Une longue impatience – Gaëlle Josse – Editions Noir sur Blanc – Collection Notabilia.

UNE LONGUE IMPATIENCEUNE LONGUE IMPATIENCE

L’impatience du lecteur est réelle pour le dernier titre de Gaëlle Josse.

On le sait, Gaëlle Josse n’écrit que des perles rares. Souvenons-nous entres autres, mais nous pourrions les citer toutes, des  » Heures silencieuses« , « Noces de neige » ou encore du « Dernier gardien d’Ellis Island« . Tous ces romans sont différents. Ils nous parlent de grands peintres, de grands compositeurs, d’immigration, de voyages, etc… Cette foi-ci, encore il s’agit d’un tout autre domaine.

L’auteure a placé son décor en Bretagne, dans un petit village au bord de la mer et elle a situé l’histoire peu après la Seconde Guerre mondiale, en 1950.

ANNE est de milieu modeste et son enfance fut difficile. Elle s’est mariée jeune avec un marin, Yvon Le Floch. Pendant la guerre son bateau fut bombardé et Yvon n’est jamais revenu. Elle est restée seule avec son fils LOUIS.

Quelques années plus tard, Etienne QUEMENEUR, qui l’aime depuis toujours, l’épouse et l’emmène vivre avec Louis dans la belle maison de la rue des Ecuyers. Il est le pharmacien et donc d’un tout autre monde. Il considère Louis comme son fils jusqu’à la naissance de deux enfants successifs. Louis n’est alors plus aimé que par sa mère et un jour l’adolescent, après un épisode dramatique, s’enfuit sans un mot et sans plus jamais donner de nouvelles.

« Ce soir Louis n’est pas rentré ».

Commence alors une attente folle pour Anne tant la douleur est forte.
Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Elle se rend dans son ancienne petite maison et partage ainsi ses journées en deux parties, celle de la rue des Ecuyers et l’autre de la petite maison.

Pour attendre elle écrit à Louis des lettres qu’elle n’envoie pas mais où elle lui promet, à son retour, un festin extraordinaire, suivant ainsi la parabole de « l’enfant prodigue ». Mais elle ne fait pas que cela, elle est aussi une Pénélope qui attend son Ulysse venu d’au-delà des mers. Elle vit une vraie tempête mais fait partie de ces femmes qui font face contre vents et marées.

C’est un portrait bouleversant, plein de pudeur et d’humanité. Le vocabulaire est toujours si bien choisi et le style ciselé.

C’est BEAU !!

Gaëlle Josse vient présenter son livre à la Librairie Doucet Mercredi 12 Janvier à 18 heures. Nous l’attendons avec « une longue impatience »

Marie-José/M.Christine

« Une si longue impatience » – 176 pages – Prix : 14 € – Editions Noir sur Blanc – Collection Notabilia.

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La promesse de l’aube – Romain Gary – Folio et François-Henri Désérable – Un certain M. Piekielny – Gallimard

la promesse de l'aube

LA PROMESSE DE L’AUBE ADAPTÉE AU CINÉMA

En ce mois de décembre, le récit autobiographique de Romain Gary « La promesse de l’aube » est remis deux fois en lumière.

Tout d’abord, grâce à François-Henri Désérable pour le remarquable roman « Un certain M. Piekielny«  (Gallimard), de cette rentrée littéraire 2017. un certain m. piekielnyCe M. Piekielny, cet homme voisin de palier de l’écrivain au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, dans la ville de Wilno, actuellement Vilnius, où vécut Romain Gary (plus exactement Roman Kacew), rencontré au chapitre 7 de « La promesse de l’aube ».

Ensuite, grâce à l’adaptation cinématographique que nous pourrons voir dans les salles, à partir de 20 décembre, réalisée par Eric Barbier, jouée par Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg.

Donnez-vous le temps de lire « La promesse de l’aube » mais aussi « Un certain M. Piekielny », roman dans lequel le jeune auteur nous emmène sur les traces de Romain Gary.

Suivez François-Henri Désérable à Vilnius !  C’est un vrai plaisir de lecture ! Un livre éblouissant et profond, plein de digressions littéraires et culturelles, des pages magnifiques, très émouvantes. L’histoire, les souvenirs littéraires,  le style, l’humour….. le tout mené à la manière d’une enquête !

« Tout est parti de « La promesse de l’aube » que je considère comme un chef-d’œuvre, tant Romain Gary a ce pouvoir de rehausser le réel » souligne F. H. Désérable.

Le livre de Romain Gary publié en 1960 est une ode, à la mère de l’auteur, « La promesse de l’aube », une promesse, un engagement que le narrateur a pris envers sa mère  : devenir une personne importante !

« Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France -tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : – Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

« La promesse de l’aube » est le récit d’un amour exceptionnel ! Un récit qui dépeint la vie de Roman Kacew,  et son amour pour sa mère…, se surpassant dans l’écriture pour satisfaire les désirs de sa mère. Cette mère à l’amour exclusif pour son fils qui n’a  fait que reporter toutes ses ambitions sur lui ! Un fils qui a tenu sa promesse d’adolescent (d’où le titre de son livre), devenant l’auteur que l’on connaît !

 » La promesse de l’aube » – 400 pages – collection Folio – prix 8,20 €uros. – « Un certain M. Piekielny » – Editions Gallimard – 272 pages – prix : 19.50 €

M. Christine

Un certain M. Piekielny – François-Henri Désérable – Editions Gallimard

un certain m. piekielny

Vous souhaitez découvrir qui était ce M. Piekielny !

Venez rencontrer et écouter François-Henri Désérable !**

François-Henri Désérable est un très jeune auteur, ancien champion de hockey sur glace dont on a beaucoup entendu parler car il a déjà écrit deux textes très remarquables « Evariste » et « Tu montreras ma tête au peuple » et cette fois-ci encore,  ce livre est un véritable petit bijou ! Parce que l’auteur nous fait partager sa passion pour Romain Gary et « La Promesse de l’aube », livre de chevet qui l’a accompagné pendant toutes ses années d’adolescent, dans lequel effectivement on parle de ce M. Piekielny qui avait demandé, non pas à Romain Gary, mais à Roman Kacew, puisque c’était son pseudo, de dire partout : « Quand tu rencontreras de grands personnages[…] des hommes importants, promets-moi de leur dire : « au numéro 16 de la rue Grande Pohunlanka, à Wilno (Vilnius) habitait un certain M. Piekielny ». Promesse dont s’est acquitté Romain Gary !.

Mais, le prétexte est de nous parler de Romain Gary, de littérature, des mères, du rôle des mères et de leurs fils, de l’ambition de celles-ci que ce soit la mère de Romain Gary, la mère de François-Henri Désérable. Cette ambition qu’elles ont pour leurs enfants. On a des pages magnifiques et très émouvantes sur la guerre, sur le ghetto juif de Wilmo (Vilnius).

Un texte extraordinaire, plein de digressions, drôle, poétique, émouvant.

Un auteur à découvrir !

Et une occasion de lire ou relire « La Promesse de l’aube » de Romain Gary !

**François-Henri Désérable sera présent au Mans, à la librairie Doucet ce MERCREDI 13 DECEMBRE A 18 heures, au Mans pour « Un certain M. Piekielny » 272 pages – Prix 19,50 €

Marie-Adélaïde/M. Christine

Douglas Kennedy – « La symphonie du hasard » et Alice Ferney « Les Bourgeois »

LA SYMPHONIE DU HASARD

DOUGLAS KENNEDY sera présent à la Librairie Doucet pour « La symphonie du hasard »LA SYMPHONIE DU HASARDLivre 1 – MERCREDI 6 DECEMBRE à 16 H A New York, dans un bureau, une éditrice lit un manuscrit. Une œuvre qui la trouble et qui va la replonger dans son passé et celui de sa famille. Sur le papier, une famille comme tant d’autres au pays de l’Oncle Sam, un bonheur propret, une vie plutôt confortable. Et pourtant… Aux années soixante insouciantes vont succéder les années soixante-dix tumultueuses. Et faire exploser au passage toutes ces familles qui croyaient encore au rêve américain..(Editions Belfond – 362 pages – Prix 22.90€)

LES BOURGEOIS

ALICE FERNEY  parlera de son livre  « Les Bourgeois«   VENDREDI 8 DECEMBRE à 18H Alice Ferney(consulter l’article du 18 octobre sur ce blog) 

Ils sont Bourgeois de père en fils parce que c’est (aussi) leur patronyme. De la Première Guerre mondiale à nos jours, Alice Ferney explore les destinées des enfants de cette famille catholique, patriote et conservatrice. Ils partagent des valeurs, le sens du devoir, ont fait carrière dans l’armée ou dans la marine, se sont voués aux affaires, à la médecine, au barreau… – acteurs de l’histoire nationale et de la légende de leur lignée. Par leur entremise, Alice Ferney revisite les grandes ou déshonorantes heures de notre passé : tout un siècle français passé au tamis du roman familial (Actes Sud – 349 pages – Prix : 22 €uros)

M. Adélaïde/M. Ch

Le roman d’Ulysse – Simone Bertière – Editions de Fallois.

le roman d'ulysseEnvie de voyager ? 

Alors, partons immédiatement en voyage en compagnie d’Ulysse ! Le temps d’un livre, celui de Simone Bertière qui publie :

« Le roman d’Ulysse ».

Simone Bertière est une historienne que j’apprécie énormément. D’une part, parce qu’elle écrit très bien et d’autre part parce que c’est quelqu’un qui fait un vrai travail de recherche. Non seulement littéraire et historienne, c’est une passionnée de grec ancien, elle est helléniste. Elle a toujours aimé Ulysse. Elle a aimé le personnage et aimé sa vie puis a décidé de le rendre au grand public dans ce roman. Alors, on a étudié l’Iliade et l’Odyssée qu’on lit assez jeune et parfois on a peiné  ! … et beaucoup de jeunes gens le lisent encore en se disant : –« ce n’est pas facile ». Elle a donc trouvé très intéressant de nous parler de cet homme qui a eu une vie extraordinaire, 20 ans de voyage !

Il a quitté Ithaque, quitté son fils tout petit, sa femme Pénélope que l’on connaît bien avec sa tapisserie, qui l’a attendu –et puis son chien qui était là aussi devant la porte du palais-. Il est d’abord parti faire la guerre de Troie pendant dix ans, a essayé de récupérer la Belle Hélène qui avait quitté Mélénas pour le très beau Pâris avec tous les drames et puis enfin la ruse d’Ulysse qui triomphe avec ce fameux cheval…. – Vous connaissez l’histoire !…  Une des plus belles sagas, Ulysse !

– C’est merveilleux, il y a tellement de choses à raconter ! Entre la vengeance, les défis humains, la colère,  l’Amour,  la beauté, c’est FA-BU-LEUX !

Et puis après dix ans, épuisé par cette guerre, il reprend la mer avec tous ses soldats. Ils sont à peu près une dizaine de bateaux. Et là, l’aventure commence. Là, c’est vraiment  du voyage ! La mer est très importante pour Ulysse. On va croiser le Cyclope qui ne les accueille pas très bien. Vous savez, ils vont tous se faire dévorer par cet homme qui fait du fromage de chèvre et de brebis, mais qui  n’est vraiment pas très sympathique….

– On va arriver aussi chez Circé, la belle Circé qui a le don de transformer tous les hommes en animaux en fonction de leur nature. Par chance, elle tombera amoureuse d’Ulysse, lui aussi est sensible au charme féminin. On le verra dans les îles suivantes avec Calypso, Nausicaa…. Voyez, rien que ces noms nous font rêver ! C’est une aventure extraordinaire ! « Une vraie galerie de personnages » !…. c’est FA-BU-LEUX !

– On verra comment la ruse, comment l’Amour peut supplanter la force physique et la rage….

CB : On a l’impression que Simone Bertière écrit un peu sur son héros ?

Mad : Exactement ! Elle écrit sur un héros qui passe le temps, un héros terriblement humain avec des faiblesses, de quelqu’un qui a décidé de faire ce qu’il faut faire… et pour ça, il sait utiliser ce qu’il a de mieux…, c’est-à-dire l’idée, le contact humain, le fait de discuter, le fait de parler et grâce à ça, dans sa façon de trouver son histoire. C’est  Ulysse qui est revenu chez lui !. Il a repris sa place. Il a écarté tous les prétendants qui voulaient épouser Pénélope. Il a placé son fils Télémaque au pouvoir – Il est dans une ferme, contemple la mer qu’il a tant aimée… Et, il raconte à un jeune homme ses aventures, tout ce qu’il a fait dans sa vie !

– Un livre que l’on a envie de lire, installé bien au chaud, dans un p’tit coin douillet !…

Marie-Adélaïde/M. Christine

Réécoutez Charlotte Bouniot en compagnie de M. Adélaïde de la Librairie Doucet sur France bleu Maine en cliquant ici.

« Le roman d’Ulysse » Prix : 19 €uros – 244 pages

 

Légende d’un dormeur éveillé – Gaëlle Nohant – Editions Héloïse d’Ormesson –

légende éveillé d'un rêveur endormiDans les pas de Robert Desnos.

« Le dormeur éveillé » : c’est ainsi qu’André Breton appelait, le poète  Robert Desnos.

Dans ce livre dense et riche en références, Gaëlle Nohant nous raconte les mille vies de Robert Desnos (écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant...) en nous plongeant dans le monde culturel des années folles jusqu’aux heures sombres de l’occupation.

Ce livre est né de la passion de Gaëlle Nohant pour l’œuvre de Robert Desnos, jusqu’à compter parmi ses livres de chevet. Et l’on perçoit au fil des pages tout le travail de recherche fourni par l’auteur, réalisé avec une telle passion, avec un tel amour pour Robert Desnos. Elle nous embarque dans la période qui précède la guerre puis dans la guerre, dans la résistance, dans les choix de chacun et elle le fait avec talent. Des extraits de poèmes  de Robert Desnos alternent le récit, rendant Robert Desnos encore plus proche de nous. Puis, l’émotion est grande lorsqu’on partage ces très beaux moments avec le petit Jacques  Fraenkel*, cet enfant caché,  à qui le livre est dédié et à qui Robert racontait des histoires… (*Découvrez-le et n’hésitez pas à lire Robert Desnos !)

De son quartier d’enfance à Paris (4ème Eglise St Merri, en passant par Les Halles (où ses parents étaient commerçants), au 45-47 de la Rue Blomet ou bien au n°33 « Le Bal Nègre » devenu le « Cabaret du Bal Blomet » (15ème arrond.) jusqu’à Montparnasse, vous aurez envie (livre en mains ou pas) de faire une balade littéraire à travers Paris, d’aller dans tous ces lieux mythiques fréquentés par Robert Desnos et ses compères-artistes de l’époque. Vous irez à la rencontre des femmes de sa vie : Yvonne George et Youki, son grand amour, ex-compagne du peintre Foujita, devenue Madame Desnos.

C’est tout un défilé d’artistes auquel nous convie Gaëlle Nohant. Vous côtoierez : Alejo Carpentier arrivé de Cuba avec Robert Desnos, Eluard, Garcia Lorca, André Breton, Madeleine Renaud, Jean-Louis Barrault, Picasso, Kiki et Man Ray, Prévert, Théodore Fraenkel,  Antonin Artaud et tant d’autres…

Imaginez-vous, à cette époque ! Dans ce livre très cinématographique, nous vivons pleinement ces rencontres, tous ces moments avec Gaëlle Nohant, assis aux terrasses des cafés, en compagnie de tous ces artistes et poètes, au « Bœuf sur le toit », au « Deux Magots », au « Café de Flore », au « Sélect »ou à « La Coupole »…., en plein milieu du surréalisme, du dadaïsme……jusqu’à ce  l’occupant arrive.

Puis on apprend, à travers sa chère Youki, son arrestation, sa déportation, sa fin tragique puisqu’il meurt du typhus, à l’âge de 45 ans, au lendemain de la libération du camp de concentration de Theresienstadt en Tchéchoslovaquie où il était prisonnier.

Un roman à la fois lumineux et sombre. Fabuleuse investigation littéraire. Avec « Légende d’un dormeur éveillé » l’auteur ressuscite quinze ans d’histoire, des années folles jusqu’à l’Occupation. Une traversée du XXe siècle, vivante et tumultueuse, sur Robert Desnos, un homme très attachant, courageux,  très humain. Un héros qui se bat pour la LIBERTE dont on ne peut que tomber amoureux.     Un coup de cœur +++ !               

« Légende d’un dormeur éveillé » – 544 pages – Prix : 23 €uros

M.Christine

Gaëlle Nohant née à Paris en 1973, a écrit « L’Ancre des rêves » (prix Encre Marine, 2007) et La Part des flammes (prix France Bleu/Page des libraires, 2015 et prix du Livre de Poche, 2016)

 

La Nostalgie de l’honneur – Jean-René Van der Plaetsen – Editions Grasset – Prix Interallié 2017

la nostalgie de l'honneurLe président Philippe Tesson et les membres du jury du  prix interallié ont décerné ce prix à Jean-René Van der Plaetsen pour :

« La Nostalgie de l’honneur« 

J.-R Van der Plaetsen s’est dit très ému de recevoir ce prix le jour anniversaire de la naissance du Général Leclerc (22-11-1902 et mort en 1947) et a indiqué :  « Je dédie ce prix au Général Leclerc, ainsi qu’à tous ceux qui ont combattu avec lui ».prix interallié

Salué dès sa sortie par la presse, « La Nostalgie de l’honneur«  est le portrait du grand-père de l’auteur, le général Jean Crépin, gaulliste de la première heure, Compagnon de la Libération, héros de Bir-Hakeim et Grand-Croix de la Légion d’honneur. Dans les colonnes du Figaro Magazine, l’académicienne Dominique Bona avait salué le livre en ces termes : «A chaque page, la bravoure et le panache, le goût du défi, viennent pailleter d’autres valeurs plus austères – le sens du devoir, l’esprit du sacrifice – que ce Soldat de France avait chevillées au corps».

Présentation : « C’est un fait : notre époque n’a plus le sens de l’honneur. Et c’est pourquoi, ayant perdu le goût de l’audace et du panache, elle est parfois si ennuyeuse. Alors que le cynisme et le scepticisme progressent chaque jour dans les esprits, il m’a semblé nécessaire d’évoquer les hautes figures de quelques hommes que j’ai eu la chance de connaître et de côtoyer. Comme Athos ou Cyrano, c’étaient de très grands seigneurs. Ils avaient sauve l’honneur de notre pays en 1940. Gaulliste de la première heure, mon grand-père maternel était l’un d’entre eux. Sa vie passée a guerroyer, en Afrique, en Europe ou en Extrême-Orient, pleine de fracas et de combats épiques dont on parle encore aujourd’hui, est l’illustration d’une certaine idée de l’honneur. Qu’aurait-il pense de notre époque ? Je ne le sais que trop. C’est vers lui que je me tourne naturellement lorsqu’il m’apparaît que mes contemporains manquent par trop d’idéal. Ce héros d’hier pourrait-il, par son exemple, nous inspirer aujourd’hui ? C’est dans cet espoir, en tout cas, que j’ai eu envie, soudain, de revisiter sa grande vie. » J.-R. V.d.P.

«  La Nostalgie de l’honneur«  240 pages – Prix : 19 €uros

Jean-René Van der Plaetsen, né en 1962 à Lubumbashi, au Zaïre, est journaliste et écrivain. Il est directeur délégué de la rédaction Figaro Magazine. Il est membre du jury du prix de Flore.

M. Christine

Gabriële – Anne et Claire Berest – Editions Stock-

ANNE ET CLAIRE BERESTEntre musique et peinture, magnifique portrait de Gabriële Buffet. Dans l’ombre de Picabia !

« Il est si difficile de résister à quelqu’un qui vous veut terriblement. Il est impensable de résister à Francis Picabia »

Présentation : « Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apolinaire…. »

Afin de reconstituer un pan de leur histoire, peu transmise, un duo de sœurs Anne et Claire Berest, arrière-petites filles de Gabriële Buffet (née en 1881, décédée en 1985 – 104 ans !) ont exploré leur passé familial, en allant  à la rencontre de leur bisaïeule. Pour ces deux sœurs, ce fut une démarche salutaire de dévoiler la mémoire familiale et quelle aubaine pour nous, lecteurs d’être associés à cette enquête généalogique ! Gabriële  avec un seul « l » est une femme musicienne et musicologue (Schola cantorum), en avance sur son temps, une femme talentueuse, éprise de liberté. Devenue l’épouse du peintre Francis Picabia à la vie, à l’œuvre et s’y consacrera entièrement, dans une atmosphère artistique culturelle intense et féconde. Elle sera l’amante de Marcel Duchamp, la muse d’Apollinaire et de nombreux artistes. C’est le Paris foisonnant du début du XXème siècle que l’on côtoie, et tous ces artistes précurseurs de l’art abstrait, de cubistes, du dadaïsme…, les années bohèmes.

 De Cassis en passant par Paris, St Tropez, Le Jura, New-York, Barcelone, Francis Picabia  amoureux fou de belles voitures, véritable pigeon voyageur, s’enfuit pour un oui pour un non et Gabriële prend le large avec lui au moindre caprice. Mais seule Gabriële en connaît le sens. L’influence de cette femme, artiste elle-même, a sacrifié son destin personnel en mettant son talent au service de celui de son mari, transformant l’expression artistique de Picabia.

Un récit à deux voix très documenté, vraiment remarquable. Une histoire hors du commun racontée par les deux arrières-petites-filles de Gabriële, cette femme extraordinaire.

On ne peut qu’aimer cette fresque historique et artistique. On ne peut qu’aimer ces deux êtres d’exception dont la vie ne manque pas de romanesque.

Le style dynamique de ce tandem-narrateur nous donne du bonheur tout au long de ces 400 pages. Une belle leçon d’histoire de l’Art  ! Un vrai régal !

Les lecteurs attendent la suite, avec impatience !

Vous voulez en savoir plus !

Venez à la rencontre de ce duo de sœurs, Anne et Claire Berest  !

Venez écouter l’histoire de Francis Picabia et de Gabriële Buffet leur arrière grand-mère 

SAMEDI 25 NOVEMBRE à 17 H. Et mieux vaut réserver !

Marie-Christine

Gabriële – 420 pages – Prix : 21,50 €

Anne Berest a publié son premier roman en 2010 « La fille de son père » – Puis suivent « Les Patriarches » (Grasset 2012) – « Sagan » (Stock 2014) « Recherche femme parfaite » (Grasset, 2015)

Claire Berest publie son premier roman « Mikado » à 27 ans – « L’orchestre vide et Bellevue » (Stock en 2016) –

 

 

Sauver les livres et les hommes – Michael Najeeb avec Romain Gubert- Editions Grasset

SAUVEZ les livres et les hommesUn récit plein d’espoir !

Un témoignage unique et exceptionnel !

« Quand j’explique que nous parlons l’araméen, la langue de Jésus, les yeux brillent. Notre langue est un trésor et notre terre aussi. Certains soirs, nous montons sur les toits pour assister au spectacle offert par les assassins qui veulent nous chasser de la plaine de Ninive, la terre d’Abraham et de Moïse ».

 Un livre bouleversant ! Les libraires ont souvent des coups de cœur et puis de temps en temps, il y a une petite pépite qui sort du lot et c’est le cas pour « Sauver les livres et les hommes«  du Père Michaël Najeeb, dominicain irakien, dont il est question. Ce n’est pas un livre religieux. C’est un livre sur l’Histoire des Chrétiens d’Orient et de leur quotidien. Nous sommes en 2014 lorsque Mossoul tombe aux mains de Daech. Là, où les Chrétiens sont enracinés depuis des millénaires. Des dizaines de milliers de Chrétiens et de toutes autres confessions vont être obligés de fuir, dont le Père Michaeel. Ils fuient au nord de l’Irak, dans une petite ville qui s’appelle Qaraqosh. Ce Père raconte qu’au début des années 9O, ils se doutent tous de la tournure des évènements, des signes montrent que la situation risque de s’aggraver. Ils sont en possession de milliers de manuscrits anciens qui font la richesse du patrimoine culturel religieux du Moyen-Orient, un patrimoine fabuleux, tant au niveau historique que religieux. Il comprend assez rapidement que Daech a envie de détruire toute cette culture. Alors, il va commencer à numériser les livres qu’on lui apporte, qu’il récolte… Ce ne sont pas des ouvrages connus mais la datation remonte au 12ème et 13ème siècle, des trésors ! des traités de Médecine ou d’Astronomie. En une quinzaine d’années, grâce à l’aide de l’étranger, il réussira à numériser huit mille ouvrages, un peu de littérature, un peu d’histoire et de religion…., sachant qu’aujourd’hui un quart de ces livres a été brûlés depuis par Daech. Pour lui, Daech tue toujours deux fois : – d’abord les hommes, puis leur Histoire. Donc, il s’est attaqué à sauver ce qu’il pouvait. Bien sûr, il a sauvé des familles. C’est assez impressionnant et vraiment bouleversant. Bien sûr, il a rempli sa mission de prêtre et il a aidé les humains. Il a participé à sauver cette culture, cette Histoire, les racines parce que l’Histoire raconte que ces Chrétiens d’Orient sont les premiers Chrétiens au Monde, que c’est dans cette région du Monde qu’a été inventée l’écriture, il y a plus de 5 000 ans. C’est un lieu culturel. C’est le berceau de l’Humanité et nous aujourd’hui, on les oublie un peu, on les abandonne ! Il faut bien dire les choses….

« En sauvant les livres, il permet à l’humanité de ne pas perdre son passé car sans racines, il n’y a plus d’âme ».

  • Et quand on dit Daech, c’est un mot qui fait peur ! Et eux, sont toujours là à essayer de sauver tout ce qu’ils peuvent… Voici un petit passage du livre  :

    « La littérature digue contre l’anéantissement et source de consolation en tant de guerre. La préserver, c’est sauver une part essentielle des hommes, leur humanité, leur mémoire, leur imagination et leur savoir ».

  • Tout le livre est magnifique ! C’est très humain. C’est une écriture très poétique. Il n’y a pas d’accusation, pas de revendication. C’est juste : je vous raconte une chose et je vous dis comment ça se passe aujourd’hui, là-bas.

    Et il faut sauver les hommes et il faut sauver aussi leur culture !

Réécoutez Nathalie et Charlotte Bouniot, sur France Bleu Maine en cliquant ici.

Nathalie/M. Christine

« Sauver les livres et les hommes » – 177 pages – Prix : 17 €uros

 

NIELS – Alexis Ragougneau – Editions Viviane Hamy

nielsEt vous, qu’auriez-vous fait ?

 Voici « Niels » d’Alexis Ragougneau ! Aventure, enquête policière, récit introspectif, théâtre… Alexis Ragougneau écrit aussi pour le théâtre et c’est particulièrement net ici. En début de lecture, on peut penser à un livre de plus sur la 2ème Guerre mondiale, avec la Résistance, la collaboration, l’épuration etc… C’est vrai, il y a tout cela mais bien plus encore tant l’auteur a fait éclater tout genre littéraire.

Nous sommes dans un drame, une tragédie plutôt, en cinq actes. L’auteur parle d’actes, en effet, et non de chapitres. On trouve des dialogues avec des personnages véritablement mis en scène et c’est très original.

Niels Rasmussen est danois et il a rejoint la Résistance en 1940 lorsque l’Allemagne nazie a envahi le Danemark. Il est artificier, détruit les maisons, les lignes de chemin de fer ou les croiseurs ennemis. Mais c’est surtout par amour qu’il a rejoint la Résistance, amour pour Sarah, jeune femme juive qui lui donnera un enfant en 1945 ..

Alors que tout s’achève, il reçoit une lettre anonyme lui apprenant que son ami Jean-François Canonnier, avec lequel il a monté des pièces au théâtre de l’Olivier à Paris, avant la guerre, est en prison.

« C’est définitivement le 7 Mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de Justice de la Seine. Il sera défendu par Maître Bianchi. »

Il encourt la peine de mort et  » là-bas , en France ils fusillent les collabos à tour de bras ».

Tout est mensonge, hypocrisie. Beaucoup sont entrés en Résistance au dernier moment, voire pas du tout ! Certains ont vécu dans la compromission et maintenant se déchaînent contre les plus petits.

Tout est spectacle et d’ailleurs il est surtout question d’écrivains et d’acteurs.

Qu’est-il donc arrivé à son ami ? Qu’a-t-il fait ? Pourquoi ? Peut-il le sauver  et connaître la vérité ?

       C’est l’impossible question posée : Et vous qu’auriez-vous fait ? 

Une lecture forte et originale qui emporte le lecteur.

Souvenons-nous de l’enthousiasme des lecteurs, des libraires et des journalistes en France comme à l’étranger pour deux précédents romans : « La Madone de Notre-Dame » (2013) et « Evangile pour un gueux » (2015). Un livre tous les deux ans ! – 2017 « Niels » 355 pages – Prix 20 €uros

Marie-José/ M.Christine