La petite danseuse de quatorze ans – Camille Laurens – Editions Stock

LA PETITE DANSEUSE CAMILLE LAURENSUne vision des « petits rats » de l’Opéra , à la fin du XIXème siècle.

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? « 

En trois chapitres, Camille Laurens se lance dans une enquête historique à partir du modèle de la sculpture « la petite danseuse de quatorze ans » de Degas. En allant sur les pas de Marie van Goethem,  puisque c’est d’elle dont il s’agit, Camille Laurens à travers cette œuvre d’art, nous décrypte et nous entraîne dans le Paris de la fin du 19ème siècle, au cœur de Montmartre,  imaginant la vie de ce petit rat de l’Opéra Garnier.  Elle  nous parle : – du siècle de Monsieur de Gas (qui a préféré perdre sa particule en l’accolant à son nom : Edgar Degas – du siècle où les enfants (les filles) allaient travailler dès leur plus jeune âge, – de ces « petits rats » de l’Opéra, petites filles, issues de familles pauvres, ne rapportant qu’un maigre salaire  à leurs parents (deux francs quotidiens, pour un travail harassant d’environ 10-12 heures par jour) qui en espéraient davantage, pensant trouver  un moyen de mieux les protéger. degas la petite danseuse

C’est donc en s’inspirant d’écrits littéraires, d’archives, de journaux ou d’essais plus contemporains que l’auteur nous permet de comprendre un peu mieux cette petite danseuse. On y apprend que la statue première était en cire, qu’elle a été très mal accueillie au Salon des Indépendants lorsque Degas l’y exposa en 1881.

Ce récit richement documenté nous donne envie d’aller rendre visite à la « petite danseuse », au Musée d’Orsay, de la voir sous un autre angle et peut-être,  de l’apprécier un peu plus. C’est passionnant !

Dans ce livre, on sent beaucoup d’admiration, de passion et de sincérité de la part de l’auteur pour la sculpture de Degas, création élevée au rang d’œuvre.

Romancière, essayiste, Camille Laurens a publié une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels « Dans ces bras-là » (prix Femina 2000) – « Celle que vous croyez » (Gallimard, 2016).

M. Christine 

« La petite danseuse de quatorze ans » – 162 pages – Prix : 17,50 €uros.

 

 

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La Nostalgie de l’honneur – Jean-René Van der Plaetsen – Editions Grasset – Prix Interallié 2017

la nostalgie de l'honneurLe président Philippe Tesson et les membres du jury du  prix interallié ont décerné ce prix à Jean-René Van der Plaetsen pour :

« La Nostalgie de l’honneur« 

J.-R Van der Plaetsen s’est dit très ému de recevoir ce prix le jour anniversaire de la naissance du Général Leclerc (22-11-1902 et mort en 1947) et a indiqué :  « Je dédie ce prix au Général Leclerc, ainsi qu’à tous ceux qui ont combattu avec lui ».prix interallié

Salué dès sa sortie par la presse, « La Nostalgie de l’honneur«  est le portrait du grand-père de l’auteur, le général Jean Crépin, gaulliste de la première heure, Compagnon de la Libération, héros de Bir-Hakeim et Grand-Croix de la Légion d’honneur. Dans les colonnes du Figaro Magazine, l’académicienne Dominique Bona avait salué le livre en ces termes : «A chaque page, la bravoure et le panache, le goût du défi, viennent pailleter d’autres valeurs plus austères – le sens du devoir, l’esprit du sacrifice – que ce Soldat de France avait chevillées au corps».

Présentation : « C’est un fait : notre époque n’a plus le sens de l’honneur. Et c’est pourquoi, ayant perdu le goût de l’audace et du panache, elle est parfois si ennuyeuse. Alors que le cynisme et le scepticisme progressent chaque jour dans les esprits, il m’a semblé nécessaire d’évoquer les hautes figures de quelques hommes que j’ai eu la chance de connaître et de côtoyer. Comme Athos ou Cyrano, c’étaient de très grands seigneurs. Ils avaient sauve l’honneur de notre pays en 1940. Gaulliste de la première heure, mon grand-père maternel était l’un d’entre eux. Sa vie passée a guerroyer, en Afrique, en Europe ou en Extrême-Orient, pleine de fracas et de combats épiques dont on parle encore aujourd’hui, est l’illustration d’une certaine idée de l’honneur. Qu’aurait-il pense de notre époque ? Je ne le sais que trop. C’est vers lui que je me tourne naturellement lorsqu’il m’apparaît que mes contemporains manquent par trop d’idéal. Ce héros d’hier pourrait-il, par son exemple, nous inspirer aujourd’hui ? C’est dans cet espoir, en tout cas, que j’ai eu envie, soudain, de revisiter sa grande vie. » J.-R. V.d.P.

«  La Nostalgie de l’honneur«  240 pages – Prix : 19 €uros

Jean-René Van der Plaetsen, né en 1962 à Lubumbashi, au Zaïre, est journaliste et écrivain. Il est directeur délégué de la rédaction Figaro Magazine. Il est membre du jury du prix de Flore.

M. Christine

Et soudain, la liberté – Evelyne Pisier – Caroline Laurent – Editions Les Escales –

ET SOUDAIN LA LIBERTE          UN PASSIONNANT PORTRAIT DE FEMMES  !                  

« L’intensité d’une amitié, ça nous fait une joie pour mille ans, c’est comme un amour, ça vous rentre par le nombril et vous inonde tout entier. Ça ne se mesure pas en mois » (C.L)*

                PRIX PREMIERE PLUME DU FURET DU NORD                                                                         PRIX MARGUERITE DURAS attribué  ce 29/09/2017

Et soudain, la liberté, est un roman à deux mains qui suscite de nombreuses émotions. Un livre (posthume) d’Evelyne Pisier car c’est Caroline Laurent* (éditrice) qui a eu la tâche –comme Evelyne Pisier l’avait demandé à ses proches– de terminer ce livre (au cas où..,.avait-elle dit). Puis, effectivement Evelyne Pisier est décédée au début de l’année 2017. Et c’est avec beaucoup de sensibilité que Caroline Laurent a merveilleusement complété ce chef-d’œuvre. Les chapitres du présent sont intercalés par l’éditrice entre les périodes du passé, ce qui renforce encore plus ce récit. Et l’on perçoit la belle histoire d’amitié qui s’est nouée entre ces deux femmes : l’auteur(e), Evelyne Pisier et l’éditrice Caroline Laurent, devenue auteur(e), pour la bonne cause.

Les deux femmes ont fait le choix de la fiction pour évoquer le destin d’Evelyne (qui sera Lucie) et sa mère (Mona Desforêt).

Evelyne Pisier voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. C’est un roman/récit vraiment captivant dans lequel l’auteur(e) nous immisce, dans un tourbillon d’évènements familiaux, mêlant les combats de la mère et de la fille (les amours, les amants..).  Ce sont soixante années de sa vie que nous traversons, composées de drames et de combats pour la liberté des femmes, le droit des homosexuels, lutte contre le racisme, …. idées complètement à l’opposé de celles de son mari. Pourtant, Mona, la parfaite épouse soumise, a toujours été admirative de son mari André, son héros de guerre, haut-fonctionnaire colonial,  homme autoritaire, maurassien, pétainiste, antisémite et raciste.

Ce livre vous transporte au travers de l’Histoire avec une plongée passionnante au cœur du XXème siècle ! Après avoir interrompu ses études de médecine, juste après le mariage (les femmes n’ont nul besoin de travailler ou de faire des études….), Mona nous relate la vie dans le camp de Hanoï avec Lucie, l’Indochine dans les années 1940, l’occupation japonaise des colonies françaises d’Asie du sud-est lors de la seconde guerre mondiale, puis dans les années cinquante,  la fuite vers la Nouvelle-Calédonie, toujours avec Lucie.  Dans les années soixante, ce sera Cuba lors de la révolution cubaine. Elle sera la confidente et la maîtresse de Fidel Castro. Enfin, ce sera le retour en France, divorcée et indépendante, un retour vers Paris, pour d’autres évènements et ceux de mai 1968.

Ce n’est que lorsqu’elle s’installa à Nouméa et rencontra Marthe, la bibliothécaire qui lui fit découvrir « Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, que Mona décidera enfin de vivre sa vie ;  ce sera  le début de la liberté, la découverte du féminisme.

Un livre passionnant à découvrir et à faire découvrir ! Un destin de femme extraordinaire ! Impossible de passer à côté de cette belle histoire d’amitié entre l’auteur(e) et l’éditrice…., entre ces deux auteur(e)s !

Une fois la lecture de ce livre achevée, vous verrez que Mona et Lucie vous manqueront terriblement. Mais, peut-être aurez-vous la chance, un jour de rencontrer Caroline Laurent, qui fut la grande amie d’Evelyne Pisier.

Caroline Laurent sera présente à la librairie Doucet au Mans – Vendredi 29/09 à 18 heures, sur inscription !

M. Christine

Et soudain, la liberté – 441 pages – Prix 19,90 €uros

Evelyne Pisier est née à Hanoï en 1941. Elle fut l’une des premières femmes agrégées de droit public et une professeur d’histoire des idées politiques unanimement reconnue. Directrice du Livre et présidente du Centre national du livre de 1989 à 1993, écrivain, scénariste, elle est décédée en février 2017.

*Caroline Laurent, agrégée de lettres modernes, directrice littéraire est née en 1988. Elle vit à Paris. Elle a reçu le 14 septembre 2017 le prix Première plume du Furet du nord.

 

 

Ascension – Ludwig Hohl – Le Nouvel Attila –

ascensionAscension ! Un très beau roman de montagne.

Deux alpinistes, deux hommes face aux forces de la nature,  tentent l’ascension d’un sommet réputé, ô combien difficile.

Et l’on suit chacun des alpinistes dans leur progression avec toutes les difficultés que cela comporte, dans l’aveuglement pour l’un et les nombreux doutes pour l’autre. L’un hésite puis finit par renoncer. Furieux contre son compagnon, le second décide d’atteindre son but, à tout prix.

De superbes descriptions de la montagne  qui donnent parfois le vertige puisque nous avons vraiment l’impression de vivre cette ascension, de les suivre pas à pas, d’être à leur côté,  au bord de l’abîme, des gouffres, des crevasses,  mais aussi dans la descente, dont la fin est totalement inattendue….

Ce court texte, de cent soixante et onze pages, est illustré de dessins  par Martin Tom Dieck, spécialiste du noir et blanc. La couverture du livre est tout de blanc vêtue, comme maculée de neige, entourée d’une élégante jaquette, un calque transparent, laissant  apparaître une montagne au pic très élancé.

Tous à vos piolets !
Alpinistes ou non…., gravissez  ce glacier. Lisez sans risque Ascension ! Accrochez-vous aux mots de ce texte magnifique ! Partagez les maux de ces deux alpinistes ! Superbe livre sur la montagne dont l’écriture est sublime.

M-Christine

« Les bons alpinistes sont presque toujours des êtres laconiques », nous dit Ludwig Hohl dans ce récit. Que dire alors de l’auteur lui-même, qui a réécrit six fois « Ascension » entre 1915 et 1975, et pesé chaque mot comme s’il menaçait de tomber dans l’abîme ? Ce court texte, à la fois transparent et ténébreux, nous mène sans cesse au bord de la rupture. Dans la lignée du « Vieil homme et la mer » ou de « Moby Dick », « 

« Ascension«  est une impeccable parabole. Plus on le lit, plus on a l’impression d’accomplir soi-même une ascension. «  (4ème de couverture).  – Ascension – 171 pages – Prix 15 €uros

 

 

 

 

La Fontaine – une école buissonnière – Erik Orsenna – Editions Stock

lafontaine l'école buissonièreUn bel hommage au Maître des Eaux et Forêts !

Quatrième de couverture : « Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses  Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche,  grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés.
Malicieuse et sage compagnie !
Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus  grand poète de notre langue française ?
Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit  Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris,  joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière,  Racine.
Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des  Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque  de l’ombre au Roi Soleil.
Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être,  pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.
Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.
Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L’Éducation  nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les  apprendre. On y rencontre trop de dames «gentilles de  corsage».
Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie :  mi-fable, mi-conte.
Gravement coquine. » E. O.
Erik Orsenna de l’Académie française.
Portrait d’un poète aux 240 fables et aux 60 contes qui donnent envie de se replonger dans l’immense œuvre de cet illustre Castelthéodoricien, si attachant.
Une belle promenade au pays du petit Jean ! Un texte qui nous renseigne sur la vie de La Fontaine avec quelques anecdotes croustillantes, à déguster !
Un florilège de fables conclut cet ouvrage.
Une première de couverture qui a belle allure, avec en médaillons des dessins de Gustave Doré et de Fragonard. Magnifique !
Régalez-vous avec ce bel ouvrage très raffiné !
M. Christine.
La Fontaine, une école buissonnière a donné lieu à une série d’émissions diffusées sur France Inter pendant l’été 2017.
La Fontaine, une école buissonnière– Editions Stock – Prix 17 €uros.

Ce que DOIT faire le (prochain) président – Agnès Verdier-Molinié – Editions Albin Michel –

ce que doit faire le prochain président

UN LIVRE POUR FAIRE BOUGER 2017-2022 !

Quatrième de couverture : « Est-ce inconvenant de suggérer ce que DOIT faire le prochain président, en pleine campagne ?

Non : car ceci est plus qu’un plan ou un programme. C’est une obligation morale de résultat.

La situation de la France est en effet à haut risque. Elus, syndicats, gestionnaires, ministres en portent la responsabilité. Nous avons pourtant toutes les clés pour éviter le mur. En sortant de l’asphyxie fiscale et de la prolifération des normes et des lois.

On croit que c’est impossible de réformer notre pays car tout -les dépenses folles, le chômage, la dette – est à reconstruire ? C’est juste qu’il faut « faire le job », maintenant. La feuille de route est là, il suffit de la mettre en œuvre. »

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP, un think tank (laboratoire d’idées innovantes) qui évalue les politiques publiques. Elle intervient régulièrement sur les thématiques de la campagne présidentielle et a déjà publié entre autres, avec succès en 2015 :  « On va dans le mur » ! (Albin Michel) « 60 milliards d’économies » ! en 2013 (Albin Michel) – « Les fonctionnaires contre l’Etat » 2011 – (Albin Michel) – « La mondialisation va-t-elle… nous tuer ? » J. C. Lattès, 2008.

Dans ce livre, elle décrit donc les différents maux de l’Etat français : – l’effondrement de l’économie et de la création – l’hyperfiscalité  – l’illusion de la fausse gratuité (il faut bien que quelqu’un finance !) Elle fait des propositions afin de permettre une meilleure performance de la fonction publique. Elle établit neuf lois à adopter avant fin 2018, une notamment pour instaurer la liberté de choix de l’assurance maladie. Elle tance également la part de responsabilité des syndicats dans le blocage français des syndicats qui, d’après elle, « font plutôt de la politique ».

En annexe I, nous trouvons le calendrier 2017-2022 –  En annexe  II -quelques tableaux d’évaluation, de comparaison, de propositions.

Tout cela est fort intéressant à analyser,  à décortiquer !

Bonne lecture et bonne réflexion !

M.Christine

Paris n’est qu’un songe – Nicolas d’Estienne d’Orves – Collection Incipit –

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« 1900, nous lisons notre avenir dans tes rides. » Paul Morand, 1900.

Remontez le temps avec Nicolas d’Estienne d’Orves !

A travers cette superbe et agréable  collection – INCIPIT* – l’auteur nous emmène dans Paris, à la « Belle Epoque. »

STATION MONTPARNASSE-BIENVENUE :

Cela vous dit quelque chose ?  : ce n’est  pas pour souhaiter la bienvenue aux usagers ! Non.

Nicolas d’Estienne d’Orves décide de remonter le temps et nous allons à la rencontre de personnalités qui ont participé à la modernisation de Paris, telles que ce breton mis à l’honneur :  Fulgence Bienvenüe, fascinant personnage,  ancien élève des Ponts et Chaussées, ayant fait ses premières armes dans l’Orne et en Mayenne, avant d’être affecté à Paris, en 1886.

« Imaginez une simple porte de bois clair achetée chez Leroy Merlin qui dissimule une machine à explorer le temps ! »

C’est Sylvain Chauvier qui décide de remonter la machine à explorer le temps, de perturber par toutes sortes de méthodes, le futur de Paris. Et l’on côtoiera le petit Georges ! : Pompidou bébé, le jeune André Malraux…….Edmond Huet et bien d’autres.

Un texte intéressant,  ludique, instructif, de construction un peu complexe. Nicolas d’Estienne d’Orves nous entraîne au tout début du XXème siècle, au coeur de la construction du métro parisien et de son évolution, ainsi que celle de la ville de Paris.  Il nous conduit dans le premier métro et la première rame (en bois) le 19 juillet 1900 à 13 h, qui va jusqu’à Vincennes, là où se déroule la seconde édition des Jeux Olympiques.

Et, dans cette collection, on trouve à la fin de cet opuscule (87 pages) un petit dossier où quelques documents sont présentés, annotés d’explications facilement accessibles.

– Un récit pétillant.  Une histoire originale !

– Un vrai talent d’écriture, comme d’habitude ! 

Bienvenue  et bon voyage dans la fabuleuse aventure du premier métro parisien  !

Marie-Christine. 

* Incipit (nom masc.) « Premiers mots d’un texte. Ceux par lesquels  l’auteur et le lecteur se rencontrent… pour la première fois. Cette collection propose à de grands écrivains de redonner vie à une première fois historique et d’en faire un objet littéraire personnel. »

« Paris n’est qu’un songe » – Collection Incipit –  Illustré par François Avril – Prix 12 €uros

Nicolas d’Estienne d’Orves, né en 1974, écrivain et journaliste au Figaro a publié une vingtaine d’ouvrages  où Paris occupe une place essentielle.  « Les Orphelins du Mal » Pocket, 2009 – « Les derniers Jours de Paris, Pocket, 2011 – « L’enfant du Premier matin », Pocket, 2014 – « Les fidélités successives » Le livre de poche, 2014 – « La dévoration » Le livre de poche,  2016 – « Je pars à l’entracte » Nil – 2011 –

une saison de coton : trois familles de métayers – james agee- photographies de walker evans – éditions christian bourgois –

saison-de-coton-premiere-page VIE QUOTIDIENNE « AU PAYS DU COTON » SOUS LE CIEL D’ALABAMA DES ANNEES 30saison-de-coton-5

Le présent texte « Une saison de coton : trois familles de métayers » constitue la première tentative de James Agee de composer ce récit historique, illustré par des photographies de Walker Evans.

Missionné par la rédaction du magazine « Fortune », lors de l’été 1936 James Agee se rend en Alabama (dans le comté rural du Hale) accompagné du photographe Walker Evans afin d’effectuer un reportage sur le métayage du coton. Les deux hommes vont vivre plusieurs semaines aux côtés de trois familles  de métayers blancs : les Burroughs, Tingle et Fields.  James Agee  nous livre un récit saisissant du quotidien de ces familles entières dont la pauvreté sordide est extrême -quotidien qui  les bouleversent et les indignent.saison-de-coton-8

« Ce document, qui émeut par sa beauté et sa virulence, louons-les-gds-hommesconstitua une charge contre le capitalisme, telle que « Fortune » refusa finalement de le publier. Ce n’est qu’en 2013 que ce texte qui annonçait le chef-d’oeuvre « Louons maintenant les grands hommes » – livre culte, (sur les huit millions de métayers de la Cotton Belt américaine), sortit de l’oubli et parut en France chez Terre Humaine. Des décennies après sa rédaction, il demeure d’une féroce actualité. »

Walker Evans réalisera certains de ses clichés devenus célèbres, rendant le récit encore plus poignant car le regard de ces hommes, de ces femmes et enfants en disent long sur la souffrance, la fatigue dû au travail physique…(travail répétitif du ramassage de coton), la misère (vêtements cousus dans des sacs de farine ou d’engrais),  la pauvreté des lieux (habitat fait de cabanes bricolées).

Pour détruire le charançon du coton,  on utilise l’arsenic à  mains nues !

  James Agee glisse parfois quelques belles descriptions ou quelques moments de poésie…photo-evanssaison-de-coton-3

Ce n’est pas un roman, c’est un témoignagereportage en neuf chapitres,  relatant la vie et les besoins vitaux  : contrat,  habitation, loisirs, nourriture, vêtements, éducation, santé, travail des paysans pauvres de l’Alabama, chez trois familles de métayers dont femmes et enfants sont confrontés au dur labeur, constituant de la  main-d’œuvre à pas cher,  corvéable à merci. saison-de-coton-4

Un documentaire,  un grand texte bouleversant. A lire absolument !

« Une saison de coton » évoque certes les Etats-Unis des années 30, en pleine catastrophe écologique du « Dust Bowl »*, à l’époque de la grande dépression  et l’on ne peut s’empêcher de penser aujourd’hui : -que le problème n’a peut-être fait que de se déplacer : – ici, – là, – ou ailleurs dans le monde, entraînant la pauvreté (Inde, Afrique, Asie….) -de penser aux campagnes en cours d’appauvrissement, à la surexploitation, à  la surproduction des terres soumises à la dépendance des agriculteurs, vis-à-vis des produits industriels (pesticides et autres) ayant des effets dévastateurs sur les sols, le climat et l’environnement, sur  nos organismes…(cancers et autres maladies…), conduisant parfois ces hommes de la terre,  au surendettement, à la faillite…, voire-même au suicide. 

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à laisser votre commentaire sur le blog !

Marie-Christine

Et pour les amateurs de photographies, notez sur vos agendas ou vos tablettes que : Le Centre Pompidou de Paris  consacrera une  exposition photos, en hommage au grand photographe américain  Walker Evans (1903-1975), du 26 avril au 14 août 2017, en nous offrant ses plus poignants portraits photographiques. Il avait commencé la photographie à l’âge de 27 ans avant de rencontrer le succès,  travaillant pour de prestigieux magazines tels que Time et Fortune. Il était professeur de photographie.

*Dust Bowl : (bassin de poussière) série de tempêtes de poussières, véritable catastrophe écologique qui a touché, pendant une décennie Les Grandes Plaines des USA et le Canada, dans les années 30.

« Une saison de coton : trois familles de métayers » a été traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Borraz Photographies de Walker Evans. -18 €uros – éditions Christian Bourgois. 2014.  Voir l’annexe I  – « Au sujet des noirs » et l’ annexe II – « Les propriétaires terriens »

James Agee, journaliste et écrivain mourut à 46 ans, en 1955 à New-York, d’une crise cardiaque dans un taxi. Il laissait deux romans : « Un mort dans la famille » (Prix Pulitzer) et The Morning watch : un recueil de poèmes.
 

Des âmes simples – Pierre Adrian – Equateurs Littérature –

des-ames-simples Entrez  dans la vallée  ! Entrez dans Sarrance !

Avec ce TRES BON  livre,

Offrez-vous cette pause silencieuse…

Vivez ce voyage spirituel,  en compagnie de Pierre Adrian et de son guide, frère Pierre, le temps de lire les 190 pages  « Des âmes simples » qui font beaucoup de bien  !

« Une terre s’apprend d’abord par ses douleurs. La moindre de ses fissures. Depuis cinquante ans qu’il est le curé de la vallée d’Aspe, frère Pierre les sait toutes. Il baptise, il met en terre. De ces vies qui s’accrochent aux flancs de la montagne, il n’en ignore aucune. Alors je serai à l’écoute de ce guide de l’intérieur. Un temps, je marcherai à ses côtés. J’accepterai de ne pas comprendre et d’être seulement un étranger. »

Pierre Adrian, né en 1991, alors âgé de 23 ans, s’était déjà fait remarquer avec son superbe premier livre, paru en novembre 2015, un  récit de voyage, sur les traces du poète, de l’écrivain, du cinéaste Pierre Paolo Pasolini, intitulé : « La Piste Pasolini » lequel avait obtenu le prix des Deux Magots en 2016 et le prix François Mauriac de l’Académie française. (consultez l’article  suivant..)

Cette fois-ci, c’est un récit de voyage entre le pays Basque et le Béarn que nous offre Pierre Adrian.  Un voyage spirituel que  ce jeune auteur nous fait partager, aux côtés de frère Pierre et de ces hommes qui vivent en silence dans la vallée, où le temps s’écoule semble-t-il, plus lentement qu’ailleurs…., loin du bruit et de la foule, du tumulte des grandes villes. Avec son statut de Prémontré, Frère Pierre est arrivé en 1967 dans cette vallée, à l’âge de 24 ans -âge de notre jeune auteur, en quelque sorte- et Frère Pierre est toujours là, dans la vallée ! Il accueille, il est surtout à l’écoute aussi bien des croyants comme des non-croyants, des chevriers, des paysans. Il reçoit les paumés de la vie, les randonneurs qui vont à Compostelle. Il accueille tout le monde, le temps qu’il faut ! Il se déplace dans cette vallée très reculée au volant de sa voiture, le portable à portée de mains,  venant rompre les moments de silence : Frère Pierre se rend ainsi au chevet des hommes pour aller consoler, dirais-je….

Parcours de Frère Pierre qui s’est mis au service de l’homme, dépeint par Pierre Adrian, dans une France rurale très hostile, pleine de souffrance et d’inquiétude.

Un frère qui fait redevenir les gens un peu plus humains…

Beaucoup d’humanisme et d’espérance chez ce Prémontré qui veille sur plus de deux mille âmes pyrénéennes.

Déjà subjuguée par le premier ouvrage (La piste Pasolini) de Pierre Adrian  découvert lors de sa venue  pour Agora fait son cinéma dans l’Orne, au pays de Rémalard, je ne puis que vous recommander cette magnifique plongée dans la vallée d’Aspe.

Bravo à ce jeune auteur, à l’avenir très prometteur, qui a fait un véritable travail d’enquêteur. Ce livre est très bien écrit et on  perçoit une parfaite maîtrise de notre belle langue française.

Un livre à mettre entre toutes les mains….

Marie-Christine.

« Des âmes simples » Equateurs Littérature – 18 €uros

Neige – Pema Tseden – Editions Philippe Picquier (poche)

Un regard sur le Tibet d’aujourd’hui ! –  Histoires aux allures de contes.

« Cette nuit-là, le berger Chöpa avait rêvé d’une femme qui disait être son épouse. Un nourrisson contre son sein, elle avançait en titubant sous la neige qui tombait à gros flocons.»

   Si vous souhaitez partir à la découverte de cette terre peu connue qu’est le Tibet, alors, lisez « Neige » que j’ai aimée et qui a donné le titre au récit. C’est une très belle approche des coutumes, des traditions,  des valeurs que nous propose le récit de Pema Tseden.  Des récits, des nouvelles dont l’atmosphère quasi-fantastique, est en lien avec la nature.  neige

  Au cœur de « Neige », vous trouverez sept nouvelles dont trois sont traduites du tibétain et quatre du chinois, elles se déroulent toutes au Tibet : un berger solitaire, des enfants aussi blancs que la neige, une femme maltraitée par les hommes qu’elle rencontre ou encore un garçon qui se révèle être la réincarnation du Dalaï-Lama…

« Neige » : c’est 184 pages de partage avec le peuple tibétain dont nous parle Pema Tseden. Tout en poésie, tout en délicatesse.  Les thèmes de ce recueil sont riches (beauté de la vie, de l’amour, de la mort, du partage, des traditions…) et nous font réfléchir. 

Pema Tseden est aussi cinéaste, son écriture est très visuelle. Ces histoires aux allures de contes mériteraient être lues à voix haute. Lire un extrait en cliquant ICI.

 « Parfaitement bilingue, Pema Tseden écrit en chinois ou en tibétain avec un égal bonheur, mais un même regard traverse les sept récits, choisis ici en accord avec l’auteur lui-même : c’est une plongée dans le monde rural tibétain, profondément imprégné de bouddhisme, ancré dans ses traditions que menace l’entrée violente dans le consumérisme moderne. »

Nouvelles du Tibet traduites par Françoise Robin et Brigitte Duzan. Prix : 7,50 €uros (poche) – Grand format : 17,50 €uros

« Maniant aussi bien la caméra que la plume, Pema Tseden nous livre sept belles nouvelles écrites entre 1994 et 2011, bijoux d’humour et de poésie. »

Une belle découverte de la littérature tibétaine qui fait du bien à l’esprit.
 

Lu et conseillé par Linda Pommereul.

M.Christine