– Prix Goncourt 2016 « Une chanson douce » – Leïla Slimani -Editions Gallimard –

Le Président du Jury du Goncourt vient d’annoncer le Prix Goncourt qui est décerné à Leïla Slimani pour « Chanson douce ».

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Leïla Slimani était présente sur le stand de la librairie Doucet lors de la 25ème heure du livre.

Une chanson douce… pour un roman glaçant, un roman bouleversant ! Une nounou un peu trop parfaite !

Dès la première phrase, dès le premier chapitre, Leïla Slimani nous prévient, cette histoire est tragique, voire glaçante !…En rentrant plus tôt de son travail, Myriam découvre une scène d’horreur. Son fils Adam est mort et sa fille Mila est à l’agonie. Et nous allons remonter l’histoire….

Après la naissance de son deuxième enfant, Myriam ne supporte plus d’être au foyer. Avocate de formation, elle a envie de reprendre son activité professionnelle. Paul, son mari est réticent mais pas complètement opposé. Surtout que Myriam rencontre un ami avocat qui lui propose de s’associer… Il fait pencher la balance en faveur de la reprise de travail. Se pose bien sûr la question de la garde des enfants. C’est alors le défilé des nounous. Après enquête et de bonnes références, voilà que Louise est l’élue ! Ils embauchent Louise, veuve, mère d’une jeune fille qui ne vit plus sous son toit. Elle fait l’unanimité, les enfants Mila et Adam l’adorent. Louise en fait toujours plus qu’il ne faut ! Tout en restant dans l’ombre, elle sait se rendre indispensable. Très correcte, aimable, aux petits soins, très prévenante avec les enfants et le couple. La perle rare, en somme ! Elle arrive de plus en plus tôt, part de plus en plus tard de sa journée. Peu à peu, Louise fait sa place dans le nid douillet de cette famille unie, la famille Massé, même jusqu’à se glisser dans leur intimité.

Mais quand même, Louise finit par agacer Myriam. Quelques comportements l’intriguent. Entre douceur, rigueur, mine de rien, Louise manipule. Puis elle prend une place trop excessive au sein de ce foyer. Pourquoi s’immisce-t-elle autant dans cette famille ? A quoi joue-t-elle ? Cela devient déroutant pour le couple. Myriam tente de prendre ses distances…A juste titre certes, mais peut-être un peu tardivement !

C’est avec talent et beaucoup de finesse que Leïla Slimani nous embarque dans ce roman bien mené, l’écriture est concise, elle maintient une tension, une pression qui va crescendo. Elle analyse les raisons qui peuvent conduire à commettre l’irréparable. Comment peut-on en arriver là ? Pourquoi ? Que sait-on de Louise, de son passé ?

Au fil des pages, le lecteur se pose également beaucoup de questions, et toutes les pistes sont ouvertes pour tenter de comprendre cette nounou un peu trop parfaite. Analyser ce monde dans lequel nous vivons, cette société avec « nos choix de vie, nos relations, la famille, le rapport à l’argent, la conception de l’amour, de l’éducation, la hiérarchie dans le travail, des préjugés de classe, de culture » etc..

A mi-chemin entre polar et roman noir « Chanson Douce » est un véritable suspense, très prenant et qui ne laisse pas indifférent.

Leïla Slimani a écrit « Le Jardin de l’ogre » Editions Gallimard en 2014.

Bonne lecture !

Marie-Christine

Grand Prix du roman de l’Académie française – « Le dernier des nôtres »-Adélaïde de Clermont-Tonnerre – Editions Grasset-

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 Un livre que Marie-Adélaïde Dumont de la librairie Doucet présentait, avec enthousiasme, sur France Bleu Maine le 20/09 et que vous pouvez réécouter (cliquez ici)

Félicitations à Adelaïde de Clermont-Tonnerre qui a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française jeudi 27 octobre pour son roman « Le dernier des nôtres » (Grasset) attribuée par Hélène Carrère d’Encausse,  secrétaire perpétuel de l’Académie française.
A. Clermont-Tonnerre succède à Hédi Kaddour et Boualem Sansal, lauréats ex-aequo l’an dernier.

« Face à deux titres de Gallimard, c’est Grasset qui l’a emporté. Le dernier des nôtres (Une histoire d’amour interdite au temps où tout était permis) de la romancière et journaliste Adélaïde de Clermont-Tonnerre, paru le 17 août dernier, a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française jeudi 27 octobre.  Elle a été choisie au premier tour de scrutin par 11 voix contre 5 à Benoît Duteurtre « Livres pour adultes » (Gallimard) et et 3 voix à Sylvain Prudhomme « Légende » (Gallimard) ». (Livres Hebdo)

Un livre puissant et émouvant ! (Marie-Adélaïde Dumont)

En cette rentrée littéraire un peu sombre, cela fera beaucoup de bien de lire et de découvrir cette belle histoire d’amour ! Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous entraîne dans cette aventure et  il y a beaucoup de choses dans ce roman !

D’abord, il y a l’Histoire car elle se déroule sur deux époques, celle de la fin de la guerre et le début des années 1960. Une partie se passe à Dresde, sous les bombardements… Dresde est alors quasiment rayée de la carte.

Une jeune femme mortellement blessée va mettre au monde un bébé. Cet enfant sera confié à sa belle-soeur.  Cette belle-soeur va essayer de sauver ce petit que tout le monde veut récupérer. Elle se rapproche d’un homme qui faisait travailler le père de ce petit garçon, et de son mari,  le savant Von Braun, très connu pour la fabrication de missiles, pour l’Allemagne nazie (il n’a pas connu la guerre). Une fois la guerre perdue par l’Allemagne, il part travailler aux USA pour  la NASA, dans les programmes spatiaux.

On suivra  donc cette femme s’occupant de son neveu avec beaucoup de tendresse.

Ensuite, l’autre histoire se déroule dans les années 1960, dans le New-York,  complètement fou à la Andy Warhol, Bob Dylan, très rock’n roll et l’on va suivre les aventures de Werner Zilch. Il est beau. Il a des yeux bleus extraordinaires, il vient d’un milieu simple. Il a été adopté. Il a décidé de croquer la vie à pleines dents. Il  veut faire fortune en construisant des immeubles. C’est le monde de la promotion de biens. Un beau jour, il va voir descendre une jeune femme par l’escalier d’un restaurant. Il voit sa cheville, ses sandales bleues et en  tombe instantanément amoureux !. Voilà l’autre histoire que nous allons suivre…

Sauf que, lorsque cette jeune femme Rebecca va vouloir le présenter à ses parents, sa maman va refuser la rencontre, refuser le mariage et les mettre à la porte.

Maintenant, à vous d’en découvrir un peu plus, de comprendre pourquoi cet amour soi-disant impossible va enfin pouvoir se réaliser. Vous allez avancer dans les deux histoires qui, bien évidemment vont se croiser, avec beaucoup de surprises, beaucoup d’aventures.

Surtout, ne passez pas à côté d’une grande saga comme celle-ci !  ÇA FAIT DU BIEN !…

Ce n’est pas dur. Il n’y a pas d’introspection mais du suspense.  Une belle histoire d’amour à la clef ! On revisite un peu l’Histoire. On se prend d’intérêt, de passion parce que Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous embarque avec beaucoup de sympathie pour tous ses personnages.

Vous passerez un merveilleux et excellent moment avec Werner, Rebecca, le meilleur ami de Werner et le chien de Werner…

Mais sans vouloir en dévoiler trop, on peut quand même dire que les deux histoires se lient complètement ! Pourquoi ?

A vous de le découvrir en parcourant le livre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre.

Marie-Adélaïde/M.Christine – diffusion du 20/09/16 France Bleu Maine cliquez ici

Ghislaine Dunant – prix Femina de l’essai 2016 – Editions Grasset –

louis-jouvet Le prix Femina essai  2016  a été décerné à Ghislaine Dunant pour « Charlotte Delbo – La vie retrouvée » (éditions Grasset) par six voix contre quatre en faveur de Jacques Henric « Boxe » – Editions du Seuil)

« Du côté «essais», c’est le remarquable livre de Ghislaine Dunant, Charlotte Delbo, La vie retrouvée (Grasset), que les dames du Femina ont voulu mettre en lumière. Une évocation de la vie et de l’œuvre de Charlotte Delbo, mémorialiste engagée et résistante rescapée d’Auschwitz. «Un jour dans ma vie, écrit Ghislaine Dunant, j’ai cherché une voix qui mette des mots sur la mort qui arrache les êtres les plus aimés. Sur la douleur que rien ne peut adoucir. Et sur les fantômes qui venaient autour de moi quand je pensais à la catastrophe d’Auschwitz. J’ai lu Aucun de nous ne reviendra et les autres livres de Charlotte Delbo. Pour la première fois j’ai trouvé des mots qui avaient traversé la mort, des mots qui revenaient et m’apportaient une connaissance que j’attendais.» (Le Figaro)

« A travers cettte biographie,  Ghislaine Dunant rend un très bel  hommage à Charlotte Delbo, née en 1913, fille d’émigrés italiens, auteure engagée et grande résistante, elle était la secrétaire de Louis Jouvet. Elle fut témoin de la fusillade de son mari,  elle connut la déportation à Auschwitz puis à Ravensbrück ».  (Page des libraires).

Elle est décédée à Paris le 1er mars 1985.

 Ghislaine Dunant, née à Paris est romancière et auteur de : « L’Impudeur (1989) éditions Gallimard Prix Dentan à Lausanne  en 2008 – « La Lettre oubliée » (1993) – « Cènes » (2001) – « Un effondrement (2007) chez Grasset.

Toutes nos félicitations à Ghislaine Dunant.

Marie-Christine

« Les vies de papier » -Rabih Alameddine -Editions Les Escales-

les-vies-de-papierPrix Femina Etranger 2016

  Promenade dans Beyrouth

Le prix Femina Etranger a été décerné à Rabih Alameddine paru fin août aux éditions Les Escales par cinq voix contre quatre pour Petina Gappah (Le livre de Memory, éditions Lattès)

Quatrième de couverture : « Roman éblouissant à l’érudition joueuse, célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable déclaration d’amour à la littérature.
Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l’ombre des murs anciens de son appartement, elle s’apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le premier janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l’une des œuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l’air qu’elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu’elle ne cesse d’écouter. C’est entourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu’Aaliya se sent vivante.
Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient de l’odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l’imprévisibilité de Beyrouth ».

Roman éblouissant à l’érudition joueuse, célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable déclaration d’amour à la littérature.

Traduit de l’anglais par Nicolas Richard, le livre avait été finaliste en 2014 aux National Book Awards.

« Un des personnages féminins les plus beaux, les plus originaux des dernières années » Mathias Enard – Prix Goncourt 2015

« On se laisse complètement absorber par ce conte libanais. C’est un livre magnifique et sensible dans lequel Aaliya erre dans les rues bruineuses de la capitale libanaise autant dans ses rêveries, entre un passé grandiose et un présent en pleine mutation, entre les fictions de la littérature et la réalité du quotidien. On rêve avec elle ». « Les libraires ensembles »

Félicitations à Rabih Alameddine

Marie-Christine.

Des hommes de peu de foi- Nickolas Butler – Editions Autrement –

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Un roman américain

« Les héros sont toujours gouvernés par le coeur, les lâches par le cerveau. Ne l’oublie jamais ».

« Nelson est clairon dans le camp scout Chippewa. Il prend son rôle très à coeur et collectionne les badges du mérite.

Il partage surtout toutes les valeurs qui lui sont inculquées. Elles le guideront toute sa vie et lui permettront de tenir debout lorsque le monde s’écroulera autour de lui. Il en est convaincu. La vie va peut-être lui donner tort »…. […]

Il s’agit d’ hommes qui s’engagent pour une cause et qui se retrouvent enrôler dans l’armée, pour finalement douter.

Ces garçons ont tous un point commun. Ils sont passés par un camp scout où l’on ne parle pas de guerre, mais d’engagement, où l’on parle de vie en commun. Chacun fait l’expérience de la vie, de l’amitié, de la trahison.

On suit le destin de plusieurs hommes dans l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, sur plusieurs années, de 62 à 90 et même au-delà,.. 2019.

Ce texte va parler de fragilité humaine : on a beau être une force de la nature, d’avoir de gros bras, il n’est pas toujours évident de se faire intégrer dans un groupe.

Faut-il parfois renier ses idées pour rejoindre les plus forts, même si parfois ils ne sont pas forcément d’accord avec vous ?

Comment est-on perçu lorsqu’on est soldat, que l’on s’engage ? Que se passe-t-il au retour ?

C’est un thème sur la filiation, la transmission de père en fils. On se rend compte que cela a un rôle très important. Et puis les hommes ne seraient pas complets sans les femmes… Les femmes sont très présentes dans ce livre, que ce soient les mères, les épouses, des épouses devenues veuves, puisque certains vont mourir : deux guerres importantes ont beaucoup frappé les Etats-Unis, en Afghanistan et au Vietnam.

Un très beau texte sur la fragilité de ces gros bras, de ces hommes que l’on pense très forts, sur le sens de la vie de ces vétérans, de ces soldats, sur plusieurs générations.

Marie-Adélaïde et Les libraires ensembles/mcb(diffusion france bleu maine du 11/10/16)

NEVERHOME – Laird Hunt – Actes Sud

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Une femme au coeur de la guerre de Sécession

Laird Hunt était  premier lauréat du Grand prix de littérature américaine en Novembre 2015 pour NEVERHOME.

NEVERHOME est le récit d’une femme partie sur le front pendant la guerre de Sécession.

Constance est une jeune femme volontaire, très forte physiquement, pleine de ruse, très fine de la gâchette et c’est sans hésitation qu’elle laisse son cher époux, Bartholomew, trop chétif, en s’enrôlant dans un étrange évènement,  la guerre de Sécession. L’âme aventurière –elle  l’a promis devant la stèle funéraire de sa mère– elle part au combat, elle n’hésite pas à se travestir en homme soldat sous le nom de Ash Thompson. Elle quitte le bonheur et la ferme située dans l’Indiana, bien décidée à participer aux combats pour la fin de l’esclavage, à la place de son époux, aux côtés des Unionistes. Elle quitte son homme pour traverser les Etats-Unis, en pleine guerre civile, avec l’idée du retour…. (impossible comme semble l’indiquer le titre) sur sa terre natale.

Ainsi commence le roman :

«J’étais forte, lui pas, ce fut donc moi qui partis au combat pour défendre la République. Je franchis la frontière, quittant l’Indiana pour l’Ohio. Vingt dollars, deux sandwiches […] et aussi d’une couverture. »

C’est une véritable épopée à la fois tragique et poétique que l’on suit avec Constance, devenue Ash Thompson qui est un personnage extraordinaire. Elle nous raconte ses deux années de guerre, le champ de batailles, ses souffrances et ses nombreuses épreuves. Ses souvenirs, ses songes qui l’accompagnent nous permettent d’aller à la découverte de son histoire.

Les lettres qu’elle reçoit ou qu’elle écrit à son mari viennent briser le quotidien, car elle ne cesse, lors des combats de penser à son mari. Elle creuse des tombes pour les morts, elle écrit, elle tire, elle se bat, elle tue, elle boit, fume et mange la terre que son mari lui envoie….. jusqu’à son retour, cruel, auprès de son mari car si, lui ne fait pas la guerre, il a d’autres soucis à se faire…… (à vous de découvrir la suite !)

Comme le dit si bien Laird Hunt :

« Dans cette Odyssée moderne, on pense à l’Odysée de Homère où cette fois-ci « :

c’est « Ulysse resté au foyer qui attend sa Pénélope, aux mille ruses. »

Laird Hunt aborde les problèmes toujours d’actualité d’aujourd’hui aux Etats-Unis (comme ailleurs) : la violence, le racisme, la place de la femme dans la guerre… C’est un roman original, magnifique, troublant mais qui bouleverse. Un texte brillant et bien écrit. Un texte qui marque et auquel on pense encore, une fois la lecture achevée…

Marie-Christine

Laird Hunt est l’auteur de plusieurs romans, « Les Bonnes Gens » 2014 – Actes Sud – « New-York n°2 » – 2010 – « Indiana, Indiana, les beaux moments obscurs de la nuit » – Actes Sud – 2007 – « Une impossibilité » – 2005 – Actes Sud. Laird Hunt a travaillé aux Nations unies et intervient désormais dans le programme de creative writing de l’université de Denver, dans l’Etat du Colorado. Il vit à Boulder avec la poétesse Eleni Sikelianose, son épouse.

Grand prix de littérature américaine

Qui succèdera  à Laird Hunt, auteur de « NEVERHOME », qui fut le premier lauréat du neverhomeGrand prix de littérature américaine en 2015 ?

Créé l’an dernier par Francis Geffard, fondateur du Festival America et de la librairie Millepages, le 2ème Grand prix de la littérature américaine sera décerné en novembre prochain.

La première sélection du Grand prix de littérature américaine 2016 vient d’être publiée :

  • 1 -« Un dernier verre au bar sans nom » de Don Carpenter, traduit par Céline Leroy (Cambourakis)
  • 2  –  « La trace » de Forrest Gander, traduit par Dominique Goy-Blanquet (Wespieser)
  • 3 -« Brève histoire de sept meurtres » de Marlon James, traduit par Valérie Malfoy (Albin Michel, « Terres d’Amérique »)
  • 4 -« Les petites consolations » d’Eddie Joyce, traduit par Madeleine Nasalik (Rivages)
  • 5 -« I love Dick » de Chris Kraus, traduit par Alice Zeniter (Flammarion)
  • 6 – -« Parmi les loups et les bandits » d’Atticus Lish, traduit par Céline Leroy (Buchet-Chastel)
  • 7 -« New-York », esquisses nocturnes de Molly Prentiss, traduit par Nathalie Bru (Calmann-Levy)

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 Une seconde sélection de trois titres sera dévoilée le 11 octobre et le lauréat du 2ème Grand prix de littérature américaine sera révélé le 4 novembre ;  la remise du prix étant  prévue fin novembre. Cinq de ces sept écrivains sélectionnés avaient fait le déplacement au Festival América de Vincennes  pour le 240ème anniversaire de l’Indépendance de l’Amérique tout comme soixante autres auteurs, dont James Ellroy était la vedette.

En attendant la proclamation du lauréat, faites votre choix  !

Plongez-vous dans la littérature  américaine !…

Marie-Christine

 

Le Dernier des nôtres – Adélaïde de Clermont-Tonnerre – Editions Grasset

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Un livre puissant et émouvant !

En cette rentrée littéraire un peu sombre, cela fera beaucoup de bien de lire et de découvrir cette belle histoire d’amour !

Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous entraîne dans cette aventure et  il y a beaucoup de choses dans ce roman !

D’abord, il y a l’Histoire car elle se déroule sur deux époques, celle de la fin de la guerre et le début des années 1960. Une partie se passe à Dresde, sous les bombardements… Dresde est alors quasiment rayée de la carte.

Une jeune femme mortellement blessée va mettre au monde un bébé. Cet enfant sera confié à sa belle-soeur.  Cette belle-soeur va essayer de sauver ce petit que tout le monde veut récupérer. Elle se rapproche d’un homme qui faisait travailler le père de ce petit garçon, et de son mari,  le savant Von Braun, très connu pour la fabrication de missiles, pour l’Allemagne nazie (il n’a pas connu la guerre). Une fois la guerre perdue par l’Allemagne, il part travailler aux USA pour  la NASA, dans les programmes spatiaux.

On suivra  donc cette femme s’occupant de son neveu avec beaucoup de tendresse.

Ensuite, l’autre histoire se déroule dans les années 1960, dans le New-York,  complètement fou à la Andy Warhol, Bob Dylan, très rock’n roll et l’on va suivre les aventures de Werner Zilch. Il est beau. Il a des yeux bleus extraordinaires, il vient d’un milieu simple. Il a été adopté. Il a décidé de croquer la vie à pleines dents. Il  veut faire fortune en construisant des immeubles. C’est le monde de la promotion de biens. Un beau jour, il va voir descendre une jeune femme par l’escalier d’un restaurant. Il voit sa cheville, ses sandales bleues et en  tombe instantanément amoureux !. Voilà l’autre histoire que nous allons suivre…

Sauf que, lorsque cette jeune femme Rebecca va vouloir le présenter à ses parents, sa maman va refuser la rencontre, refuser le mariage et les mettre à la porte.

Maintenant, à vous d’en découvrir un peu plus, de comprendre pourquoi cet amour soi-disant impossible va enfin pouvoir se réaliser. Vous allez avancer dans les deux histoires qui, bien évidemment vont se croiser, avec beaucoup de surprises, beaucoup d’aventures.

Surtout, ne passez pas à côté d’une grande saga comme celle-ci !  ÇA FAIT DU BIEN !…

Ce n’est pas dur. Il n’y a pas d’introspection mais du suspense.  Une belle histoire d’amour à la clef ! On revisite un peu l’Histoire. On se prend d’intérêt, de passion parce que Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous embarque avec beaucoup de sympathie pour tous ses personnages.

Vous passerez un merveilleux et excellent moment avec Werner, Rebecca, le meilleur ami de Werner et le chien de Werner…

Mais sans vouloir en dévoiler trop, on peut quand même dire que les deux histoires se lient complètement ! Pourquoi ?

A vous de le découvrir en parcourant le livre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre.

Marie-Adélaïde/M.Christine – diffusion du 20/09/16 France Bleu Maine cliquez ici

Le piéton de Rome – Dominique Fernandez – Editions Philippe REY –

le piéton de romeEnvie d’évasion ? Alors, lisez, rêvez et goûtez à la Dolce Vita !

Découvrez et envolez-vous à Rome avec « Le Piéton de Rome » écrit par  Dominique Fernandez, de l’Académie Française !

« ROMA est l’inverse exact d’AMOR. ROME est à la fois un lieu où l’on aime et un objet d’amour. Personne ne peut ne pas aimer Rome »

Dominique Fernandez, brillant érudit, grand amateur de la capitale italienne,   nous invite à parcourir et à découvrir l’art et l’histoire de Rome. Ce livre est agrémenté d’un petit livret central de photographies réalisées par Ferrante Ferranti. Il nous offre une balade culturelle extraordinaire dans les rues, « les piazze », dans « les palais » et « les jardins de Rome » avec ses « obélisques », « ses fontaines »….

Au fil de courts chapitres, Dominique Fernandez nous conduit dans la maison de l’écrivain de Mario Praz transformée en musée d’arts décoratifs ou bien nous convie aux tables des fiaschetterie (caves à vins) ou dans des trattorie où il évoque la société littéraire romaine d’Alberto Moravia, d’Elsa Morante, de Pier Paolo Pasolini et fait référence à Marguerite Yourcenar lorsqu’il parle de Néron et d’Hadrien.

Il nous invite à contempler l’architecture, les décorations des églises ( style renaissance ou art baroque) et consacre deux chapitres aux deux génies : Itinéraire Bernin et  Itinéaire Caravage.

 Quatrième de couverture : « Depuis plus d’un demi-siècle, Dominique Fernandez a tissé un lien intime avec Rome, une complicité qu’il souhaite partager ici. Dans ce texte alerte et foisonnant, il nous raconte les hauts lieux du monde antique, comme le Forum romain, la via Appia ou le Colisée ; évoque les figures puissantes et d’un raffinement extrême que furent Néron et Hadrien ; ouvre les palais de la Renaissance et les villas entourées de leurs jardins ; dégage l’essence de l’art baroque en contemplant l’architecture imaginative et la décoration théâtrale des églises ; découvre les beautés surprenantes du Vatican ; débusque les chefs-d’oeuvre de Caravage et de Bernin ; flâne sur les collines qui surplombent la ville, ou le long du Tibre, fleuve sauvage qui la traverse ».

« Ce riche portrait de la cité est animé par les souvenirs de nombreux personnages rencontrés au détour des palais ou des cafés. Surgissent ainsi les figures de Pasolini, Moravia, Morante, Fellini, Levi, Bassani et tant d’artistes de cet âge d’or de la création italienne que Dominique Fernandez a connus personnellement ».

« Ce parcours révèle bien des aspects secrets de la Ville éternelle, et c’est avec bonheur que le lecteur place ses pas dans ceux d’un inlassable et passionné «piéton de Rome». »

C’est à la fois un portrait-souvenir, une oeuvre littéraire riche et dense, un guide pratique et culturel qui donne surtout envie de s’envoler pour Rome !

Marie-Christine

De l’auteur,  on peut lire :  « Dans la main de l’ange » Goncourt 1982 – Editions  Grasset – « On a sauvé le Monde  » (2014) – Editions Grasset

Le Violoniste – Mechtild Borrman – Livre de Poche – Policier –

le violonistePRIX DES LECTEURS  Sélection 2016  –

GRAND PRIX des lectrices ELLE

« Si ta parole n’a pas de valeur, ta vie non plus » (p.227)

Un vrai cauchemar ! Des moments que nul ne souhaiterait vivre…

Dans la salle de concert, en ce jour de mai 1948, Ilia Vassilievitch Grenko, grand musicien, violoniste de renommée, joue le « Concerto pour violon en Ré majeur » de Tchaïkowsky. Le concert s’achève ! Grenko est ovationné par le public. Heureux, il quitte la scène tenant fermement son violon à la main : un Stradivarius que le Tsar Alexandre II, a offert à son arrière-arrière grand-père, également célèbre violoniste, et dont il a hérité.

Alors qu’il regagne sa loge, deux hommes du KGB font irruption et l’enlèvent sous le seul regard du portier. Il est conduit directement à la Loubianka, repère de la police secrète.

Pourquoi ? – Qu’a-t-il fait ? – Il ne comprend pas, c’est sûrement un malentendu !..Les types du KGB ne veulent rien savoir et ne l’autorisent même pas à parler à sa femme qui l’attend dans la salle. Accusé de qui ? de quoi ? On ne l’écoute pas. Il sera violenté. Son Stradivarius sera confisqué et l’on exigera de lui des aveux écrits – de faux aveux- qu’il signera malgré lui, afin de protéger Galina, son épouse et ses deux garçons.

Nous suivrons Grenko condamné au goulag : 20 ans de travaux forcés,  ainsi que Galina et ses deux fils envoyés de force au Kazakstan, croyant que Grenko les avait abandonnés…

Qu’est-devenu l’inestimable et magnifique Stradivarius de Grenko ? C’est Sacha Grenko vivant en Allemagne, petit-fils d’Ilia et de Galina qui, deux générations plus tard partira sur les traces de sa famille et se chargera de mener l’enquête pour tenter de découvrir quel a été le destin de ses proches, rêvant de tenir entre ses mains le précieux instrument lié à sa famille depuis des générations.

Sur l’histoire de sa famille, il découvrira ce que le régime totalitaire leur a fait subir durant les heures les plus sombres de ces années soviétiques, la dureté du goulag, la brutalité, la déchéance, la honte :  à la réalité inhumaine  du régime bolchévique et stalinien.

Une histoire captivante à trois voix – trois récits qui s’alternent lors de courts chapitres : celui du grand-père, le violoniste qui tient le coup uniquement en pensant chaque jour à sa famille, à ses enfants, à  la musique, à sa musique ! – celui de Galina, la grand-mère qui se tue au travail pour nourrir et vêtir ses enfants avec pour seul espoir : retrouver son mari – puis celui de Sacha (plus ou moins aidé par les Vory v Zakone, la mafia de l’ex-URSS) qui plus tard mènera son enquête un peu rapide, alors que l’installation des premiers chapitres est plus longue, plus lente à se mettre en place.

Un roman noir terrible et saisissant, permettant de découvrir l’aspect concentrationnaire de l’ex-URSS qui fait encore et toujours froid dans le dos, que les moins de 30 ans devraient aborder si les pavés de Soljenitsyne les rebutent !

On ne sort pas indemne de ce roman historique bien documenté et bien construit.

Marie-Christine

Mechtild Borrmann est née en 1960. Elle a déjà publié cinq livres en Allemagne dont « Rompre le silence » premier roman traduit en français aux Editions du Masque en 2013