L’infinie patience des oiseaux – David Malouf – Editions Albin Michel

l'infinie patience des oiseauxODE À LA NATURE !

Ce roman signé David Malouf « L’infinie patience des oiseaux »  fut publié en Australie pour la première fois en 1982 -(première traduction en France de ce livre, édité en Australie voici 36 ans !!!.)

C’est seulement  début 2018 qu’il nous parvient. C’est une découverte, celle d’un style très sobre, d’un vocabulaire très riche et précis mais également celle d’un poète.

Ashley Crowther, 23 ans, a fait ses études en Angleterre et en 1914 il revient en Australie pour s’occuper de l’immense propriété héritée de son père.

Jim Saddler n’est pas du même milieu, un peu « à la dérive ». Et sur ces mêmes terres il observe les oiseaux, il a 20 ans. Les deux jeunes gens se rencontrent et découvrent qu’ils ont la même passion pour la faune sauvage de l’estuaire et des marais. Ashley demande à Jim de travailler pour lui pour « créer un sanctuaire destiné aux oiseaux migrateurs ». C’est le bonheur pour Jim qui observe tous ces oiseaux à la jumelle, les note, les décrit en s’émerveillant de la carte inscrite dans leurs petits cerveaux pour se rappeler « les routes célestes qui les font migrer ».

Grâce à David Malouf nous apprenons à connaître « l’oiseau-dollar » ou « rolle oriental » qui vient des Moluques… ou encore ces petits « chevaliers sylvains » qui viennent pour la plupart d’entre eux de l’Asie ou de la Scandinavie… poitrine et flancs rayés, ventre blanc, pattes jaunes, le long bec explorant une flaque d’eau en quête de nourriture, soulevant la tête de temps à autre pour émettre ce cri singulier sur trois notes… la cervelle minuscule […] conservait-elle, dans ce petit œil, quelque image du plus vaste monde, en sorte qu’elle pouvait dire « J’étais là-bas ? »… Des énumérations et descriptions magiques.

C’est toute cette première partie qui donne son titre au livre « L’infinie patience des oiseaux » car pour voir et entendre le rossignol il faut aller en Europe.

Et en Europe ils y vont Ashley et Jim parce c’est la première Guerre mondiale dans laquelle ils s’engagent.
Là, ce sont d’autres mots, d’autres énumérations, mais elles expriment la souffrance, les douleurs, l’horreur des tranchées, les blessés, les morts… et même si c’est dur, violent, cela reste beau grâce à la prose de l’auteur. De temps en temps les oiseaux déjà vus en Australie sont présents et le rossignol fait entendre son chant.

N’oublions pas Imogen, une femme plus âgée, installée au même endroit en Australie et qui photographie les oiseaux.
« C’est la trace vivante de cette parenthèse heureuse ».

Calme et beauté de la nature opposés à l’apocalypse avec un sens du détail et du mot juste stupéfiant. C’est un roman bien sûr mais avant tout un texte magnifique »empreint de poésie et de lumière ».

Un livre à lire absolument !

Marie-José/M.Christine

« L’infinie patience des oiseaux » – Traduit de l’anglais (Australie) par Nadine Gassie – 234 pages – Prix : 20 €uros

David Malouf est considéré comme l’un des plus grands écrivains australiens contemporains. Connu pour plusieurs romans traduits depuis 1986, le dernier paru étant « Une rançon » en 2013. Il a reçu le prix Femina en 1991 pour « Ce vaste monde ».

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Ils vont tuer Robert Kennedy – Editions Gallimard – prix Joseph Kessel 2018 – Festival Etonnants Voyageurs Saint-Malo –

Le Prix Joseph Kessel 2018 a été attribué à Marc DUGAIN pour :

« ILS VONT TUER ROBERT KENNEDY » (Éditions Gallimard), publié en août 2017.

Ce prix sera remis au Festival des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo Dimanche 20 mai 2018, en présence de :  Annick Cojean, Pierre Haski et Asli Erdogan. ils vont tuer robert kennedy

Présidé par Olivier Weber, le jury était composé de Tahar Ben Jelloun, Annick Cojean, Colette Fellous, Pierre Haski, Michèle Kahn, Gilles Lapouge, Michel Le Bris, Benoît Peeters, Patrick Rambaud, Guy Seligmann et Jean-Pierre Perrin (lauréat 2017) pour « Le djihad contre le rêve d’Alexandre » aux Éditions du Seuil.

Retrouvez le coup de cœur et le petit clin d’œil de Nathalie de la librairie Doucet présentant le livre de Marc DUGAIN, lors de la rentrée littéraire en octobre 2017, en cliquant ici.

Nathalie concluait ainsi : « C’est un roman foisonnant ! Il y a beaucoup d’informations permettant de revenir sur toute l’histoire des États-Unis lors des années soixante, avec toutes les répercussions que cela peut avoir sur la vie politique des États-Unis d’aujourd’hui notamment et celle du Moyen-Orient. Tout cela est mêlé. C’est très intéressant et hyper-passionnant. »

SUR DIX TITRES SÉLECTIONNÉS pour le PRIX JOSEPH KESSEL, on retrouvait :

« Des châteaux qui brûlent » de Arno Bertina (Éditions Verticales)

« Dans l’épaisseur de la chair » de Jean-Marie Blas de Roblès (Éditions Zulma)

« Une fille dans la jungle » de Delphine Coulin (Éditions Grasset)

« Taba-Taba » de Patrick Deville (Éditions du Seuil)

« Ils vont tuer Robert Kennedy » de Marc Dugain (Éditions Gallimard)

« Un loup pour l’homme » de Brigitte Giraud (Éditions Flammarion)

« La Rose de Saragosse » de Raphaël Jérusalmy (Éditions Actes Sud)

« Un océan, deux mers, trois continents » de Wilfried N’Sondé (Éditions Actes Sud)

« L’Art de perdre » de Alice Zeniter (Éditions Flammarion).

Bonne lecture à tous ! 

« Ils vont tuer Robert Kennedy » 400 pages – Prix 22,50 €uros. 

Marc Dugain est l’auteur d’une dizaines de romans dont « La malédiction d’Edgar » (2005) – « Une exécution ordinaire » (2007) – « Avenue des géants » (2002) – Une trilogie : « L’emprise » (2014) – « Quinquennat » (2015) – « Ultime partie » (2016) aux Éditions Gallimard – « La chambre des officiers » (1998 – JC Lattès) – « Campagne anglaise » (2000 – JC Lattès) – « L’homme nu » (2016 – Éditions Plon)

M. Christine

 

 

 

 


Qui je suis – Mindy Meija – Editions Fayard/Mazarine

Mindy MeijaQui je suis-moi et tu trouveras la vérité…

Les périls de l’amour

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet  est venue vous présenter QUI JE SUIS,  Un polar !

En cette période de vacances et de ponts, c’est délassant, on voyage, on se perd…. Le gros avantage du polar c’est qu’on a des histoires très différentes à chaque fois. La fois précédente, il s’agissait d’un polar qui faisait voyager…ou  sur des secrets enfouis (voir articles du 30 avril et du 1er mai)

  Avec « QUI JE SUIS » nous sommes dans un polar psychologique de manipulation.

Partons vers l’Université de Pine Valley, une petite ville moyenne des États-Unis où rien ne se passe, où tout le monde se connaît, où l’on vit paisiblement.

  • Le professeur principal s’ennuie. Il est marié, sa vie n’est pas très drôle. Pour passer le temps, il pianote sur internet et accède sur un site –pas forcément de rencontres-, un site  où l’on t’chate, où l’on discute mais il finit par échanger avec une femme. Il ne la connaît pas, il ne l’a jamais vue, mais cela accroche entre eux – et cela fait tilt-. De suite, cette connivence intellectuelle va les rapprocher et mine de rien, par écran interposé, ils vont tomber amoureux,  vouloir se retrouver, et passer le cap… Ce professeur est plutôt gêné parce qu’il est marié. Elle, par contre, se présente comme célibataire…-ce n’est pas grave !- Ils vont finir par se rencontrer.  Et là ! Stupeur.  Il s’agit d’une de ses étudiantes !…. Hattie Hoffman. (Vous imaginez !)  -C’est là, la grande force de ces livres, où l’on est complètement addict- On tourne les pages en se disant : – « Mon Dieu, ce n’est pas possible !.. ». 
  • Nous allons de surprise en surprise parce que cette étudiante est la plus jolie des étudiantes de l’université, elle est connue comme étant une fille douée, sans histoire, absolument parfaite ! Mais, on va se rendre compte à quel point elle est manipulatrice. Lui,  se dit : « que ce n’est pas bien et qu’il ne faut pas aller plus loin ».  Elle, par contre, est quand même accrochée !. Puis, pendant ce temps de l’année universitaire, il va monter une pièce de théâtre. Elle le persuade de devenir actrice et de la prendre pour tenir le rôle principal. Pour la plus grande discrétion, elle fait appel à un jeune homme de sa promo, terriblement amoureux d’elle, persuadée de  partager ce sentiment amoureux -mais elle est également très manipulatrice vis-à-vis de ce jeune homme !- (elle a un pouvoir sur les hommes absolument terrible !) La situation va se compliquer, l’épouse du professeur se retrouve enceinte, va-t-il quitter Hattie Hoffmann ? Il lui promet qu’il va abandonner sa femme mais là, ça devient difficile… Puis, un beau jour cette jeune fille est retrouvée morte, le corps poignardé.                                                                                                                                       

 Qui a eu intérêt à l’avoir tuée ? Tous ont été sur les lieux du crime, la femme, la petite amie, le professeur. A vous de dépatouiller cette histoire où il y a pas mal de suspects et beaucoup de suspense….

« Ils croyaient la connaître. Sa mort l’a révélée. »

Vous allez passer un moment extraordinaire. Vous ne quitterez pas les personnages ! Vous ne lâcherez pas ce livre, vous ne pourrez pas vous arrêter, vous douterez jusqu’au bout…. Alors, profitez de ces ponts et week-end prolongés, ce livre est fait pour vous !…

Marie-Adélaïde/M. Christine

Écoutez M. Adélaïde en compagnie de Charlotte Bouniot sur France Bleu Maine en cliquant ici.

Qui je suis-moi et tu trouveras la vérité… 396 pages – Prix : 23 €

 


L’île de Luna – Edgar Morin – Editions Actes Sud – un endroit où aller –

Un roman de jeunesse publié soixante-dix ans après !

l'ile de luna rectol'ile de Luna

« Ma-man »… – Ce n’était pas possible qu’elle ne puisse entendre.. »(lire la suite sur quatrième de couverture). A 11 ans, Albert Mercier ce jeune héros  (Edgar Morin*, actuellement âgé de 96 ans, a extrait ce texte autobiographique gardé depuis sept décennies dans ses tiroirs…)  invente des histoires et écrit déjà des romans d’aventures, toujours impatient de les faire lire à sa mère. Mais, un soir alors qu’il s’apprête à rentrer chez lui, son oncle vient le récupérer à la sortie de l’école -sa mère a dû partir précipitamment en cure à Vittel sans dire au revoir-. (c’est ce qu’on lui dit….). Il restera chez ses cousins jusqu’à nouvel ordre. Tous ses proches sont vêtus de noir, portent un brassard noir, chuchotent. Les paroles des uns et des autres, les gestes de son père,  sont maladroits. Son père et sa tante pensent sûrement le protéger, lui faire du bien, lui disant qu’elle était partie… quelque temps, mais avec cet espoir de retour. Il finit par comprendre que sa mère est morte, sans que jamais ce départ, sans retour,  sans que jamais les choses ne lui soient véritablement et clairement dévoilées. De mensonges en non-dits…., cet enfant  regarde les adultes comme des menteurs, des hypocrites. Il se sent culpabilisé quand il entend ce type de phrases : « Faut pas faire de la peine aux parents parce que c’est ça qui les fait mourir » – Luna, elle a fait un voyage au ciel, peut-être qu’elle va revenir, ou qu’elle ne va pas revenir ? »

Pourquoi ? Qu’a-t-il fait ? S’est-il bien conduit ? Tout cela le travaille. Son secret, son malheur, il l’a gardé sans jamais en parler à quiconque, jusqu’à l’âge de ses 20 ans.

« La Mère était partie à jamais, il serait à jamais son orphelin, mais elle serait pour toujours sa Déesse »

Un livre à mettre entre les mains de tous les parents ! Un texte poignant !

La vérité vaut mieux qu’un non-dit.  Il faut toujours expliquer et dire la vérité à tout prix aux enfants ! Ne pas laisser les non-dits s’installer au risque de blesser, de traumatiser.

Ce livre écrit  par Edgar Morin*, à l’âge de 26 ans est un livre remarquable, un livre vraiment très touchant.

M. Christine

« L’île de Luna » –  180 pages – prix : 18 €

 

Madame Pylinska et le secret de Chopin- Eric Emmanuel Schmidt – Editions Albin Michel –

mADAME PYLINSKAEric-Emmanuel Schmitt, auteur de romans, d’essais, de nouvelles, de théâtre, aime la musique classique. On le sait, en citant seulement ces deux titres : « Ma vie avec Mozart » et « Quand je pense que Beethoven est mort« .

Avec ce nouveau texte, nous retrouvons la musique. Une nouvelle pourrait-on dire, nous sommes dans les œuvres regroupées sous le titre « Le Cycle de l’invisible », dans lequel se trouve par exemple « Oscar et la dame rose ».
« En suivant les cours de la tyrannique Madame Pylinska, le jeune Eric-Emmanuel cherche à comprendre le mystère de la musique de CHOPIN ».

L’auteur se met en scène depuis l’enfance au moment où il a entendu jouer du Chopin dans sa famille mais il n’a jamais su retrouver l’émotion d’alors quand il avait 9 ans. A 20 ans, il étudie à l’École normale supérieure et décide de choisir une professeure d’excellente réputation, « une certaine Madame Pylinska, polonaise émigrée à Paris ». Pour Madame Pylinska il est un géant baraqué qui veut s’attaquer à la délicatesse de Chopin ; c’est impensable !

Il faut donc l’éloigner au plus vite du piano. C’est ce que fait la professeure fantasque pour qu’il apprenne à voir, écouter et aimer.

« La leçon de piano devient bientôt un apprentissage de la vie et de l’amour ».

Cent dix-neuf pages qui correspondent à un conte initiatique plein « d’émotion, d’intelligence et d’humour ».
Grâce aux exercices recommandés, il va s’assouplir et peut-être s’approcher du secret de Chopin.
On va donc le voir ramasser des fleurs, à l’aube, dans un parc, sans que ne tombe une goutte de rosée…c’est un exemple parmi d’autres.

« Il y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur ».
En fait, vrai certainement ou en partie imaginaire ; ce petit texte est une interrogation sur l’auteur lui-même, sur sa vie, ses attentes.

On peut parler d’humour mais on se doit d’ajouter la délicatesse pour faire le parallèle entre musique et écriture.
Eric-Emmanuel Schmitt a compris depuis longtemps qu’il ne sera jamais un grand musicien mais un écrivain, oui.

Même si la musique classique ne vous touche pas particulièrement, vous ne pouvez que ressentir une forme d’émotion en vous approchant du « secret de Chopin.

Marie-José/M.Christine

Madame Pylinska et le secret de Chopin – 126 pages – Prix : 13.50 €



 

 

Tout cela je te le donnerai – Dolorès Redondo – Editions Fleuve

Un thriller palpitant ! Une intrigue remarquable !

dolores redondoMarie-Adélaïde de la librairie Doucet nous fait découvrir « Tout cela je te le donnerai ». D’abord, il y a cette phrase sur la couverture : « Certains secrets devraient rester enfouis à jamais » Cette jeune femme auteure espagnole nous avait déjà séduits par une trilogie sur les mythes et les légendes du pays basque, avec les secrets, les personnages… Ce qu’elle aime, c’est installer ces histoires dans une région.

Cette fois-ci, nous allons en voyage en Galice. Quatre heures de route depuis Madrid, une région montagneuse avec la culture du vin, des paysages extraordinaires, des fleurs, des gardénias comme sur la couverture du livre ! – L’histoire est une histoire très trouble : Manuel, un auteur brillant de romans est très heureux. Il vit en couple avec Álvaro. Ils se sont mariés dès que l’Espagne a autorisé le mariage homosexuel. Ils ont une vie très calme, très rangée. Álvaro travaille. Un jour la police arrive alors que Manuel pensait son mari à Barcelone pour affaires. Elle lui annonce qu’il vient de mourir sur une route en Galice. Et là, il va aller de surprise en surprise. Pourquoi Álvaro se trouvait-il là ? – Ça va se compliquer quand il va apprendre qu’ Álvaro était devenu marquis, puisqu’il était le fils d’une famille noble. C’est lui qui gérait les affaires de la famille depuis de longues années. Une surprise complète. Qui a-t-il épousé ? Quel est cet homme ? De quoi était-il coupable ? Il va mener une enquête avec un garde civil à la retraite. Il ne croit pas en l’accident d’ Álvaro mais à un meurtre. Et puis, il y a aussi Lucas, un ancien ami de pension d’ Álvaro qui est devenu prêtre. Ces trois personnages vont mener l’enquête.  On va mieux les connaître , on va connaître parfaitement  leur façon de vivre, leur côté psychologique, leurs difficultés, les écueils qu’ils ont rencontrés dans leur vie. Et puis on va avoir des phases de lumière….

C’est un polar certes, un polar très bien construit, qui vous fait voyager, qui vous fait étudier des caractères très différents. Vous verrez comment tout se met en place et que finalement on se rend compte qu’il y a des secrets enfouis depuis trop longtemps et qu’on n’a pas intérêt à les laisser traîner !

Marie-Adélaïde/ M. Christine

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de  Maxime sur France Bleu Maine, en cliquant ici. 

Tout cela je te le donnerai – 693 pages – Prix : 21.90€

Trilogie de la vallée du Baztan Publié en français : « Le Gardien invisible » traduit par Marianne Millon  (2013) Stock « La Cosmopolite noire » Gallimard coll. Folio policier (2015) « De chair et d’os » traduit par Anne Plantagenêt  (2015) Mercure de France coll. « Mercure noire » et (2016) Folio policier – « Une offrande à la tempête » traduit par Judith Vernant – Mercure de France – coll. « Mercure noire »- Gallimard (2017) Folio policier.

 

Le Squale – Francine Kreiss – Editions du Cherche Midi –

le squaleUNE BELLE PLONGÉE EN CORSE

« Thommy Recco et Fancine Kreiss n’auraient jamais dû se croiser ou seulement au fond de l’eau » !

  • Mad :  Ce livre fait partie des petits bijoux qu’on peut trouver dans une librairie, c’est-à-dire que ça ne correspond à rien de ce qu’on a lu auparavant ! C’est une histoire vraie. Ce qu’on dit, en anglais : « Narrative non fiction » ! Rien n’est inventé, c’est simplement compilé par l’auteur pour nous le présenter sous forme de roman. – L’auteure, déjà !Incroyable ! – Une apnéiste de renom. Elle est descendue très très profond. Elle a été plusieurs fois championne. Elle a tourné des reportages au milieu des requins, sans grille de protection. – Vous voyez ! Cette femme ose tout ! Elle a un besoin de la mer qui l’aide à se ressourcer. Quand elle ne va pas bien, -été comme hiver-, elle prend ses palmes, elle plonge et elle descend, elle va se confronter à elle-même au fond de l’eau.  Un jour, par hasard, elle entend parler d’un homme qui descend à plus de cent mètres pour pêcher des oursins. C’est un corse qui s’appelait Toussaint Recco, corailleur, quelqu’un d’extraordinaire, qui avait le sens de l’eau, le sens de la plongée. Et, elle va vouloir enquêter sur cet homme, sur cette façon de descendre sans bouteille. Sauf que, Toussaint Recco n’est plus là. En faisant connaissance de cette famille, la Corse joue un rôle très important dans ce texte.

Elle va croiser un des derniers membres de la tribu. Le dernier membre, c’est Thommy ! Il a quatre-vingt ans. Il est en prison depuis très longtemps. Il a aimé la mer et ne la voit plus que depuis la fenêtre de sa prison de Corse. Il est accusé de sept meurtres. -« Ce n’est pas un tendre !…Ce n’est pas un doux !… » – Lui, a complètement occulté ses sept meurtres. Il est persuadé que c’est une injustice, un complot, une erreur judiciaire. Il renie tout ! Il parle de la mer, de la passion de l’eau.  Il parle de solidarité et d’amitié. Il parle d’amour pour sa mère et de religion.

Francine va aller le rencontrer. Une correspondance s’ensuit puis un parloir difficilement acquis et ils vont échanger. Échanger sur l’eau, sur la mer, échanger sur cette passion. Ils vont parler de l’horreur, de l’indicible. Cela va être une rencontre détonante, celle de deux personnages complètement hors-normes. C’est en cela que le livre apporte quelque chose de très différent. Ce n’est pas un thriller, mais il est classé dans les thrillers... Ce n’est pas une histoire d’amourette à l’eau de rose…. C’est un texte très lumineux malgré toute la noirceur de la vie de Thommy. C’est le mal qu’on peut faire aux autres quand on est obstiné, à sa famille, à son propre fils, puisque Thommy a eu un fils avec sa première femme.

Découvrez ce premier roman, c’est un texte invraisemblable. Il y a une force dans ces pages, dans ces mots…qui vous laisseront absolument pantois ! On est dans le dialogue tout du long, un dialogue cruel avec des mots usuels.

– CB : C’est vrai que la forme interpelle beaucoup, un livre qui bouscule un peu.

Marie-Adélaïde/M.Christine

Le Squale – 272 pages – Prix : 21 €

Écoutez Marie-Adélaïde (Mad) en compagnie de Charlotte Bouniot (CB) sur France Bleu, en cliquant ici

Festival des Etonnants voyageurs Saint-Malo – Prix Ouest-France – Première sélection –

Festival des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo !
En route pour le Festival des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo qui se tiendra du 19 au 21 mai !
Qui pour succéder à  Maryam Madjidi, « Marx et la poupée », lauréate du prix Ouest-France des Étonnants Voyageurs 2017 ?
marx et la poupée Les dix membres du jury du prix Ouest-France des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo ont fait leur choix et sélectionné les cinq finalistes. Ce prix sera remis le dimanche 20 mai au Café littéraire – Palais du Grand Large.
 Les cinq finalistes sont :
. Manger l’autre de Ananda Devi (Grasset)
. Casting sauvage de Hubert Haddad (Zulma)
. Une longue impatience de Gaëlle Josse (Notabilia)
. Un océan, deux mers, trois continents de Wilfried N’Sondé (Actes Sud)
. Celui qui comptait être heureux longtemps de Irina Teodorescu (Gaïa Editions)

            manger l'autre.jpg hubert haddad   UNE LONGUE IMPATIENCE  N'sondé.jpg  celui qui comptait être heureux longtemps

La liste était également constituée des cinq ouvrages ci-dessous que le jury n’a pas retenu ; et qui seront sélectionnés pour d’autres prix !….

. »Rosa Panthère » de Emmanuelle Guattari (Mercure de France) – « Le Poids de la neige » de Christian Guay-Pouliquin (L’Observatoire) – « Ne préfère pas le sang à l’eau » de Céline Lapertot (Viviane Hamy) – « La classe verte » de Benjamin Pitchal (Gallimard) – « Le petit terroriste » de Omar Youssef Souleimane (Flammarion)

Ne préfère pas l'eau   la classe verterosa pantherele poids de la neigele petit terroriste

Peut-être aurez-vous envie de lire ces ouvrages avant l’attribution du prix Ouest-France Étonnants Voyageurs ?

Bonne lecture  !

Marie-Christine

 

L’envers du temps » Wallace Stegner – Editions Gallmeister

l'envers du temps VOYAGE À REBOURS à SALT LAKE CITY.

Pour l’enterrement de sa tante avec laquelle il n’a plus aucun lien, absent depuis plus de quarante ans de cette ville, Bruce Mason (double littéraire de l’auteur) est de retour à Salt Lake City (Utah) où il vécut une partie de sa jeunesse ; l’obtention d’une bourse pour la faculté de droit dans un autre état, comme une bouée de sauvetage, lui ayant permis de vivre sa vie d’adulte, loin des siens.

Ex-ambassadeur à la retraite, il s’est installé à San Francisco, sans femme ni enfants, avec la ferme intention de tirer un trait définitif sur son histoire familiale mouvementée.

Arrivé la veille pour les funérailles, il se rend au funérarium où il est accueilli par M. McBride, l’employé des pompes funèbres qui lui remet une boîte léguée par sa tante, véritable boîte de Pandore qui ressuscite l’adolescent amoureux qu’il était.

Etrangeté du hasard, le funérarium est l’ancien domicile de Holly, premier béguin de Bruce. Il visite l’étage supérieur qu’elle occupait avec deux camarades, un espace maintenant transformé, occupé par le corps gisant d’une vielle dame. Quel contraste avec l’animation qui y régnait en 1929 !…

Holly, il n’avait pas su la séduire, elle le trouvait trop immature. « Puis, quand il était allé vers Nola, l’autre camarade de chambre, seulement quelques semaines plus tard, il avait fait du chemin. Nola était différente, tout à fait autre, il en était tombé amoureux. »

Seul, dans ce pays mormon, Bruce Mason déambule dans les rues familières et convoque tout son passé, se confronte aux souvenirs qu’il croyait oubliés. Il revit son enfance auprès de ses parents, gamin malingre, souffrant d’un sévère complexe d’infériorité, pris entre un père détesté, ancien bootlegger quasi étranger à sa famille et une mère puritaine mais complice de son fils chéri.

Il ravive les virées avec ses amis, Bailey le fier à bras ou Joe Mulder, décisif dans son édification de jeune homme, des femmes qu’il aurait pu épouser…

Ce sera l’occasion pour Bruce Mason de mieux cerner les évènements marquants de sa vie à l’aune des situations d’hier et de régler définitivement son compte à ce passé trop pesant.

Roman dense, sublimement écrit, aux portraits magnifiques, « L’envers du temps » nous parle du temps qui passe à l’échelle d’une vie humaine, véritable voyage à rebours de l’oubli impossible.

 Livre lu et vivement recommandé par Sébastien de la librairie Doucet.

«L’Envers du Temps » – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Eric Chédaille (Gallmeister) – 360 pages – Prix : 23.20 €

Marie-Christine

« Peu connu en France, Wallace Stegner est une référence dans l’Ouest américain. Né en 1909 dans l’Iowa, élevé dans le Montana et à Salt Lake City dans l’Utah. Enseignant à Stanford  puis à Harvard. Wallace Stegner a été le professeur, à l’université de Stanford, d’étudiants comme Edward Abbey, Raymond Carver ou Thomas McGuane. Il est mort en avril 1993 à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, laissant une œuvre composée d’une soixantaine de romans et d’essais sur la défense des espaces sauvages. Lauréat du prix Pulitzer (en 1971), il a également obtenu le National Book Award en 1977 pour « Vue cavalière ». Il est l’auteur de :  « Vie obstinée »« En lieu sûr » « La Montagne en sucre »« Lettres pour le monde sauvage » – Éditions Phébus. »

Millésime 54 – Antoine Laurain – Editions Flammarion

millesime 54SUPER BON CRU 54 !

Avec Nathalie de la librairie Doucet, nous allons partager une bouteille de vin ! Mais, une bouteille -spéciale- qui n’est vraiment pas comme les autres puisqu’il s’agit de « Millésime 54 » d’ Antoine Laurain.

– Un roman et, un retour vers le futur…., en livre !

Antoine Laurain a déjà écrit plusieurs romans dont un assez connu, « Le Chapeau de Mitterand », adapté au cinéma, une délicieuse comédie (2014 par Robin Davis, puis en téléfilm sur France 2 – début 2016). Cette fois-ci, Antoine Laurain revient avec une jolie fantaisie « Millésime 54 ».

Cela se passe dans le Beaujolais ! Au chapitre I, nous sommes en 1954, en compagnie de Pierre Chauveau, vigneron dans cette région. Il produit un petit vin de soif. Se promenant dans le vignoble, en pleine nuit, en compagnie de sa chienne, il aperçoit un OVNI (objet volant non identifié). Il va raconter son aventure à la gendarmerie et dans le village on le prend pour un farfelu…. Les années passent !

1954. Cette année-là, le vin est d’une qualité exceptionnelle, d’où le millésime, pour redevenir les années suivantes un petit vin de soif, assez classique.

En 1977, Pierre Chauveau décide d’ouvrir la dernière bouteille du « Millésime 54, en sa possession… Comme habituellement, il en donne quelques rasades dans le bol de sa chienne puis, comme chaque soir, vont se promener dans les vignes. Ils disparaissent ! Plus jamais, on n’entendra parler d’eux.. On ne retrouve pas de corps, même pas celui de la chienne. Ils ont disparu !.

Ensuite, le roman débute en 2017 à Paris. On suivra quatre personnages :

Hubert Larnaudie, bourgeois, propriétaire de son appartement, dans un immeuble cossu parisien. Puis, une jeune femme Magalie Lecœur, installée dans ce même immeuble, comme restauratrice de porcelaine. Julien Chauveau habitant de l’immeuble, barman au Harry’s bar, qui se trouve être l’arrière petit-fils de Pierre Chauveau. Enfin, arrive Bob Brown, un américain, effectuant un voyage à Paris  en l’honneur de sa femme. Il occupera un appartement voisin, loué par l’intermédiaire d’airbnb. Lors d’une soirée de septembre, ces quatre personnages –pour une raison que vous découvrirez en lisant ce livre– vont se retrouver à partager cette fameuse dernière bouteille Château St-Antoine 1954 récupérée dans la cave du vieil immeuble…

Le lendemain, journée du patrimoine, ils trouvent chacun que la mairie de Paris a bien fait les choses pour transformer la ville. Cependant, ils vont vite découvrir que ce n’est pas un mise en scène mais qu’ils ont bien été projetés en 1954 ! Commence alors pour eux une déambulation pittoresque et cocasse dans le Paris des années 50 pour tenter de comprendre pourquoi ils sont arrivés là et surtout trouver le moyen de revenir en 2017. On découvre avec eux les halles de Paris en 54, on assiste à un dîner mémorable « au Pied de cochon » en compagnie de Piaf et Gabin.

On croise des gens dans le bus qui ne sont pas rivés sur leurs portables mais qui se parlent, on part à la recherche d’un trésor et on découvre des secrets de famille.

C’est bien fait, amusant et léger. C’est un joli moment de lecture très agréable.

Écoutez Nathalie en compagnie de Charlotte Bouniot de France Bleu Maine en cliquant ici

Nathalie/M.Christine

« Millésime 54 » – 224 pages – Prix : 18 €

Antoine Laurain est l’auteur de : « Le chapeau de Mitterand » ( 2012) – « La femme au carnet rouge » (2014) – « Rhapsodie française » (2016) aux Éditions Flammarion