Avant que les ombres ne s’effacent – Louis-Philippe Dalembert – Editions Sabine Wespieser –

Prix littéraire France Bleu-Page des libraires 2017

avant que les ombres ne s'effacentRavie que France Bleu, en même temps que Page des libraires, qui est une revue superbe, a décerné le Prix France Bleu 2017, à un Monsieur extraordinaire, haïtien, Louis-Philippe Dalembert.

Son texte était paru en janvier. Il vient de recevoir ce prix France Bleu, puis le prix Orange pour récompenser son travail, sur une histoire absolument folle qui se déroule des années 39 à nos jours, en Haïti et qui s’appelle « Avant que les ombres s’effacent » – Un joli titre !.

Ce qu’on découvre dans ce roman, c’est l’histoire incroyable d’Haïti. Dès 1939 le Consul d’Haïti avait décidé d’offrir à tous les juifs qui en faisaient la demande, des passeports pour qu’ils puissent venir se réfugier en Haïti. Même Haïti a été très loin, pendant la guerre parce qu’après l’attaque de Pearl Harbor, Haïti a déclaré la guerre à l’Allemagne. C’est ubuesque. On savait que ça ne pouvait pas aboutir, mais c’était un engagement. A ce moment-là, ils ont accueilli plus de mille juifs.

En fait, Louis-Philippe Dalembert nous raconte cette histoire avec une écriture à la fois joyeuse, parce qu’il part du principe que les choses les plus tristes, les plus pénibles, si on les raconte avec un mode joyeux, cela permet de véhiculer beaucoup d’idées.

Et, justement l’humour, on le trouve avec ces populations, avec l’arrivée de ces familles juives, on rit, on pleure, on fait beaucoup de bruit, et le monde de la débrouille, du rocambolesque en Haïti, parce que c’est un peu comme ça que tout le monde vivait.

On va suivre l’histoire de Ruben Schwarzberg, brillant médecin qui va partir d’Allemagne, où il faisait ses études, et se retrouver sur ce fameux bateau le « Saint-Louis »,  paquebot allemand arrivé à Cuba mais qui a été refusé, pour  repartir vers la France. Tous ont été arrêtés, internés à Auschwitz. Il s’est échappé et grâce à des amis haïtiens rencontrés, il a pu avoir ce fameux visa et arriver jusqu’en Haïti.

Il nous raconte cette aventure quatre générations après, parce qu’il est toujours là, au moment du grand séisme de 2010, où une arrière-petite nièce israélienne et une partie de la famille installée aux Etats-unis et en Israël, vont revenir aider après ce tremblement de terre.

Et on va avoir cette aventure absolument folle de ces familles juives installées.

C’est un fait historique.. C’est un roman merveilleux sur Haïti. C’est passionnant !

Louis-Philippe Dalembert écrit à la fois des poèmes, des essais et là, il est revenu au roman parce qu’il a estimé que c’était la forme la plus appropriée à cette grande histoire et à ce coup de chapeau qu’il voulait donner à son pays, parce qu’ils ont eu un rôle absolument incroyable pendant la guerre.

Louis-Philippe Dalembert nous fait le plaisir de venir à la librairie Doucet. Venez nombreux rencontrer cet homme au charisme incroyable, il nous parlera de son livre :   VENDREDI 6 JUILLET à 18 heures.

Et si vous le souhaitez, écoutez l’émission diffusée mardi 27 juin, en cliquant ici

Marie-Adélaïde/M. Christine

« Avant que les ombres s’effacent » – 320 pages – 21 €uros

Croire au merveilleux – Christophe Ono-Dit-Biot – Editions Gallimard – collection Blanche –

 

croire au merveilleux 2Découvrons un très beau livre. Très beau titre ! Très beau texte en vue de la Fête des Mères qui approche !

« CROIRE AU MERVEILLEUX » de Christophe Ono-dit-Biot.

Christophe Ono-Dit-Biot a écrit de nombreux romans dont « Birmane » et, le dernier s’appelait « Plonger ». C’était, l’histoire très triste de ce couple, ce journaliste et cette jeune artiste, un couple fonctionnel. Très très belle histoire d’amour. Elle accouchera d’un petit garçon puis elle s’en ira mourir, lors d’un accident de plongée. Son mari, César, ne cessera de se demander si elle les a quittés pour mourir, en allant nager avec les requins, ou est-ce un banal et très triste accident de plongée ?

CB – (Cette question à laquelle, on ne peut avoir de réponse. – Mad : Et c’est ce qui est catastrophique).

Dans ce roman, « Croire au Merveilleux », c’est un des plus beau texte que j’ai lu en cette rentrée 2017. C’est intelligent, brillant, très cultivé puisqu’on va énormément parler de mythologie grecque. Mais, c’est surtout un texte sur le fait que la vie continue, la vie doit être douce.., même si on est séparés. C’est une forme de résilience. Et l’on va parler de quelque chose, d’un endroit, d’une île merveilleuse pour se consoler.

Donc, César est au bout du rouleau, son fils a grandi, il n’arrive plus à s’en occuper. Il décide de le confier à ses parents puis de disparaître….

CB/Mad : – Il a abandonné – II a laché prise.

Il est trop malheureux, Paz lui manque trop.

Au moment d’absorber ses cachets, l’alcool est déjà sur la table, coups de sonnette !…. Une fois, deux fois, trois fois… ça tambourine à la porte. En râlant, il va ouvrir, il voit une RAVISSANTE jeune fille,… une « bombe » !. Elle s’appelle NANA : – « Bonjour, je suis votre voisine. Est-ce que je peux entrer cinq minutes…. Je n’ai pas mes clefs. » – « Bah ! – Ma voisine a 95 ans ». – « Eh bien, non justement ! Elle est morte, la voisine ». – La nouvelle voisine, c’est moi qui remplace c’est moi qui ait repris l’appartement. Un peu sonné…, ils commencent à parler  littérature et voyages. Cette jeune fille brillante et cultivée va lui redonner goût à la vie.  Ils ont un point commun :  ils aiment les auteurs absolument incroyables, du grec ancien, ils sont passionnés de mythologie et elle va l’inviter. Elle est à la fois présente et mystérieuse, proche et lointaine.

CB : – On peut presque se demander si elle existe !

Et l’histoire va continuer grâce à elle, à cause d’elle, pour elle. Il va voyager, il va aller à Naples, en Grèce sur une petit île. Et il va finir –vous comprendrez pourquoi- par découvrir une installation artistique, un endroit où sont conservés tous les battements du cœur des personnes qui ont décidé de conserver une trace de leur passage sur terre et c’est au Japon.

 Découvrez ce livre pour en savoir un peu plus cette île merveilleuse !

C’est un livre d’amour ! mais un livre d’amour triste… Un livre sur la résilience.

Un texte magnifique !

(Echange entre Charlotte Bouniot (CB) France Bleu et Marie-Adélaïde – (Mad) – Librairie Doucet) – Réécoutez l’émission en cliquant ici.

Marie-Adélaïde/M.Christine

« Croire au merveilleux » – Editios Gallimard – 240 pages – 20 €uros

Chistophe Ono-dit-Biot est l’auteur de : « Désagrégée » (2000) Plon/Pocket – « Interdit à toute femme ou femelle » (2004) Plon/Pocket – « Birmane (2007) Plon/Pocket – « Plonger » (2013) – Gallimard – Grand prix du roman de l’Académie française – Prix Renaudot des lycéens.

Les filles au lion – Jessie Burton – Editions Gallimard (coll. Du monde entier) –

LES FILLES DU LION                            Un roman irrésistible  !

Voici donc le 2ème roman de Jessie BURTON, cette auteure anglaise, également comédienne, qui a conquis le monde avec « Miniaturiste ». Si vous ne l’avez pas lu, précipitez-vous, c’est incontournable !!!

Le titre original de ce nouveau livre : « The muse »  correspond tout à fait à l’histoire. Les éditions Gallimard ont préféré « Les filles au lion » et c’est bien aussi.

Nous sommes en 1967. Odelle vient des Caraïbes et vit depuis quelques années à Londres. Elle vend des chaussures mais rêve de devenir écrivain. La chance lui sourit lorsqu’elle est engagée dans une galerie d’art, au service de Marjorie Quick, personnage quelque peu hors du commun et mystérieux.

Elle rencontre également Lawrie Scott, un jeune homme qui a hérité de sa mère un tableau lui aussi mystérieux.

Marjorie semble troublée par cette toile et Odelle se décide à enquêter. Le tableau représente deux jeunes filles et un lion, d’où le titre français. Qui est le peintre ? Qui a servi de « muse » ?

Au fur et à mesure des découvertes l’auteure nous fait remonter dans le temps, en 1936, en Andalousie.

Nous faisons alors connaissance d’Olive et de Térésa qui ont une très grande importance dans le roman. Nous rencontrons aussi une famille anglaise, en vacances dans une très belle propriété et un jeune peintre. Il se nomme Isaac Roblès et va participer aux débuts de la Guerre d’Espagne. Est-ce lui le peintre du tableau ?

C’est donc une page d’Histoire que nous fait revivre Jessie BURTON. L’art est aussi omniprésent avec ses émotions et toute sa puissance créatrice. C’est, comme dans son premier roman son thème de prédilection .


Un très bon moment de lecture et n’oubliez pas « Miniaturiste » !!

« Les lecteurs de « Miniaturiste » ne seront pas déçus ». (The Times)

Marie-José/M. Christine

« Les filles au lion » traduit par Jean Esch 496 pages : 22,50 €uros –

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Jessie Burton est l’auteur du premier roman : « Miniaturiste » traduit par Dominique Letellier – 504 p. – 22,90 € – ou collection Folio – 8,20 €

America – François Busnel et Eric Fottorino – (de la revue le « 1 »)

AMERICA REVUE

AMERICA – Bienvenue au premier numéro  AMERICA !

L’AMERIQUE COMME VOUS NE L’AVEZ JAMAIS LUE.

Présentation : Revue trimestrielle créée par François Busnel et Eric Fottorino de l’hebdomadaire le « 1 ». 16 numéros sont prévus pendant 4 ans. America s’achèvera donc avec le mandat de Trump.

America racontera l’Amérique au temps de Donald Trump, à travers des reportages et des enquêtes, des grands entretiens et des chroniques signés par des écrivains Français et Américains.

« Vous lirez donc, dans chaque numéro un entretien au long cours (Toni Morrison, qui a accepté d’être la marraine d’America raconte ce qu’écrire veut dire et ce dont Trump est le nom), mais aussi les extraits exclusifs des plus beaux romans américains à paraître. Dans ce numéro-ci : (Jay McInerney  « Les jours enfuis » à paraître le  11 mai 2017 et une nouvelle inédite  « Je me tuerais pour vous » de F. Scott Fitzgerald).

– une interview inédite de Barack Obama : « Ce que peut la littérature »

– un entretien exclusif avec Toni Morrison ( Prix Nobel de la littérature, en 1993) « Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? »

– des reportages, des enquêtes, des chroniques, des nouvelles, des extraits littéraires exclusifs écrits par Marc Dugain, Douglas Kennedy, Alain Mabanckou, Jay McInerney, Ta Nehisi Coates, Colum McCann, Louise Erdrich.

America salue dans ce premier numéro : Sinclair Lewis, Bret Easton Elis et Philip Roth, trois auteurs américains qui « nous avaient bien dit » dans leurs récits qu’un président comme Donald Trump serait élu. « Les écrivains, eux, sont armés : rien ne les étonne », souligne François Busnel.

Dans America, nous trouvons des illustrations, des dessins de Nicolas Vial, de Sempé, des photographies de Vincent Mercier ou de Sylvain Cypel pour son reportage « des pauvres petits blancs », un voyage au coeur de la Rust Belt « la ceinture de rouille » dans  l’Ohio et au Michigan,  ces classes moyennes qui ont été séduites par Trump et qui ont voté massivement pour lui. En dernière partie, un chapitre consacré à Moby Dick, le grand roman américain d’Herman Melville, illustré de superbes dessins. Puis, Augustin Trapenard nous fait le plaisir de clore ce premier numéro par une chronique humoristique avec « Figures de Donald ».

Ce premier numéro América est très agréable et richement documenté. C’est une réussite, c’est vraiment très séduisant, tant par son contenu, la diversité des sujets, sa forme. Dès les premières pages, on trouve une carte permettant de situer les lieux correspondants aux textes.

Une belle petite collection en perspective !

Vivement le prochain numéro prévu fin juin !!

Ce premier numéro d’America est tiré à 50 000 exemplaires. America :  194 pages au prix de 19 €uros.

M.Christine

Ressentiments distingués – Christophe Carlier – Editions Phébus –

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                « Ressentiments distingués » un polar littéraire.

Christophe Carlier est agrégé de Lettres classiques et Docteur-ès-Lettres. Il a participé à des dictionnaires et encyclopédies, s’intéresse aux Mythes et aux contes, à Marguerite Duras mais aussi à Sempé…

En 2012, il s’est lancé dans le roman et a tout de suite été consacré par le Prix du premier Roman avec « L’assassin à la pomme verte » qui raconte la rencontre, dans un grand hôtel parisien, de deux étrangers, sous le regard attentif et ironique du réceptionniste. C’est déjà un polar et c’est jubilatoire.l'assassin a la pomme verte

Christophe Carlier persiste et signe avec ce deuxième roman et c’est un plaisir de retrouver le style, l’humour presque imperceptible parfois de l’auteur. Le titre d’abord avec ce jeu de mots qui conduit au sourire ! La première de couverture très réussie avec un village tout ramassé sous une grosse lune et des textes presque illisibles écrits sur les maisons ! C’est tout à fait le résumé et l’ambiance du livre.

Nous sommes en Bretagne, sur une petite île (un petit Guernesey ou un Ouessant, a dit l’auteur).. Nous y rencontrons des hommes et de femmes minuscules, comme dans les dessins de Sempé justement, et qui passent incognito dans les ruelles.

Deux parties dans ce livre :

La première parle du corbeau qui envoie des cartes évidemment anonymes aux habitants. Deux phrases courtes, plutôt malveillantes, qui insinuent des « choses » et mettent mal à l’aise Théodore, Léocadie, Adèle, Félicien et d’autres… C’est un gendarme du continent qui enquête. Il interroge les uns et les autres qui se retrouvent au café de la Marine, lieu central où tout le monde se parle.

– La deuxième partie est totalement différente :  le lecteur sait qui a envoyé les cartes et nous avons droit maintenant au point de vue du corbeau.

L’ironie douce est toujours présente. C’est une enquête, oui, mais aussi une fable sur la société dans laquelle les êtres humains  ont toujours une part de culpabilité et les coupables une part d’innocence.

174 pages, des chapitres courts : un bonheur !!

Marie-Jo/M. Christine 

Ressentiments distingués – Christophe Carlier – Editions Phébus – Prix : 16 €uros

Christophe Carlier est, entre autres,  l’auteur de : « L’Assassin à la pomme verte » – Paris – Serge Safran éditeur (2012) – Prix du premier roman – « Happé par Sempé », Paris, Serge Safran éditeur (2013) – « L’Euphorie des places de marché », Paris, Serge Safran éditeur (2014) – « Singulier », Paris, Phébus (2015)

 

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – Editions Les Arènes –

la vie secrete des arbresPromenez-vous dans les bois, pendant qu’il en est encore temps ! – Un livre parfait pour les amoureux de la forêt !

Un grand BRAVO  et Un grand MERCI ! à Peter Wohlleben pour ce merveilleux livre qui nous éclaire sur « La vie secrète des arbres », « Ce qu’ils ressentent. Comment ils communiquent ».1003698-peter-wohllebenjpg

« Enfant, Peter Wohlleben voulait protéger la nature. Devenu forestier, il s’est mis au service de son employeur, l’administration forestière de l’Etat allemand. Puis, en appliquant les consignes de celle-ci, il s’est mis à martyriser les arbres, la forêt, celle qu’il pensait protéger, aimer, chérir…. »

Il se souvient :  » Il en savait autant sur la vie secrète des arbres qu’un boucher sur la vie affective des animaux » De l’exploitation forestière intensive, source de matière première pour les scieries, il est passé à autre chose. Tout a changé au contact des promeneurs, des randonneurs de « sa forêt » au sud de Bonn (commune de Hümmel). Ils  lui ont changé son regard et sa vision des choses, remettant en cause sa façon de travailler. Depuis, il dirige une forêt écologique, il chouchoute les hêtres, plaide surtout pour le minimum d’intervention humaine dans les forêts… C’est un amoureux du hêtre des voyageurs ! Il faut dire qu’avec sa ramure de cerf ou ses branches de chandelier, ce hêtre a fier allure !7095112lpw-7095321-article-jpg_4118070

On pense ne rien avoir à apprendre des arbres. Bien au contraire, nous avons tout à apprendre de leur vie, de leurs échanges, de leurs racines, de leur mémoire également.

OUI, dans ce livre très pédagogique, érudit mais ô combien nécessaire, vous apprendrez que les arbres communiquent entre eux, qu’ils sont solidaires entre eux car ils sont capables de prévoir un danger, de s’en prémunir, d’alerter leurs congénères, de s’aider, de protéger les plus faibles.

OUI, c’est un livre très clair, bien construit, passionnant à mettre entre toutes les mains !

Que l’on soit de milieu rural, que l’on soit citadin, ou professionnel forestier, ce livre nous touche tous. D’un chapitre à l’autre (très courts), nous sommes aux côtés de l’auteur, nous avançons à notre rythme, pour une belle leçon de sciences, de botanique, pour une magnifique et belle promenade forestière, en compagnie de la faune, de la flore, de toutes ces petites « bébêtes » qui parfois nous font surgir, mais ô combien utiles !

Quelle magnifique couverture !

Certes, direz-vous, il aura fallu abattre bon nombre d’arbres pour produire ce livre mais c’est pour la bonne cause, écrit pour mieux nous faire réfléchir, essayer de comprendre la gestion de la forêt, la pratique de l’écoforesterie sensée, si chère à Peter Wohlleben qui prône pour le retour à la forêt primaire.

Prenez-en de la graine, ce livre est vraiment rafraîchissant ! Après cette excellente lecture, peut-être aurez-vous envie d’entourer vos bras autour des arbres, de les choyer et pourquoi pas leur parler ?arbre dans vos bras

Et, pour comprendre, pas besoin d’aller bien loin, juste à côté de chez vous et vous ne regarderez plus les arbres et les vieilles souches de la même façon !.. Allons communiquer avec eux, il faut les protéger davantage.

Et que dire du sort des arbres en ville ? « Mieux vaut éviter d’éclairer les rues toute la nuit, car les arbres ont besoin de dormir, comme nous ! »

Un livre à faire circuler de toute urgence car « les forêts peuvent nous aider à lutter contre le changement climatique, à condition que nous leur permettions de faire leur job », nous dit Peter Wohlleben!

Ainsi, la canopée, le houppier, les oribates, les collemboles et les polychètes n’auront plus de secret pour vous !….

En fin d’ouvrage, vous trouverez un « Plaidoyer pour le respect des arbres ».

Marie-Christine

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – Editions « Les Arènes » – Prix 20,90 € – Un livre vendu numéro un, en Allemagne, tiré à plus de 650 OOO exemplaires, traduit en 32 langues, devenu best-seller en Amérique, très prisé en Chine et au Brésil. Traduit de l’allemand par Corinne Tresca.

Un été à quatre mains – Gaëlle Josse – HD ateliers henry dougier/littérature –

UN ETE A QUATRE MAINS« Ah ruisseau, cher petit ruisseau/Tu voudrais m’apaiser/Mais sais-tu, petit ruisseau/Ce que l’amour peut faire ? »

Impressionnant ce petit livre d’à peine cent pages !

Un petit livre,  pour un très beau texte !

Gaëlle Josse écrit toujours des petits bijoux. Tous les mots sont cherchés, tous les mots sont justes. Il y a de l’émotion, de la qualité et surtout l’envie d’offrir, de transmettre quelque chose de passionnant aux lecteurs.

Gaelle Josse aime la musique et les arts. Avec ce texte, elle revient encore une fois avec une très très belle histoire qui nous parle de Franz Schubert, le compositeur !portrait schubertComme souvent, son sujet en tête, Gaëlle Josse va écrire autour.  Elle va évidemment broder pour donner sa touche romantique. Le fond de l’histoire est là, on le connaît : – Franz Schubert n’est pas tellement reconnu lors de son existence. Le chantre du romantisme, on connaît le lied de Schubert, puis ses partitions au piano, c’est quelque chose de très intime. Désargenté, Schubert n’a pas eu un succès considérable. De plus, son physique peu attirant, il était de petite taille, un peu contrefait, ses copains l’appelaient « le petit champignon ». Très jeune, il est atteint de syphilis, il meurt en 1828, à l’âge de 31 ans.

Il avait toujours besoin d’argent pour composer. La musique était sa passion et il accepta, pour la seconde fois d’aller donner des cours de musique et passer quatre mois dans la somptueuse résidence d’été du Comte d’Esterazhy. Il quitte Vienne à destination de la Hongrie où le gîte et le couvert lui seront assurés. Invité comme maître de musique, il enseigne le piano et le chant aux deux jeunes comtesses, Caroline et Marie, puis anime les soirées campagnardes, un peu chics.Schubert - Voyages La belle meuniere

Cette seconde session, quatre ans après la première, va être l’occasion de retrouver Caroline, surnommée « Cardine », jeune fille avec laquelle Schubert aura beaucoup d’affinités. Tous deux, ils partageront, échangeront cette passion autour du piano, et surtout le plaisir de jouer ensemble…

Dès le début, ils savent que rien ne sera possible. Il n’a pas d’argent. Il n’est en aucune manière, digne d’épouser cette princesse, mais cela aura été un moment extraordinaire favorisant sûrement l’écriture des nombreux textes romantiques qu’il a composés par la suite.ruisseau

Un texte magnifique et très poétique !

Lisez ce texte, en écoutant « Le meunier et le ruisseau »

(La belle meunière) de  Schubert !

Marie-Adélaïde/M. Christine

Réécoutez l’émission en cliquant ici !

« Un été à quatre mains » – HD ateliers henry dougier – Prix 8,90 €uros

Gaëlle Josse est l’auteur de plusieurs romans très remarqués par les lecteurs et par la presse : « Les heures silencieuses », « Nos vies désaccordées » (prix Alain-Fournier, prix national de l’Audio Lecture) – » Noces de neige ». « Le dernier gardien d’Ellis Island » (prix de Littérature de l’Union européenne) – « L’Ombre de nos nuits » (prix France Bleu/Page des Libraires)…

Les parapluies d’Erik Satie – Stéphanie Kalfon – Editions Joëlle Losfeld –

les parapluies d'érik satie UN PREMIER ROMAN REMARQUABLE, MUSICAL et POETIQUE à la fois.gouttes d'eauStéphanie KALFON, réalisatrice de profession, rend hommage au compositeur Erik SATIE (1866-1925) sans en faire la biographie dans ce livre très original intitulé : gouttes d'eau

gouttes d'eaugouttes d'eau« LES PARAPLUIES d’ERIK SATIE« gouttes d'eau

Elle a voulu témoigner des moments de la vie du parapluie 7musicien et, en quelque sorte pénétrer dans son esprit grâce à ce qu’il a pu dire ou écrire. En conséquence, la chronologie n’est pas respectée.

Le livre commence en 1901. Erik Satie a 34 ans. Première phrase : « On n’envie jamais les gens tristes ». Il est triste et comment ne le serait-il pas ? Il est dans la misère et sans avenir professionnel. A partir de là, l’auteure remonte les années jusqu’à l’enfance à Honfleur avec trop de morts autour de lui. A Paris, il entre au Conservatoire mais en est renvoyé très vite parce qu’il ne respecte pas les règles. Il voudrait faire évoluer la musique avec l’époque mais c’est trop avant-gardiste.

Il a vécu à Montmartre, a « travaillé » au cabaret du Chat Noir en tant que pianiste (il fallait bien vivre) puis pendant de longues années il occupa une chambre misérable à Arcueil, chambre que l’on ne découvrit qu’après sa mort. parapluie 7 On y trouva 14 parapluies noirs tous semblables, d’où le titre de ce livre bien sûr. « Il passe les 27 dernières années de sa vie dans les bars ». Il boit…de l’absinthe et se détruit peu à peu tout en affichant un humour et une excentricité de façade avec ses costumes de velours tous semblables également.

gymnopédie satieCe livre est très beau et nous renvoie sans arrêt aux oeuvres de Satie, les « Gymnopédies«  ou les « Gnossiennes », par exemple, dont nous connaissons tous les mélodies, à défaut des titres peut-être.GNOSIENNE SATIE

« Assez lent. Assez lent. Très lié et mélancolique. Voyez. Léger mais fort.. Ralentir. Reprendre. grossir. Retenez, je vous prie. Plus lent… »

Ce sont les sons du monde et de la nature qui font sa musique et il n’a pas été compris.

« Tantôt ils font de moi un fou, tantôt ils me représentent comme un être doux d’une platitude qui n’a d’égale que la leur. Peut-être se trompent-ils ? Et cela me fit grande peine. »

C’est poétique, émouvant, excellent !!

Marie-José/M. Christine

« Les parapluies d’Erik Satie » de Stéphanie Kalfon – 140 pages – 18 €uros.

Sainte Caboche – Socorro Acioli -Editions Belleville –

le-mans-la-bresilienne-socorro-acioli-en-vo-chez-doucet-le-31-mars_0Magie, rêve et amour dans ce roman brésilien : « Sainte Caboche« 

« Après avoir parcouru pendant des jours et des nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte, à étrange forme de tête. »

Avec « Sainte Caboche«  de Soccoro Acioli, nous partons pour une magnifique promenade au Brésil ! cactus

D’abord, saluons cette toute jeune maison d’édition créée par deux jeunes femmes, globe-trotteuses, qui ont posé leurs valises dans différents pays, profitant de nous rapporter à chaque fois des livres, dont voici le tout premier, ce « Sainte Caboche », un conte baroque, onirique, absolument merveilleux. Soccoro Acioli  a participé à des ateliers d’écriture, puis a été remarquée par un auteur assez connu et prometteur… :  Il s’agit de  Gabriel Garcia Marquez qui l’a beaucoup encouragée à écrire son premier roman et c’est un véritable régal.

Nous allons suivre les aventures de Samuel, un très beau jeune homme, qui vient de perdre sa maman. Tous deux vivaient de manière assez misérable, à proximité d’un couvent. Au moment de sa mort, elle lui a donné trois consignes : -d’aller déposer trois cierges aux pieds de trois saints importants, notamment un,  dans la ville de Candéia, se situant très loin de chez lui, puis de retrouver sa grand-mère paternelle, et par le fait même, son père qui a disparu avant la naissance de Samuel. Il  accomplira cette promesse, arrivera à destination, mais dans des conditions pitoyables, très amaigri, sans argent, pas de quoi subvenir à ses besoins… Tout le monde le rejette. Sa grand-mère ne lui ouvrira même pas sa porte. Le temps est menaçant, elle  lui indiquera seulement une grotte, comme seul refuge.

En fait, cette grotte n’est autre qu’une tête ! « une caboche », la fameuse « Sainte Caboche », de Saint-Antoine qui n’a jamais réussi à monter sur la statue de 20 mètres de haut, ce fameux Saint-Antoine. Dans cette tête, il va arriver, mordu par les chiens assez faméliques, dans un état épouvantable ! Il va se rendre compte qu’il entend les prières de toutes les femmes du village de Candéia, ces femmes cherchant l’âme sœur pour se marier. A l’aide d’un jeune garçon du village, il va donner un petit coup de pouce au destin et permettre certaines rencontres. Puis par la même occasion, se renflouer,  faire gagner de l’argent à tout le village. C’est merveilleux !

Il devient ange-gardien, Il devient marieur. Il va rencontrer sa famille parce que tous les secrets sont là. C’est aussi un livre sur les secrets de famille. C’est un merveilleux livre d’amour parce qu’il n’échappera pas à la règle. Vous trouverez des malversations,  un maire véreux, une femme très désagréable, des jeunes filles absolument délicieuses dont une fameuse « madeinusa » qui en fait s’appelle « made in USA ». C’est le côté farfelu de notre auteur. C’est super !

Un petit détail à ajouter :  sur certaines pages, vous trouverez un petit icône permettant de se connecter sur le site des maisons d’éditions et l’on y découvre des photos, des images, de la musique, des recettes de cuisine.

CB : Ah ! « Quand le numérique s’associe à la littérature ! – Donc, avec Belleville Editions, cette histoire qui a l’air un peu folle mais avec de vrais sentiments »….

Et quelle chance, avons-nous ! Cet auteur présente au Salon du livre à Paris, s’arrêtera au Mans pour une rencontre à la LIBRAIRIE DOUCET VENDREDI 31 MARS à 18 H.

Marie-Adélaïde/M.Christine

Pour réécouter l’émission de Charlotte Bouniot (CB) en compagnie de Marie-Adélaïde Dumont, cliquez ici

Sainte-Caboche de Socorro Acioli – Traduit du portugais (Brésil) Régis de Sà Moreira – Editions Belleville. 242 pages – 19 €uros

Les mots entre mes mains – Guinevere Glasfurd – Editions Préludes

LES MOTS DESCARTESLA SERVANTE ET LE PHILOSOPHE 

« Les mots changent tout, même ce que je pense ».

Hexagone, quel mot étrange ! Si on pouvait le manger, il aurait un goût de cerise. »

Une servante hollandaise devenue la compagne de René Descartes (Eh oui !…..Descartes, le philosophe). C’est un épisode méconnu de la vie de Descartes que Guinevere Glasfurd nous dévoile. Nous sommes au XVIIème siècle, à Amsterdam. Helena Jans van der Strom vient d’un milieu très modeste, elle est intelligente, très avide de connaissances. Cette jeune femme  en avance sur son temps est autodidacte, fascinée par les mots. Elle a appris à lire et à écrire seule. Elle travaille comme servante chez un libraire, Monsieur Sergeant. Un jour débarque René Descartes  chez son ami, libraire, qui l’héberge. Descartes tombe amoureux de la servante. Très vite une complicité va s’installer entre la servante et Descartes qui en fait sa maîtresse. Un enfant naît, une petite fille prénommée Francine, mais il ne change rien à sa vie :   Descartes est plongé dans ses écrits (nous sommes au moment de l’écriture et de la publication du « Discours de la méthode ») et Héléna attend patiemment, toujours amoureuse des mots, toujours avec  son appétit de vivre et la même soif d’apprendre.DESCARTES

Ils n’ont pas le même statut social ni la même religion. Le « Monsieur », comme elle l’appelle est catholique. Héléna est protestante. Il voit Hélèna quand bon lui semble et lui apporte son aide matérielle.

Guinevere Glasfurd fait revivre Amsterdam en 1630, sur fonds de l’époque du « siècle d’or », ce passé où les femmes n’avaient pas d’autre fonction que faire le ménage si elles étaient issues de milieu modeste, ou n’être qu’épouse ou mère. ! Elle resitue les personnages dans cette période, s’appuyant sur des faits réels, car c’est bien une  histoire d’amour véritable, mais ô combien compliquée…Une époque complexe, peu favorable à l’émancipation des femmes.

Un premier grand roman très passionnant, plein de passion et de surprises. La lecture et l’écriture, l’encre et le papier tiennent une place centrale dans ce livre car c’est ce qui va lier le philosophe et la servante. C’est un roman  captivant, troublant et à la fois bouleversant.

Bravo à Guinevere Glasfurd qui fera battre votre coeur ! Vous pourrez rire et pleurer…. C’est une belle histoire d’amour, un très beau roman historique qui devrait vous ravir car vous vous attacherez à Héléna, la principale héroïne de cet excellent roman.

Lisez ces « mots entre les mains », vous ne serez pas prêts de les oublier ! Vous penserez longtemps à Héléna puis à Descartes qui vous donnera peut-être envie de cogiter, de relire « Le discours de la méthode », les « Essais » ou les « Méditations Métaphysiques », de redécouvrir, de vous réconcilier avec Descartes tout simplement ! Descartes vu sous un autre jour, moins rigide, moins rigoureux !

Si vous aimez les romans historiques,  l’ambiance d’Amsterdam au XVIIème siècle, si vous avez aimé « La jeune fille à la perle«  de Tracy Chevalier ou « Le Miniaturiste » de Jessie Burton, ce livre est pour vous !

Et comme la première de couverture de ce  livre fait penser aux tableaux de Vermeer, visitez  l’exposition Vermeer  qui se tient au Musée du Louvre à Paris jusqu’au 22 mai 2017 !

Après des nouvelles reconnues, « Les Mots entre mes mains est le premier roman de Guinevere Glasfurd. Très investie auprès des artistes du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud à travers l’Artists International Development Fund, elle collabore également avec l’association de femmes écrivains de l’est de l’Angleterre. Words an Women. Elle vit en bordure des Fens près de Cambridge.

Marie-Christine