a publié son premier roman en 2013 : « Le fil des kilomètres » chez la Peuplade. L’ouvrage est paru en France en 2015 chez Phébus et a été réédité par la bibliothèque québécoise.

A LA CLAIRE FONTAINE (Tome 7) – COIFFEUR POUR DAMES (Tome 8) – M. C. BEATON – Editions Albin Michel

A LA CLAIRE FONTAINE ET COIFFEUR POUR DAMES  :  deux ENQUÊTES à suivre !

Vous vous souvenez certainement d’Agatha Raisin, cette nouvelle Miss Marple, version très moderne et très libre, qui a enthousiasmé des milliers de lecteurs en Grande-Bretagne.
Agatha, un rappel d’Agatha Christie bien sûr, des meurtres, des enquêtes et un petit village…des Costwolds, ce qui à tout pour plaire !

A la claire fontaine mcbeaton« A LA CLAIRE FONTAINE »                                                                       « Méfiez-vous de l’eau qui dort ! »

Nous sommes à Ancombe, dans les Cotswolds. Ce village possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits.
Une société veut l’exploiter et ce n’est pas du goût de tous les membres du Conseil municipal. Faut-il s’enrichir et renoncer à la vie paisible habituelle ?
L’eau arrive dans une fontaine par une tête de mort et le Président du Conseil municipal y est retrouvé assassiné.

Agatha enquête bien sûr, aidée par son voisin et ami James Lacey. Cependant le contentieux est sévère entre eux (voir les épisodes précédents) et Agatha décide de se faire embaucher dans cette « compagnie des eaux ».

C’est enlevé, ironique, tonique, moderne, un bon moment de récréation.

coiffeur pour dames mcbeatonCOIFFEUR pour DAMES – « Une enquête à s’arracher les cheveux »

Il s’agit donc du deuxième volume et cette fois-ci nous allons chez le coiffeur. Mr John est un coiffeur extraordinaire qui a le talent de transformer la chevelure de ses clientes qu’il charme par la même occasion.
Agatha n’y résiste pas non plus. Il faut dire d’Agatha, même si elle culpabilise, est un petit peu « cougar » et que la fréquentation d’hommes plus jeunes ne lui déplaît pas. Cela lui permet aussi de moins souffrir du froid qui s’est installé entre elle et son voisin James Lacey auquel elle tient beaucoup.

Mais voilà : Mr John est empoisonné et meurt sous les yeux d’Agatha, dans son salon de coiffure. Agatha enquête tout naturellement, en plus de la police et elle prend des risques.
Les clientes de Mr John ont beaucoup de secrets et certaines semblent avoir eu des liens avec lui. Et que dire du chantage possible ?

De l’humour, un esprit caustique et toujours les ravissants villages de la si belle région anglaise des Cotswolds.

Les deux romans de ce jour vous permettront une détente certaine.

Marie-José/M. Christine

« A LA CLAIRE FONTAINE » – 220 pages- prix : 14 €uros  « COIFFEUR pour DAMES » 275 pages – prix : 14 €uros – « M. C. Beaton – 

Les Délices de Tokyo – Durian Sukeawa – Livre de poche –

sapin brillant 2

étoile argentéeles délices de tokyo23/24 JOYEUX NOEL A TOUS

 Prix des lecteurs Sélection 2017 du Livre de poche.

Quelques douceurs pour Noël…mais japonaises!
Santaro est un pâtissier, marchand de « dorayakei », un gâteau japonais farci de « an », soit une pâte de haricots rouges. Délicieux, paraît-il, encore faut-il savoir le faire!
Une vieille femme l’observe et elle est prête à travailler pour lui…pour presque rien. Elle a les doigts déformés mais réussit merveilleusement bien et les ventes augmentent.
Elle porte un lourd secret et disparaît du jour au lendemain. Santaro veut la retrouver pour percer le mystère.
Outre une leçon de pâtisserie, c’est une leçon de vie qu’elle va lui offrir.

Ce roman qui semble léger est d’une humanité rare en même temps que de la véritable poésie.
Un petit bijou déjà adapté pour le cinéma et dont le texte convient si bien à cette période festive pendant laquelle, tout en se réjouissant, il est bon de penser aux autres.

Prix : 6.90 €uros livre de poche – Albin Michel GF (17.50€)

Merci à tous d’avoir suivi ce calendrier de l’Avent littéraire ! A l’année prochaine !

Toute l’équipe de la Librairie Doucet vous souhaite un JOYEUX NOEL et d’excellentes  fêtes !étoile argentée

 Retrouvez-nous ici sur ce blog dès janvier 2018 ! – Tous nos meilleurs vœux pour 2018 et………. A l’année prochaine !

Les Vies de papier – Rabih Alameddine – 10/18

étoile argentée21/24 Calendrier de l’Avent littéraire !  –  J – 3 avant Noël ! sapin brillant 2

les vies de papierPromenade dans Beyrouth

Prix Fémina étranger 2016

Aaliya Salah a été libraire à Beyrouth. Maintenant, à 72 ans, dans l’appartement où elle a toujours vécu, elle se livre au même rituel chaque 1er Janvier : elle commence à traduire en arabe l’une des œuvres de ses romanciers préférés. Kafka, Nabokov, Pessoa… Tout est entassé dans des cartons, en feuilles volantes, car jamais elle n’a pensé à être publiée. Elle le fait pour elle-même mais c’est inutile en soi.
Le titre original « An un necessary woman » (une femme inutile) est très explicite à ce sujet.
Elle se promène aussi dans Beyrouth, parle de sa vie, des autres « habitantes fantasques » de son immeuble, de ses lectures, de la guerre et de la ville en feu, de Beyrouth imprévisible.

Roman très érudit, à la fois beau te triste, joyeux et drôle et surtout une véritable déclaration d’amour à la littérature.
C’est excellent.

Prix :  8.10 € – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard.

Toute l’équipe de la Librairie Doucet vous souhaite de bons préparatifs et de Joyeuses fêtes de fin d’année !étoile argentéePour ne rien manquer, retrouvez-nous ici jusqu’au 24 décembre !